Amoureuses et insoumises : l'intégrale de la série

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Fières et passionnées, les soeurs Marshall sont prêtes à tenir tête aux plus puissants des hommes...

Tome 1 – Un irrésistible défi
Quand elle apprend que Mikhail Kusnirovich, l’homme si séduisant qui lui a volé un brûlant baiser, quelques semaines plus tôt, a acheté la maison dans laquelle elle vit, Kat sent une colère sourde l’envahir. Car, elle n’en doute pas : ce séducteur impitoyable cherche à se venger parce qu’elle a repoussé ses avances. Comment, sinon, expliquer l’odieux marché qu’il lui propose : il lui rendra sa maison si elle passe un mois avec lui, sur son yacht…

Tome 2 – Une nuit d'amour avec le cheikh
Saffy ne décolère pas. Comment Zahir a-t-il osé la faire enlever ? Bien sûr, elle sait très bien que son ex-mari, le puissant cheikh de Maraban, a tout pouvoir dans son royaume. Mais elle n’aurait jamais imaginé qu’il utiliserait ce pouvoir contre elle ! Pire, il ne lui rendra sa liberté que si elle accepte de partager son lit une dernière fois…

Tome 3 – La tentation d'un play-boy
Qui est réellement Emmie Marshall ? Cette question hante Bastian depuis qu’il a découvert le visage de sa jeune stagiaire sur un site spécialisé en « accompagnatrices de luxe ». La jeune femme a beau nier avec véhémence, il n’en croit pas un mot : n’a-t-il pas rencontré trop de manipulatrices au visage d’ange pour se laisser tromper par l’apparence si sage d’Emmie ? Dans l’espoir d’obtenir des réponses à toutes les questions qu’il se pose, Bastian exige qu’elle l’accompagne au mariage de sa sœur, en Grèce…

Tome 4 – Passion en Toscane
Quand elle a quitté l’Angleterre pour entrer au service de la comtesse Leonetti, le plan de Topsy était simple : profiter de ce séjour en Toscane pour découvrir si le nouvel époux de la comtesse était bien ce père qu’elle n’a jamais connu et dont l’absence la hante depuis l’enfance. Hélas, c’était compter sans Dante Leonetti, le fils de la comtesse. Arrogant, ombrageux, autoritaire, il n’a certes rien de l’homme idéal. Alors, pourquoi éveille-t-il en elle ce désir fou ?
Publié le : mercredi 1 avril 2015
Lecture(s) : 20
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280338707
Nombre de pages : 640
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1.

Mikhail Kusnirovich s’appuya au dossier de son fauteuil en plissant les paupières.

— Tu songes vraiment à une randonnée pour enterrer ta vie de garçon, Luka ?

— Il y a déjà eu une soirée, qui a d’ailleurs été un peu trop… sulfureuse à mon goût, avoua son meilleur ami avec une légère grimace de dégoût.

— Tu ne peux t’en prendre qu’à ton futur beau-frère, répliqua Mikhail.

Il repensa aux femmes aux seins nus venant s’asseoir sur les genoux des clients, à leurs comparses, pas beaucoup plus habillées, se livrant à toutes sortes d’acrobaties de pole dancing… Evidemment, ce n’était pas le genre d’endroit que fréquentait Luka Volkov, universitaire renommé et auteur d’un ouvrage remarqué dans le domaine de la physique quantique.

— Peter a cru bien faire, répliqua aussitôt celui-ci.

Comme d’habitude, il prenait la défense du frère de sa fiancée. Mikhail, quant à lui, avait beaucoup de mal à supporter ce genre de banquier détestable qu’il rencontrait hélas souvent dans sa vie professionnelle d’homme d’affaires possédant plusieurs exploitations pétrolières.

— Alors que je l’avais prévenu que cela ne te plairait pas ? insista-t-il sans chercher à dissimuler son scepticisme.

Luka rougit.

— Il fait des efforts, je t’assure… Mais il se trompe parfois.

Mikhail préféra s’abstenir de tout commentaire. Dernièrement, pas un jour ne passait sans qu’il ne regrette les changements survenus chez son ami depuis qu’il fréquentait Suzie Gregory. A vrai dire, hormis leur origine russe, lui et Luka n’avaient pas grand-chose en commun. Pourtant, ils s’appréciaient et avaient toujours entretenu leur amitié en se voyant régulièrement. Bon sang, à l’époque où ils s’étaient connus à l’université, Luka aurait affirmé sans problème que Peter Gregory était un type vulgaire, ennuyeux et fat. Mais désormais il semblait avoir perdu tout jugement personnel. De toute évidence, il préférait se soumettre à celui de sa fiancée…

Mikhail serra les mâchoires. Il ne se marierait jamais — et il ne changerait certainement pas pour faire plaisir à une femme ! Il avait grandi auprès d’un père machiste, brutal et totalement insensible. Un homme qui aimait à répéter toutes sortes de proverbes sexistes, en particulier devant la gouvernante anglaise raffinée embauchée pour s’occuper de lui. Par opposition, Mikhail mettait un point d’honneur à toujours traiter les femmes avec respect. Mais pas question pour autant de les laisser diriger sa vie !

Dire que son père, indigné par les manières douces de la jeune gouvernante, avait craint qu’entre ses mains son fils unique ne devienne une femmelette !

Oh non, aujourd’hui, à trente ans, avec son mètre quatre-vingt-quinze et son corps entretenu par son goût pour les sports extrêmes, son insatiable soif de succès et ses innombrables conquêtes féminines, il était tout sauf une femmelette.

— La Région des lacs est superbe, je t’assure, insista Luka.

— Parce que tu veux faire cette randonnée en Angleterre ? Je pensais que tu envisageais d’aller passer le week-end en Sibérie…

— Je ne peux pas prendre beaucoup de congés et je ne suis pas sûr d’être capable de relever un tel défi, reconnut Luka. Je ne suis pas aussi en forme que toi, mon vieux : une petite virée dans la Région des lacs est davantage dans mes cordes. Mais pourras-tu te passer de ta limousine, de ton style de vie luxueux et de ta foule de gardes du corps pendant deux jours ?

Se priver d’accessoires de luxe ne posait aucun problème à Mikhail, mais se déplacer sans Stas, son chef de la sécurité qui veillait sur lui depuis son enfance, c’était une autre histoire. En vérité, il se voyait mal lui expliquer qu’il n’avait pas besoin de lui et de ses hommes durant quarante-huit heures.

— Bien sûr, sans problème, répondit-il avec son assurance coutumière. Un peu de privation me fera du bien.

— Il faudra également que tu renonces à emporter ta collection de téléphones mobiles…

— Je ne vois pas pourquoi…

— Je te connais, l’interrompit Luka. Si tu les prends, tu seras sans cesse dérangé par tes chères affaires.

— Bon, si tu y tiens vraiment… Je vais y réfléchir, répondit Mikhail avec réticence.

A vrai dire, la perspective de se couper de son empire était totalement inconcevable. D’un autre côté, le projet de Luka commençait à lui plaire…

Après avoir frappé à la porte, son assistante apparut. Une fois de plus, il se félicita de son choix, elle était vraiment aussi jolie qu’efficace. Grande, blonde, dans toute la splendeur de ses vingt-six ans, elle posa ses immenses yeux bleus sur eux, avant de lui dire de sa voix légèrement voilée que son rendez-vous venait d’arriver.

— Merci, Lara. Je vous appellerai dès que je serai prêt à le recevoir.

Les yeux rivés sur ses hanches minces moulées dans une jupe droite ultracourte, Luka la regarda quitter le bureau de sa démarche chaloupée.

— Dis donc, tu as embauché Miss Monde, cette fois… murmura-t-il. Vous…

— Non ! Jamais avec une employée, mon cher, répliqua Mikhail, amusé par la réaction de son ami.

— En tout cas, elle est superbe.

— Le règne de Suzie aurait-il entamé son déclin ?

— Bien sûr que non ! protesta Luka en rougissant de nouveau. On peut regarder une belle femme sans être tenté.

Quant à lui, il pouvait encore contempler les femmes etsuccomber à la tentation, se réjouit Mikhail. A vrai dire, la seule limite qu’il s’imposait était bien celle-là : jamais avec un membre de son personnel ! Non, il n’enviait pas le sort de son vieil ami qui, au nom de la sacro-sainte fidélité, semblait voué à réprimer ses penchants les plus naturels et légitimes. Comment Luka pouvait-il être aussi certain d’avoir trouvé l’amour éternel ? La seule pensée de devoir se limiter à une seule femme lui aurait glacé le sang. C’était contraire à la nature, bon sang !

* * *

Kat sursauta en entendant les pneus de la camionnette du facteur crisser sur les graviers de l’allée. Il ne fallait pas qu’Emmie, arrivée tard la veille au soir, soit réveillée par un coup de sonnette. Reposant en hâte la couverture en patchwork à laquelle elle travaillait, Kat se dirigea rapidement vers la porte d’entrée.

Depuis quelques semaines, elle craignait l’arrivée du courrier, redoutant une nouvelle lettre catastrophe. Mais elle adressa néanmoins quelques mots aimables au facteur et lui sourit, tout en signant l’accusé de réception qu’il venait de lui remettre.

Fière d’avoir apposé sa signature sans que sa main n’ait tremblé, Kat referma la porte. Quand elle s’était installée à Birkside, la vieille ferme héritée de son père avait représenté un véritable paradis pour elle. La région était superbe et, surtout, paisible ! Après des années de vie bancale passées avec sa mère, c’était exactement ce dont elle avait besoin.

Ancien top model, Odette ne s’était jamais résolue à mener une existence normale, même après la naissance de ses filles. Le père de Kat l’avait épousée avant qu’elle ne devienne célèbre, mais dès qu’Odette avait commencé à être connue dans l’univers de la mode, elle avait préféré la compagnie des hommes fortunés qu’elle rencontrait au cours de ses voyages professionnels. A côté d’eux, comment le modeste comptable qu’elle avait épousé aurait-il pu faire le poids ?

Dix ans après ce premier mariage, Odette avait eu des jumelles de son deuxième époux : Sapphire et Emerald. Ensuite, elle avait rencontré un joueur de polo sud-américain, avec qui elle avait eu Topaz.

Kat avait vingt-trois ans quand sa mère avait placé en famille d’accueil ses trois jeunes sœurs, au prétexte qu’elles étaient impossibles — surtout les jumelles, avait-elle précisé. Touchée par la détresse de ses demi-sœurs, Kat avait décidé de les élever et les avait ramenées à Birkside, dans le Lake District, la Région des lacs, au nord-ouest de l’Angleterre.

Au souvenir de ces premières années si heureuses, cette époque où elle nourrissait encore de grands espoirs pour leur nouveau départ dans la vie, Kat sentit un goût amer lui monter aux lèvres. Elle avait été tellement déterminée à offrir un foyer stable aux filles, ainsi que l’amour qu’elle-même n’avait pas connu enfant…

Après avoir inspiré à fond, elle déchira l’enveloppe et sortit la lettre qu’elle venait de recevoir. Comme elle s’y attendait, elle était tout aussi effrayante que les précédentes. Un frisson glacé lui parcourut l’échine. Si elle ne payait pas les sommes dues, la société de crédit immobilier prendrait possession de la maison, et l’agence de recouvrement de dettes enverrait un huissier pour récupérer le produit de la vente de ses biens.

Ainsi, elle allait tout perdre, y compris son toit ! Pourtant, elle travaillait sans relâche à la confection de couvertures en patchwork à la main… Mais hélas, à moins d’un miracle, elle ne se sortirait pas du gouffre financier dans lequel elle s’était enfoncée.

Quelques années plus tôt, elle avait emprunté une véritable fortune pour convertir la vieille ferme en maison d’hôtes. Confiante en son projet, elle avait fait aménager trois grandes chambres avec salle de bains et la cuisine avait été transformée de façon à communiquer avec la salle à manger.

Au début, le passage régulier d’hôtes venant de toute l’Angleterre, et même parfois de l’étranger, avait comblé ses espérances si bien que, stupidement, elle avait souscrit de nouveaux emprunts pour pouvoir aménager de nouvelles chambres. Malheureusement, tout avait changé à ce moment-là : les gens s’étaient mis à préférer les hôtels bon marché ou même les chambres louées par les pubs du village. Du jour au lendemain, les touristes parurent bouder Birkside, située à l’extrémité d’une longue route à une seule voie, et sans doute trop loin de la civilisation à leur goût. Pourtant, le paysage était sublime…

Elle avait alors voulu croire que les randonneurs, nombreux dans la région, pourraient faire vivre la maison d’hôtes. Mais la plupart d’entre eux rentraient en ville le soir, ou campaient. Et puis, la crise économique n’arrangeait rien…

— Eh bien dis donc, le facteur fait un de ces boucans !

Se retournant vivement, Kat vit Emmie descendre l’escalier en étouffant un bâillement.

— Mais je suppose que toi, tu es debout depuis l’aube, poursuivit sa sœur. Tu as toujours été une lève-tôt.

Une lève-tôt… Inutile de faire remarquer à Emmie qu’elle n’avait pas vraiment eu le choix, avec trois jeunes sœurs à emmener à l’école tous les matins et le petit déjeuner à préparer pour les hôtes… En tout cas, elle était heureuse de voir que sa sœur semblait plus détendue qu’à son arrivée. Lorsque le taxi l’avait déposée tard la veille, elle était allée se coucher tout de suite, prétextant une grande fatigue.

Six mois plus tôt, Emmie avait décidé de s’installer chez leur mère, à Londres. Devant l’étonnement de Kat, elle avait expliqué qu’elle désirait connaître Odette, qui avait disparu de leur vie depuis le jour où elle avait renoncé à élever ses filles, et que de toute façon elle avait besoin d’un hébergement pour la période de son stage, dans une grande entreprise de conception de logiciels.

Emmie semblait si décidée que Kat avait jugé plus sage de ne pas intervenir. Après tout, sa sœur avait vingt-trois ans. Mais cela ne l’avait pas empêchée de se faire du souci pour elle. Kat savait qu’Emmie serait dévastée lorsqu’elle finirait par comprendre qu’une seule personne comptait aux yeux d’Odette… : Odette. Et que cette dernière n’avait ni chaleur ni affection à donner à ses filles.

— Tu veux déjeuner ? proposa Kat.

— Je n’ai pas faim, soupira sa sœur en s’installant à la table de la cuisine. Mais je prendrais bien une tasse de thé.

— Tu m’as manqué, avoua Kat en allumant la bouilloire.

Sa sœur sourit et hocha la tête.

— Toi aussi, tu m’as manqué, Kat. Mais pas mon job à la bibliothèque ni la vie trépidante que l’on mène dans ce coin perdu, je t’assure ! En revanche, je te demande pardon de ne pas t’avoir téléphoné plus souvent.

— Ne t’en fais pas. Je suppose que tu étais occupée et j’espère que tu t’es bien amusée.

— M’amuser ? Vivre avec Odette a été un véritable cauchemar !

— Je suis désolée, murmura Kat en versant de l’eau bouillante sur le thé.

— Tu savais que cela se passerait comme ça, hein ? répliqua Emmie en prenant le mug que lui tendait sa sœur. Pourquoi ne m’as-tu pas prévenue ?

— J’ai pensé que maman avait peut-être changé en vieillissant, et puis, je ne voulais pas t’influencer. Je me suis dit qu’il valait mieux que tu te fasses ta propre opinion.

Emmie éclata d’un rire bref et dur avant de raconter quelques épisodes illustrant l’égoïsme incurable d’Odette.

— En tout cas, je suis revenue pour de bon, conclut-elle.

Après s’être interrompue un instant, elle reprit :

— Et autant te le dire tout de suite : je suis enceinte…

— Enceinte ? répéta Kat, horrifiée. Je t’en supplie, dis-moi que tu plaisantes ?

— Non, ce n’est pas une plaisanterie. Je suis enceinte, répéta Emmie en soutenant le regard de sa sœur.

— Et le père ?

Le beau visage d’Emmie se ferma complètement.

— C’est terminé, et je ne veux pas en parler.

Craignant de la blesser, Kat étouffa les questions qui se pressaient sur ses lèvres. Quelle erreur avait-elle pu commettre dans l’éducation d’Emmie pour quelle en arrive là ? Et si jeune !

— D’accord, je me contenterai de cela pour l’instant…

— En tout cas, je n’interromprai pas ma grossesse, la coupa Emmie, les yeux brillant de défi.

— As-tu réfléchi à la façon dont tu allais te débrouiller ? demanda Kat en se laissant tomber sur une chaise.

— Bien sûr. Je vivrai ici avec toi et je t’aiderai à tenir la maison d’hôtes, répondit sa sœur avec calme.

— Pour le moment, il n’y en a plus, d’hôtes, alors tu ne pourras pas m’aider en quoi que ce soit. Cela fait un mois que je n’ai eu personne…

— C’est la mauvaise période de l’année, ça va reprendre à Pâques, tu verras, l’interrompit Emmie avec optimisme.

— J’en doute. Et puis…

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