Champagne !

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Du début des années 80 à 2015, des États-Unis à Dubaï en passant par la France, les Bahamas et Los Angeles, le parcours parfois mouvementé de quatre amies que rien ne pourra séparer.


Publié le : vendredi 24 juillet 2015
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EAN13 : 9782332971500
Nombre de pages : 162
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-97148-7

 

© Edilivre, 2015

Un

Samedi 11 avril 2015, Beverly Hills

Elle avait du mal à se reconnaître dans cette superbe femme en robe de dentelle crème griffée Dior qu’elle voyait dans son miroir. Et l’éclat de ses yeux ne devait rien aux lentilles vertes qui étaient, autrefois, sa marque de fabrique. Quelques ridules griffaient le coin de ses yeux mais cela n’avait plus rien de dramatique. Adieu botox, silicone et tutti quanti ! Donna Mackenzie n’était plus cette poupée fashion aux traits ultra-lissés abonnée à la chirurgie esthétique et aux décolletés vertigineux.

C’était son troisième mariage, mais le seul dont elle savait qu’il durerait jusqu’à la fin de ses jours.

*
*       *

Axelle de Beauchamp réajusta ses lunettes de soleil sur son nez et s’installa confortablement à l’arrière de la limousine. Assister au troisième mariage de Donna la rendait vaguement mélancolique et, peut-etre un peu jalouse aussi. Après tout, elle avait l’age de Donna : cinquante ans, mais elle était seule, desespérément seule. Elle ne put s’empecher de se demander si Gordon viendrait de la Barbade… probablement pas ; Donna était son amie, à elle.

Furieuse, elle constata soudain que ses yeux étaient pleins de larmes.

*
*       *

Barbara Lewis roula sur le coté, nue comme au jour de sa naissance et pas génée le moins du monde. Son partenaire avait allumé une cigarette et regardait béatement le plafond : – alors, ça t’a plu demanda-t-il de sa voix trainante au lourd accent texan, en se rengorgeant.

Quel crétin !! Il s’était contenté de lui triturer les seins avec maladresse avant de la faire basculer sur lui et de la gratifier de coups de reins totalement inefficaces.

Beau mec (et encore !) mais nul au lit, songea-t-elle une fois sous le jet glacé de sa douche. Elle avait hate qu’il s’en aille. Mais elle comprit qu’il n’en ferait rien quand elle le vit entrer dans la douche et se coller contre elle… Ah non, pas ça !! Elle se raidit, se retourna et le poussa légèrement : « désolée, mais je suis pressée, j’ai un rendez-vous très important.

Il n’insista pas : ok. Je te laisse alors, on s’appelle.

– C’est ça.

Quand elle sortit de la douche, elle constata, à son grand soulagement qu’il s’était rhabillé et avait quitté la pièce. Elle entendit le bruit d’une voiture qui s’éloignait et sourit en voyant la liasse de billets qu’il avait laissés sur sa table de chevet.

*
*       *

Marisol Quevedo avala une minuscule pilule blanche, un de ses bonbons comme elle les appelait. Avec une gorgée de champagne bien frais par-dessus. Puis elle ouvrit l’écrin de velours noir que son mari avait posé sur sa coiffeuse tout à l’heure et le considéra d’un air morne ; c’était un splendide collier en or blanc serti de minuscules émeraudes. De grosses larmes coulaient sur les joues de Marisol. Son époux, le richissime Hendrix Silver (qui portait bien son nom) n’avait rien compris.

Deux

Los Angeles ; 1982

– BARBIE !!!

Barbarie ne répondit pas tout de suite… Qu’est-ce que son père pouvait bien lui vouloir ENCORE !! Après qu’il se fut égosillé trois ou quatre fois, elle se décida à s’arracher à la lecture de son magazine people préféré pour aller au salon où son père, affalé dans un des fauteuils mités du salon regardait un match à la télé.

– Quoi ? demanda-t-elle, excédée.

– Va m’acheter un pack de bière. J’ai du monde ce soir fit-il, les yeux toujours rivés à l’écran.

Barbara savait parfaitement à quoi s’en tenir. La petite amie de son père allait débarquer comme chaque samedi soir, elle, son épouvantable parfum bon marché et ses tenues provocantes dignes d’une poule de luxe. Et comme chaque samedi soir, Barbara était priée de se trouver quelque chose à faire loin de la maison. Le plus loin possible, en tous cas. Elle préférait ne pas penser à ce qu’ils faisaient. D’ailleurs, ça ne l’intéressait pas. Depuis la mort de sa mère dans un accident de voiture, cinq ans auparavant, tout avait changé. Son père ne lui adressait la parole que pour aboyer des ordres et elle n’avait plus personne à qui se confier. Parfois, l’absence de sa mère se faisait cruellement ressentir… Mary Jane Wachovski pouvait etre si charmante et si tendre quand elle n’était pas sous l’emprise de l’alcool. Barbara avait dix ans quand elle s’était rendu compte que sa mère était alcoolique. Elle l’avait surprise à boire au goulot une bouteille de whisky. Elle avait été choquée par les yeux hagards que Mary Jane avait posé sur elle, ensuite, mais n’y fit jamais allusion. Ni meme quand elle comprit que sa mère cachait ses bouteilles d’alcool sous l’évier, derrière les produits ménagers. Quand elle rentrait de l’école et que son père etait au travail Barbara trouvait parfois Mary Jane endormie et elle devait elle-même se charger du repas. Mais quand Mary Jane ne buvait pas, c’était une jeune femme très gaie, peut-être pas des plus démonstratives avec sa fille, mais elle s’en occupait fort bien. Avec Larry, le père de Barbara, ça ne marchait plus très bien, mais d’aussi loin qu’elle s’en souvienne, la jeune fille ne les avait jamais entendus se disputer.

Un matin, tandis que Barbara était à l’école, sa mère, après avoir déposé son père au travail, décida d’aller faire des courses. Cela ne lui arrivait pas souvent de conduire, Larry n’aimait pas quand elle prenait le volant, mais ce jour-là, à contre cœur, il lui laissa la voiture. Après l’avoir déposé devant le garage où il travaillait, Mary Jane s’apprétait à démarrer lorsqu’elle se rendit compte que Larry semblait attendre quelqu’un devant le garage. Prise d’une étrange intuition, elle gara la voiture un peu plus loin, là où il ne pourrait pas la voir, et attendit. Elle vit une autre voiture s’arreter pile devant Larry et celui-ci y monter. Le véhicule, une Ford rouge vif démarra aussitôt. Mary Jane, intriguée décida de les suivre, le cœur battant et la tete pleine d’interrogations. Sa filature dura peu de temps. La mystérieuse voiture rouge s’était arretée devant un motel situé en dehors de la ville. Mary Jane, stationnée un peu en retrait, vit son mari descendre ainsi que la conductrice, une superbe brune. Enlacé, le couple se dirigea en discutant avec animation vers le motel.

Ce fut comme une déflagration pour Mary Jane. Bien sur, tout n’était pas rose avec Larry, mais jamais elle n’aurait pensé qu’il puisse la tromper. Et pourtant, les faits étaient là. Sous ses yeux.

Aveuglée par les larmes, elle démarra en trombe.

Vite, à la maison. Elle avait besoin d’un verre. Ou meme plusieurs. Pour oublier. Dormir. Noyer son chagrin. Elle ne savait plus.

Sur la route, elle ne vit pas le camion fou qui déboulait en sens inverse et se dirigeait droit sur elle, tel une machine infernale.

Que faire, maintenant ? Il était vingt heures. Aller chez Donna ? Mrs Mackenzie ne serait surement pas ravie de la voir débarquer à cette heure-là. Marisol alors ? Oui, elle irait chez Marisol. Sa mère n’y verrait aucun inconvénient. Teresa Quevedo était le style de mère « cool » qui n’interdisat pas grand-chose à ses six enfants et la plupart d’entre eux en profitaient largement, sauf la douce et réservée Marisol.

*
*       *

Donna éteignit son ordinateur, satisfaite de ce qu’elle avait écrit ce soir. Elle était sur la bonne voie. D’aussi loin qu’elle s’en souvienne, elle avait toujours adoré écrire, inventer des personnages et des intrigues dignes des soap-operas qu’elle aimait tant au grand dam de sa mère.

Audra ne comprenait pas quel plaisir sa fille pouvait trouver à ces personnages insipides et à ces intrigues débiles. Très tot, cette institutrice férue de belles lettres, s’était efforcée d’inculquer à ses trois enfants Everett, Donna et Alexandra le goût pour la lecture en général et de la « bonne » littérature en particulier. Avec Everett, cela avait été un fiasco, il préférait le base-ball où il excellait. Donna, elle, lisait tout ce qui lui tombait sous la main, heureusement ou malheureusement… mais au moins… elle lisait contrairement à son frère et sa sœur. Donna lui avait dit qu’elle écrivait mais ne lui avait encore rien montré.

Donna jeta un coup d’œil à sa montre : il était vingt et une heure. Très tot, pour un samedi soir. Sa mère entra alors, interrompant le cours de ses pensées : – Barbara au téléphone. Et la prochaine fois, tu lui diras de ne pas téléphoner à cette heure-là.

– Barbie ?

– Je t’appelle de chez Marisol… qu’est-ce qu’on s’ennuie !! Tu ne veux pas venir ?

Donna n’hésita pas un instant, d’autant plus qu’elle savait que sa mère lui donnerait la permission de sortir. Plutot sévère en semaine, Audra lachait un peu de lest le samedi soir, tout en exigeant que ses filles soient de retour à la maison à minuit pile.

*
*       *

Caroline de Beauchamp se demanda, une fois de plus si elle avait bien fait d’encourager son époux, Arnaud, à venir s’installer aux Etats-Unis. Mais celui-ci lui avait juré qu’il allait monter une affaire en or avec son associé, un franco-américain blagueur prénommé Henry, à Los Angeles. Comme toujours, elle n’avait posé aucune question.

Arnaud et elle s’étaient rencontrés à Bordeaux, sur les bancs de la fac de droit. Caroline, de mère américaine et de père français avait décidé de rejoindre ce dernier en France. Elle avait aussitôt été séduite par ce beau garçon désinvolte et beau parleur. Tout était allé très vite entre eux et ils se fréquentaient depuis trois mois quand il décida qu’il était temps qu’elle connaisse sa famille. Caroline n’oublierait jamais l’accueil glacial du comte et de la comtesse de Beauchamp qui avaient révé d’autre chose pour leur second fils qu’une petite américaine mal dégrossie et, de toute évidence, pas de très « bonne  famille » mais l’américaine mal dégrossie tomba enceinte et un mariage fut organisé à la hate. Patrick de Beauchamp, contre toute attente s’entendit bien avec Marc Alexis, le père de Caroline. Sa mère, Jane, qui venait d’accoucher de son cinquième enfant ne se déplaça pas.

Les jeunes mariés s’installèrent dans une petite maison sur le domaine familial et Caroline abandonna ses études. Sa fille ainée, Adélaide (prénom choisi, naturellement, par sa chère belle-maman) naquit cinq mois après le mariage. Un an plus tard, vint Anne-Charlotte, puis Axelle et enfin Alexandre, l’héritier tant désiré. Pendant quelques années tout se passa bien. Arnaud travaillait avec son père qui gérait le vignoble familial avec son fils ainé, Brice.

Puis un jour, à la suite d’une violente dispute avec son père, Arnaud décida que sa famille et lui quitteraient le domaine pour aller s’installer dans la capitale où il avait monté une entreprise d’informatique avec l’omniprésent Henry, celui-là meme qui, après quelques années convainquit son ami que les bonnes affaires ne se faisaient plus à Paris, mais aux States où il avait de « super contacts ». Ils avaient donc vendu leur affaire et mis le cap sur les Etats-Unis.

Les enfants avaient suivi leurs parents à contre cœur, Adélaide en particulier. Elle n’était pas loin de considérer les « States » comme une nation barbare peuplée de sauvages.

Caroline s’arracha à ses pensées et entreprit de déballer un énième carton. Il était 22 heures et Arnaud était parti en ville avec Henry. Ils ne reviendraient surement pas de sitot. Alexandre dormait à poings fermés. Anne-Charlotte rangeait ses vetements dans la nouvelle chambre qu’elle partagerait avec Axelle et Adélaide et cette dernière étaient sur la terrasse.

– Je sens que je ne vais pas me plaire ici, soupira Adélaide, dépitée. Les américains sont moches et mal éduqués.

– Qu’est-ce que tu en sais ? Axelle but une gorgée de coca. En ce qui la concernait, meme si elle aurait préféré rester en France, elle n’aurait aucun problème à s’adapter… après tout, ce n’était pas comme si elle était arrivée en terre inconnue, elles étaient déjà venues plusieurs fois.

– Salut !!

Adelaide et Axelle sursautèrent en meme temps. De l’autre coté de leur barrière se tenaient trois filles, sensiblement de leur age. Adelaide les toisa sans la moindre aménité mais répondit du bout des lèvres.

– J’habite la maison d’en face dit l’une des filles, une jolie brune vétue d’un débardeur et d’un short en jean. Je m’appelle Marisol et voici Barbara et Donna. Vous etes nouvelles dans le quartier ?

– Oui répondit Axelle.

– Nous venons de France minauda Adelaide, comme si elle voulait leur en mettre plein la vue.

– Vous serez surement dans le meme lycée que nous, dit Donna.

Et c’est ainsi que tout commença.

Trois

Los Angeles, 1983

Donna se laissa tomber sur le lit à coté de Barbara, soulagée.

– J’arrive pas à croire qu’on n’ira pas au lycée en septembre, s’écria Barbara. Enfin !!! On doit absolument feter ça.

– Mon frère me prète sa voiture, annonça Donna. A nous la fièvre du samedi soir !

Les filles furent bientôt rejointes par Marisol et Axelle qui étaient d’abord passées se changer chez elles. Elles avaient dix-huit ans, fini le lycée et à la rentrée, elles avaient toutes décidé d’intégrer UCLA. Mais avant ça, il fallait profiter à fond des vacances et de tous les plaisirs qu’elles offraient avant de plonger dans ce que Marisol appelait « le grand bain ». Barbara n’en n’avait rien dit à ses amies mais elle n’était pas certaine d’etre faite pour les études… et elle s’était toujours dit qu’avec un peu de chance, un talent-scout la croiserait dans la rue et la propulserait vers une carrière de mannequin, voire, pourquoi pas de top-model comme la texane Cindy Crawford. Barbara, avec sa crinière blonde et ses courbes généreuses avait toutes ses chances, elle le savait. Elle le sentait. D’ailleurs tous les garçons avec qui elle était sortie le lui avaient dit.

Et puis, ce soir, elle allait » le » faire avec Sam, son petit-ami. Elle lui ferait ce cadeau qu’elle avait toujours refusé aux autres, alors qu’elle avait la réputation d’etre une fille plutôt « chaude » au lycée.

Le soir venu, Donna passa chercher ses trois amies. Elles iraient au restaurant puis à une fête chez une de leurs camarades de classe, soirée au cours de laquelle Barbara avait prévu de retrouver Steve.

Elles s’installèrent à une table, en terrasse et un serveur se précipita aussitôt. Marisol allait commander son habituel verre de coca quand Barbara l’interrompit : la fin du lycée, ça se fete : nous prendrons 4 coupes de champagne… elles avaient l’impression grisante d’etre devenues des femmes… très vite, elles remarquèrent à la table voisine deux jeunes hommes qui ne les quittaient pas des yeux, vaguement amusés par leur exubérance. Et soudain, l’un d’eux se leva et s’approcha de leur table… il était très séduisant : – excusez-moi, je crois que vous fetez quelque chose… pouvons-nous vous offrir une autre coupe de champagne ?

Donna s’apprétait à refuser mais Barbara la prit de court : – avec plaisir.

– Je m’appelle Eric et voici mon ami Will.

Les filles se rendirent compte avec un certain soulagement que ces garçons n’étaient guère plus agés qu’elles.

Ils passèrent une soirée si animée que personne ne vit l’heure passer. Axelle jeta un coup d’œil à sa montre : – oups ! Il est onze heures, les filles !!

– On est invitées à une fete, expliqua Donna, vous voulez venir avec nous ?

Barbara se rendit compte qu’elle n’avait pas du tout envie de quitter Eric… elle en avait meme oublié Steve. Eric la regarda, indécis mais Will était partant.

– Je crois que je vais rentrer, je suis un peu fatigué finit par dire Eric, qui regardait toujours Barbara.

Personne ne fut étonné quand Barbara prétendit, elle aussi, etre fatiguée et que Eric proposa de la raccompagner chez elle. Will partit donc avec Donna, Marisol et Axelle.

Eric avait garé sa voiture devant chez Barbara. La maison était plongée dans l’obscurité.

– il n’y a personne, chez toi ? s’étonna Eric.

– je ne sais pas.

De toute façon, ça n’avait aucune importance, son père vivait sa vie avec sa Margaret de son coté et sa fille vivait la sienne.

Eric la regarda longuement. Intensément. – Tu es magnifique.

Et il se pencha pour l’embrasser. La douceur de ses lèvres la surprit. Elle était habituée aux baisers maladroits de Sam, à sa langue qui prenait possession de la sienne comme s’il machait du chewing-gum. La bouche d’Eric avait maintenant quitté la sienne pour descendre dans son cou avec une lenteur dont la sensualité la surprit d’abord puis l’envahit d’une douce langueur. Elle sentait maintenant ses lèvres sur ses seins, à travers son t-shirt et tressaillit quand elle le sentit mordiller un mamelon à travers le tissu. Elle avait l’impression d’etre catapultée dans un labyrinte multicolore… quand Eric s’arreta net. Frustrée, étourdie, déçue, elle le regarda sans comprendre.

– Mieux vaut s’arreter là. Dit-il d’une voix légèrement haletante… je ne veux pas faire des choses que tu pourrais regretter…

– Et si moi, je le veux ?

– Tu es sure ? Après tout, on ne se connait pas et… Mais Barbara l’attira à elle. » allons chez moi, s’entendit-elle murmurer. Je suis sure que mon père n’est pas là, sinon, il serait sorti en entendant la voiture.

Et voilà comment Barbara perdit sa virginité avec un garçon qu’elle connaissait à peine.

*
*       *

– J’éspère que vous vous rendez compte que vous avez pris un risque énorme dit Audra à sa fille. ; suivre comme ça des garçons que vous ne connaissiez ni d’Eve ni d’Adam…

– Maman !! On ne les a pas « suivis ». Will est venu avec nous à la fete et tout s’est bien passé ; Après la soirée, nous l’avons raccompagné chez lui et…

– Tu ne m’as pas dit qu’ils étaient deux ? l’interrompit Audra d’un air soupçonneux. Qu’est devenu l’autre ?

– Il a passé la soirée avec Barbara, Maman…

Audra ne répondit rien mais n’en pensait pas moins, évidemment. Cette Barbara lui semblait un peu trop délurée… mais bon, c’était une des meilleures amies de sa fille et, jusqu’à présent, tout se passait bien entre elles, et puis Donna n’était pas du genre à se laisser entrainer là où elle ne le souhaitait pas. Malgré tout, Audra faisait entièrement confiance à sa fille.

Donna, Marisol et Axelle ne revirent Barbara que trois jours après la fameuse soirée. Elle semblait radieuse. Et changée.

– Allez, raconte !! la pressa Axelle.

– Raconter quoi fit innocemment Barbara.

– Pff t’es pas drole, grommela Marisol.

– Bon, ok… il est génial.

– Tu veux dire que… vous « l » avez fait ? voulut savoir Axelle, curieuse.

– Oui !! Au début, j’ai eu un peu mal mais après. Hmmmm !!!

Elles éclatèrent de rire.

– Tu as dormi chez lui ?

– Evidemment !

– Ton père a du faire une drole de tête quand tu es rentrée chez toi.

Le sourire de Barbara s’effaça aussitôt :

– Mon père s’en fiche éperdument. Et comme je suis majeure…

– J’aurais aimé etre à ta place, soupira Axelle. J’ai dix-huit ans mais mes parents me traitent parfois comme si j’en avais quinze. Ils sont tout le temps sur mon dos.

Barbara la regarda et toute insouciance avait brusquement déserté son visage :

– Crois-moi, je préfèrerais etre comme toi, avec tes parents qui t’aiment et se font du souci pour toi.

– Je suis sure que ton père t’aime à sa façon, fit Donna qui voyait toujours le bon coté des choses.

– Alors, il le cache super bien. De toute façon, je ne compte pas rester chez lui.

– C’est un peu tot pour t’installer dans la résidence universitaire, non ? demanda Axelle.

– Il ne s’agit pas de ça. Ce week-end, je m’installe chez Eric.

Donna la regarda comme si elle avait un énorme bouton sur le nez : – c’est une blague !!!

– Pas du tout. Eric me l’a proposé et j’ai accepté.

Marisol secoua la tete incrédule.

– Barbie, tu ne le connais meme pas depuis une semaine !!

– C’est beaucoup trop tot. Renchérit Donna.

Son amie avait-elle perdu la tete ?!!

– On ne s’est pas quittés ces derniers jours et je sais que c’est quelqu’un de bien. Et, si ça peut vous rassurer, il vit dans une maison avec sa mère. Elle est veuve, très gentille.

– Mais tu ne sais rien de ce garçon. Insista Marisol.

– Si, Marisol. Il a vingt-cinq ans et il est photographe. Et son studio est au rez-de-chaussée de sa maison.

– Et tu comptes partir de chez toi sans le dire à ton père ?

– Bien sur que non… mais je suis sure que ça le soulagera, vous verrez.

A la grande surprise de Barbara, son père parut déboussolé quand elle lui annonça qu’elle quittait...

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