Comment (ne pas) aimer un homme marié ?

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Basée sur une histoire vraie, quelque peu romancée, l’auteure dévoile avec humour et tendresse la relation amoureuse et passionnée entre Belle et Al.

Elle est française, bientôt 40 ans, divorcée, mère de deux enfants.

Il est italien, la cinquantaine, marié et jeune grand-père.

Alors que seize ans les séparent, Belle et Al vont vivre une véritable histoire d’amour, pleine de romantisme, d’émotions et de suspense entre Paris et Venise.

Belle acceptera-t-elle de rester la « femme de l’ombre » ? Al pourra-t-il concilier deux vies sans éveiller les soupçons ?


Publié le : jeudi 14 janvier 2016
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EAN13 : 9782334025522
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ISBN numérique : 978-2-334-02550-8

 

© Edilivre, 2016

Dédicace

 

À Jean-Marc,
Un ami très cher parti trop vite.

 

A priori rien de plus simple, il suffit de penser « je l’aime, je continue la relation ». Mais si on commence par une note comme celle-ci il n’y a plus qu’à refermer le livre et on aura rien appris.

Aimer un homme marié n’est pas une mince affaire, surtout quand il y a des sentiments forts d’un côté ou l’autre voire des deux. Les copines Mylène, Fabienne, Chloé ou encore Laure et Irène qui ont mis un jour le doigt dans cet engrenage, ne vous diront pas le contraire. Il faut une dose de courage, savoir prendre sur soi et surtout ne jamais dire « jamais ». Ou, comme le chantait si bien Gabin, « Je sais qu’on ne sait jamais ». Le nombre de filles qui ont connu semblable histoire en est la preuve.

Aimer un homme marié peut vous « tombez dessus » à n’importe quel moment. On ne sait surtout pas pourquoi ce terrible Cupidon a planté sa maudite flèche dans le cœur d’un homme que l’on n’aura jamais ; quand on sait que cette même flèche est sensée nous apporter du bonheur. Oui parce que ça, il faut le savoir (et surtout s’en persuader) dés le départ. L’homme marié est chasse gardée, mais pas par vous, par sa femme qu’il ne quittera jamais. S’ils ont une maîtresse (oh quel vilain mot) c’est tout simplement pour avoir d’autres plaisirs, certes, pas seulement celui de la chair et du sexe, mais aussi et surtout celui de tous les plaisirs : pas de jalousie, pas de scènes de ménage, pas de comptes à rendre, pas de courses à faire, pas de quotidien à vivre, que du bonheur… A priori.

Pour en revenir au titre « Comment (ne pas) aimer un homme marié ? », on peut penser que ça ne peut apporter que du bonheur. Mais détrompez-vous ! Cela peut avoir aussi beaucoup de contraintes. Parce que justement, et c’est là que le bât blesse, des contraintes, il y en a. Un jour, on se réveille, on se dit que l’on a encore la vie devant soi. Mais à quarante ans passés si on reste avec cet homme marié, sans jamais jeter un œil du côté des « hommes libres » (ça existe ?) ; on finit sa vie seule entre ses charentaises, une bonne vingtaine de DVD(s) vus et revus, la bouteille de Coca-Cola dans une main et les chips dans l’autre. Alors on se secoue, on se motive et on fait comme a pu le faire Laure après trois ans de relation : « Stop, ça ne rime à rien, tu me rends malheureuse, je te quitte ». Pour Irène, ça été encore plus simple après onze ans de relation (11 ans ! On rêve ! On pense que ça n’existe que dans les films). Son homme marié lui consacrait de moins en moins de temps. Elle a fini par s’en lasser et eut un soir un coup de foudre pour un homme plus jeune qu’elle, mais LIBRE ! Au moins, Irène était sauvée ; elle n’eut aucun état d’âme. Même chose pour Chloé, elle n’a pas laissé le choix à Eric. « Ou tu me suis, ou tu restes avec elle ». La faute à ne jamais commettre, demander à un homme de faire un choix !

1 095 jours plus tard et des semaines en plus (soit plus de trois ans), elle vit avec l’un de ses collègues et n’a plus de contraintes sentimentales. Mylène et Fabienne sont pour l’instant à un an et demi et huit de leur relation. Quant à Belle, elle suit de très prés Mylène avec le même record de longévité, mais avec moins de brusqueries. Mylène a un tempérament de feux, elle est du style « je t’aime moi non plus », je pars, je reviens, je pars, je reviens…

Belle a toujours essayé de se tenir en bonne « fifille » mais pas trop non plus. De ne rien demander à son homme marié et surtout pas, de tout quitter pour elle. Mais elle commence à s’épuiser dans une histoire qui, pour l’instant, lui apporte bonheur et amour, mais jusqu’à quand ?

Alors Belle ? « Comment (ne pas) aimer un homme marié ? »

1
La rencontre

« Ça ne me dit trop rien d’aller à son anniversaire Chloé… Il n’y a pas grand monde, mais bon, comme on a que cela à faire, on va y rester le temps de boire un verre.

– Tu as raison Belle, on n’a pas les enfants, ça peut nous faire une petite soirée sympa ».

Vendredi 7 juillet 2006, elles entrent dans le restaurant-hôtel que tient leur amie Nounou dont c’est l’anniversaire ; il n’y a effectivement pas grand monde. Belle repère tout de suite le beau Daniel qui n’a jamais voulu d’elle et dont elle n’a jamais compris le pourquoi. Elle s’était retrouvée un soir avec lui dans un lit de l’hôtel, lui avait juste déposé un baiser sur les lèvres pour ne pas le brusquer, et lui, ne l’avait pas touchée de toute la nuit ! Pourtant, Belle avait cru reconnaître les prémices d’une nouvelle aventure naissante. Chloé, chez qui ils avaient tous passé une soirée chez elle, y avait cru aussi car, tout portait à y croire. Le lendemain de cette fameuse nuit, un peu vexée, Belle lui avait demandé s’il pensait qu’elle ressemblait à la baleine de Pinocchio ou s’il était homosexuel ? Elle avait eu, pour seule et unique réponse, un « sois patiente ! ». Le mot « patiente » Belle ne le connaît pas. Au bout de presque six mois de « souffrance » à se faire mutuellement les yeux doux, comme Belle ne voyait toujours rien venir ; elle avait préféré abandonner tout espoir de le tenir un jour dans ses bras. Dommage, il est si beau !

Chloé et Belle s’installent néanmoins à la table de Daniel sans même faire attention à deux autres hommes assis plus loin. Nounou arrive en chantant, c’est sa vie la chanson, elle chante en italien et regarde les deux hommes d’un abord plutôt discret mais souriants, assis plus loin. Belle tend un immense bouquet à Nounou qui se précipite vers elle pour lui présenter ces deux hommes au fond de la salle. Nounou adore jouer les marieuses avec n’importe qui, et pour n’importe quoi surtout, c’est son trip.

« Ma chérie, je te présente deux beaux italiens arrivés en France depuis deux jours seulement.

– Arrête Nounou, je ne supporte pas les ritals.

– Viens avec moi… Je te présente Al et son pote Claudio ».

Al s’avance prés de Belle, il ne voit qu’elle d’ailleurs. Il a des yeux malins et malicieux de couleur marron, un sourire immense et très charmeur qui accentue ses rides autour des yeux, des cheveux bruns ou blancs ou même les deux. Il porte un jean et une chemise bleue nuit. Dans un français plutôt gauche et toujours avec le sourire, il lui confesse : « Je n’aimeu pas chanter ja préfère danser ». Ses yeux ne quitteront pas ceux de Belle qui, comme envoûtée, ne lui répond rien. Rien à dire ! Elle se contente de sourire et prend place avec Chloé dans l’autre salle pour danser un peu et boire un verre.

Al et Claudio ne perdent pas de temps pour les rejoindre. En vrai gentleman Al demande à Belle ce qu’elle souhaite boire. Belle ne se « drogue » qu’au Coca-Cola, mais ce soir c’est jour de fête, elle commande un Get27.

La soirée se déroule comme si Belle était droguée, elle danse comme à son habitude (elle adore danser) mais elle est plutôt collée, serrée à Al qu’elle ne connaît même pas ; elle profite de la musique pour enchaîner des pauses sensuelles. Ils parlent et blaguent tous les deux. Quand il lui demande s’il peut goûter ce que Belle a dans son verre, c’est tout naturellement que Belle lui propose son majeur mouillé d’alcool. Al suce son doigt et lui fait une allusion qui l’a fait rire : « J’adoreu ce que tou fais avec ton doigt ! ». Il lui fait des compliments sur sa beauté, son sourire, la fait rire en lui disant qu’il l’emmènera sur son bateau faire le tour des criques, qu’elle pourra visiter Venise (sa ville natale) en gondole, qu’il ne sait pas chanter, mais pour elle, il fera un effort. Belle joue le jeu en lui répondant « oui pas de problème ». Ils rient, sont seuls au monde et se ressemblent tellement ! Quand Al lui propose de boire le champagne à la façon italienne, Belle accepte. « On croise les bras, on boit une gorgée et on donne le bisou » lui suggère Al. Belle s’exécute. Ce n’est que quelques semaines plus tard qu’elle apprendra qu’aucune coutume comme celle-ci n’existe ! Al cherchait tous les moyens pour pouvoir l’embrasser, mais sans se jeter dessus. Il lui confiera qu’il ne savait comment faire avec elle. Il sentait au fond de lui que Belle lui plaisait et cherchait le moyen de l’embrasser sans la brusquer.

Puis, comme si Belle sortait de son rêve, elle se met à voir les choses autrement et s’exclame à Chloé :

« Merde… Il n’est pas tout jeune Al et il est marié !

– Comment ça pas tout jeune ? Oui, il doit avoir quarante-neuf ans.

– Non mais tu rigoles ! Regarde son cou, ses mains, il en a au moins cinquante-quatre !

– Cinquante-quatre ans ! Tu es folle ! Et puis marié ça ne veut rien dire.

– Bien sûr, il a une alliance.

– Ça ne veut rien dire de nos jours.

– Oui, mais bon ça fait quoi ? Laisse-moi compter… Seize ans de différence tout de même ! »

La soirée se termine tranquillement. Al, Belle, Claudio et Chloé la finissent sur la terrasse, il fait bon. Al sourit toujours autant, il apprécie les facéties de Belle, il la regarde intensément. Il la raccompagne au portail et sans qu’elle s’y attende se « jette » sur elle, lui murmurant : « Belle tou me plais beaucoup, ja des problèmes ma toi tou me plais ». Il l’embrasse frénétiquement d’un long baiser de cinéma assez violemment avec plein d’énergie. Belle ne réagit même pas, elle adore et se laisse emporter par le baiser et les caresses d’Al. Mais qu’est-ce qu’elle fait ? Pourquoi cet homme ? Pourquoi d’un seul regard, elle se laisse faire ? Al lui a plu, toute la soirée, il l’a fait rire, elle a aimé son côté latino et son accent si envoûtant d’un grand romantisme.

« Viens, viens avec moi dans la chambre… ».

Belle refuse. S’il la veut, il devra être patient, s’il la veut vraiment, il peut attendre encore un peu.

Belle a su pour une fois dire « non » gentiment avec un grand sourire. Elle part, le regarde. Il n’est pas tout jeune et marié, mais il lui plaît.

Pourquoi n’a-t-elle pas bougé ? Pourquoi s’est-elle laissé faire ? Il y a quelque chose de magique qui a fait qu’elle soit bien avec lui.

Échanges de numéros de portables. À peine dans sa chambre, Belle reçoit un texto : « Bonne nuité Belle, gros bisou. Al ».

Une chose est sûre, Al sait où il veut aller, ou alors, il est tombé sous le charme de Belle ! Elle se méfie, pour l’instant, c’est un début de flirt sans plus, mais elle sent au plus profond d’elle-même sans pouvoir expliquer pourquoi, ni comment, avec lui, ce ne sera pas pareil…

Faites, ce qu’il vous plaît,
mais, pensez au lendemain sans lui.

Si déjà, vous pensez au lendemain avec lui,
vous allez vivre une belle histoire certes,
mais dans laquelle vous allez souffrir…

2
« Allô ma chérie ? »

« Al, on peut se voir demain ? Je sors avec une copine ce soir…

– Pas de problème Belle, ma tou va me manquer ! »

Belle se rend à une fête foraine réputée, qui dure tout l’été dans la région. C’est Avelino qu’elle va rejoindre, un de ses ex-amants. L’histoire n’avait duré que deux nuits, il lui a proposé de la revoir. Le repas se passe dans une ambiance bonne enfant, la promenade autour de la fête aussi : bras dessus, bras dessous. Un dernier verre en terrasse.

« Tu fais quoi après ? Lui questionne Avelino.

– Je ne sais pas, je pensais aller faire du vélo avec ma grand-mère… !

– Tu ne veux pas passer un moment avec moi ?

– Bien sûr, si tu le souhaites ».

Ce samedi soir, c’est la course pour trouver un hôtel de libre. La carte bleue d’Avelino ne passe pas. Belle en femme moderne va régler la chambre, après tout, elle n’a pas réglé son repas. Elle aime bien Avelino, il est gentil, doux, embrasse très bien et comme diraient les copines, « c’est une bonne affaire au lit ». Une « bonne affaire » pour Belle c’est faire l’amour avec passion et ne pas avoir la tête ailleurs, que les échanges de caresses soient réciproques, que le baiser soit voulu et bien sûr, qu’il y ait un minimum dans le pantalon. Mais la moyenne du « minimum » est différente pour chaque femme. Belle se souvient d’ailleurs d’une relation ou le mot « minimum » était encore trop grand, mais que de magie dans les doigts !

Dimanche matin sur les coups de 10 h 00, aux abords d’un parking d’une chaîne d’hôtels, Belle dit au revoir à Avelino et lui demande si leur histoire est une histoire qui commence ou juste un « à un de ces jours ? »

« Ah non ! Un de ces jours ! Je m’éclate avec toi, tu dégages quelque chose quand tu fais l’amour, tu es gentille mais trop impulsive, tu as un putain de caractère. Alors, oui pour une aventure, non pour une histoire ».

Belle le savait, elle ne s’attendait pas à autre chose de toutes les façons, mais voulait en avoir le cœur net. Elle ne s’attendait pas non plus à ce qu’un soir de l’année suivante, il la recontacte. Malgré qu’elle lui ait promis de le revoir, Belle ne cherchera pas à le faire. Elle allait vivre quelque chose de plus enivrant, mais elle ne le savait pas encore.

Ce même dimanche à 18 h 30, sur la grande place d’une grande ville, un écran géant s’installe doucement. La ville est habillée de bleu, blanc, rouge. Qui des Français ou des Italiens va remporter la coupe du monde de football cette année ?

Belle, assise à même le sol, pense au match, mais surtout à Al. Le match aurait été peut-être plus agréable en sa compagnie, mais le suivre sur grand écran avec sa plus jeune cousine, l’émotion, les cris et l’ambiance de la foule en « live » est nettement plus excitant. Il y a même les caméras de télévision juste en face qui ne manqueront pas de prendre le visage de Belle en fin de match. Cette fin qui fut terrible pour la France ! Tout le monde attendait l’ultime coup de pied qui les ferait gagner avec un « droit au but », en guise de cela, ce fut un coup-de-poing dans le visage d’un adversaire qui plongea la France entière dans le deuil et terni l’image du football.

La Coupe du Monde revenait pour la quatrième fois aux Italiens !

Belle s’apprête à rejoindre Al dans l’établissement de Nounou. Victoire de l’Italie dans ses yeux, victoire de revoir Belle aussi. Pour immortaliser l’événement, une photo est prise, le drapeau français sur les épaules d’Al, son bras entourant Belle. Deuxième cliché, premier souvenir marquant. Deux adversaires qui, faute de coup-de-poing ou de coup de pied, auront eu un coup de foudre.

Tout comme le premier soir, Al raccompagne Belle au portail. Il ne se contente plus d’un baiser fougueux, mais de tendres caresses. Belle se laisse bercer, s’adosse au mur, ferme les yeux et laisse la main de maître d’Al faire son œuvre. Cette main si vive et si tendre à la fois parcourt presque tout son corps, sa poitrine se gonfle de désir, ses lèvres restent entrouvertes en signe de plaisir et d’abandon total. Cette main explorera d’abord sa poitrine, qu’Al avait sentie durant leur danse, il s’était d’ailleurs bien collé à elle pour en deviner l’importance. Maintenant qu’Al l’a sous les yeux, il la trouve à la fois généreuse et belle. Sa main descendra naturellement vers l’endroit le plus intime de Belle, et ne remontera pas avant plusieurs minutes. La main d’Al ne refera surface qu’une fois qu’il sera certain que Belle y ait pris du plaisir. Il en sera convaincu très vite.

« Tou est magnifique ! Viens avec moi… Murmure Al.

– Non s’il te plaît…

– Ok comme tou veux. Pourquoi une femme comme toi n’a pas d’homme ?

– Parce que je fais peur…

– Tou es désirable, depuis combien de temps tou as pas fait l’amour ? »

Belle répond que bientôt neuf mois se sont déjà écoulés. Al en est surpris.

Belle repartira, ce ne sera pas encore pour ce soir. Elle préfère laisser Al imaginer que la peur l’emporte sûrement ou qu’elle est une femme avec des envies certes, mais qui prend son temps. Qu’importe ! Belle se moque bien de ce qu’Al pourrait penser sur sa façon d’agir. Même les yeux suppliants et pleins de tendresse d’Al n’y changeront rien. Il attendra !

« Quoi ? Tu n’as encore rien fait ?

– Ben non… Attends Chloé, tu crois que je vais lui dire oui tout de suite comme ça toi ?

– Il te fait peur ?

– Non, au contraire.

– Oh toi ! Tu es en train de tomber amoureuse !

– Ne dis pas n’importe quoi Cloclo. Je ne sais pas… C’est un homme ! Pas un de ces pauvres mecs qui ne veulent que jouer avec ton corps et basta ! Je sens qu’avec lui, c’est différent et je ne sais pas pourquoi.

– C’est vrai que depuis le temps, il t’aurait déjà sauté dessus. Il est patient… »

Cinq jours se sont écoulés depuis la rencontre. Belle profite tous les soirs de la présence d’Al. Ses enfants sont pour un mois avec leur père. Le pur hasard a voulu qu’elle soit libre au moment ou Al arrive dans ce petit village, dans ce petit hôtel.

Il fait encore bon à 22 h 30 sur la terrasse de l’établissement de Nounou où séjournent Al et Claudio. Quelques verres de vin et une musique d’ambiance plus tard, Belle suit Al dans le couloir qui l’amènera à la chambre numéro deux. C’est une petite chambre avec un coin douche, lavabo, wc, sans aucune décoration qui pourrait attirer l’œil. Une toute petite chambre sans prétention qui donne sur un balcon, celui qui surplombe toute la terrasse et un peu, la rue. Belle, nue sur le lit, observe avec beaucoup de tendresse Al qui se déshabille. Il a le corps d’un homme d’une cinquantaine d’années, Belle ne s’y était pas trompée. Cet homme en est même touchant. Il est à la fois moderne, n’a pas de ventre (rare à cet âge !), peu de rides, le torse bombé et puissant, un bel homme qui a de la tenue, de la classe, même sans son pantalon ! Toujours avec la même tendresse dans les yeux, Al s’allonge prés de Belle… L’embrasse… La caresse frénétiquement. Il y a comme un certain empressement dans ses gestes. Il se « jette » sur ses seins, ne les embrasse pas, les « mange » littéralement, sa main part dans tous les sens comme s’il ne savait plus ou ni quoi caresser en premier. Son sexe ne réagit pas. Il n’y aura rien d’autre pour cette nuit.

Belle repartira sans même se poser de questions. Elle aurait pu se demander si Al avait vraiment eu envie d’elle ? Mais elle connaît la réponse. Al avait justement trop envie d’elle ! Elle s’endormira le cœur léger, un grand soupir la mènera au sommeil. La signification de ce soupir ? Elle éprouve un sentiment de bien-être plus qu’à une déception, elle n’est pas déçue. Quoi que puisse dire ou faire Al, elle prend tout à la légère comme si rien au monde n’avait d’importance.

La nuit suivante est une belle nuit d’amour. La gourmandise de la chair et du sexe se fait avec beaucoup d’humour, de tendresse, de complicité et plus calmement. La moyenne du « minimum » dans le pantalon est toutefois plus grande que la moyenne générale. Belle en rigole et s’en affole en même temps. C’est tout naturellement que Belle s’est donnée à Al, qu’il a pu habiter l’intérieur de son corps, les yeux remplis de bonheur. Une nuit si belle au point de la passer dans les bras l’un de l’autre jusqu’au petit matin.

Al rentre chez lui, rejoindre sa famille pour quatre jours. Il promet à Belle de la revoir lundi. « Bonjour Belle ! Comment ça va ma chérie ? Ja envoi de te parlère et j’espère queu tou ne m’oublies pas… Et plous tard, c’est difficile pour moi… Et si tout à l’heureu, tou m’appelles avant les sept heures, je peux pas. Gros bisous. Parce queu ja envoi de te revoir. Bisous » a été le premier message laissé sur le portable de Belle.

Elle n’en croit pas ses oreilles. Il cherche déjà à la joindre alors qu’il n’est parti seulement qu’hier ! Pourquoi elle se précipite pour le rappeler avant l’heure dite ? Elle n’en sait rien ! Pourquoi elle a eu plaisir à l’entendre ? Elle n’en sait rien ! Pourquoi elle voudrait qu’il revienne vite et surtout entendre sa voix ? Elle n’en sait rien !

Ma chérie ? En à peine, une semaine, il la surnomme déjà ma chérie ? Belle peu habituée aux jolies phrases, aux belles attentions et aux jolis petits noms n’en revient pas. « Ma chérie » !

Votre cœur bat sans comprendre pourquoi ?

Vous êtes chamboulé
au son d’un simple sobriquet comme « ma chérie » ?

Vous comptez les jours ?

Vous voulez entendre sa voix ?

Nul doute ! L’amour s’installe et est bien là !

3
Un été ensoleillé

Al est revenu. Belle l’attendait dans son jardin en lingerie blanche et fine. Al se réjouit de toutes ces dentelles, sa princesse dans des tenues qu’il ne doit certes pas voir tous les jours. L’été passera ainsi, ensoleillé, plein de bonheur, de fêtes, toutes les nuits pleines de tendresse, à se faire l’amour, à s’endormir l’un contre l’autre, les repas du soir partagés, les week-ends libres en France à danser dans l’établissement de Nounou. Al danse très bien, les slows ne sont qu’un régal pour Belle, ils ne font qu’un.

Quand Al part chez lui, Belle a un peu mal. La réalité commence à lui monter au cerveau, il ne faut pas qu’elle oublie qu’Al est un homme marié ! Elle s’en moque un peu, mais ne supporte pas quand Al vient à parler de sa femme.

« Belle, faire l’amour comme ça à mon âge, c’est magnifique !

– Je ne comprends pas trop.

– Mais tou est terribleu ! Tu n’arrêtes jamais. Tou n’est pas normal !

– Bien sûr que si !

– Ah ! Si pour toi, c’est normal, c’est bien, mais moi, je vais avoir oune attaque. Tu sais que nous avons fait l’amour en un mois, c’est ce que je fais en un an avec ma femme ? Claudio me dit d’y allère doucement ».

Rapide calcul pour Belle, ça fait tout de même deux fois par mois avec Madame ! Mais trois fois par jour avec elle. Elle n’est pas mécontente finalement. Pour l’instant, elle s’en moque, elle sent bien qu’Al ne doit pas faire ou dire les choses de la même façon. « Ma femme a pas le même âge ! D’habitoude pas comme ça ! » Belle a effectivement du mal à imaginer une femme qui a plus de vingt ans qu’elle, procéder de la même façon, quoi que ! Elle sent bien qu’Al s’amuse avec elle, qu’il adore le sexe comme elle l’adore et que tout est permis. Belle n’aurait jamais cru être aussi libérée de ce côté. Elle est même persuadée que le père de ses enfants penserait qu’elle a subi une quasi-transformation sexuelle. Mais quand il y a de la confiance, de la tendresse, de la complicité et surtout de l’amour, tout est permis tant que le respect est présent !

Juillet se termine et peut être la romance aussi.

Un barbecue est organisé avec Claudio, d’autres collègues, Al, Chloé et Belle. Par une belle nuit étoilée, Al et Claudio sont affublés de tablier blanc et toque de cuisinier que Nounou leur a offert. Ils s’amusent à servir l’apéritif, mettre la table, disposer les merguez et les côtes de porc sur un plat. Le repas se passe avec des rires, des blagues. Al rit de bon cœur, sûrement pour oublier que demain, il part pour quatre longues semaines. Il se moque bien des collègues qui ont tous bien compris que Belle est avec lui. Il parle d’elle comme d’une femme intelligente, est fier d’annoncer qu’elle est dans une troupe amateure de théâtre, qu’elle le fait rire et va même jusqu’à lui tenir la main durant tout le repas.

Cholé aussi est déchaînée et pourtant personne n’a bu ! Claudio lui propose un petit jeu dont les filles n’ont pas connaissance. De plus, elles ne comprennent pas tout, Claudio a un français moins développé qu’Al. Sans savoir pourquoi, ni comment, Chloé se retrouve la main dans le caleçon de Claudio ! Trop forts, ces italiens ! Trop fort, l’éclat de rire de Belle et le cri de stupéfaction de Chloé. Claudio serait-il dans la moyenne « minimum » plus grande que la moyenne lui aussi ? Tout est fait pour oublier que demain Al repart. Il pense revenir pour septembre. Pour Belle, septembre, c’est loin, trop loin ! « Ma chérie. Tou va allère en vacances. Tou va profiter de tes enfants et je reviens. Je fais vite ».

Claudio embrasse Belle avant d’aller se coucher. Il la serre un peu même. Il échange quelques mots avec Al en italien, mais Belle finit par les comprendre. Claudio aurait seulement dit à Al que Belle a une poitrine avantageuse. Les petits malins ! Il aime bien Belle et Al le sait. « Il t’apprécie beaucoup tou sais ! Il me l’a dit que tou étais une belle femme. Le premier soir, je lui a dit que la belle femme était pour moi. Il a tout de suite compris en te voyant qué tou allère vers moi. C’est mon ami, mais je me méfie un peu de loui. Tout le tempe il te regarde ». C’était sans savoir qu’Al vivrait une vraie psychose envers son ami, au point d’en faire souffrir Belle.

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