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Cœur à vif - Roman Holiday - Épisode 3

De
77 pages

« Une formidable nouvelle voix dans la romance contemporaine... C’est hilarant, sincère et sexy. » Kristan Higgins, auteure à succès du New York Times et d’USA Today

« Je lirai tout Ruthie Knox ; ses livres sont toujours sexy, drôles, merveilleusement poignants et honnêtes. » Molly O’Keefe, auteure à succès de Crazy Thing Called Love

Laissez-vous embarquer dans ce feuilleton rocambolesque où chaque épisode vous apportera sa dose de bonne humeur, de vacances et d’amour!

Ashley vient de perdre sa grand-mère et tente de reprendre goût à la vie en retournant sur les lieux de ses vacances d'enfance, en Floride.

Là, elle découvre qu’un promoteur immobilier sans cœur a racheté le terrain. Elle n’a qu’un jour pour débarrasser son bungalow de tous ses souvenirs avant que les bulldozers entrent en scène. Désespérée, elle n’a d’autre choix que de s’enchaîner à un palmier ! Avant de se rendre compte qu’elle aurait pu penser à prendre un peu d’eau... et de quoi manger... et un pantalon, en fait ! Et pourquoi fallait-il que ce Roman soit aussi sexy ?!

Quand pour couronner le tout un ouragan s’invite à la fête, Ashley et Roman, face aux éléments déchaînés, vont bien devoir trouver le moyen de cohabiter...


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couverture

Ruthie Knox

Cœur à vif

Roman Holiday − Épisode 3

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Lauriane Crettenand

Emma

Note de l’auteure

Chers lecteurs,

C’est moi, ou vous aviez hâte de retrouver Roman et le cercle de percussion ? Parce que, s’il existe un homme qui mérite d’être torturé par un cercle de percussion, c’est bien Roman. Je ne tiens plus en place quand j’y pense.

Mais d’abord, récapitulons les événements du dernier épisode.

Fuyant un ouragan, Roman et Ashley ont pris la route des Keys jusqu’à une communauté au fin fond du marais d’Okefenokee, en Géorgie. En chemin, Ashley a chanté à Roman une chanson qui lui a donné envie de s’arracher les yeux. Ils se sont arrêtés pour manger, et Ashley a mangé du maïs, du maïs, du maïs, du maïs, et un biscuit, et en a appris davantage sur les projets de Roman concernant les appartements de sa grand-mère, des projets qu’elle a tant détestés qu’ils se sont disputés. La porte de la caravane s’est ouverte sur l’autoroute, menant à un moment très intense dans ladite caravane, Ashley pensant « Oh-Mon-Dieu-il-va-m’embrasser » mais, malheureusement, pas de baiser. Puis, dès qu’ils sont arrivés dans le marais, Roman a mis la caravane en travers de la route et embourbé sa Cadillac. Roman n’a pas été très brillant sur ce coup-là, mais bon, il est possible qu’il soit simplement incapable de se détacher d’Ashley.

Quoi qu’il en soit, ils sont désormais à Ashley-land, et le cercle de percussion est en train de s’échauffer. Comment ? Vous avez besoin d’un verre ?

N’oubliez pas de garder l’œil ouvert. Il paraît que ça grouille d’alligators !

Bisous,

Ruthie

Chapitre premier

Ashley se pencha en avant, remuant ses épaules en rythme tout en battant le tambour.

De l’autre côté du cercle, Kirk faisait les mêmes mouvements. Son crâne chauve et son sourire heureux étaient aussi familiers à Ashley que le sweat-shirt rose à chat de Mitzi et les mèches blanches ornant sa belle chevelure noire.

Ashley connaissait tous les visages composant le cercle de percussion de la Coopérative d’Okefenokee Land, qui se réunissait deux fois par mois. Elle connaissait la texture du tapis de sisal sous ses cuisses, le motif écossais du canapé, la collection de créatures sculptées dans le bois peuplant les étagères du vaisselier de Mitzi à l’usage détourné.

La familiarité de ces gens, de cet endroit, allégeait ses bras, et apportait paix et chaleur dans sa poitrine.

Ses problèmes ne s’étaient pas envolés, bien sûr. Sunnyvale était toujours sur le billot, tremblant dans l’ombre du couteau. Sa grand-mère était toujours morte, et Ashley faisait toujours son deuil comme elle le pouvait.

Néanmoins, tout cela semblait bien moins important que plus tôt dans la voiture avec Roman. Les ennuis s’étaient effacés pour laisser place à ce mouvement, cette chaleur, cette lumière.

La sueur s’accumula sous son sein droit et roula sur son ventre. Ashley fit une pause pour remonter ses manches. Kirk lui décocha un clin d’œil. Elle le lui rendit.

Appuyé contre le mur de la cuisine, Roman était silencieux. Attentif.

Il était resté près de l’Escalade enlisée longtemps après qu’Ashley avait suivi Mitzi à l’intérieur. Lorsqu’elle avait jeté un coup d’œil par la fenêtre de la cuisine, elle avait vu sa silhouette devant les feux arrière, penchée au-dessus de la boule de remorquage, à la recherche d’un moyen de s’échapper de là.

Il ne devait pas avoir trouvé, car il avait fini par rentrer, pour le grand plaisir des invités. Rien n’était plus excitant que de la chair fraîche pour les résidents végétaliens d’Okefenokee. Avant qu’Ashley ne rejoigne le cercle de percussion, elle l’avait entendu refuser du houmous à la betterave, un space cake, et une visite de la hutte à sudation. Cette dernière invitation impliquait un plan à trois, mais elle n’était pas certaine que Roman ait compris.

Chaque fois, il répondait parfaitement poliment, d’un non parfaitement calme, sur un ton qui suggérait qu’on l’avait invité à déjeuner mais qu’il avait d’autres obligations.

Il avait même effectivement prononcé ces mots en réponse à la proposition du plan à trois dans la hutte. « Je suis désolé, mais j’ai d’autres obligations. » L’écoutant depuis la cuisine où elle aidait Mitzi à préparer le repas, Ashley avait tant ri qu’elle en avait mal au ventre.

Il se raidissait à chaque affront : cet endroit, sa voiture bloquée, le cercle de percussion, la conversation sans retenue et les propositions peu conventionnelles. La façon dont les gens se présentaient chaque fois en demandant : « Alors, vous êtes avec Ashley ? »

Pire, Roman était complètement exposé à ce partage décomplexé d’émotions, à tout cet amour. Son pire cauchemar.

Et, oh oui ! ça aussi, elle adorait. Cela lui allégeait le cœur, la réconfortait et lui remontait le moral, et lui donnait la certitude que le lendemain matin lui apporterait la solution dont elle avait besoin, tandis que Roman se morfondait, pour son plus grand plaisir.

Nicole se mit à chanter. Ashley répéta les paroles, se joignant au chœur, admirant les reflets des lumières sur les longs cheveux roux de la femme.

Mitzi croisa son regard et lui sourit avec un air conspirateur. Elle avait promis de l’aider, comme Ashley s’y était attendue. Ses yeux s’étaient mis à briller de plaisir. Mitzi adorait comploter, et encore plus quand il s’agissait de vengeance.

« Hee-hee-ti-kago-oah ! »

Hee-hee-ti-kago-oah.

La voix de baryton de Kirk porta la réponse, et Ashley l’accompagna avec son tambour, un rythme syncopé supplémentaire qui l’éleva davantage dans les airs.

« Libère-moi, Key Largo ! »

— Libère-moi, Key Largo.

Ashley chantait tous les mots qui venaient. Qu’ils soient sensés ou non n’avait aucune importance. Quand on tambourinait, on se fichait de la logique. Le cercle de percussion visait à se libérer de toute honte. Il n’était question que de rythme physique, rythmique, sexuel, primitif, il fallait le laisser bouger en soi, le laisser vous soulager de vos fardeaux. Kirk avait tout un baratin sur l’énergie des chakras et les percussions, qui activaient le chakra sacré, siège de l’impulsion sexuelle.

Ce qui expliquait pourquoi Ashley se sentait toujours heureuse, affamée, et excitée quand elle tapait sur son tambour.

Roman recommençait son tour de l’homme en plastique. Cela commençait à lui faire un drôle d’effet. Elle voulait se lever, danser, enrouler ses bras autour de sa nuque et lui murmurer à l’oreille des choses qui lui feraient monter le rouge aux joues et lui donneraient chaud. L’inviter à lui faire des choses que Carmen ne lui permettrait jamais et que Roman ne s’autoriserait jamais, jamais à vouloir.

Elle voulait voir si elle pouvait lui donner envie de les désirer.

Évidemment, ce n’était pas une véritable impulsion. Ce n’étaient que les percussions qui lui mettaient des idées dans la tête.

Mais ce fantasme était agréable. Il faisait résonner le rythme au plus profond d’elle-même. Elle ferma les yeux, rêveuse, excitée, heureuse.

Lorsqu’elle les rouvrit, il l’observait, et elle lui sourit, juste parce qu’elle pouvait.

Puis elle baissa la tête, ferma les yeux, et frappa encore et encore sur son tambour.

Chapitre 2

La tête de lit ne cessait de cogner contre le mur derrière lui.

— Oh ! Oh, oh, oui, oui bébé, oui, comme ça. Comme ça. Comme… oh !

Roman s’assit et enleva méthodiquement les draps du futon. Il avait essayé de se mettre les deux mains sur les oreilles et de fourrer sa tête sous l’oreiller, mais ça n’avait pas aidé. Rien n’aidait. Mitzi et Kirk baisaient depuis l’aube des temps, et ça ne finirait jamais.

Kirk était un dieu. C’était une machine. Pendant la première heure, Roman avait été, sinon envieux, au moins impressionné. C’était un accomplissement quelque part, d’avoir une vie sexuelle si vigoureuse à l’âge de Kirk. Et, pull à chat mis à part, Mitzi était une femme séduisante.

Mais, Dieu tout-puissant, elle faisait tellement de bruit !

Roman posa les draps sur sa valise et replia le futon pour lui faire retrouver sa forme de vieux canapé. Il plia les draps et la couverture, et les empila soigneusement.

L’ordre était retrouvé, du moins dans son petit coin de salon. Le reste de la pièce était toujours en bazar après la soirée qui avait suivi le cercle de percussion. La fête avait duré des heures et des heures, jusqu’au bout de la nuit.

Il avait essayé de ne pas se formaliser du capharnaüm, se répétant que ce n’était pas son salon, qu’il n’était pas chez lui, qu’il n’était même pas dans son État.

Sans succès. Assorti de la symphonie sans fin de Kirk et Mitzi, il ne supportait pas ce bazar.

Il avait songé à aller dormir dans l’Escalade, mais il y avait trop d’insectes et il faisait trop humide pour qu’il y reste sans allumer la climatisation, et il ne voulait pas prendre le risque d’épuiser la batterie ou l’essence au beau milieu des marécages. C’était déjà bien assez pénible d’avoir embourbé ses pneus. Il imagina sans mal la carcasse rouillée de la Cadillac dans quelque temps si elle restait là. Des enfants sauvages arrachant joyeusement les pneus et les ornements en bois du tableau de bord.

Et même s’il avait pu partir, Patrick, son père adoptif, lui avait appris la politesse. Avec toutes les leçons qu’il avait reçues enfant, il lui était impossible de s’en aller sans dire au revoir et remercier son hôtesse pour son hospitalité. Et il ne pouvait la remercier sans frapper à la porte de sa chambre.

Clairement hors de question.

Il trouva une...