Bouleversant face-à-face (Harlequin Azur)

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Bouleversant face-à-face, Trish Morey

Quand il découvre le visage de la femme qui a partagé les dernières années de la vie de son père, Zane réprime un mouvement de surprise. Certes, Ruby Clemenger est belle, mais elle ne ressemble en rien à la créature cupide et arrogante qu'il s'attendait à rencontrer. Pourtant, Zane n'a aucun doute : Ruby s'est immiscée dans la vie professionnelle et intime de son père pour prendre possession de sa florissante entreprise de perles. Mais elle n'aura réussi qu'à moitié, pense Zane avec cynisme, puisqu'ils se retrouvent tous deux propriétaires à parts égales de la société Bastiani. Et il est bien déterminé à ne rien céder à Ruby, et à faire de sa vie un enfer afin qu'elle abandonne la partie et lui cède ses parts. Mais pour cela, il le sait, il devra contenir le désir qu'il éprouve pour elle, et qu'il sent monter en lui, jour après jour...

Publié le : mercredi 1 août 2007
Lecture(s) : 51
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280256094
Nombre de pages : 160
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1.

Quand Zane posa le pied sur le tarmac de l’aéroport international de Broome, il sentit aussitôt une chaleur étouffante l’envelopper. Levant les yeux, il lança un coup d’œil irrité au soleil qui dardait sur lui ses rayons impitoyables.

Comment avait-il pu oublier la moiteur de l’été finissant, le bleu ardent du ciel, l’air chargé de sel et la lumière cristalline ? Après neuf ans passés dans la grisaille de Londres et ses architectures de béton, il revenait en étranger dans sa ville natale.

Car cela faisait déjà neuf ans qu’il était parti, avec pour tout bagage son nom et la certitude qu’il allait réussir, seul. Certes, il n’avait pas perdu son temps. Aujourd’hui propriétaire d’une maison à Chelsea, d’un chalet en Suisse et à la tête de l’une des banques commerciales les plus dynamiques de Londres, il n’avait plus rien à prouver à quiconque.

Pourtant, durant ces neuf années, il n’avait cessé d’attendre un appel de son père. Il aurait tant voulu l’entendre reconnaître qu’il avait eu tort… Mais quand l’appel d’Australie était enfin venu, ce n’était pas son père au bout du fil.

— L’état de Laurence n’est pas critique, avait dit le médecin, mais il a demandé à vous voir.

Il désirait le voir, lui, Zane…

Ainsi, il avait fallu que son père ait une crise cardiaque pour… Peu importait, après tant d’années, cette seule demande valait la peine d’être entendue. Zane avait donc pris le premier vol en partance de Londres pour le nord-ouest de l’Australie.

Il essaya de détendre ses épaules et son dos endoloris par les longues heures de vol et se dirigea vers le terminal, se préparant à se retrouver bientôt en face de son père. Quand Zane était enfant, Laurence Bastiani lui avait toujours paru indestructible. Solide comme un roc, il n’attrapait jamais rien, pas même un rhume. Pas étonnant qu’il ait fallu une crise cardiaque pour l’arrêter… Il avait du mal à imaginer son père dans un lit d’hôpital. Il devait détester cela. Peut-être en était-il déjà sorti, d’ailleurs.

Dans le hall d’arrivée, des ventilateurs brassaient à grand-peine l’air chaud au-dessus des passagers fatigués par le voyage. Zane se dirigea vers le tapis roulant qui portait les bagages.

Son sac de cuir arriva le premier grâce à son étiquette rouge « prioritaire ». Il s’en empara et se dirigea rapidement vers la sortie où attendait la file de taxis.

La chaleur l’accablait de plus en plus. Combien de temps allait-il lui falloir pour se réhabituer à la température tropicale de Broome ? Bah, quelle importance… Il serait de retour à Londres dans quelques jours de toute façon.

Il se glissa à l’intérieur d’un taxi et indiqua brièvement sa destination au chauffeur.

2.

Les infirmiers étaient partis, les perfusions et les aiguilles ôtées, les appareils arrêtés. Les deux derniers jours, elle en était venue à haïr le bip incessant du moniteur qui lui rappelait sans répit l’état de plus en plus précaire de Laurence. Mais maintenant, Ruby Clemenger aurait donné n’importe quoi pour l’entendre de nouveau, pour que Laurence soit réellement là, vivant.

Mais il était parti, et pour toujours.

Ruby ne pouvait pas pleurer, pas encore. Comment accepter cette disparition si brutale, si injuste ? Cinquante-cinq ans, c’était beaucoup trop jeune pour mourir, surtout quand on était un homme aussi plein d’imagination et d’énergie que Laurence Bastiani, l’homme qui avait été à la tête de la plus grande exploitation de culture perlière des mers du Sud.

Elle le regarda avec tristesse. Même maintenant, il avait l’air de dormir, sa main encore chaude dans les siennes. Mais hélas, sa poitrine demeurait désespérément immobile sous le drap, et ses doigts ne répondaient pas à la pression des siens.

Ruby ferma les yeux. Tout s’était passé si vite. Elle se sentait complètement désorientée et tout ce à quoi elle pouvait penser, c’étaient les derniers mots qu’il lui avait murmurés, presque étouffés, tandis que ses doigts serraient avec insistance la main de la jeune femme.

— Prenez soin de lui, avait-il réussi à articuler. Prenez soin de Zane. Et dites-lui que… je lui demande pardon.

A ce moment, le son du moniteur s’était changé en un bip continu et elle avait été prise de panique. Une seconde plus tard, les portes de la chambre s’étaient ouvertes à toute volée et un tumulte de blouses bleues avait fait irruption dans la pièce derrière un chariot, et, en un éclair, on avait fait sortir la jeune femme de la chambre.

Quand on l’avait laissé y revenir un peu plus tard, tout était fini. Elle ne pourrait jamais demander à Laurence ce qu’il avait voulu dire. De toute façon, elle ne se souciait guère de ce fils indigne pour l’instant. Vu la façon dont il s’était comporté avec son père, il ne se situait pas très haut dans son estime.

Elle se pencha au-dessus du lit.

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