Audacieux arrangement - Le souvenir d'une liaison

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Audacieux arrangement, Allison Leigh

C’est sans trop d’hésitation que Deanna accepte de jouer, pour quelques jours, le rôle de la fiancée de Drew Fortune, son patron. Cet arrangement n’est-il pas strictement pratique et professionnel ? Pourtant, alors qu’ils sont obligés de passer un week-end dans l’immense hacienda de la famille Fortune, elle comprend qu’elle a commis une terrible erreur en se livrant à cette comédie. Car les troublants sentiments qu’elle éprouve soudain pour Drew n’ont plus rien de factices…

Le souvenir d’une liaison, de Brenda Harlen

Gabriella… Gabriella Vasquez… En apprenant l’identité de la journaliste qui vient de ruiner sa réputation, le prince Cameron Leandres est sous le choc. Car Gabriella ne lui est pas étrangère. Même si cela fait plus de dix ans qu’il ne l’a pas revue, il n’a jamais totalement oublié les merveilleux moments qu’ils ont passés ensemble. Ce qu’il ignore en revanche, ce sont les raisons pour laquelle Gabriella semble si déterminée à lui nuire…

Publié le : jeudi 1 septembre 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280242110
Nombre de pages : 432
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Audacieux arrangement
ALLISON LEIGH
- 1 -
— Bonne année, Deanna ! Et amuse-toi bien…
Deanna Gurney répondit par un sourire au salut joyeux que lui adressèrent ses trois collègues au moment de quitter Fortune Forecasting. Puis elle se retrouva seule dans les bureaux désertés.
Perdue dans ses pensées, elle jeta un coup d’œil à sa montre. Bientôt 20 heures. Quatre petites heures encore, avant le nouvel an.
Elle soupira, et se mit à battre la mesure avec son stylo rouge sur le rebord de son bureau. Finalement, sans grand entrain, elle se décida à reprendre la lecture de l’article dont elle était censée faire la correction. Tel le tic-tac d’une horloge, le martèlement du feutre sur le bois semblait égrener les secondes. Assourdissant.
Demain serait une autre année… Le moment ou jamais de faire un vœu. Peut-être la promesse d’un renouveau…
Sauf qu’elle avait le sentiment qu’en guise de renouveau, en ce qui la concernait, le pire était à venir.
Comme pour chasser ses idées noires, elle secoua la tête et s’efforça de se concentrer sur le document que son patron lui avait demandé de relire, toutes affaires cessantes. Et cela évidemment juste avant la fermeture de la société, pour les congés du nouvel an.
Andrew Fortune était coutumier du fait. Jeune loup créatif du marketing, il était sujet ainsi à des éclats de génie, mais toujours à contretemps. Généralement en fin de journée, quand ses employés s’apprêtaient à rentrer chez eux.
Elle corrigea une erreur d’orthographe, puis son regard s’égara sur la porte ouverte, juste en face d’elle.
Andrew n’était pas assis à son bureau, sinon elle l’aurait vu de là où elle se tenait. Or, elle ne faisait que l’entrevoir par intermittence. Il donnait l’impression d’arpenter la pièce, s’arrêtant parfois devant la baie vitrée, depuis laquelle, il est vrai, on avait une vue panoramique exceptionnelle sur San Diego. Par beau temps, on distinguait même la côte, au loin.
A cette heure pourtant, elle se demandait bien ce qu’il pouvait regarder ainsi, car il faisait nuit noire.
Une fois de plus, il passa dans son champ de vision, visiblement perdu dans ses pensées. Ailleurs. Toute la journée, il avait été absent, silencieux, ou presque, n’ouvrant la bouche que pour exiger de mettre un point final à son dernier projet, avant ce long week-end.
Il portait sa casquette à l’effigie des Padres, l’équipe de base-ball de San Diego, visière rabattue sur les sourcils. Un signe qui ne trompait pas, tout autant que l’expression de son visage : mâchoires serrées, regard noir. De bonne humeur, il aurait coiffé sa casquette à visière calée sur la nuque. Il aurait également arboré ce demi-sourire canaille qui faisait ressortir la fossette sur sa joue droite. Il aurait eu aussi cette petite flamme, dans ses grands yeux noirs. Il aurait enfin eu son club de golf entre les mains, et se serait appliqué à améliorer son swing sur la moquette… Au lieu de faire les cent pas, comme aujourd’hui, en balançant sa batte de base-ball d’une épaule sur l’autre.
La sonnerie de son téléphone portable la tira de ses considérations. Elle saisit l’appareil sur son bureau, en consulta l’écran.
Gigi.
Après un énième soupir de lassitude, elle reposa son portable à sa place, à côté de l’éphéméride. Sans répondre.
Sa mère avait déjà appelé une bonne douzaine de fois, aujourd’hui. Or, elle n’avait pas envie de lui parler, pas plus maintenant que tout à l’heure. Tout avait été dit.
Bien. Elle avait un travail à terminer. Ce n’était pas le moment de rêvasser, ni de s’inquiéter de l’humeur de son patron.
Elle avait déjà bien assez de problèmes elle-même. Pas vraiment la tête à faire la fête, ni particulièrement pressée d’aller célébrer le nouvel an. Et puis, difficile de dire “non” à son patron, surtout quand ce patron s’appelait Andrew Fortune. Trente-quatre ans, à peine huit de plus qu’elle, beau comme un dieu. D’ici peu, il prendrait la direction de la célèbre entreprise d’analyse de tendances fondée par son père, quelques décennies plus tôt.
Andrew était un homme d’affaires prospère et un célibataire très courtisé. S’il n’avait pas dû s’envoler pour le Texas cette nuit même, il serait sans doute sorti fêter le réveillon au bras de l’une de ces blondes plantureuses dont il semblait si friand.
Elle fit la grimace et ratura avec énergie de la pointe de son stylo une phrase trop redondante à son goût.
— Mais, Deanna… Cette feuille est toute bariolée de rouge !
— Vous me payez bien pour corriger vos œuvres, non ? répondit-elle avec agacement, sans même lever les yeux sur son patron, avant de biffer une nouvelle faute d’orthographe.
Brillant, Andrew l’était indubitablement, mais certainement pas bon en orthographe.
— Il me semble que je paie également d’autres personnes qui devraient être à leur poste, en train de travailler, bougonna-t-il.
Il s’assit sur le coin de son bureau, comme il le faisait souvent, puis s’empara avec un sans-gêne sidérant de son téléphone portable, tout en tapotant la semelle de l’une de ses chaussures italiennes du bout de sa batte de base-ball.
— Nous n’avons pas besoin de l’équipe au complet pour finir cet article…
Chacun avait fait en sorte de lui fournir toutes les données dont il avait besoin. Il ne restait plus qu’à terminer la correction de ce document, à l’expédier aux clients, puis à la presse qui le publierait dans l’édition spéciale du jour de l’an, le samedi suivant.
Il toussota, visiblement mécontent de sa réflexion.
— Ainsi, c’est vous qui décidez des horaires du personnel ? ironisa-t-il.
— Mes collègues sont restés aussi longtemps que possible, parce que vous le leur avez demandé, répondit-elle d’une voix neutre, sans se laisser impressionner. Une fois leur travail terminé, qu’auraient-ils dû faire ? Attendre que je finisse le mien en se tournant les pouces ?
Il haussa les épaules.
— Et puis, c’est le soir du réveillon, lui rappela-t-elle. Les gens ont des projets…
Même lui, qui devait se rendre à l’aéroport pour prendre son jet.
Il sembla s’être lassé d’observer son portable et jeta son dévolu sur son agrafeuse.
— Et vous ? demanda-t-il. Vous avez des projets pour ce soir ?
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