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Choisis tes fantasmes

De
200 pages
Un « livre dont vous êtes le héros » qui n’a absolument rien de ceux de notre enfance.

Tu es assise, sur ton canapé, ou peut-être à la table de ta cuisine, il est tard et la semaine a été longue. Tu te prends à rêver d’une autre vie. Plus excitante, plus… interdite.
Alors, tu enfiles ta robe rouge la plus échancrée,  ta paire de talons les plus hauts et tu te lances dans l’aventure érotique d’une nuit… ou d’une vie.

Tes désirs, tes choix, ton histoire ...
 
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Couverture : NICOLA JANE, TES DÉSIRS, TES CHOIX, TON HISTOIRE, Choisis tes fantasmes, UNE NUIT, 26 POSSIBILITÉS, H&
Page de titre : NICOLA JANE, CHOISIS TES FANTASMES, Une nuit, 26 possibilités, ROMAN, H&

Tu es assise, sur ton canapé, ou peut-être à la table de ta cuisine, il est tard et la semaine a été longue. Tu te prends à rêver d’une autre vie. Plus excitante, plus… interdite.

Alors, tu enfiles ta robe rouge la plus échancrée, ta paire de talons les plus hauts et tu te lances dans l’aventure érotique d’une nuit… ou d’une vie.

Un « livre dont vous êtes l’héroïne » qui n’a absolument rien de ceux de notre enfance.

1

Elle ne m’appelle jamais.

Tu picores dans tes nouilles ‒ prises encore une fois au Chinois du coin même si elles baignent toujours dans l’huile ‒ en triturant ton portable. Une chorégraphie bien rodée qui signifie, surtout, que tu es sur le point de craquer et de l’appeler.

Et comme toutes les fois où tu as cédé à l’envie de vivre quelque chose d’excitant, la nourriture perd son goût. Tu es tellement à fleur de peau que tu pourrais hurler contre la médiocrité du quotidien.

Enfin, la médiocrité de ton quotidien à toi. Celui de Giselle, lui, est loin d’être morne. Tu le sais grâce à ces occasions ‒ malheureusement très rares ‒ où tu as eu le droit de faire du tourisme dans son monde. Des hôtels design, des décors de films et des tas d’hommes à ses pieds font le quotidien de ta très sexy presque jumelle.

Tu repousses le téléphone et le carton de nouilles. Si tu savais pourquoi elle n’appelle pas, ce serait plus simple.

La première fois, c’était évidemment à toi d’appeler, puisqu’elle avait fait le premier pas en te donnant sa carte de visite. Sur le coup, ça t’avait laissée sans mots, à peine capable de bafouiller, soudain consciente qu’elle avait lu dans tes yeux quelque chose que tu t’interdisais de voir quand tu te regardais dans la glace.

Peut-être que tout tient simplement à ça. Vous vous ressemblez tellement qu’elle s’est vue en toi et que cela te suffit pour imaginer ce que tu pourrais devenir. Hélas, les similitudes entre Giselle et toi s’arrêtent à l’apparence. Ta journée commence et finit sur le canapé de ton appartement minuscule : métro-bureau-métro, télé, dîner et dodo. Ta journée libre de demain, d’ailleurs, n’est encore une fois qu’un tiède réchauffé de train-train surmonté d’une louche de sauce routine. Tu n’as rien prévu d’autre que des courses à l’épicerie et quelques commissions.

Tu es parfaitement consciente que Giselle, de son côté, n’a pas besoin de toi, pour épicer ses journées. Mais après votre dernière rencontre, quand tu l’as suivie dans son strip-tease face à une salle pleine à craquer de mecs, et que tu as joué avec ses seins, glissé tes doigts en elle autant pour son plaisir que pour celui des spectateurs en liesse… Après cette fois-là, elle a certainement envie que tu l’accompagnes ?

Une spirale de chaleur se déroule entre tes cuisses en même temps que le film de tes souvenirs. L’enthousiasme des spectateurs quand les tétons bruns de Giselle se sont pressés contre les tiens et qu’elle a d’un geste défait ton haut, t’exposant pour la première fois aux regards de parfaits étrangers. Les doigts de Giselle en train de faire avec toi ce que ces hommes crevaient d’envie de te faire, si seulement ils avaient eu le droit de te toucher. Sa façon de se trémousser pour que tu prennes ton plaisir, alors qu’ils pensaient que tout le show était pour eux.

Puis, le trajet silencieux jusqu’à chez toi, l’au revoir bref et la liasse de billets qu’elle t’a tendue avec un simple « A bientôt, ma belle ». Même si tu avais bien compris que pour elle ce n’était qu’une transaction professionnelle, tu as cru… que vous formiez une équipe.

Ce qui sonne pathétique, même dans l’intimité de tes propres pensées. L’embarras que tu éprouves à l’idée de formuler cette idée à voix haute est l’une des raisons qui t’empêche de composer son numéro. Ça, et un million d’autres raisons pour lesquelles tu ne te balades pas en robe de créateur et ne te fais pas payer par des inconnus en échange de tes faveurs sexuelles.

Tu soupires et te traînes jusqu’à ta chambre. Tu te dis que tu vas te coucher avec un bouquin, mais tu t’arrêtes devant la penderie et repenses à la nuit où tout a commencé.

La robe rouge. C’est à cause d’elle qu’on t’a confondue avec la call-girl, le premier soir. Cette robe qui pend dans la housse en plastique du pressing d’où elle n’est pas sortie depuis, comme une intruse au milieu de tes hauts à fleurs et tes jupes cargo.

Tu enlèves ton pantalon et ton T-shirt pour l’enfiler avec une paire d’escarpins à talon. Comme tu remontes la fermeture Eclair au dos, une version plus douce de Giselle te regarde de l’autre côté du miroir. Tu t’es laissé pousser les cheveux comme elle et les pointes frôlent ses seins ‒ tes seins. Tu te demandes… A quel point pourrais-tu lui ressembler si tu le voulais vraiment ?

Tu prends une houppette, le fond de teint et tu commences à l’appliquer sur tes pommettes et ton nez pour sculpter ton visage. Ensuite tu soulignes tes yeux d’un trait épais de khôl que tu étires vers les tempes pour agrandir ton regard. Après avoir ajouté quelques touches d’ombre charbon et deux couches de mascara de plus que ce que tu mets d’habitude, c’est Giselle qui te renvoie ton regard du fond de la glace. Elle te toise et se retourne pour s’admirer, moqueuse et pleine d’assurance. Le genre de femme qui passe sans hésiter n’importe quel coup de fil.

D’une démarche hautaine tu passes au salon, tes stilettos martèlent le parquet. Les voisins ne vont pas apprécier, pense une partie de toi, mais tu paries que ceux de Giselle ont à supporter des bruits bien plus tapageurs que ceux de ses talons.

Le téléphone est à moitié caché entre le coussin et le dossier du canapé. Tu le récupères et là, tu hésites avant de déverrouiller l’écran pour… faire quoi ? Envoyer un SMS ? Appeler ? Et pour dire quoi ?

Deux options :

Si tu envoies un SMS, passe au chapitre 2.

Si tu appelles, passe au chapitre 3.