Chestnut Hill tome 10

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À Chestnut Hill, être la meilleure ne suffit pas.


Les leçons d'amour s'apprennent à la dure à Chestnut Hill... Entre les intrigues de ses amies, qui cherchent une nouvelle fiancée pour son père, et les compétitions acharnées, Laurie ne sait plus où donner de la tête. À l'école comme à la maison, la pression monte...





Publié le : jeudi 31 janvier 2013
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EAN13 : 9782823807011
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Lauren Brooke



Chestnut Hill
Un cœur qui bat
Traduit de l’anglais par Christine Bouchareine


Avec des remerciements tout particuliers à Elisabeth Faith
1
— Il faudra bien que tu sortes de cette voiture tôt ou tard, Laurie, lança M. O’Neil en déverrouillant le coffre. Alors, autant le faire tout de suite.
Laurie entrouvrit la portière une fraction de seconde, et un courant d’air glacial s’engouffra dans l’habitacle.
— Il doit faire moins dix degrés dehors ! gémit-elle.
Mais déjà le froid envahissait le véhicule. La jeune fille soupira, enroula son écharpe autour de son cou et descendit en frissonnant.
Une lueur malicieuse dans les yeux, son père lui colla dans les bras un sac de voyage, ses bottes et sa bombe.
— Tiens, porte ça à l’intérieur, ça te réchauffera !
— Tu es trop gentil, mon petit papa, répliqua-t-elle en faisant semblant de tituber sous le poids. Mais comme ce sont les personnes âgées qui courent le plus grand risque d’hypothermie, il vaudrait mieux que ce soit toi qui t’en charges.
Elle s’esclaffa devant l’air faussement scandalisé de son père et se dirigea vers le dortoir Adams. Le bâtiment entouré d’arbres couverts de givre, avec les chaleureuses lumières jaunes qui brillaient derrière les fenêtres du rez-de-chaussée, était digne d’une carte postale. Laurie ajusta la sangle du sac sur son épaule et monta prudemment les marches verglacées.
Une fois dans le hall, elle s’arrêta, surprise par le silence. D’habitude, au retour des vacances, elle avait du mal à se frayer un chemin dans la foule d’élèves et de parents. « On dirait que je suis la première », songea-t-elle. Son père l’avait amenée de bonne heure, car il devait retourner en ville ouvrir son magasin de chaussures. Il était seul en l’absence de son assistant, parti passer les fêtes en famille à New York.
Une bise polaire balaya le hall quand Carl O’Neil entra à son tour et posa deux grosses valises sur le plancher bien ciré.
— Je n’ai jamais vu cet endroit aussi tranquille, chuchota-t-il d’un ton théâtral. Tu crois qu’on s’est trompés de jour ?
— Non, juste d’heure, maugréa Laurie.
Elle s’était régalée pendant les vacances de Noël avec son père, mais elle avait hâte de retrouver ses amies. Mélanie, Margaux et Pauline lui avaient terriblement manqué pendant ces trois semaines.
— Je me disais bien que j’avais entendu des voix ! s’écria Mme Herson, la surveillante du dortoir.
Elle venait d’apparaître sur le seuil de son appartement, situé au fond du hall, un énorme vase en cristal rempli de houx et de chrysanthèmes blancs dans les bras.
Elle le posa sur la table en acajou, sous le lustre, et leur adressa un grand sourire de bienvenue.
— Vous avez passé de bonnes fêtes ?
— C’était génial, merci ! Et nous avons fait un festin inoubliable pour le réveillon !
— J’ai encore de la nourriture pour une bonne semaine, plaisanta M. O’Neil. Mélanie a préparé de quoi sustenter une tribu ! J’espère que vous avez profité de ces fêtes pour vous reposer, madame Herson. Quant à moi, je me réjouis à l’idée de pouvoir enfin regarder tranquillement la télévision sans avoir à me battre pour la télécommande !
— Arrête, papa ! Avoue que tu comptes déjà les jours qui nous séparent des prochaines vacances.
— Il me faudra bien tout ce temps-là pour me remettre du transport de tes bagages, grommela-t-il en ramassant les valises.
— Laurie, si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas à sonner à ma porte, dit Mme Herson alors qu’ils montaient l’escalier. Je suis contente de te revoir.
— Moi aussi, je suis contente d’être revenue, répondit Laurie avec un frisson d’impatience.
Elle ouvrit la porte de la chambre qu’elle partageait avec Alexandra Cooper. Une lueur pâle tombait des fenêtres sur les meubles en érable et les lits jumeaux. Laurie sentit les doigts la démanger : elle avait envie de faire son lit avec sa nouvelle housse de couette à carreaux et d’étaler ses livres et ses cahiers sur son bureau.
— Je devrais prendre une photo, la taquina son père. C’est rare de voir ta chambre aussi bien rangée.
— Oh, papa ! tu vas tellement me manquer ! s’écria Laurie en lui jetant les bras autour du cou.
Elle frotta sa joue contre le pull qu’elle lui avait offert pour Noël.
— Tu n’es pas forcé de le mettre, tu sais, ajouta-t-elle, étonnée elle-même d’avoir choisi un vert aussi criard.
M. O’Neil se campa devant la glace en bombant le torse.
— Tu plaisantes ! C’est ce que j’ai de plus élégant dans ma garde-robe. Je songe même à en acheter un à mon assistant pour en faire l’uniforme officiel du magasin.
Laurie éclata de rire et le rejoignit devant le miroir. Elle caressa son nouveau collier en aigue-marine et en strass avec un L en pendentif que son père avait choisi avec amour. Elle l’adorait.
— Lui aussi, j’aimerais bien qu’il fasse partie de notre uniforme, dit-elle d’un ton pensif.
Un code très strict régissait l’habillement des élèves de Chestnut Hill. Seuls les montres et les clous d’oreilles étaient autorisés quand elles portaient la tenue de l’école bleu roi et gris.
M. O’Neil jeta un coup d’œil sur sa montre et soupira.
— Il faut que j’y aille !
— Je te raccompagne, déclara Laurie, soudain toute triste.
Tandis qu’ils ressortaient dans le couloir, elle essaya en vain de retrouver la joie qu’elle éprouvait encore quelques minutes plus tôt à la pensée de revoir ses amies et de commencer un nouveau trimestre. Ils descendirent en silence. Quand ils arrivèrent dans le hall, son père se retourna vers elle et la prit par le menton comme il le faisait lorsqu’elle était petite.
— Allons, ma chérie, ne fais pas cette tête-là.
— Je suis désolée. J’ai horreur des adieux.
— Alors, disons-nous simplement à bientôt, murmura-t-il en la serrant dans ses bras.
Ses cheveux sentaient la fumée du vieux poêle à bois du salon.
— Je préfère ! lâcha-t-elle.
— Je viendrai te voir dès que j’aurai un moment, promit-il en la précédant vers la porte. Mais j’ai bien peur que tu n’aies du mal à me caser entre le shopping à Cheney Falls, l’entraînement d’équitation, la natation, la préparation des fêtes, les soirées…
— J’aurai toujours du temps pour toi, lui assura-t-elle en l’embrassant.
— Moi aussi.
Il lui sourit avec tendresse et ouvrit la porte. Sans faire attention au courant d’air glacial qui s’engouffrait dans le hall, Laurie regarda son père descendre les marches et se diriger vers le parking.
Elle répondit à son joyeux coup de klaxon par un grand geste tout aussi enjoué ; pourtant, il lui manquait déjà. « Moi, au moins, je vais retrouver mes copines… Lui n’a personne avec qui partager ses soirées, songea-t-elle. Ah, si seulement maman était encore là… »
Elle referma la porte et regagna sa chambre avec l’impression que ses amies n’arriveraient jamais.
Elle posa les valises sur son lit et commença à ranger ses affaires dans la commode. Elle suspendit sa tenue d’équitation dans la penderie et mit avec fierté son tee-shirt de l’équipe junior sur un cintre. Elle éprouvait toujours autant de joie que d’angoisse d’en être la capitaine. « Pas question de me laisser ronger par le doute, comme au trimestre dernier ! » décida-t-elle. D’accord, sa coéquipière et rivale Audrey Harrison y avait été pour quelque chose… Mais si Annie Carmichael, la directrice de la section d’équitation, l’avait choisie pour ce poste, la préférant à Audrey, c’était parce qu’elle montait bien, et surtout parce qu’elle possédait les qualités humaines indispensables pour l’occuper.
Laurie prit dans sa valise le cadre avec la photo de Tybalt que Margaux lui avait offert pour Noël. Elle contempla le cliché qui montrait le magnifique pur-sang alezan foncé regardant par-dessus la clôture du paddock, ses petites oreilles bien dressées et ses naseaux dilatés. C’était son cheval préféré. Étant une des rares cavalières à pouvoir monter ce hongre capricieux, elle en avait pratiquement l’exclusivité.
Elle venait de poser le cadre sur sa table de nuit quand on frappa à la porte. « C’est sans doute Mme Herson », pensa-t-elle. Elle sauta de joie quand elle vit les yeux verts pétillants d’une de ses meilleures amies.
— Margaux ! Qu’est-ce que tu fais là ?
— C’est vrai que je suis tellement géniale que je devrais arrêter les études, répondit Margaux Walsh. Mais je me suis dit que vous ne pourriez jamais vous en sortir sans ma grande sagesse.
— Ha ha ! lâcha Mélanie Hernandez, qui la suivait. Sa Grande Sagesse pourrait-elle dégager le passage ?
— Mélanie ! Tu es là, toi aussi !
Derrière Mélanie, Laurie aperçut une blonde fluette qui traînait deux valises.
— Oh, Pauline ! s’écria-t-elle.
— Margaux nous a envoyé un mail pour qu’on vienne de bonne heure te tenir compagnie, expliqua la petite Anglaise en la serrant dans ses bras.
— Je suis trop contente de vous retrouver ! s’exclama Laurie, touchée par la gentille attention de Margaux. Dis, Mélanie, j’avais peur que tu ne restes bloquée au Colorado, avec toute la neige qui est tombée !
— J’étais prête à aller à l’aéroport à ski, mais le temps s’est arrangé, et mon père a pu m’y conduire, répondit Mélanie avec une pointe de regret dans la voix.
— J’aurais payé pour voir ça ! gloussa Margaux. Tu pensais porter tes bagages sur ta tête ?
— Ça ne m’aurait posé aucun problème, douée comme je suis !
— Et Aspen ? Comment c’était ? demanda Laurie à Margaux tandis qu’elles entraient dans sa chambre et s’asseyaient en tailleur sur son lit.
— Génial ! J’ai même fait une piste noire juste avant mon départ. Quel dommage qu’Henri n’ait pas été là pour assister à cet instant de gloire ! soupira la rouquine.
Henri était le mignon petit Français qu’elle avait rencontré l’hiver précédent aux sports d’hiver et avec qui elle avait gardé contact.
— À propos, tu as vu Caleb pendant les vacances ?
Laurie rougit à la mention de son petit ami.
— Oui, on s’était donné rendez-vous juste avant Noël pour échanger nos cadeaux. Et nous nous sommes retrouvés ici pour le stage d’équitation.
— Ah oui, c’est vrai ! s’écria Pauline. Moi aussi, je serais venue si mes cousins n’avaient pas débarqué.
— Et qu’est-ce que Caleb t’a offert ? demanda Margaux, les yeux brillants de curiosité.
Laurie tendit son bras pour leur faire admirer un délicat bracelet en argent.
— J’ai eu aussi un cheval miniature en ambre.
— Qu’il est beau ! s’exclama Pauline, qui avait retrouvé son accent anglais après deux semaines passées en famille.
— Et vous ? Vous avez été gâtées ? s’enquit Laurie, pressée de ne plus être le centre de la conversation.
— Question cadeau du petit ami, pour moi ça a été tintin, zéro, nada ! répondit Margaux en faisant une moue comique pour se moquer de son statut de célibataire. En revanche, mes parents m’ont offert une leçon de pilotage de deux heures, et c’était génial. J’ai tenu les commandes, vous vous rendez compte ?
Pauline se pencha vers elle et la prit par les épaules en la regardant droit dans les yeux.
— Promets-moi de me prévenir la prochaine fois que tu voleras, que je me mette à l’abri.
— N’importe quoi ! L’instructeur m’a dit que j’avais de vraies dispositions, protesta Margaux, vexée.
— De vraies dispositions pour faire un carnage ? la taquina Mélanie.
— Au fait, Mélanie, où en es-tu avec Sam ? riposta Margaux. La dernière fois qu’on a tchaté sur le Net, tu m’as abandonnée au milieu d’une phrase pour lui répondre.
— Tu parles ! Ils ont passé leur temps pendus au téléphone, soupira Pauline. Il n’y a pas eu moyen d’avoir la ligne de toutes les vacances.
Mélanie haussa les épaules.
— Sam courait à la catastrophe, il fallait bien que je l’aide ! Il doit savoir par cœur les bases du football américain et du base-ball s’il veut avoir une chance de s’adapter à St Kit.
Atteint d’une leucémie deux ans plus tôt, Sam, le frère jumeau de Pauline, était enfin considéré comme définitivement guéri. Il devait reprendre les cours ce trimestre, à l’école de garçons voisine. Et, comme il était anglais, il ne connaissait rien aux sports préférés des Américains.
— Du coup, Pauline, tu n’as pas pu parler souvent avec Josh ? remarqua Laurie.
— Si, une fois ou deux, avoua son amie avant de se lever précipitamment, les joues écarlates. Eh bien, maintenant qu’on s’est tout raconté, si on allait dire bonjour à nos premières amours ?
— Excellente suggestion ! répondit Laurie en prenant sa veste accrochée derrière la porte.
Même si, habitant près de Chestnut Hill, elle avait la chance de pouvoir monter Tybalt pendant les vacances, elle était très impatiente de le retrouver.
Alors qu’elles descendaient l’escalier, elles entendirent des voix dans le hall. Laurie se pencha par-dessus la rampe et aperçut Patty Duval et Audrey Harrison au milieu d’une montagne de valises, qui disaient au revoir à leurs parents.
— Tiens, nous ne sommes pas les seules à être venues de bonne heure ! constata-t-elle.
— Adieu, ma tranquillité ! soupira Margaux. Moi qui espérais défaire mes bagages sans le contrôle de la brigade des modes…
Laurie lui glissa un regard en coin. « Combien de temps va-t-elle supporter de partager sa chambre avec Audrey ? » se demanda-t-elle. Le trimestre précédent ne s’était pas très bien passé, et Laurie n’avait toujours pas compris pourquoi Mme Herson avait mis Margaux avec la seule fille de Chestnut Hill qu’elle ne supportait pas.
Elle se tourna vers Patty. Apparemment, celle-ci revenait d’un pays chaud. Son teint déjà mat avait pris un ton cuivré, tout comme ses cheveux bruns décolorés par le soleil.
— Tu as une mine splendide, déclara Audrey en écho à ses pensées. Et ton ensemble est très chic !
— C’est mon côté français qui ressort ! minauda Patty en pivotant pour faire admirer son manteau beige évasé accompagné d’une robe chasuble, d’un béret et de gants assortis.
— Si elle ne fait pas gaffe, ses jambes vont se transformer en sucettes glacées ! lança Margaux à haute et intelligible voix. Les jupettes, c’est pas fait pour les températures en dessous de zéro.
— Alors, c’était comment, Hawaï ? poursuivit Audrey, ignorant son commentaire.
— Fan-tas-tique ! La cérémonie était incroyable. Regarde…
Elle sortit un magazine de la poche de son sac de voyage.
— Elle a fait la double page centrale de Society.
— Oh ! faillit s’étouffer Audrey. Il y avait tout le gratin ! De quoi remplir un carnet d’autographes entier !
Laurie échangea un regard interrogateur avec Pauline. Patty leur tendit le magazine.
— Prenez-le, j’en ai d’autres.
Margaux haussa les sourcils.
— Pour quoi faire ?
— Pour apprendre ce qu’est la classe, répondit mielleusement Audrey en rejetant ses cheveux en arrière.
— Là, tu exagères ! C’est une revue, pas une baguette magique ! ricana Patty.
— Oh, que je suis déçue ! répliqua Margaux. Moi qui m’apprêtais à vouer ma vie au dieu de la mode !
— Ce sont ces célébrités qui donnent le ton, insista Audrey en tapotant le magazine. Prenez-en de la graine !
Laurie lut le titre sous la photo principale. L’écrivain Edward Duval et son épouse Marie-Claire, ancien mannequin français, renouvellent leurs vœux de mariage lors d’une cérémonie intime sur une plage d’Hawaï.
— Ta mère est magnifique ! s’exclama Pauline.
Laurie ne put qu’acquiescer, éblouie par la jeune femme en robe de bal-bustier ivoire, auréolée de longs cheveux blonds qui tombaient en cascade sur ses épaules nues.
Patty sourit brièvement.
— Merci. Figurez-vous que, comme cadeau de Noël, maman m’a offert un maquillage et une séance de photos le matin de la cérémonie. Elle voulait que je sois aussi belle qu’elle. Quel amour ! J’ai fait faire un poster d’un de mes portraits, on doit me l’envoyer dès qu’il sera encadré. Je l’accrocherai au-dessus de mon lit, ajouta-t-elle à l’intention d’Audrey.
— Comme si ça ne lui suffisait pas de se regarder constamment dans la glace ! marmonna Mélanie.
Audrey haussa les épaules.
— Ne t’occupe pas d’elles, Patty. Elles ne reconnaîtraient pas la classe même si tu leur mettais le nez dedans.
— Ou si elle surgissait d’un placard, habillée de la tête aux pieds en Dolce et Gabbana, enchaîna Margaux.
Mélanie lui tapa dans la main.
— Quelle imagination, Walsh ! T’es trop top, tu sais !
Audrey et Patty se regardèrent avec un air consterné, et entreprirent de porter leurs bagages à l’étage.
— Il faut croire que le mariage des parents de Patty n’était pas assez clinquant la première fois pour qu’ils aient envie de donner une seconde représentation, murmura Margaux en s’emmitouflant dans son écharpe tandis qu’elles sortaient du dortoir.
— Moi, je trouve ça sympa comme idée, protesta Pauline dans un nuage de buée. J’adore regarder les photos du mariage de mes parents. Il s’est déroulé à la campagne, dans une église du XVIIIe siècle, où ma mère est arrivée dans une calèche tirée par des chevaux. J’aimerais bien qu’ils recommencent, pour qu’on puisse y assister, Sam et moi !
Alors qu’elles avançaient avec prudence le long du chemin verglacé, Laurie pensa au mariage de ses parents. Ils n’avaient pas engagé de photographe, mais les polaroïds pris par leurs amis montraient bien l’amour qui les unissait quand ils s’étaient promis tendresse et fidélité sous une treille de fleurs. La cérémonie toute simple avait eu lieu dans le jardin de ses grands-parents. Les jeunes mariés étaient pieds nus et portaient des tenues en coton, légères et fluides, qu’ils avaient confectionnées eux-mêmes. « Leur mariage n’en avait que plus de charme », se dit Laurie. Comme toujours, son cœur se serra à la pensée du vide qu’avait laissé la disparition de sa mère.
Margaux glissa son bras sous le sien.
— J’espère que le temps va vite se réchauffer, sinon il faudra que je ressorte les raquettes de Morello.
Laurie lui jeta un regard reconnaissant, ravie de changer de sujet, et sourit à l’idée de Morello sautant les obstacles, des raquettes aux sabots.
— J’ai entendu dire que le thermomètre remonterait en milieu de semaine.
— Bonjour, les filles ! les salua Julie, une des palefrenières, qui se dirigeait vers le tas de fumier avec une brouette remplie de crottin. Je suis bien contente de vous revoir ! Il fait si froid que nous avons dû garder les chevaux à l’intérieur jour et nuit. Alors, si vous voulez nous aider à nettoyer les box, c’est pas de refus.
— Moi qui croyais que c’était notre compagnie qui t’avait manqué…, dit Pauline.
— Bien sûr que vous m’avez manqué… tenant une pelle d’une main et la brouette de l’autre !
— En tout cas, je suis heureuse d’être rentrée, conclut Laurie en contemplant l’écurie et les chevaux qui sortaient la tête dans l’allée pour les accueillir. Il n’y a pas de meilleur endroit pour commencer l’année !
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