Antigone ou le courage de la liberté

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Peu de personnages portent l'intensité émotionnelle aussi loin qu'Antigone, peu incarnent à ce point le courage d'oser la liberté et les souffrances qui l'accompagnent. La destinée d'Antigone n'appartient pas à Sophocle, elle s'incarne dans toutes les formes de libération. Antigone reste la proie des violences vécues, qu'elle retourne contre elle-même. L'auteur s'est essayé à lui rendre justice à travers une nouvelle forme théâtrale.
Publié le : jeudi 1 septembre 2011
Lecture(s) : 89
EAN13 : 9782296468337
Nombre de pages : 92
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Antigone
ou le courage de la liberté












Du même auteur :


Violence, psychopathie et socioculture,
Paris, L’Harmattan, 2009.



























© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-56380-3
EAN : 9782296563803
Philippe CORVAL






Antigone
ou le courage de la liberté



Théâtre













Théâtres


Déjà parus


Philippe REGNICOLI et Frédéric REY, Al, 2011.
Vincent ECREPONT, Les interrompus, 2011.
Francy BRETHENOUX-SEGUIN, Assez, 2011.
Bernard PROUST, Habeas corpus, 2011.
Suzanne FOEZON, Sainte-Suzanne, pavillon 32, 2011.
Geneviève BUONO, Mille et une nuits, 2011.
Jean-Baptiste ARCAN, The Geneva project, 2011.
José Pablo FEIMANN, Le crépuscule du Che. D’après
Cuestiones con Ernesto Guevara durante la larga noche que
precedio a su muerte, 2011.
Alain LEFEVRE, Le Briquet du Roy d’Armes. Théâtre
historique, 2011.
Alain LEFEVRE, Les oiseaux méritent-ils l’arbre sur lequel ils
se perchent ? Théâtre historique, 2011.



Avertissement




Depuis la Grèce antique, depuis Sophocle, Eschyle et
Euripide, Antigone, mais aussi l’histoire dramatique de sa
lignée, Œdipe au premier plan, fascinent. Robert Garnier, au
e e16 siècle, Jean Rotrou et Jean Racine, au 17 , un dramaturge
eitalien, Vittorio Alfieri, au 18 , ont traduit ou adapté le mythe.
eHölderlin, au 19 , a donné une traduction et une interprétation
equi portent la marque de son génie. Au 20 siècle, Jean
Cocteau (1922) n’a fait que l’effleurer en dilettante ; Jean
Anouilh (1944) l’a modernisé, mais en appauvrissant sa
dimension dramatique et en accentuant le caractère
romantique d’Antigone. Bertolt Brecht (1948) a tenté de le
situer dans le contexte du nazisme, avant, dans la même
pièce, de reprendre la trame de Sophocle et d’en infléchir le
sens d’une interprétation marxisante.

De très nombreuses analyses, historiques ou littéraires, ont
permis de mieux cerner le contexte du mythe, ses enjeux
dramatiques et le génie littéraire de ses créateurs. On sait, par
ailleurs, comment et pourquoi Freud a fait du personnage
d’Œdipe, père d’Antigone, l’un des référents majeurs de la
théorie psychanalytique. N’est pas un hasard si Jacques
Lacan s’est saisi, à son tour, dans l’un de ses Séminaires, du
personnage d’Antigone.

Contre toute raison, celle des hommes et celle des dieux,
Antigone cherche à maintenir la lignée d’Œdipe et la fiction
d’une unité familiale qu’elle incarnerait pour sa sœur,
Ismène, et ses deux frères, Etéocle et Polynice, pourtant
rivaux jusqu’à la mort. Pour cela, elle affronte des forces qui,
on le devine, l’écraseront. Mais le temps de cet affrontement
7 est exemplaire : il fait d’elle la première figure du féminisme
en rébellion contre la raison d’Etat, mais aussi la première
représentante d’une parole libérée des dieux qui régentent la
vie de la cité.
Si le personnage d’Antigone a traversé les siècles et s’il
peut prétendre à l’universalité, c’est qu’il porte de telles
aspirations : égalité des sexes, partage du pouvoir, laïcité,
droits de la victime. Or, de telles exigences, adressées aux
dieux et aux hommes, ne sont pas recevables ; aussi savons-
nous qu’elles seront dramatiquement combattues.

L’histoire d’Antigone, à peine amorcée en de nombreuses
contrées, inachevée ailleurs, toujours en tension au cœur des
sociétés, conserve ainsi sa pleine actualité.
La convergence de ces thématiques, la grandeur et la
beauté du personnage, sa dimension d’initiatrice et de porte-
parole m’ont conduit à vouloir réaliser, à travers l’écriture, un
rêve ancien : revenir à Antigone.

Pour cela, j’ai choisi de conserver les personnages
centraux du théâtre de Sophocle, ceux qui, depuis, structurent
le mythe : Antigone, Ismène, Créon qui, à Thèbes, visait le
pouvoir laissé vide par l’exil d’Œdipe et l’affrontement
mortel de ses deux fils, Hémon, fils de Créon, cousin et
fiancé d’Antigone.
Mais j’ai voulu transposer leur histoire dans un contexte et
selon un scénario renouvelés et actualisés, de sorte qu’on ne
doit pas rechercher, dans ce texte, la vérité historique du
mythe. En revanche, j’ai voulu en conserver les thèmes
essentiels : la malédiction de l’inceste, la grandeur et la
difficulté de l’amour, la sexualité, le pouvoir, la loi, la
subjectivité, la liberté, le courage de penser et de dire face à
la brutalité, les rapports entre frères et entre sœurs.

8 J’ai également voulu préserver, en modifiant ses
composantes, ce personnage, central dans tout drame antique,
le Chœur. Il s’agissait alors d’une sorte d’assemblée
délibérante composée de sages, et au sein de laquelle
pouvaient s’exprimer des opinions diverses, non sans
références aux puissances divines et non sans que ses
membres aient à évaluer de quel côté pouvait pencher le
pouvoir dont, en partie, ils dépendaient. Au cœur de cette
instance, c’est finalement la question du bien et du mal, pour
la cité et pour les individus, qui faisait débat. Le Chœur
constitue ainsi, en tant que tel, un personnage unique qui
serait, à travers ses membres, le révélateur des tensions et
contradictions que soulève un tel débat pour la société et pour
tout individu.
Quant à la forme, j’ai tenté de concilier une certaine
solennité des dialogues et la spontanéité des personnages et
des affects qu’ils éprouvent.

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