Au coeur de la nuit - Le venin du passé (Harlequin Black Rose)

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Au cœur de la nuit, Darlene Scalera

Ex-stripteaseuse, Silver LeGrande a quitté le monde de la nuit il y a un an. Pour toujours, croyait-elle alors. Mais alors que les meurtres se succèdent autour d'elle - d'abord celui de Délia Divine, son ancienne collègue de scène, puis celui de Paul, son ex-mari - elle n'a d'autre choix que de replonger dans cet univers trouble et dangereux pour essayer de retrouver leur assassin. Et d'accepter l'aide d'Alexis Serras, le seul policier qui ait pris son enquête au sérieux. Un homme énigmatique et séduisant, qui semble aussi déterminé qu'elle à élucider cette affaire...

Le venin du passé, Jenna Mills

Lorsqu'elle découvre, à la mort de son père, que ce dernier a changé d'identité, Victoria est bouleversée. Pourquoi lui a-t-il menti ? Et qu'est-il réellement arrivé à sa mère, qu'elle croyait morte dans un incendie ? Décidée à découvrir la vérité, elle se rend à Bonne Terre, où ses parents possédaient une maison, et s'aperçoit très vite qu'elle n'est pas la bienvenue dans la région, comme l'atteste le message tracé en lettres de sang sur sa porte. Mais en dépit des conseils de lan Montague, le chef de la police locale, qui lui recommande de partir, Victoria refuse de se laisser décourager. D'autant que lan semble en savoir beaucoup plus sur l'histoire familiale de Victoria qu'il ne veut bien le dire...

Publié le : jeudi 1 mars 2007
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280265935
Nombre de pages : 512
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J’aurais dû le savoir. Personne n’est à l’abri des ennuis. Les ex-strip-teaseuses encore moins. Mais, depuis que j’avais rangé mes talons hauts pour jouer les chauffeurs à mi-temps et suivre des cours de comptabilité à la fac, je me croyais tranquille.

Je me trompais.

Tante Peggilee dit souvent qu’il a fallu quatre générations de femmes chez les LeGrande pour donner naissance à Bettina Mae, dite « la tigresse », ma légendaire arrière-arrière-grand-mère. Quatre générations plus tard, c’est un forain québécois et la faiblesse de ma future maman pour les accents étrangers qui m’avaient permis de rejoindre la lignée familiale. Et d’hériter de leur solide tempérament.

A bientôt trente-deux ans, j’avais donc traversé l’existence sans trembler — ou presque. Mais, quand l’inspecteur de police souleva le drap qui couvrait le corps de Della Divine, je compris que même le sang de huit générations de LeGrande ne me serait d’aucun secours.

Et, pour la première fois de ma vie, je faillis prendre la fuite.

Je me forçai à baisser les yeux. Allongée sur le dos, Della m’observait de son regard vide. Je crispai les poings. Si jeune, si belle… Qu’avait-elle fait pour mériter ça ?

— La femme de ménage l’a trouvée près des poubelles, derrière le club où elle travaillait.

— Le Billie’s ? murmurai-je.

— Non, le Niagara.

Je relevai la tête. L’inspecteur Alexis Serras me dévisageait sans la moindre gêne, en homme habitué à séduire : son profil de statue grecque lui valait sans doute les bonnes grâces de la moitié de l’humanité. Mais avec moi il était tombé sur un os. Il faut savoir que les flics et les cadavres me mettent de mauvais poil.

— L’employée du club ne l’a pas reconnue tout de suite, mais le tatouage lui a rafraîchi la mémoire, précisa Serras en dénudant les reins de Della.

Je jetai un œil au double D entrelacé de roses que mon amie s’était fait tatouer sur la fesse droite. Billie avait toujours été très stricte envers les adeptes des piercings et de toute autre forme d’art corporel. Elle avait pourtant approuvé le choix de Della — tout en lui rappelant que les tatouages étaient l’apanage des prisonniers et des marins. Pas des danseuses de son club.

— La femme de ménage s’est souvenue qu’une des danseuses lui avait parlé d’une nouvelle venue dans l’équipe du soir, poursuivit l’inspecteur. Une certaine Della Divine. Elle a fait le rapprochement avec le tatouage, et s’est chargée de nous appeler. Votre nom apparaissait sur la fiche de renseignements de Mlle Divine : elle avait donné vos coordonnées au chargé du personnel de la boîte, en précisant que vous étiez l’amie à joindre en cas d’urgence.

Je réprimai un sourire nerveux. Pauvre Della… J’arrivais trop tard, de toute évidence.

— C’est elle, confirmai-je platement.

Il tendit la main pour remonter le drap jusqu’à son visage, mais je l’en empêchai en attrapant son poignet d’un geste brusque. Il me lança un regard assassin, que j’affrontai sans ciller. Mon arrière-arrière-grand-mère aurait été fière de moi.

— Pas si vite, inspecteur.

Il s’inclina, l’air de dire « c’est votre affaire ». Je relâchai son poignet.

— Alors, comme ça, Della travaillait au Niagara ? demandai-je.

Elle bossait encore chez Billie quand j’avais rangé mon boa.

Serras hocha la tête.

— Depuis trois mois environ. Quand l’avez-vous vue pour la dernière fois ?

— Il y a huit ou neuf mois.

Comme contact d’urgence, j’avais des progrès à faire.

— Depuis combien de temps connaissiez-vous Mlle Divine ?

Il avait prononcé son nom de scène sans sourciller, comme s’il lui avait été donné à la naissance. Il avait énoncé le mien un peu plus tôt avec la même absence de scepticisme — et, dans mon cas, il ne se trompait pas : je m’appelais bel et bien Silver LeGrande. J’étais née avec un nom de strip-teaseuse et un corps qui, sitôt formé, avait scellé ma destinée.

— Nous nous sommes rencontrées il y a quatre ans, répondis-je.

J’étais dans le business depuis sept ans quand j’avais rejoint l’équipe de Billie. A l’époque, ma réputation n’était déjà plus à faire : j’étais une star, et j’entendais le rester. Della venait pour sa part d’être promue : Billie l’avait fait passer de la salle à l’estrade, où elle effectuait un numéro de pole dancing très applaudi. Della Divine. Nous étions faites pour nous entendre, elle et moi. J’avais toujours aimé les filles qui ont du culot, et il en fallait pour s’affubler d’un pseudo pareil.

— Nous travaillions toutes les deux au Billie’s, ajoutai-je en guise d’explication.

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