Barefoot Bay (Tome 2) - Pieds nus sous la pluie

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Quand un scandale professionnel l’oblige à fuir L.A., Joss n’a d’autre choix que revenir sur l’île de Mimosa Key où elle n’a pourtant que de pénibles souvenirs. Il lui faut affronter son père, Guy, avec qui elle a coupé les ponts quinze ans plus tôt. Mais celui qui la terrorisait jadis ne la reconnaît même pas. Frappé d’Alzheimer, il est soigné au quotidien par Will, son voisin, qui est aussi le premier amour de Joss. Elle en est stupéfaite. Comment Will peut-il se dévouer pour ce monstre qui les avait si violemment séparés ? Jamais elle n’offrira à Guy de deuxième chance. Il sera placé en maison spécialisée, point final.Pour Joss, les blessures de l’enfance semblent irréparables. Le soutien de ses pétillantes amies Lacey, Tessa, Zoé, et surtout l’amour de Will suffiront-ils à la mettre sur la voie du pardon… et du bonheur ?
Publié le : mercredi 3 juin 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782290097236
Nombre de pages : 416
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couverture
ROXANNE
ST. CLAIRE

BAREFOOT BAY – 2

Pieds nus
sous la pluie

Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Elisabeth Luc

image
Présentation de l’éditeur :
Quand un scandale professionnel l’oblige à fuir L.A., Joss n’a d’autre choix que revenir sur l’île de Mimosa Key où elle n’a pourtant que de pénibles souvenirs. Il lui faut affronter son père, Guy, avec qui elle a coupé les ponts quinze ans plus tôt. Mais celui qui la terrorisait jadis ne la reconnaît même pas. Frappé d’Alzheimer, il est soigné au quotidien par Will, son voisin, qui est aussi le premier amour de Joss. Elle en est stupéfaite. Comment Will peut-il se dévouer pour ce monstre qui les avait si violemment séparés ? Jamais elle n’offrira à Guy de deuxième chance. Il sera placé en maison spécialisée, point final.
Pour Joss, les blessures de l’enfance semblent irréparables. Le soutien de ses pétillantes amies Lacey, Tessa, Zoé, et surtout l’amour de Will suffiront-ils à la mettre sur la voie du pardon… et du bonheur ?
Biographie de l’auteur :
Roxanne St. Claire est l’auteur d’une trentaine de suspenses romantiques pour lesquels elle a été couronnée par de nombreux prix, ainsi que de romances contemporaines, dont la célèbre série Barefoot. Ses ouvrages sont traduits dans une douzaine de langues.

Illustration de couverture : d’après © pressmaster / Fotolia et © Jim Larrison

Du même auteur
aux Éditions J’ai lu

LES ANGES GARDIENS

 

1 – Témoin en détresse

N° 10315

2 – Sous les masques

N° 10509

3 – Jeux de Rôles

N° 10616

 

BAREFOOT BAY

 

1 – Pieds nus dans le sable

N° 10935

Pour Louisa Edwards et Kristen Painter,
mes meilleures amies,
qui sont toujours là
pour me tendre un parapluie
en cas d’averse…

Remerciements

J’ai la chance de travailler avec une équipe formidable. Je tiens à remercier de tout cœur ceux qui m’aident à insuffler de la vie dans mes romans, notamment les personnes et groupes suivants :

L’équipe éditoriale de Grand Central/Forever, sous la houlette d’Amy Pierpont, une éditrice au regard aigu, ainsi que Lauren Plude, sa précieuse assistante. C’est un honneur pour moi que de leur confier mes personnages et de voir la magie opérer.

Je remercie également Robin Rue, mon agent si dynamique, et Beth Miller, son bras droit, qui sont à mes côtés à tout instant. Grâce à elles, j’ai su garder le cap.

Je tiens à exprimer ma gratitude envers mes confrères et consœurs auteurs de littérature sentimentale, en particulier mes « sœurs de blog ». Je suis fière de faire partie de l’équipe depuis si longtemps.

Merci également à Barbie Furtado qui n’hésite pas à relire plusieurs versions révisées de certaines scènes. Sans doute connaît-elle mes personnages mieux que moi-même… Son soutien m’est précieux.

Ma reconnaissance va aux nombreux médecins, proches de patients et spécialistes de la maladie d’Alzheimer qui m’ont procuré des informations sur les soins et la recherche dans le domaine des maladies neurologiques. Ce sont de véritables héros du quotidien.

Enfin, merci à ma famille si patiente et aimante qui compte plus que tout. Merci surtout à la personne à qui je dois tout et qui m’a donné le don de raconter des histoires.

Prologue

Août 1997

— Je crois que j’ai trouvé un doudou, déclara Jocelyn en reniflant l’écharpe de coton, le nez sur le logo des Dodgers de Los Angeles.

Occupé à ranger un maillot dans sa valise, Will ne leva pas les yeux.

— Pourquoi ?

— Eh bien… Cette écharpe est imprégnée de l’odeur de Will Palmer.

Cette fois, il se tourna vers elle, un sourire aux lèvres. Une boucle brune tomba sur son front. Jocelyn aurait aimé enfouir les doigts dans les mèches soyeuses.

— Ah oui ? fit le jeune homme. Moi, je trouve qu’il sent plutôt la sueur et la pelouse… Avec une touche de virilité, peut-être.

— C’est une odeur réconfortante.

Il se redressa et fit le tour de la valise pour s’approcher du lit. La jeune fille croisa son regard aussi bleu que l’écharpe des Dodgers.

— Emporte-la à Gainsville, si ça te fait plaisir. Ma mère m’a acheté un tas de choses.

— Mes colocataires seront vertes de jalousie !

Elle ne connaissait encore de ces filles que leurs noms qui figuraient dans la lettre qu’avait écrite sa responsable de résidence universitaire, une dénommée Lacey Armstrong. Zoé Tamarin et Tessa Galloway deviendraient-elles ses amies ? Se moqueraient-elles d’elle en voyant qu’elle avait apporté l’écharpe de son voisin dans la chambre d’étudiante qu’elle occuperait dès la semaine suivante ?

— Tu la veux ? demanda-t-il avec une sincérité touchante.

— Non, je n’en ai pas besoin, assura-t-elle. Ce que je veux, c’est…

Le mot refusa de sortir. Pourquoi ne pouvait-elle pas lui avouer franchement ses sentiments ? Ouvrir son cœur à son meilleur ami qui partait pour l’université, une autre que la sienne, dès le lendemain matin ?

— … toi.

Dans un premier temps, il se comporta comme s’il n’avait pas entendu cette syllabe murmurée du bout des lèvres.

— Cet aveu ne ressemble pas à la Jocelyn Bloom que je connais.

— Je m’entraîne à être la nouvelle Jocelyn.

— J’espère que tu ne changeras pas trop, à l’université de Floride. Je t’apprécie telle que tu es.

— Je t’apprécie, je t’apprécie…

Ces derniers temps, ce genre d’aveu était de plus en plus fréquent. Will et elle semblaient vouloir en dire davantage, mais ils en étaient incapables, de peur d’anéantir plusieurs années d’amitié et d’attirance mutuelle.

— Bref, reprit-elle, c’est toi qui vas changer. Tu vas vivre en dehors du campus, voyager avec l’équipe de baseball de l’université de Miami, gérer les propositions de carrière professionnelle.

— Arrête ! J’ai l’impression d’entendre mon père !

— Je ne plaisante pas. Personne ne reconnaîtra le champion de Mimosa Key quand il rentrera pour Thanksgiving.

— C’est toi qui as le goût des études ! Tu as décroché tant de bourses que tu vas finir par gagner de l’argent en allant en cours, mademoiselle l’intello.

— Et toi, tu figureras bientôt dans les albums de joueurs de baseball, sur ces vignettes dont les gamins font collection, champion que tu es !

Will leva les yeux au ciel.

— Là, tu ressembles vraiment à mon père !

Il repoussa ses cheveux en arrière et s’assit au bord du lit.

— Et pour Thanksgiving ? reprit-il.

— Quoi ?

— Tu rentres à la maison, Bloomerang ?

Il la surnommait ainsi depuis des années, ce qui ne manquait jamais de faire battre son cœur. Jocelyn « Bloomerang » comme « boomerang », parce qu’elle revenait toujours vers lui. C’était ce qu’il lui avait déclaré quand elle avait disparu de la circulation pendant plusieurs jours. En réalité, elle n’avait aucune raison valable de revenir sur cette île de Floride, à part lui, et lui était destiné à un grand avenir.

Elle se contenta de hausser les épaules pour ne pas lui mentir, d’autant qu’elle ne pouvait pas lui poser la question essentielle : serait-il disposé à l’emmener avec lui sur le chemin de la gloire et de la fortune ?

— Tu ne reviendras pas, n’est-ce pas ? fit-il.

— Je… Peut-être que si.

Elle pencha la tête. Ses cheveux dissimulèrent alors son visage.

— Tu sais ce que c’est…

Il lui caressa la joue et glissa quelques mèches derrière son épaule.

— Oui, je sais, murmura-t-il.

Nul besoin d’en dire davantage. Depuis que ses parents avaient fait construire une pièce adjacente à leur maison pour permettre à leur fils d’avoir une salle de sport, Will était aux premières loges de la tragédie qui se jouait chez les Bloom, ses voisins. Tandis qu’il soulevait ses haltères, il entendait des cris qui ne laissaient planer aucun doute sur ce qu’il se passait.

C’était pourquoi il laissait toujours la porte ouverte, au bas des marches, afin que Jocelyn puisse se réfugier chez lui en cas de crise.

Ce qu’elle avait fait de nombreuses fois.

— Tu vas manquer à ta mère, dit-il, la gorge nouée par l’émotion.

— Ma mère…

Elle aurait aimé affirmer que tout se passerait bien pour sa mère, mais ils n’étaient pas dupes.

— Elle n’a jamais eu de cran, souffla la jeune fille.

— Tu lui manqueras d’autant plus.

— Contrairement à toi, je ne cherche pas par n’importe quel moyen à faire plaisir à mes parents, Will. Autant me rendre à l’évidence, rien de ce que je ferai ne saura satisfaire mon père. Quant à ma mère, à quoi bon persister ? Elle refuse de le quitter. J’en arrive parfois à croire qu’elle pense mériter son triste sort.

Que dire face à tant de lucidité ? Le père de Jocelyn était une véritable bombe à retardement susceptible d’exploser à n’importe quel moment. Si sa femme était encore en première ligne, il ne tarderait sans doute pas un jour à s’en prendre à Jocelyn.

— Moi, je ne suis pas une victime ! décréta Jocelyn en se redressant. Vivement la semaine prochaine !

Elle perçut une lueur étrange dans son regard. De la tristesse ? De la pitié ? Du désir ?

— Si seulement les cours ne commençaient pas une semaine plus tôt à Miami qu’à l’université de Floride, commenta-t-il.

— Tu es prêt. Il est temps pour toi de quitter ton sanctuaire.

C’était ainsi qu’elle surnommait la chambre du jeune homme, ce qui ne manquait jamais de l’amuser. Savait-il qu’elle considérait le petit studio comme un refuge ? Si pour lui ce n’était qu’une chambre et une salle de sport, elle s’y sentait, elle, à l’abri parmi les coupes, les trophées et autres coupures de journaux. C’était un havre de paix, loin du chaos qui régnait chez elle.

À moins que ce sentiment de sécurité ne soit dû aux larges épaules de Will ? Une main sur l’épaule de la jeune fille, il la dévisagea d’un air grave.

— Quoi ?

Sans un mot, il enfouit les doigts dans ses cheveux et l’attira vers lui.

— C’est notre dernière soirée, Joss, murmura-t-il. Et tu vas me manquer terriblement…

Elle fut envahie par une onde de chaleur à la fois nouvelle et familière, surtout depuis quelques mois. Depuis le début de l’été, ils se tournaient autour sans oser mettre leur amitié en péril pour faire ce dont ils mouraient d’envie tous les deux.

Ils avaient failli en parler. Ils s’étaient presque embrassés. Chaque fois qu’ils se touchaient, ils s’éloignaient aussitôt, mais Jocelyn était saisie d’un trouble jusqu’alors inconnu.

Percevant sa gêne, elle effleura son cou d’une caresse.

— Quand je t’ai connu, tu n’avais pas cette pomme d’Adam.

— Il n’y a pas que ça qui a changé, depuis, répondit-il avec l’esquisse d’un sourire.

— Ta barbe, par exemple, fit-elle en traçant le contour de son menton.

C’était encore un duvet d’adolescent.

— Tu oublies mes muscles ! railla-t-il en gonflant un biceps impressionnant.

Ses yeux passèrent du visage de la jeune fille à sa poitrine.

— À propos de changements… reprit-il.

Elle frémit, pour son malheur, ses mamelons durcirent. De nouveau, son étrange sensation s’empara d’elle.

— Will…

Elle baissa les yeux vers le renflement significatif de son jean. Encore quelque chose qui avait évolué en sept ans. Curieuse, elle observa sans vergogne son entrejambe. Elle brûlait d’envie de le toucher.

— Joss, murmura-t-il en caressant sa lèvre inférieure, provoquant chez elle un frisson de désir. Je ne veux pas partir sans…

Elle releva les yeux, si proche de son visage qu’elle décelait chacun de ses longs cils soyeux.

— Tu crois que c’est le moment que nous… balbutia-t-elle.

— Ce n’est pas une question de moment, répondit-il d’une voix cassée. Il faut que tu saches ce que je ressens pour toi.

— Je le sais.

— Non, tu ne sais pas.

— Je suis ta meilleure amie, dit-elle vivement. La voisine sympa, la seule à ne pas se pâmer en voyant ton numéro trente et un sur la couverture du Mimosa Gazette.

Elle s’attendait à un sourire. Il se contenta de fermer les yeux.

— Tu es tellement plus que cela.

Vraiment ? Si seulement il disait vrai ! Elle mourait d’envie d’être plus qu’une simple copine. Ne risquait-elle pas de briser leur amitié ?

Ils avaient échangé de nombreuses accolades, des baisers sur la joue. Ils avaient même légèrement flirté, à l’âge de quinze ans. Hélas, Will était ensuite sorti avec une pompom girl un peu niaise, et ils n’avaient plus eu le moindre contact physique. Néanmoins, leur amitié avait persisté et elle était toujours la bienvenue chez lui pour fuir l’enfer de son foyer.

Or cet été-là, avec la perspective d’un départ pour l’université, le feu du désir…

Il l’embrassa. Ce ne fut qu’un baiser plein de tendresse et de douceur, mais elle se liquéfia entre ses bras.

— Joss, souffla-t-il contre ses lèvres, j’ai quelque chose à te demander.

Elle s’écarta légèrement, impressionnée par le sérieux de sa question.

— Oui ?

— J’ai besoin de savoir ce que tu ressens pour moi.

Elle faillit s’esclaffer.

— Ce que je ressens pour toi ?

Ne le savait-il donc pas ? N’était-ce pas évident ? Il était tout pour elle : son roc, sa béquille, son refuge, son héros, son fantasme, son seul et unique amour.

— Will, je…

— Je t’aime, Joss.

Elle posa une main sur sa joue et plongea dans son regard intense et doux à la fois. Hélas, les mots ne parvenaient pas à franchir ses lèvres. Un trouble inexplicable l’empêchait de parler.

— Je t’aime, répéta Will.

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