Bad Boys : À la conquête de l'acteur fabuleusement séduisant - Tome 1

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Pourquoi une fille intelligente, jolie, gentille, tombe-t-elle systématiquement amoureuse de mauvais garçons ? C’est la question qu’explore la série Bad boys, à travers la vie de Caroline Auger, jeune femme de 28 ans, éternelle optimiste et incorrigible gaffeuse. À partir de sa rencontre avec un étudiant en théâtre séduisant mais pas très fiable, Caroline nous entraîne dans ses péripéties hilarantes et touchantes à la fois.



Tome 1

Comment résister lorsque le destin place sur votre chemin un gars avec de l’assurance à revendre et une gueule de top modèle? Caroline Auger n’a qu’une réponse: impossible! Forte d’un optimisme à toute épreuve, la jeune femme se lance à la conquête de l’acteur fabuleusement séduisant qui entre dans sa vie par hasard. Mais parfois, il faut un peu aider le destin… ou même lui forcer la main!
Publié le : mardi 18 novembre 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782895497219
Nombre de pages : 400
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Extrait



Quelle belle journée ! Je remonte la rue Saint-Denis avec ma meilleure amie, Sasha. Je viens d’emménager dans le quartier Rosemont, il y a quelques semaines, et, avec la frénésie de la nouvelle job et du dépaquetage, je n’ai pas encore eu l’occasion de profiter de la métropole. Mais aujourd’hui, j’avais enfin du temps, et le soleil est au rendez-vous, alors on a parcouru Saint-Denis de bas en haut, avec un petit détour sur Mont-Royal pour profiter du grand air. Nous sommes maintenant sur le chemin du retour, les pieds en compote, mais le sourire aux lèvres.

« Là, c’est un super bar, mais juste les jeudis. Là, salon de coiffure école, pas cher ; pas fort, mais ça dépanne, des fois. Oh ! Il faut que je t’amène au Candy Nail Bar ! C’est juste trop ! »

J’adore Sasha. C’est un vrai moulin à paroles, mais elle a un cœur en or et elle est ma moitié depuis l’école primaire. Je dis « ma moitié » parce que c’est plus que ma meilleure amie, plus que ma sœur. On se complète parfaitement l’une l’autre : je suis rêveuse et optimiste, elle est terre-à-terre et réaliste ; je suis assez petite et blonde, elle est grande et brune ; je voltige de désastre amoureux en désastre amoureux et elle a les deux pieds bien ancrés dans le célibat.

Nous venons toutes les deux de Sherbrooke et nos vies ont bifurqué à la fin de l’université. Après plus de quinze ans de fréquentation quotidienne, nous avons dû nous séparer : grâce à son baccalauréat en comptabilité, Sasha a obtenu un poste d’analyste financière à Montréal, dans une grosse firme. Une occasion en or pour la finissante qu’elle était alors ! Quant à moi, j’avais déjà décroché un contrat de remplacement dans une école de notre quartier, puis un autre à Magog… Je me suis inscrite sur les listes d’appel de plusieurs commissions scolaires, ne voulant pas me fermer de portes. Et cinq ans plus tard, en tout début d’année scolaire, on m’a offert de prendre en charge une classe dans Hochelaga. Si j’acceptais ? Oh que oui !

D’autant plus que j’ai toujours aimé Montréal. C’est si grand, si vivant ! Sherbrooke, c’est bien… quand on est jeune, quand on est vieux. Mais à l’âge adulte, la vraie vie, c’est la ville ! Maintenant que je suis là pour plus qu’une visite de trois jours, Sasha dresse la liste de nos activités potentielles et nous booke jusqu’à l’année prochaine. Elle pense à mille trucs en même temps et change de sujets sans transition.

« On pourrait s’inscrire à des cours de danse ! Me semble que t’es pas encore sortie avec un danseur. Oh, mais ils sont tous gais. Des cours de langue ? Allallalle… »

Elle agite ledit organe dans ma direction, bien sorti de son orifice habituel. J’éclate de rire et je la pousse gentiment pour arrêter son manège. Sasha est vraiment extravagante. Elle porte un blazer en cuir clouté court, un immense foulard bleu autour du cou et ses longs cheveux foncés en queue de cheval qui voltige derrière elle, au rythme de son grand pas. J’ai l’air de trottiner à côté d’elle, avec mon chandail (il faisait frais, ce matin !), ma jupe qui en émerge (c’est le début de l’automne, je savais que ça se réchaufferait !) et mes bouclettes autour de la tête (ça fait vaporeux, bon !).

« Arrête, Sasha ! Je vais pas m’inscrire à des cours pour rencontrer quelqu’un. On a déjà essayé… »

Cette fois, c’est elle qui éclate de rire.

« Cédriiiiiiiic ! » hurle-t-elle, à mon grand désarroi.

C’est la mi-septembre, mais il fait chaud comme en plein été et les trottoirs sont bondés. On arrive à la hauteur du boulevard Saint-Joseph et il faut nous immobiliser à l’intersection. Au milieu d’une petite foule.

« Mais pourquoi avais-tu suivi un cours de mécanique automobile, aussi ? »

Elle parle tellement fort, c’est gênant… Je fais un petit sourire à une maman qui tient sa fillette par la main tout en balançant une poussette double.

« C’était juste un atelier, et c’est important d’être indépendante…

— Cédriiiiiiiic ! réitère Sasha, avec une voix beaucoup trop grave cette fois. Cédric le conquérant ! »

Elle ne comprendra jamais que lorsque je deviens toute rouge et que je ne réponds pas, c’est signe que mon embarras me coupe la parole et qu’il vaudrait mieux qu’elle se taise avant de…

« Le conquérant de ton cul ! »

Sasha rit trop pour se rendre compte des airs estomaqués autour de nous. La maman me fait de gros yeux et rapproche ostensiblement la fillette d’elle. Comme si on allait la kidnapper ou la contaminer ou…

La lumière du piéton change, l’attroupement se disloque au travers du boulevard Saint-Joseph. Je tire Sasha vers moi, m’agrippant presque à son bras pour me cacher la face dans son manteau.

« Franchement !

— Ah, voyons, Caro ! Ils savent pas que Cédriiiiiiic voulait vraiment…

— Arrête ! »

Ma voix suraiguë d’énervement la fait de nouveau pouffer de rire. Son bras se dégage de ma prise, mais pour entourer mes épaules et me serrer contre elle.

« Tu m’as manquée, Caroline Auger ! Je suis contente que tu sois là ! Toi à Montréal, ça va être fou ! »

Je souris. Je suis contente de l’avoir retrouvée. J’ai d’autres amis à Sherbrooke, bien sûr, mais c’est pas pareil… Comment nouer un lien aussi intense que celui qui m’unit à ma partenaire de dessin de troisième année ? Notre composition en tandem Destruction de tulipes par un orage de mouches nous a valu de nombreux compliments…

Toutefois, je ne suis pas aussi habituée qu’elle à arpenter la ville de long en large (ou plutôt, de haut en bas) à pied. Mes jambes me rappellent douloureusement que je suis encore une habituée des voitures, et j’entends le cri lointain de mon bain qui m’appelle. Et si je prenais le métro ?…

« Ah, là, c’est La Petite Marche, on y est déjà allées. Oh ! Après… »
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