Amoureuse et un peu plus

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« Une lecture plaisir pleine d'humour. » - Publishers Weekly

Diriger la bibliothèque de Verdant dans le Kansas ? Dorothy (D.J. pour les intimes) a l’impression de vivre un rêve aussi improbable que merveilleux. Et pas question de se laisser décourager parce que la bibliothèque n’a en réalité rien du pimpant établissement qu’elle avait imaginé, mais tout du tombeau lugubre. Pas question non plus de se laisser abattre parce que les membres de sa nouvelle équipe se montrent pour le moins étranges et peu sociables : elle saura les apprivoiser. Mais son enthousiasme et sa détermination flanchent sérieusement quand on lui présente Scott Sanderson, le pharmacien de la petite ville. Là, D.J. doit définitivement se rendre à l’évidence : elle est vraiment très, très loin du paradis dont elle avait rêvé. Car Scott n’est autre que le séduisant inconnu qu’elle a rencontré six ans plus tôt à South Padre et avec lequel elle a commis l’irréparable avant de fuir, éperdue de honte, au petit matin… Heureusement, elle ne ressemble en rien à la jeune femme libérée et passionnée qu’elle s’était amusée à jouer le temps d’une soirée entre copines : avec son chignon, ses lunettes et ses tenues strictes, elle est sûre que Scott n’a aucun moyen de la reconnaître.

« Aussi charmante et ensoleillée qu’une journée d’été, cette comédie romantique utilise les codes du genre avec habileté et brio. Avec ses personnages décalés et pleins de vie, Pamela Morsi propose ici une lecture plaisir pleine d’humour. » - Publishers Weekly

A propos de l’auteur :

Adolescente, tandis que les autres filles ont des rendez-vous galants, Pamela Morsi, elle, reste à la maison pour lire des romans. C’est dire tout son amour pour les belles histoires. Un amour qui l’amène à devenir bibliothécaire, avant qu’elle ne se mette à écrire pour de bon, et à publier son premier roman en 2000. Son thème de prédilection ? Les romances drôles et tendres, mettant en scène des héroïnes qui ressemblent aux jeunes femmes d’aujourd’hui.
Publié le : lundi 1 septembre 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280319751
Nombre de pages : 384
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021.1 Reatîons des bîbîothèques
A travers e pare-brîse de sa vîeîe Chevroet, Dorothy découvrît avec émerveîement es champs de pavot… En faît, î ne s’agîssaît pas de pavot, maîs tout sîmpe-ment de bé, quî onduaît devant ee à perte de vue. Et a tour quî se dressaît au oîn n’étaît pas a demeure d’un magîcîen, maîs un éévateur à graîn. Dorothy Jarrow, D.J. pour es întîmes, bîbîothécaîre de son état, n’en avaît pas moîns ’împressîon de contemper une cîté merveîeuse. Et ee brûaît d’împatîence. Ee avaît attendu sîx ans un poste correspondant à sa quaîicatîon. Sîx ans, ce n’étaît pas tant que ça, uî assuraît-on. C’étaît même très raîsonnabe en cette pérîode de restrîctîons budgétaîres, où es admînîstrateurs de bîbîothèque trembaîent à ’îdée d’être îcencîés. D.J. avaît eu de a chance. Ee venaît de quîtter un obscur poste d’assîstante de coectîon (ou putôt de bonne à tout faîre d’un patron odîeux) pour prendre a dîrectîon de a bîbîothèque pubîque de Verdant, Kansas — un scénarîo tout aussî împrobabe que sî ee avaît été enevée par une tornade et emportée au pays d’Oz. — On est presque arrîvés, Dew, annonça-t-ee au petît terrîer noîr quî passaît sa truffe à travers es barreaux de son panîer. On faît tabe rase du passé. Une nouvee vîe commence pour nous ! Troîs semaînes pus tôt, D.J. n’avaît encore jamaîs entendu parer de Verdant — que ses habîtants prononçaîent en accentuant a dernîère syabe —, une petîte vîe comme
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tant d’autres, anonyme, dîscrète, sans rîen de partîcuîer. Maîs à partîr de demaîn ee y seraît chez ee. Ee auraît enin e foyer dont ee rêvaît depuîs toujours. Comme ee approchaît de ’aggomératîon, ee âcha un peu a pédae d’accéérateur. Ee ne pouvaît pas se permettre un accîdent avec a remorque qu’ee traïnaît derrîère sa Chevroet et où ee avaît entassé tout ce qu’ee possédaît. De pus, bîen qu’împatîente de s’atteer à sa nobe tâche, ee ne vouaît pas se faîre remarquer en dépassant a vîtesse autorîsée. Une bîbîothécaîre se devaît en effet d’être posée, un tantînet sévère, et totaement asexuée. Soucîeuse de correspondre à ce proi, D.J. avaît opté pour une tenue grîse avec des chaussures pates. Ee portaît ses unettes de vue et pas une mèche ne dépassaît du chîgnon bas quî retenaît ses ongs cheveux châtaîns. — Cette régîon du Kansas est ’une des pus conser-vatrîces de tout e pays, avaît faît remarquer Terrî, son ancîenne camarade de chambre, à ’unîversîté. — Dans ce cas, j’y seraî à ma pace, avaît rétorqué D.J. I y avaît eu une hésîtatîon à ’autre bout du i. — D.J., n’en faîs pas trop, avaît conseîé Terrî. Contente-toî de rester toî-même. Terrî uî donnaît tout e temps ce genre de conseîs, maîs D.J. se gardaît bîen de es suîvre. Se aîsser aer et être soî-même, c’étaît bon pour es autres, pour es ies comme Terrî. D.J. préféraît quant à ee a prudence et a retenue. Maîs, quand ee entra enin dans sa vîe d’adoptîon, ee oubîa es prîncîpes qu’ee prêchaît avec tant de convîctîon. Ee se sentaît sî excîtée qu’ee en avaît presque e vertîge. Après es statîons-servîce, ee reconnut e Brazîer Grî qu’ee avaît repéré sur Googe Earth — car ee avaît bîen entendu passé des journées entîères sur înternet à scruter es rues de Verdant. I y avaît oficîeement neuf restau-rants en vîe, maîs e Brazîer étaît e seu à être étoîé. Après e Brazîer apparurent es bâtîments métaîques
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des grandes entreprîses ocaes — Avery Pîpe, Gunther Fencîng et Vern’s Feed and Tractor. En entamant a égère pente quî traversaît es voîes ferrées, ee raentît encore. Un peu pus oîn, sur sa gauche, se dressaît ’éévateur à graîn, très împosant — a pus haute constructîon de a vîe. Ee aaît vîvre îcî, désormaîs, faîre partîe de cette communauté. Ee forma secrètement e vœu que ceux quî uî avaîent donné sa chance n’aîent jamaîs à e regretter. Ee cîrcuaît maîntenant dans un quartîer résîdentîe de joîes maîsons ancîennes bîen entretenues, avec des baançoîres sous es porches et des leurs dans e jardîn — ééments qu’ee înterpréta comme autant de preuves de soîn et d’amour. — I y a des tas de coîns pour courîr îcî, Dew, annonça-t-ee. Fînî es appartements exîgus et es parcs bondés ! Un peu pus oîn, à ’orée du quartîer commerçant, ee admîra ’égîse méthodîste St Luc, avec ses éégantes voûtes et sa lèche gothîque quî s’éançaît vers e cîe. D.J. trouva e centre-vîe très pîttoresque. Des îmmeubes de brîques bordaîent a rue prîncîpae, certaîns décorés avec fantaîsîe, d’autres ourds et rectîîgnes. A a deuxîème întersectîon, ’enseîgne trîanguaîre du cînéma — pompeu-sement baptîsé « Théâtre Rîtz » — encombraît e trottoîr, annonçant « Soîrées cînéma es vendredîs et samedîs ». Ee repéra deux banques, une quîncaîerîe, une bouangerîe, un magasîn d’éectroménager, un drugstore et une boutîque nommée Fea Heaven. Fascînée par a umîneuse devanture du leurîste, ee faîît rater sa rue. La bîbîothèque se trouvaît sur Government Street, après a caserne des pompîers quî occupaît un ange, non oîn de a maîrîe peînte d’un beu turquoîse typîque des années 1960 et de ’ancîenne prîson terrîtorîae reconvertîe en bureau du shérîf. D.J. gara a voîture et sa remorque sur e parkîng de a bîbîothèque, un magnîique bâtîment de brîques rouges avec de monumentaes coonnes de béton et un fronton
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trîanguaîre quî attîraît e regard vers un modeste dôme. Ee soupîra. Un Carnegîe, ee auraît dû s’en douter. Andrew Carnegîe, mîîardaîre phîanthrope, avaît été un fervent défenseur des bîbîothèques pubîques. I en avaît faît bâtîr dans tout e pays. Et cee-cî, D.J. en étaît certaîne, ’attendaît depuîs toujours. — Parfaît, dît-ee tout haut. La bîbîothèque est parfaîte, a vîe est parfaîte, ’avenîr est parfaît… Ta voîe est toute tracée, Dorothy. Satîsfaîte, ee sortît de a voîture, son sac à a maîn. Ee ne prenaît ses nouvees fonctîons que e endemaîn, maîs pas questîon d’attendre jusque-à pour vîsîter es îeux. Ee ouvrît a portîère arrîère et îbéra Dew quî courut aussîtôt vers e carré d’herbe e pus proche pour arroser e pîed d’un arbre, puîs revînt docîement vers ee. Ee uî passa sa aîsse. — Les chîens n’ont pas eur pace dans une bîbîothèque, uî rappea-t-ee. Je ne seraî pas ongue et je compte sur toî pour être sage. Ee attacha a aîsse à a pus basse branche de ’arbre. Déjà, Dew s’étaît couché et mordîaît avec ardeur un bâton qu’î venaît de trouver. Le cœur battant, D.J. grîmpa es marches. Cette embauche étaît vraîment tombée du cîe. Ee vérîiaît ses e-maîs pendant a pause du déjeuner quand ee avaît ouvert LE message, une offre — a premîère, à vraî dîre — émanant d’un sîte où ee avaît mîs son CV en îgne deux ans pus tôt. Et e contenu de ce message étaît teement încroyabe et înattendu qu’ee avaît faîî ’effacer en e prenant pour un spam. Ee pouvaît e récîter de mémoîre.
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Après examen de vos références, les membres de notre conseil d’administration ont le plaisir de vous proposer un poste d’administratrice à la bibliothèque locale de Verdant. Nous possédons une collection de 70000 volumes et deux bibliobus.
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D.J. avaît dû reîre ce maî pusîeurs foîs pour être sûre d’avoîr bîen comprîs. Ee étaît engagée ! Vraîment engagée ! On ne paraît pas d’entretîen, nî d’autres candî-dats, rîen du tout. Ee avaît appeé sur-e-champ pour annoncer qu’ee acceptaît. Moîns d’une heure pus tard, ee déposaît sa ettre de démîssîon sur e bureau de son patron. Et maîn-tenant ee étaît à, danssavîe, en traîn de grîmper es marches desabîbîothèque. Ee dut pousser fort pour ouvrîr a grande et ourde porte prîncîpae et se posa de nouveau a questîon de ’accès aux handîcapés. Maîs, quand ee découvrît e grand ha d’entrée, cette préoccupatîon passa au second pan. Le bâtîment étaît sombre et vîeîot, împrégné d’une forte odeur de ceuose en décomposîtîon, pas désagréabe, maîs îndîquant que es ouvrages de sa bîbîothèque étaîent en pérî : es acîdes quî rongeaîent e papîer pouvaîent se révéer aussî dévastateurs que e feu. D.J. entra entement, aîssant à sa vîsîon e temps de s’accoutumer à a pénombre. Au bout de queques mînutes, ee vît passer, au mîîeu des rayonnages, une sîhouette quî dîsparut aussîtôt. Le îeu étaît étrange, înquîétant, et pour tout dîre peu accueîant. Sî ’extérîeur du bâtîment étaît austère et împosant, ’întérîeur, pour sa part, auraît pu servîr de décor à un im de Tîm Burton. D.J. repéra bîentôt e comptoîr de prêt, sorte d’estrade arrondîe pacée devant e doube rayonnage d’une coectîon de îvres à accès régementé protégé par des barreaux. La femme assîse au bureau étaît putôt enrobée et devaît avoîr a cînquantaîne. Ee portaît un pu d’un orange crîard
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— probabement ’unîque coueur vîve de a pîèce. Ee aussî avaît vu D.J. et ee a toîsaît d’un regard peu amène. D.J. se promît d’évoquer a quaîté de ’accueî ors de a premîère réunîon d’équîpe. Soucîeuse de donner e bon exempe, ee s’avança en afichant un sourîre engageant. — Bonjour, dît-ee d’un ton posé. Je suîs Dorothy Jarrow, a nouvee bîbîothécaîre. Queque part dans es rayonnages, un îvre se ferma en caquant et e bruît résonna dans a grande sae sîen-cîeuse. D.J. sursauta, maîs se reprît aussîtôt et sourît de nouveau à ’empoyée. — Je saîs très bîen quî vous êtes ! Le ton étaît à a îmîte de a grossîèreté et a femme reprît son travaî, eque consîstaît à coer des étîquettes d’adresses sur des cartes. Comme ee ne mentîonnaît pas spontanément son nom, D.J. e uî demanda. — Je suîs Ameîa Grunder, répondît a femme d’un ton quî aîssaît entendre qu’ee s’attendaît à ce que D.J. sache quî ee étaît. Comme D.J. n’avaît aucune réactîon, ee ajouta : — La bîbîothécaîre. D.J. parvînt à dîssîmuer sa surprîse et dît avec un sourîre hésîtant : — Maîs j’avaîs cru comprendre que… a bîbîothécaîre étaît… décédée. — Me Poppewe est morte î y a sîx ans, en effet, concéda Me Grunder. Maîs cea faîsaît déjà queques années qu’ee n’avaît pas mîs es pîeds îcî. Je rempîs donc es fonctîons de bîbîothécaîre depuîs dîx ans. Et d’un seu coup îs ont décîdé d’embaucher une… Me Grunder posa sur D.J. un regard appuyé et dédaîgneux. — … quequ’un d’autre, concut-ee. — Je voîs… D.J. passa mentaement en revue es stratégîes possîbes. Débarquer dans une équîpe déjà soudée, c’étaît un peu
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comme arrîver dans une écoe en cours d’année. I y avaît une pérîode d’adaptatîon, pérîode quî s’aongeaît quand votre présence obîgeaît un membre de ’équîpe à rétrograder. Ee auraît pu rejeter a faute sur e conseî d’admînîstratîon, maîs aîmenter es conlîts n’étaît pas sans danger. Ee auraît aussî pu chercher à amadouer sa rîvae en a lattant et en uî donnant de ’împortance — î sufisaît de uî dîre qu’ee seraît ravîe de proiter de ses compétences et de son expérîence, et qu’ee comptaît sur son aîde. Maîs, au premîer coup d’œî, î étaît évîdent qu’Ameîa Grunder n’étaît pas e genre de femme à apprécîer e travaî d’équîpe. D.J. commençaît à envîsager a troîsîème optîon, à savoîr une attîtude dénuée d’agressîvîté, maîs ferme et autorîtaîre, quand a porte du ha s’ouvrît sur une femme aux cheveux bancs, a soîxantaîne, vêtue d’un éégant taîeur-pantaon mauve à rayures agrémenté d’une écharpe mousseuse décînant pusîeurs tons de vîoet. — Oh! vous voîà! s’excama a vîeîe femme d’un ton enthousîaste. Quand j’aî vu cette remorque et a paque du Texas, je me suîs dît que c’étaît notre bîbîothécaîre. Ee se précîpîta vers D.J. et uî prît a maîn, comme sî ees étaîent de vîeîes amîes. — Maîs vous n’aurîez pas dû venîr îcî… Je vous attendaîs à a maîson. — Je vouaîs voîr a bîbîothèque. — Pas avant de vous être înstaée, répîqua a dame en mauve. Vous passerez bîentôt autant de temps que vous voudrez dans cette grotte ! Ne soyez pas sî pressée de vous y enfermer. Ee agîta a maîn, comme pour effacer ce quî es entouraît. — Maîs j’en oubîe es bonnes manîères. Je ne me suîs même pas présentée. Je suîs Vîvîan Sanderson, bîen sûr. Vîvîan Sanderson, a présîdente du conseî d’admînîstra-tîon, cee quî ’avaît embauchée… D.J. s’étaît onguement entretenue au tééphone avec ee.
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— Je suîs heureuse de vous rencontrer enin, dît-ee. — Nous aons bîen nous entendre, assura Vîvîan. Je seraî aussî votre ogeuse. Venez, venez. Quîttons vîte ce vîeî endroît terne et poussîéreux ! Ee tenta de ’attîrer vers a porte, maîs D.J. manîfesta une certaîne résîstance. Après tout, ce vîeî endroît terne et poussîéreux représentaît aussî e bouot de ses rêves, son avenîr… — J’aî vraîment envîe de vîsîter e bâtîment… Mme Sanderson secoua a tête. — Vous e vîsîterez demaîn, ce sera bîen assez tôt ! répîqua-t-ee. Cette bîbîothèque est à depuîs a nuît des temps et ee sera encore à quand î gèera en enfer. De pus, je suîs certaîne que vos empoyés tîennent à faîre bonne împressîon. Ne es prenez pas par surprîse, îs ne s’attendent pas à vous voîr aujourd’huî. D.J. a trouva très optîmîste. A en juger par ’attîtude de Me Grunder, es empoyés ne cherchaîent pas partî-cuîèrement à faîre bonne împressîon. En attendant, ce fougueux petît bout de femme avaît réussî à a rapprocher de a porte. Comme ee peînaît à en pousser e battant, D.J. se crut obîgée de uî venîr en aîde. — Au revoîr, Ameîa! ança Mme Sanderson en agîtant a maîn en dîrectîon de ’estrade. Puîs, pus fort, ee crîa vers es rayonnages. — Au revoîr, James ! Une foîs dehors, ee s’arrêta pour baayer D.J. du regard, à a umîère du soeî. — Oh ! ouî, vous êtes vraîment charmante, décara-t-ee. Pus grande que je ne e pensaîs, maîs pus joîe que sur a photo de votre compte LînkedIn. Sauf que e grîs ne vous va pas, ma chère. Je vous verraîs putôt en rose. Pas un rose pâe, bîen sûr. Un rose soutenu. D.J. ne portaît jamaîs de rose et ee n’en avaît nue-ment ’întentîon. — Madame Sanderson, je… — Oh ! je vous en prîe, appeez-moî Vîv, comme tout
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e monde. Et comment devraî-je vous appeer ? Dorothy ? Dot ? Dottîe ? D.J. avaît îmagîné que ses coègues de a bîbîothèque ’appeeraîent Me Jarrow. — Mes amîs m’appeent D.J., s’entendît-ee répondre. — D.J., testa aussîtôt Vîv à voîx haute. Ça me paït. C’est chaeureux et dynamîque. Aors ce sera D.J., sans hésîter. Ee uî adressa un grand sourîre et descendît es marches du perron. D.J. a suîvît sans un mot, stupéiée par cet accueî peu orthodoxe. Comme ees arrîvaîent devant eurs voîtures, Dew es remarqua et se mît à tourner en rond autour de son arbre. — C’est votre chîen ? demanda Mme Sanderson. — Ouî. Vîv hocha a tête. — I n’est pas trop envahîssant. Je suîs sûre que ça îra. Pas trop envahissant? D.J. avaît dît et répété à Mme Sanderson qu’ee avaît un anîma domestîque. Envahîssant ou pas, î faudraît qu’ee e toère. La voîture de Vîv, garée face à cee de D.J., étaît une Mînî Cooper décapotabe du même mauve que son taîeur. D.J. détacha Dew, e it monter dans son panîer, et s’empressa de démarrer pour suîvre sa future ogeuse. Mme Sanderson avaît ouvert e capot de sa Mînî Cooper et son écharpe lottaît au vent. D.J. a suîvît à travers un dédae de rues, puîs ees atteîgnîrent a îsîère de a vîe et prîrent une route, maîs Mme Sanderson ne dépassa à aucun moment es trente-cînq kîomètres à ’heure. Quand a Mînî s’engagea dans une aée menant à une maîson de stye Queen Ann, D.J. bîfurqua ee aussî, non sans une certaîne appréhensîon. Ee s’étaît îmagînée dans un petît appartement au premîer étage d’un îmmeube en stuc, coueur taupe, pas du tout dans une maîson. Maîs cee-cî étaît bîen cee de Vîv : a coueur avande de a façade, ornée d’une frîse aubergîne, ne aîssaît pas de pace au doute.
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Une foîs âché, Dew se mît aussîtôt à exporer e jardîn, tandîs que D.J. demeuraît tîmîdement près de sa voîture. Mme Sanderson a rejoîgnît et suîvît son regard. — Qu’en pensez-vous ? demanda-t-ee ièrement. — C’est votre maîson ? — Ouî, et je suîs ravîe de vous y accueîîr. — Je ne voudraîs pas vous déranger… — Oh! pour ’amour du cîe, j’aî besoîn d’être dérangée, croyez-moî ! décara Vîv avec entraîn. — Maîs… j’aî ’habîtude de vîvre seue, tenta de nouveau D.J. — L’appartement quî se trouve à ’étage est îndépendant, assura Vîv. On y accède par une petîte terrasse, à ’arrîère de a maîson, avec une vue magnîique sur e ever et e coucher de soeî. Et je suîs aussî dîscrète qu’une sourîs. Enin, peut-être pas… Maîs, à part e cub de brîdge, a réunîon des Town Gîrs, cee des Amîs de a bîbîothèque, ’assocîatîon des vétérans, es membres de a chambre de commerce une foîs par trîmestre, e groupe des femmes de ’égîse méthodîste et… oh… queques amîs et voîsîns de temps à autre, je ne reçoîs pas beaucoup de vîsîtes. — En tant qu’admînîstratrîce de a bîbîothèque, je ne trouve pas très correct d’habîter chez un membre du conseî d’admînîstratîon. — Aucun probème! rétorqua Vîv. Icî, cea ne choquera personne. Je vous offre ce ogement. En restant îcî, vous ferez des économîes. D.J. dut reconnaïtre que ’argument étaît de poîds. L’argent que ses parents uî avaîent aîssé avaît servî à rembourser ses prêts d’étudîante, ee n’avaît pas d’éco-nomîes. Mettre un peu d’argent de côté ne pouvaît pas uî nuîre. De pus, ee avaît ’întentîon de passer e pus caîr de son temps à a bîbîothèque. Ee pouvaît donc dormîr dans ’appartement de Mme Sanderson sans pour autant a croîser trop souvent. — Très bîen, dît-ee. Dans ce cas, je croîs que je vaîs commencer par décharger ma voîture.
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