Christine

De
Ouvrage des éditions Classiques ivoiriens en coédition avec NENA

Christine, taraudée par les désirs de son âge, le rendra-t-elle heureux ? La passion peut-elle survivre quand la différence d'âge est trop grande dans le couple ? D'ailleurs, pourquoi les hommes mûrs recherchent-ils la compagnie de très jeunes filles ? Les aventures et mésaventures du couple s'imbriquent tout naturellement dans le contexte social. Isaïe Biton Koulibaly poursuit sa réflexion et nous offre une fresque de la société africaine. Il fustige sans pitié, fonctionnaires et politiques. Il explore les confusions, les défaillances de l'homme. Christine prend toute sa place dans l'oeuvre d'Isaïe Biton Koulibaly traversée par des questions toujours d'actualité.
Publié le : mardi 30 juin 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782917591734
Nombre de pages : 161
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Extrait
Une insomnie tenace épuisait Fulbert Zanga, même ses yeux refusaient de se fermer. Les souvenirs affluaient, notamment celui de ce dimanche avec le cheval blanc. Il était à la plage avec Christine Ableyman. C’est un endroit qu’il aimait particulièrement. Rester au bord de la mer toute une journée était pour lui l’équivalent de dix jours de repos. Il aimait le grondement sourd de la mer et regardait sans se lasser, les vagues déferler sur le rivage. Et quand il voyait un bateau à l’horizon, il se rappelait son enfance. À l’âge de huit ans, il monta pour la première fois dans un bateau de guerre qui faisait escale dans le port. Les visites furent permises pendant soixante-douze heures. Toute sa classe de l’école primaire régionale visita le bateau pendant plus de trois heures. Il avait senti grandir en lui une vocation de marin. Il ne venait jamais à la plage sans que sa vocation de l’enfance ne lui revienne. Depuis cette visite, il n’avait jamais remis les pieds dans un vrai bateau, mais sa passion de la mer et des voyages en bateau ne s’était pas apaisée. Ce dimanche-là, Christine portait un jean coupé aux genoux et un débardeur rouge. La jeune fille n’avait jamais caché son attachement à ces deux couleurs : le bleu et le rouge. Fulbert n’aimait pas le jean. Mais, quand c’était Christine qui en portait un, il était en extase. N’importe quel habit, se disait-il, est chic et tout dépend de qui le porte. Le plus beau vêtement porté par une personne que l’on déteste ne séduira jamais.


Ce dimanche, très peu de personnes étaient sur la plage. Il se demandait pourquoi. Christine lui fit comprendre que les gens ne se déplaçaient pas beaucoup à la fin du mois. La troisième semaine du mois, les gens n’ont plus d’argent et ne viennent pas à trente kilomètres de la capitale. Pour s’y rendre, il fallait absolument posséder une voiture ou prendre des taxis-brousse. Dans les deux cas, les frais de transport représentaient une petite dépense. Ensuite, pour déjeuner sur la plage deux choix s’offraient : apporter son repas ou aller au restaurant. Ils sont nombreux en bord de mer. La facture n’était pas mince pour l’une ou l’autre solution. À la plage, pullulaient les photographes qui voulaient immortaliser ces moments. Fulbert et Christine, ce dimanche-là, se firent photographier une dizaine de fois. Les photos leur seraient remises en fin d’après-midi, avant leur départ. Christine n’aimait pas beaucoup se faire photographier, mais quand elle voyait ses photos, elle était fière.


Elle aimait celles qui la montraient perchée sur le cheval blanc. Des palefreniers venaient avec des chevaux et proposaient, moyennant finance, une promenade à cheval le long de la plage. Fulbert Zanga imaginait un cheval fougueux qui fonçait dans la mer avec ses cavaliers. Il imaginait Christine engloutie par la mer. Il chercha à rejeter rapidement ces idées noires en pensant à l’amour. La plage, c’est aussi la sexualité dans le sable. De petites cabanes s’étalaient tout le long de la plage. Elles étaient faites de bois et de paille. Quand on arrivait à la plage, les propriétaires vous les proposaient à des prix homologués. Certaines personnes y restaient une ou deux heures et repartaient après avoir assouvi leur instinct bestial. Mais pour la plupart des couples qui venaient, c’est après le repas qu’ils fermaient la porte de la cabane pour une sieste crapuleuse. Fulbert et Christine ne manquèrent pas de se livrer aux jeux de l’amour. Après avoir joui ensemble, ils s’endormirent. Christine dormait profondément. Fulbert se réveilla au bout de cinq minutes et se mit à contempler la jeune fille. Elle était si belle. Rien qu’à regarder sa poitrine lui donnait une érection. Il n’osait pas caresser ses reins, de peur de la réveiller. Néanmoins, il lui caressait les cheveux. Elle portait une longue tresse comme Fulbert Zanga les aimait. Il ne cessait de les réclamer.


La joie, le bonheur ne tiennent qu’à un fil. Un jour, il avait échappé de justesse à un accident de voiture car il s’était retourné en apercevant une femme du peuple qui était magnifiquement coiffée d’une longue tresse. Il appelait femme du peuple, celle qui habitait les quartiers populaires ou qui était tout simplement pauvre, celle dont le mari était manœuvre, ouvrier ou petit vendeur. Parmi les femmes du peuple se trouvaient de vraies jolies femmes dont la pauvreté cachait la beauté. Fulbert se disait souvent qu’il prendrait deux ou trois de ces femmes pour en faire ses maîtresses afin de les mettre en valeur avec l’argent qu’il leur donnerait. Jamais il ne le fit. Il avait peur de la réaction d’un mari trompé.

Pour lui, les petites gens vivent de vengeance dissimulée ou non assouvie contre ceux qu’ils appellent les nantis ou les bourgeois. Il ne voulait pas faire la une des journaux pour un crime passionnel. Il savait qu’il était mieux armé pour abattre un mari jaloux pris d’une violence soudaine. N’avait-il pas été champion national de karaté ? Fulbert Zanga se souvenait toujours de sa médaille de bronze aux jeux africains. Il n’avait pas disputé la finale à cause d’une erreur d’arbitrage. Les perdants se justifient toujours, à moins d’une victoire nette !

Ses yeux se portèrent sur les fesses rebondies de Christine. Il les trouvait beaucoup plus belles quand elles étaient habillées. Christine dormait toute nue dans le sable de la cabane. Il aurait aimé voir les poils de son pubis, mais elle était couchée sur le ventre. Il aimait que Christine eût des poils en abondance. Pour lui, une femme qui était toujours rasée de ce côté a un sexe ressemblant à celui du bébé. Pendant dix minutes, il regarda ce corps sculptural qui dégageait une grande quantité de phéromones. Brusquement, elle se retourna, dans un grand ronflement, et présenta sa face. Fulbert Zanga était dans une situation d’adoration en voyant ce beau corps.

En jetant un regard sur la fente de Christine, il pensa à tous ces hommes qui avaient succombé devant un sexe féminin. Il se disait que même le roi David, un des préférés du Créateur du ciel et de la Terre, n’avait pas résisté devant Bath-Cheba, la femme d’un de ses soldats qu’il poussa à la mort, uniquement pour lui prendre sa femme. Et cet Hérode qui, pour faire plaisir à Hérodias, la femme de son frère qu’il avait épousée, fit décapiter Jean-Baptiste, le cousin du Christ. Pour une femme, un roi d’Angleterre a préféré abandonner le trône. Pour un seul regard d’une petite stagiaire à la Maison-Blanche, le puissant Bill Clinton, président des États-Unis, perdit son équilibre. Un président africain, en pleine gloire, prenait sur son dos sa maîtresse qui lui faisait jouer le mouton tout en lui demandant de bêler.

Fulbert fut le témoin d’une scène qu’il n’oubliera pas de sitôt. Une jeune et belle fille sourit à six jeunes gens dans la rue. Chacun pensait que le sourire lui était adressé. Deux d’entre eux se battirent. L’un poignarda l’autre qui mourut. Ce mystère de la femme ne cessait de tourmenter Fulbert Zanga depuis des décennies. Si la fente de la femme était sa puissance, il était donc convaincu que le diable s’était introduit entre les cuisses des filles d’Ève. Il était persuadé que la femme tenait sa puissance de Satan qui avait donné à Ève une puissance de séduction dont chaque fille héritait en venant au monde.

Devant les beaux seins de Christine, il ne pouvait pas tenir longtemps. Il se pencha vers elle et se mit à caresser, à effleurer les mamelons. Il voulait maintenant sucer ces seins qui s’offraient à lui.
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