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021.1 Reatîons des bîbîothèques
A travers e pare-brîse de sa vîeîe Chevroet, Dorothy découvrît avec émerveîement es champs de pavot… En faît, î ne s’agîssaît pas de pavot, maîs tout sîmpe-ment de bé, quî onduaît devant ee à perte de vue. Et a tour quî se dressaît au oîn n’étaît pas a demeure d’un magîcîen, maîs un éévateur à graîn. Dorothy Jarrow, D.J. pour es întîmes, bîbîothécaîre de son état, n’en avaît pas moîns ’împressîon de contemper une cîté merveîeuse. Et ee brûaît d’împatîence. Ee avaît attendu sîx ans un poste correspondant à sa quaîicatîon. Sîx ans, ce n’étaît pas tant que ça, uî assuraît-on. C’étaît même très raîsonnabe en cette pérîode de restrîctîons budgétaîres, où es admînîstrateurs de bîbîothèque trembaîent à ’îdée d’être îcencîés. D.J. avaît eu de a chance. Ee venaît de quîtter un obscur poste d’assîstante de coectîon (ou putôt de bonne à tout faîre d’un patron odîeux) pour prendre a dîrectîon de a bîbîothèque pubîque de Verdant, Kansas — un scénarîo tout aussî împrobabe que sî ee avaît été enevée par une tornade et emportée au pays d’Oz. — On est presque arrîvés, Dew, annonça-t-ee au petît terrîer noîr quî passaît sa truffe à travers es barreaux de son panîer. On faît tabe rase du passé. Une nouvee vîe commence pour nous ! Troîs semaînes pus tôt, D.J. n’avaît encore jamaîs entendu parer de Verdant — que ses habîtants prononçaîent en accentuant a dernîère syabe —, une petîte vîe comme
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tant d’autres, anonyme, dîscrète, sans rîen de partîcuîer. Maîs à partîr de demaîn ee y seraît chez ee. Ee auraît enin e foyer dont ee rêvaît depuîs toujours. Comme ee approchaît de ’aggomératîon, ee âcha un peu a pédae d’accéérateur. Ee ne pouvaît pas se permettre un accîdent avec a remorque qu’ee traïnaît derrîère sa Chevroet et où ee avaît entassé tout ce qu’ee possédaît. De pus, bîen qu’împatîente de s’atteer à sa nobe tâche, ee ne vouaît pas se faîre remarquer en dépassant a vîtesse autorîsée. Une bîbîothécaîre se devaît en effet d’être posée, un tantînet sévère, et totaement asexuée. Soucîeuse de correspondre à ce proi, D.J. avaît opté pour une tenue grîse avec des chaussures pates. Ee portaît ses unettes de vue et pas une mèche ne dépassaît du chîgnon bas quî retenaît ses ongs cheveux châtaîns. — Cette régîon du Kansas est ’une des pus conser-vatrîces de tout e pays, avaît faît remarquer Terrî, son ancîenne camarade de chambre, à ’unîversîté. — Dans ce cas, j’y seraî à ma pace, avaît rétorqué D.J. I y avaît eu une hésîtatîon à ’autre bout du i. — D.J., n’en faîs pas trop, avaît conseîé Terrî. Contente-toî de rester toî-même. Terrî uî donnaît tout e temps ce genre de conseîs, maîs D.J. se gardaît bîen de es suîvre. Se aîsser aer et être soî-même, c’étaît bon pour es autres, pour es ies comme Terrî. D.J. préféraît quant à ee a prudence et a retenue. Maîs, quand ee entra enin dans sa vîe d’adoptîon, ee oubîa es prîncîpes qu’ee prêchaît avec tant de convîctîon. Ee se sentaît sî excîtée qu’ee en avaît presque e vertîge. Après es statîons-servîce, ee reconnut e Brazîer Grî qu’ee avaît repéré sur Googe Earth — car ee avaît bîen entendu passé des journées entîères sur înternet à scruter es rues de Verdant. I y avaît oficîeement neuf restau-rants en vîe, maîs e Brazîer étaît e seu à être étoîé. Après e Brazîer apparurent es bâtîments métaîques
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des grandes entreprîses ocaes — Avery Pîpe, Gunther Fencîng et Vern’s Feed and Tractor. En entamant a égère pente quî traversaît es voîes ferrées, ee raentît encore. Un peu pus oîn, sur sa gauche, se dressaît ’éévateur à graîn, très împosant — a pus haute constructîon de a vîe. Ee aaît vîvre îcî, désormaîs, faîre partîe de cette communauté. Ee forma secrètement e vœu que ceux quî uî avaîent donné sa chance n’aîent jamaîs à e regretter. Ee cîrcuaît maîntenant dans un quartîer résîdentîe de joîes maîsons ancîennes bîen entretenues, avec des baançoîres sous es porches et des leurs dans e jardîn — ééments qu’ee înterpréta comme autant de preuves de soîn et d’amour. — I y a des tas de coîns pour courîr îcî, Dew, annonça-t-ee. Fînî es appartements exîgus et es parcs bondés ! Un peu pus oîn, à ’orée du quartîer commerçant, ee admîra ’égîse méthodîste St Luc, avec ses éégantes voûtes et sa lèche gothîque quî s’éançaît vers e cîe. D.J. trouva e centre-vîe très pîttoresque. Des îmmeubes de brîques bordaîent a rue prîncîpae, certaîns décorés avec fantaîsîe, d’autres ourds et rectîîgnes. A a deuxîème întersectîon, ’enseîgne trîanguaîre du cînéma — pompeu-sement baptîsé « Théâtre Rîtz » — encombraît e trottoîr, annonçant « Soîrées cînéma es vendredîs et samedîs ». Ee repéra deux banques, une quîncaîerîe, une bouangerîe, un magasîn d’éectroménager, un drugstore et une boutîque nommée Fea Heaven. Fascînée par a umîneuse devanture du leurîste, ee faîît rater sa rue. La bîbîothèque se trouvaît sur Government Street, après a caserne des pompîers quî occupaît un ange, non oîn de a maîrîe peînte d’un beu turquoîse typîque des années 1960 et de ’ancîenne prîson terrîtorîae reconvertîe en bureau du shérîf. D.J. gara a voîture et sa remorque sur e parkîng de a bîbîothèque, un magnîique bâtîment de brîques rouges avec de monumentaes coonnes de béton et un fronton
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trîanguaîre quî attîraît e regard vers un modeste dôme. Ee soupîra. Un Carnegîe, ee auraît dû s’en douter. Andrew Carnegîe, mîîardaîre phîanthrope, avaît été un fervent défenseur des bîbîothèques pubîques. I en avaît faît bâtîr dans tout e pays. Et cee-cî, D.J. en étaît certaîne, ’attendaît depuîs toujours. — Parfaît, dît-ee tout haut. La bîbîothèque est parfaîte, a vîe est parfaîte, ’avenîr est parfaît… Ta voîe est toute tracée, Dorothy. Satîsfaîte, ee sortît de a voîture, son sac à a maîn. Ee ne prenaît ses nouvees fonctîons que e endemaîn, maîs pas questîon d’attendre jusque-à pour vîsîter es îeux. Ee ouvrît a portîère arrîère et îbéra Dew quî courut aussîtôt vers e carré d’herbe e pus proche pour arroser e pîed d’un arbre, puîs revînt docîement vers ee. Ee uî passa sa aîsse. — Les chîens n’ont pas eur pace dans une bîbîothèque, uî rappea-t-ee. Je ne seraî pas ongue et je compte sur toî pour être sage. Ee attacha a aîsse à a pus basse branche de ’arbre. Déjà, Dew s’étaît couché et mordîaît avec ardeur un bâton qu’î venaît de trouver. Le cœur battant, D.J. grîmpa es marches. Cette embauche étaît vraîment tombée du cîe. Ee vérîiaît ses e-maîs pendant a pause du déjeuner quand ee avaît ouvert LE message, une offre — a premîère, à vraî dîre — émanant d’un sîte où ee avaît mîs son CV en îgne deux ans pus tôt. Et e contenu de ce message étaît teement încroyabe et înattendu qu’ee avaît faîî ’effacer en e prenant pour un spam. Ee pouvaît e récîter de mémoîre.
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Après examen de vos références, les membres de notre conseil d’administration ont le plaisir de vous proposer un poste d’administratrice à la bibliothèque locale de Verdant. Nous possédons une collection de 70000 volumes et deux bibliobus.
Vous superviserez quatre employés à plein temps. Salaire motivant et nombreux avantages en nature, notamment un logement de fonction. Prière de prendre contact avec nous le plus vite possible.
D.J. avaît dû reîre ce maî pusîeurs foîs pour être sûre d’avoîr bîen comprîs. Ee étaît engagée ! Vraîment engagée ! On ne paraît pas d’entretîen, nî d’autres candî-dats, rîen du tout. Ee avaît appeé sur-e-champ pour annoncer qu’ee acceptaît. Moîns d’une heure pus tard, ee déposaît sa ettre de démîssîon sur e bureau de son patron. Et maîn-tenant ee étaît à, danssavîe, en traîn de grîmper es marches desabîbîothèque. Ee dut pousser fort pour ouvrîr a grande et ourde porte prîncîpae et se posa de nouveau a questîon de ’accès aux handîcapés. Maîs, quand ee découvrît e grand ha d’entrée, cette préoccupatîon passa au second pan. Le bâtîment étaît sombre et vîeîot, împrégné d’une forte odeur de ceuose en décomposîtîon, pas désagréabe, maîs îndîquant que es ouvrages de sa bîbîothèque étaîent en pérî : es acîdes quî rongeaîent e papîer pouvaîent se révéer aussî dévastateurs que e feu. D.J. entra entement, aîssant à sa vîsîon e temps de s’accoutumer à a pénombre. Au bout de queques mînutes, ee vît passer, au mîîeu des rayonnages, une sîhouette quî dîsparut aussîtôt. Le îeu étaît étrange, înquîétant, et pour tout dîre peu accueîant. Sî ’extérîeur du bâtîment étaît austère et împosant, ’întérîeur, pour sa part, auraît pu servîr de décor à un im de Tîm Burton. D.J. repéra bîentôt e comptoîr de prêt, sorte d’estrade arrondîe pacée devant e doube rayonnage d’une coectîon de îvres à accès régementé protégé par des barreaux. La femme assîse au bureau étaît putôt enrobée et devaît avoîr a cînquantaîne. Ee portaît un pu d’un orange crîard
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— probabement ’unîque coueur vîve de a pîèce. Ee aussî avaît vu D.J. et ee a toîsaît d’un regard peu amène. D.J. se promît d’évoquer a quaîté de ’accueî ors de a premîère réunîon d’équîpe. Soucîeuse de donner e bon exempe, ee s’avança en afichant un sourîre engageant. — Bonjour, dît-ee d’un ton posé. Je suîs Dorothy Jarrow, a nouvee bîbîothécaîre. Queque part dans es rayonnages, un îvre se ferma en caquant et e bruît résonna dans a grande sae sîen-cîeuse. D.J. sursauta, maîs se reprît aussîtôt et sourît de nouveau à ’empoyée. — Je saîs très bîen quî vous êtes ! Le ton étaît à a îmîte de a grossîèreté et a femme reprît son travaî, eque consîstaît à coer des étîquettes d’adresses sur des cartes. Comme ee ne mentîonnaît pas spontanément son nom, D.J. e uî demanda. — Je suîs Ameîa Grunder, répondît a femme d’un ton quî aîssaît entendre qu’ee s’attendaît à ce que D.J. sache quî ee étaît. Comme D.J. n’avaît aucune réactîon, ee ajouta : — La bîbîothécaîre. D.J. parvînt à dîssîmuer sa surprîse et dît avec un sourîre hésîtant : — Maîs j’avaîs cru comprendre que… a bîbîothécaîre étaît… décédée. — Me Poppewe est morte î y a sîx ans, en effet, concéda Me Grunder. Maîs cea faîsaît déjà queques années qu’ee n’avaît pas mîs es pîeds îcî. Je rempîs donc es fonctîons de bîbîothécaîre depuîs dîx ans. Et d’un seu coup îs ont décîdé d’embaucher une… Me Grunder posa sur D.J. un regard appuyé et dédaîgneux. — … quequ’un d’autre, concut-ee. — Je voîs… D.J. passa mentaement en revue es stratégîes possîbes. Débarquer dans une équîpe déjà soudée, c’étaît un peu
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comme arrîver dans une écoe en cours d’année. I y avaît une pérîode d’adaptatîon, pérîode quî s’aongeaît quand votre présence obîgeaît un membre de ’équîpe à rétrograder. Ee auraît pu rejeter a faute sur e conseî d’admînîstratîon, maîs aîmenter es conlîts n’étaît pas sans danger. Ee auraît aussî pu chercher à amadouer sa rîvae en a lattant et en uî donnant de ’împortance — î sufisaît de uî dîre qu’ee seraît ravîe de proiter de ses compétences et de son expérîence, et qu’ee comptaît sur son aîde. Maîs, au premîer coup d’œî, î étaît évîdent qu’Ameîa Grunder n’étaît pas e genre de femme à apprécîer e travaî d’équîpe. D.J. commençaît à envîsager a troîsîème optîon, à savoîr une attîtude dénuée d’agressîvîté, maîs ferme et autorîtaîre, quand a porte du ha s’ouvrît sur une femme aux cheveux bancs, a soîxantaîne, vêtue d’un éégant taîeur-pantaon mauve à rayures agrémenté d’une écharpe mousseuse décînant pusîeurs tons de vîoet. — Oh! vous voîà! s’excama a vîeîe femme d’un ton enthousîaste. Quand j’aî vu cette remorque et a paque du Texas, je me suîs dît que c’étaît notre bîbîothécaîre. Ee se précîpîta vers D.J. et uî prît a maîn, comme sî ees étaîent de vîeîes amîes. — Maîs vous n’aurîez pas dû venîr îcî… Je vous attendaîs à a maîson. — Je vouaîs voîr a bîbîothèque. — Pas avant de vous être înstaée, répîqua a dame en mauve. Vous passerez bîentôt autant de temps que vous voudrez dans cette grotte ! Ne soyez pas sî pressée de vous y enfermer. Ee agîta a maîn, comme pour effacer ce quî es entouraît. — Maîs j’en oubîe es bonnes manîères. Je ne me suîs même pas présentée. Je suîs Vîvîan Sanderson, bîen sûr. Vîvîan Sanderson, a présîdente du conseî d’admînîstra-tîon, cee quî ’avaît embauchée… D.J. s’étaît onguement entretenue au tééphone avec ee.
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— Je suîs heureuse de vous rencontrer enin, dît-ee. — Nous aons bîen nous entendre, assura Vîvîan. Je seraî aussî votre ogeuse. Venez, venez. Quîttons vîte ce vîeî endroît terne et poussîéreux ! Ee tenta de ’attîrer vers a porte, maîs D.J. manîfesta une certaîne résîstance. Après tout, ce vîeî endroît terne et poussîéreux représentaît aussî e bouot de ses rêves, son avenîr… — J’aî vraîment envîe de vîsîter e bâtîment… Mme Sanderson secoua a tête. — Vous e vîsîterez demaîn, ce sera bîen assez tôt ! répîqua-t-ee. Cette bîbîothèque est à depuîs a nuît des temps et ee sera encore à quand î gèera en enfer. De pus, je suîs certaîne que vos empoyés tîennent à faîre bonne împressîon. Ne es prenez pas par surprîse, îs ne s’attendent pas à vous voîr aujourd’huî. D.J. a trouva très optîmîste. A en juger par ’attîtude de Me Grunder, es empoyés ne cherchaîent pas partî-cuîèrement à faîre bonne împressîon. En attendant, ce fougueux petît bout de femme avaît réussî à a rapprocher de a porte. Comme ee peînaît à en pousser e battant, D.J. se crut obîgée de uî venîr en aîde. — Au revoîr, Ameîa! ança Mme Sanderson en agîtant a maîn en dîrectîon de ’estrade. Puîs, pus fort, ee crîa vers es rayonnages. — Au revoîr, James ! Une foîs dehors, ee s’arrêta pour baayer D.J. du regard, à a umîère du soeî. — Oh ! ouî, vous êtes vraîment charmante, décara-t-ee. Pus grande que je ne e pensaîs, maîs pus joîe que sur a photo de votre compte LînkedIn. Sauf que e grîs ne vous va pas, ma chère. Je vous verraîs putôt en rose. Pas un rose pâe, bîen sûr. Un rose soutenu. D.J. ne portaît jamaîs de rose et ee n’en avaît nue-ment ’întentîon. — Madame Sanderson, je… — Oh ! je vous en prîe, appeez-moî Vîv, comme tout
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e monde. Et comment devraî-je vous appeer ? Dorothy ? Dot ? Dottîe ? D.J. avaît îmagîné que ses coègues de a bîbîothèque ’appeeraîent Me Jarrow. — Mes amîs m’appeent D.J., s’entendît-ee répondre. — D.J., testa aussîtôt Vîv à voîx haute. Ça me paït. C’est chaeureux et dynamîque. Aors ce sera D.J., sans hésîter. Ee uî adressa un grand sourîre et descendît es marches du perron. D.J. a suîvît sans un mot, stupéiée par cet accueî peu orthodoxe. Comme ees arrîvaîent devant eurs voîtures, Dew es remarqua et se mît à tourner en rond autour de son arbre. — C’est votre chîen ? demanda Mme Sanderson. — Ouî. Vîv hocha a tête. — I n’est pas trop envahîssant. Je suîs sûre que ça îra. Pas trop envahissant? D.J. avaît dît et répété à Mme Sanderson qu’ee avaît un anîma domestîque. Envahîssant ou pas, î faudraît qu’ee e toère. La voîture de Vîv, garée face à cee de D.J., étaît une Mînî Cooper décapotabe du même mauve que son taîeur. D.J. détacha Dew, e it monter dans son panîer, et s’empressa de démarrer pour suîvre sa future ogeuse. Mme Sanderson avaît ouvert e capot de sa Mînî Cooper et son écharpe lottaît au vent. D.J. a suîvît à travers un dédae de rues, puîs ees atteîgnîrent a îsîère de a vîe et prîrent une route, maîs Mme Sanderson ne dépassa à aucun moment es trente-cînq kîomètres à ’heure. Quand a Mînî s’engagea dans une aée menant à une maîson de stye Queen Ann, D.J. bîfurqua ee aussî, non sans une certaîne appréhensîon. Ee s’étaît îmagînée dans un petît appartement au premîer étage d’un îmmeube en stuc, coueur taupe, pas du tout dans une maîson. Maîs cee-cî étaît bîen cee de Vîv : a coueur avande de a façade, ornée d’une frîse aubergîne, ne aîssaît pas de pace au doute.
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Une foîs âché, Dew se mît aussîtôt à exporer e jardîn, tandîs que D.J. demeuraît tîmîdement près de sa voîture. Mme Sanderson a rejoîgnît et suîvît son regard. — Qu’en pensez-vous ? demanda-t-ee ièrement. — C’est votre maîson ? — Ouî, et je suîs ravîe de vous y accueîîr. — Je ne voudraîs pas vous déranger… — Oh! pour ’amour du cîe, j’aî besoîn d’être dérangée, croyez-moî ! décara Vîv avec entraîn. — Maîs… j’aî ’habîtude de vîvre seue, tenta de nouveau D.J. — L’appartement quî se trouve à ’étage est îndépendant, assura Vîv. On y accède par une petîte terrasse, à ’arrîère de a maîson, avec une vue magnîique sur e ever et e coucher de soeî. Et je suîs aussî dîscrète qu’une sourîs. Enin, peut-être pas… Maîs, à part e cub de brîdge, a réunîon des Town Gîrs, cee des Amîs de a bîbîothèque, ’assocîatîon des vétérans, es membres de a chambre de commerce une foîs par trîmestre, e groupe des femmes de ’égîse méthodîste et… oh… queques amîs et voîsîns de temps à autre, je ne reçoîs pas beaucoup de vîsîtes. — En tant qu’admînîstratrîce de a bîbîothèque, je ne trouve pas très correct d’habîter chez un membre du conseî d’admînîstratîon. — Aucun probème! rétorqua Vîv. Icî, cea ne choquera personne. Je vous offre ce ogement. En restant îcî, vous ferez des économîes. D.J. dut reconnaïtre que ’argument étaît de poîds. L’argent que ses parents uî avaîent aîssé avaît servî à rembourser ses prêts d’étudîante, ee n’avaît pas d’éco-nomîes. Mettre un peu d’argent de côté ne pouvaît pas uî nuîre. De pus, ee avaît ’întentîon de passer e pus caîr de son temps à a bîbîothèque. Ee pouvaît donc dormîr dans ’appartement de Mme Sanderson sans pour autant a croîser trop souvent. — Très bîen, dît-ee. Dans ce cas, je croîs que je vaîs commencer par décharger ma voîture.
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