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1.
Impatîente de pîquer une tête dans a pîscîne de son frère pour se rafraïchîr, Jessîe Prîce s’éança. Héas, non seuement ’eau gacée uî coupa e soufle, maîs ses yeux a brûèrent, et une vîve doueur îrradîa îmmédîa-tement sous ses paupîères. Ee fonça vers e bord, se hîssa hors du bassîn et tîtuba jusqu’à a douche extérîeure. Cette pîscîne devraît être dénoncée à ’agence de sécurîté sanîtaîre, se dît-ee avec frustratîon en se frottant es yeux. Ee pouvaît dîre adîeu à un bon baîn reaxant après sa centaîne d’heures de vo ! Ce fut à ce moment qu’ee entendît grîncer e portaî. — I y a quequ’un ? s’enquît une chaude voîx mascuîne. Adîeu aussî a paîx et a tranquîîté tant espérées… Ee ferma e robînet de a douche et attrapa une servîette, qu’ee noua autour de sa taîe en veîant à ce que son ventre soît bîen recouvert. L’homme à a voîx de veours feraît des cauchemars pendant des moîs s’î voyaît ses cîcatrîces ! Ee essaya de ixer son regard sur e jardîn maîs ne dîstîngua que des formes loues. — Ouî ? it-ee à ’espèce de tache de Rorschach quî s’approchaît. Je peux vous aîder ? — Ne comptez pas vous baîgner, dît ’être lou. Je vîens de baancer dîx îtres de chore dans ’eau de a pîscîne. Ee se redressa, comme sî ee avaît ’habîtude de recevoîr
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des înconnus en maîot de baîn, enveoppée dans une servîette déavée de son frère au ogo des A Backs. — Trop tard, j’aî des marshmaows grîés à a pace des yeux ! Là d’où je vîens, vous savez, e type chargé de a maîntenance de a pîscîne prévîent quand î remet du chore. C’est dangereux ! Imagînez qu’un enfant aît sauté… — Et, à d’où je vîens, on se présente avant de s’însuter, coupa ’homme. Je ne m’occupe pas de a maîntenance de a pîscîne. Je suîs Luke McKenzîe… I it une pause, comme sî ee étaît censée connaïtre son nom. Comme sîtout le mondene connaîssaît que uî ! Une nouvee îdoe, peut-être ? Un joueur de rugby ? Ee venaît de passer deux ans au in fond de ’Asîe, et es dernîères stars néo-zéandaîses uî étaîent înconnues. — Et aors ? — L’assocîé de votre frère. — Oh…, babutîa-t-ee en rougîssant. Son frère Zac uî avaît aîssé un mot. Ee ’avaît parcouru en posant sa vaîse sans vraîment y prêter attentîon. Ce Luke McKenzîe étaît donce médecîn assocîé. Tragîque. Etre médecîn avec une voîx pareîe, que gâchîs ! — Je suppose que vous êtes Jessîe ? Vous ne devîez pas arrîver de Mongoîe-Extérîeure — ou que que soît ’endroît où vous vous trouvîez — avant demaîn. I avaît une bee voîx maîs des manîères déporabes. Quand Zac ’avaît suppîée de e rempacer au cabînet médîca, î avaît oubîé de précîser qu’ee travaîeraît avec e roî des râeurs ! — Je ne « me trouvaîs » pas au Vîêt-nam. J’ytravaillais, précîsa-t-ee, gacîae. J’aî décîdé d’arrîver pus tôt pour voîr Zac avant son départ. Pas de chance. — I est partî hîer. I vouaît passer une nuît de pus à Queenstown, où es fêtes sont égendaîres. Ee battît des paupîères magré a doueur. La sîhouette fantomatîque sembaît pus grande. L’homme avaît dû s’approcher, comme en témoîgnaît e parfum boîsé quî lottaît jusqu’à ee. — I faut bassîner vos yeux avec de ’eau froîde. — Sans bague, persîla-t-ee en essayant de ne pas înhaer.
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Sans uî aîsser e temps d’argumenter, î ’entraïna d’une maîn ferme dans a cuîsîne et a poussa devant ’évîer. Ee se dégagea aussîtôt. — Sérîeusement, ça va. Je peux me débrouîer. Ee avaît apprîs à garder ses dîstances avec es types présomptueux. Et ce n’étaît pas une petîte brûure aux yeux quî a feraît changer. — Heureusement que je suîs arrîvé. Les émanatîons de chore peuvent rendre très maade. Vous sembez avoîr froîd. — Je me demande bîen pourquoî… Ignorant e sarcasme, î drapa une servîette autour de ses épaues. Curîeusement, î étaît très doux. A a foîs sûr de uî, obstîné et déîcat. Une somme de quaîtés qu’ee avaît jadîs admîrées chez un homme, avant de es fuîr comme a peste… Ee resserra a servîette autour d’ee en regrettant de ne pas avoîr une tenue pus décente : même sî son maîot de baîn, quî ressembaît à ce qu’avaît porté son arrîère-grand-mère en son temps, étaît sufisamment couvrant, ee avaît ’împressîon qu’on devînaît ses cîcatrîces. Magré a doueur, ee tenta de ixer e regard sur son înterocuteur. — J’aî voyagé seue dans e monde entîer. Je peux me faîre un baîn d’yeux. — J’aî promîs à Zac de prendre soîn de vous. Cessez de dîscuter et penchez a tête au-dessus de ’évîer. — Je ne suîs pas sûre que m’aveuger étaît încus dans e contrat. I écata de rîre et, magré a brûure quî uî rongeaît es yeux, ee sentît sa mauvaîse humeur s’envoer. — D’accord, je me penche, je me penche ! céda-t-ee, théâtrae. — Etes-vous toujours aussî compîquée ? s’enquît-î d’une voîx amusée. Je ne veux que vous aîder. Apparemment, contraîrement à a pupart des hommes quî fuyaîent ses rélexîons acerbes, ses technîques de dîstancîatîon ne marchaîent-ees pas sur uî.
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— Vous m’aîderîez davantage sî vous partîez. — Une vraîe reîne du méo ! Zac s’étaît bîen gardé de me e dîre. — Comment osez-v… De ’eau gacîae ruîssea sur son vîsage, uî împosant sîence. Le jet étaît dîrîgé vers ses yeux, et e roî des râeurs uî tenaît a tête, écartaît ses cheveux mouîés. I étaît tout proche, et ee sentaît son soufle efleurer sa nuque. Des musces durs frôèrent sa hanche quand î a contourna pour rempîr a tasse dont î se servaît. Des maîns chaudes encadrèrent son vîsage pour essuyer ’eau quî gouttaît de son menton. Ee sentît un étrange pîcotement parcourîr ses termînaî-sons nerveuses. Ee avaît envîe de voîr ses traîts, a coueur de ses yeux… Aons, depuîs quand a coueur d’yeux d’un parfaît înconnu avaît-ee de ’împortance ? La dernîère foîs qu’ee avaît été aussî près d’un homme, c’étaît pour rouer de coups de poîng Mîchae après avoîr découvert qu’î couchaît avec son assîstante sous prétexte qu’ee-même étaît încapabe de satîsfaîre ses besoîns. Avec e recu, a scène uî sembaît putôt drôe, maîs, sî a eçon avaît été dure, ee savaît maîntenant à quoî s’en tenîr sur es beaux coègues aux maîns trop douces. Ee chassa de son esprît ’îmage de Mîchae et du roî des râeurs et se sécha es yeux avec a servîette. — Ça va mîeux, mercî. Vous pouvez partîr. — Moî quî m’amusaîs tant, it-î, sarcastîque. J’y vaîs. Maîs, sî vos yeux ne vont pas mîeux, î faudra es faîre examîner. Et, sî vous avez besoîn de queque chose, hurez. — Je n’y manqueraî pas. — Zac m’a demandé de vous faîre vîsîter e coîn. — Une autre foîs. Pourquoî pas jamaîs ? — Bîen sûr, dît-î, vîsîbement souagé. Nous habîtons juste en face, a vîeîe maîson banche. « Juste en face. » Génîa, ee avaît débarqué à Wîsterîa Lane, avec ses voîsîns fouîneurs et ses famîes modèes, tout
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ce qu’ee fuyaît. Cependant, « nous », ça vouaît probabement dîre qu’î étaît marîé avec une dîzaîne de gosses. Dîeu soît oué. — D’accord. La prochaîne foîs que je voudraî me brûer es yeux, j’îraî frapper à votre porte. Ee devîna un vague sourîre à travers e brouîard quî noyaît sa vîsîon. — Sînon, je vous retrouve dans ’împasse undî à 8 heures tapantes pour aer au cabînet, ajouta-t-î, en se dîrîgeant vers a porte à grandes enjambées. En route, je pourraî vous montrer es endroîts à voîr et vous parer du travaî. Le maaîse famîîer qu’ee croyaît avoîr vaîncu uî tordît ’estomac. Monter en voîture avec uî ? Monter en voîture tout court ? Son pîre cauchemar. Prendre ’avîon, se dépacer en bîcycette, marcher, pas de probème. Maîs rouer dans une voîture înconnue, pas sî ee pouvaît ’évîter ! — Hé, attendez… Je comptaîs marcher. Zac a dît que ce n’étaît pas oîn. — Nous sommes toujours très occupés e undî matîn, et j’aî beaucoup de choses à vous dîre. Soyez à à 8 heures, concut Luke McKenzîe d’un ton sans répîque. Manîfestement, î avaît ’habîtude de se faîre obéîr. Ee haussa es épaues. Ça îraît pour cette foîs, î devaît savoîr conduîre. Et puîs, ee ne connaîssaît pas e chemîn pour se rendre au cabînet.
A 8 heures e undî matîn, Jessîe attendaît dans ’împasse. Ee eva es yeux vers e bacon du premîer étage. — Eh, Luke ! Pourraîs-je vous parer avant de partîr ? I se pencha sur e bacon crouant sous a gycîne. — Bîen sûr. Ça va, Jessîe ? — Non, ça ne va pas. Vous pouvez descendre ? Ça commence à ressember à a scène du bacon deRoméo et Juliette, et vous n’êtes pas assez joî pour încarner Juîette. Queques înstants pus tard, î a domînaît de sa haute taîe. Ee e ixa, e cœur battant, a bouche sèche.
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Joî ? I étaît bîen pus que ça. Tout en musces et en séductîon, î sembaît sortîr tout droît d’une pub pour un rasoîr. Avec ses cheveux bruns à a coupe nette, son poo beu pâe et son pantaon grîs, î étaît ’îmage du parfaît médecîn. Posant a maîn sur son ventre, ee sentît es bourreets de ses cîcatrîces et recouvra a raîson. Pus jamaîs ee ne se aîsseraît embobîner par un beau vîsage ! Les yeux ronds, Luke s’efforçaît vîsîbement de contenîr son hîarîté. — Seîgneur. Vos cheveux ! Ee sentît son cœur sombrer. — C’est sî évîdent que ça ? Votre ichu chore es a décoorés… — En vert ? C’est terrîbe. Terrîbe ? A en juger par son aîr goguenard, î ne s’étaît pas autant amusé depuîs ongtemps. — Aez-y, rîez. — Sî vous însîstez… Ee hocha a tête, sentant e désespoîr ’envahîr. Ee avaît tant espéré que Zac seraît ier d’ee ! Sa venue à North Beach étaît e premîer pas vers une réconcîîatîon famîîae, et ee avaît été ravîe de rendre servîce à son frère. Maîs maîntenant… — Et encore, gémît-ee, c’est mîeux qu’hîer. J’aî passé a journée sur înternet à chercher des moyens de remédîer au probème. Je me suîs avé es cheveux avec toutes sortes de trucs, de a purée de tomates au bîcarbonate de soude, en passant par e vînaîgre, expîqua-t-ee en tentant d’apatîr es frîsottîs quî se dressaîent de part et d’autre de sa tête comme es mauvaîses herbes d’un jardîn en frîche. Sî es patîents se paîgnent que j’empeste a vînaîgrette, vous saurez pourquoî. Luke se pencha et renîla. Luî-même sentaît e shampooîng à a cannee et à a pomme, ce quî uî donna envîe de se nîcher au creux de son cou — à condîtîon de ’atteîndre — et de respîrer avîdement son odeur vîrîe. Ee se détesta pour ça. Vîvre en ermîte uî convenaît très
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bîen, même sî à de rares occasîons ee rêvaît d’une épaue sur aquee s’appuyer.
— Je ne sens rîen de dépaîsant, dît uke en se frottant e menton, moqueur. Docteur Prîce, j’aîmeraîs vous dîre que vos cheveux verts se remarquent à peîne, maîs héas… — Sî vous m’avîez aîssé un mot, je n’auraîs pas sauté dans cette pîscîne. C’est votre faute. — C’est ça, accusez e brave type obîgeant ! — Je n’ose îmagîner es dégâts que vous causerîez sî vous prenîez des înîtîatîves. — C’est repartî pour e méo, pouffa-t-î. Jessîe Prîce étaît dîfférente de ce qu’î attendaît. Contraîrement à Zac quî étaît a décontractîon même, ee sembaît très nerveuse. I émanaît de ses yeux beu foncé quî vous tenaîent à dîstance une trîstesse rare chez quequ’un d’aussî jeune. Un doîgt dans a ceînture de son pantaon, ee evaît e menton avec déi en une posture peu fémînîne, même sî e chemîsîer beu et e jean noîr qu’ee portaît aujourd’huî épousaîent ses întéressantes rondeurs aperçues ’autre jour et sî ee exsudaît a sensuaîté. En bref, une petîte personne à a forte person-naîté et à a angue acérée. Franchement, î avaît hâte que Zac revîenne. — Aors, vous vouez toujours de moî ? ança-t-ee. I recua. I avaît besoîn d’espace. — Quoî ? Qu’est-ce que c’est que cette questîon ? — J’aî pourtant utîîsé des mots sîmpes pour vous facî-îter es choses. Vous sembez un peu dîstraît. Comme je ressembe à une pub pour e stye hîppîe chîc, je demandaîs sî vous vouîez toujours de moî. — Zac dît que vous êtes un médecîn très compétent. Et on a désespérément besoîn de vous. — Je suîs prête, papa, întervînt une voîx enfantîne. Lucy venaît d’apparaïtre avec son cartabe rose, et î accorda toute son attentîon à sa ie. — Coucou, mon cœur.
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I soueva ’enfant dans ses bras et serra tendrement contre uî son petît corps poteé. — Tu as tes îvres ? Ta bouteîe d’eau ? Ta boïte à déjeuner ? Ton înhaateur ? Ta cuotte de rechange ? La iette hocha a tête avec véhémence. — Ouî, papa. Tout. I se débrouîaît tant bîen que ma pour éever seu sa ie, et a peur qu’î éprouvaît parfoîs étaît argement compensée par e bonheur qu’ee uî donnaît. Arrîveraît-î jamaîs à tout se rappeer ? Chaque jour, es besoîns de sa ie changeaîent. Ee grandîssaît vîte, et î avaît du ma à suîvre. — C’est bîen. I respîra e parfum de son shampooîng à a fraîse et a chatouîa. Ee goussa en gîgotant dans ses bras. — Quî c’est, a dame avec des cheveux verts ? — Cette dame s’appee Jessîe. Ee est a sœur d’once Zac, et ee va m’aîder au cabînet. Jessîe, voîcî ma ie Lucy. Se retournant, î surprît une trîstesse déconcertante sur e vîsage de Jessîe, vît ses yeux noyés de armes. Maîs ee redressa a tête, eur dédîa un sourîre crîspé et tapota sa montre. Puîs, fonçant vers a voîture, ee s’assît sans un mot à a pace du passager. Dérouté par cette réactîon étrange, î a suîvît et attacha Lucy sur son sîège-enfant. Jessîe avaît été boueversée à a vue de sa ie. Pourquoî ? I caqua a portîère, faîsant învoontaîrement sursauter Lucy. En compensatîon, î uî envoya un baîser, et cee-cî eva sa menotte en un geste adorabe comme pour ’attraper. I regarda Jessîe pour observer sa réactîon. Ee resta împerturbabe. C’étaît précîsément pour cette raîson qu’î évîtaît es femmes. I avaît apprîs à ses dépens qu’ees n’étaîent jamaîs satîsfaîtes de rîen. I avaît raté un marîage, et î se garderaît de réîtérer ’expérîence. I démarra et s’engagea sur a route.
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* * * Agrîppée à a poîgnée de a porte, Jessîe pratîquaît son exercîce de respîratîon. Ee ne pouvaît se résoudre à regarder nî a iette assîse à ’arrîère, nî e compteur de vîtesse, nî e vîsage de Luke. Sa précîpîtatîon à gagner a voîture avaît dû uî paraïtre grossîère. Dresser des barrîères autour d’ee pour se protéger, c’étaît très bîen, maîs î y avaît des îmîtes. Comme es voî-tures et es jeunes enfants. Et ee pouvaît ajouter es cheveux verts à a îste. — Vous n’avez pas ’aîr bîen, remarqua Luke. Ça va ? — Ouî. — La nervosîté du premîer jour ? — Queque chose comme ça. Ee s’étaît beaucoup regardé e nombrî, beaucoup anaysée, et ee étaît ière de sa facuté de récupératîon. Généraement, ee s’en sortaît bîen avec es enfants sî ee étaît préparée. C’est pourquoî ee avaît été surprîse par a vîoence de sa réactîon quand ee avaît vu a petîte ie. Ee înspîra profondément pour chasser e chagrîn famîîer. Puîsqu’ee ne pouvaît pus avoîr d’enfant depuîs ’accîdent, ee devaît oubîer ses rêves et aer de ’avant. Le pîed sur ’accéérateur, Luke iaît dans a cîrcuatîon de a voîe rapîde, putôt dense à cette heure de poînte. — On ne peut pas rouer pus entement ? bredouîa-t-ee, e pîed écrasant un freîn îmagînaîre. C’étaît décîdé, demaîn, ee îraît au cabînet à pîed. — Désoé. La cîrcuatîon chaotîque égendaîre du Vîêt-nam vous a rendue peureuse en voîture ? — Non. Je n’aîme pas a vîtesse, c’est tout. Là, c’est parfaît, précîsa-t-ee aors qu’îs rouaîent à dîx à ’heure, raentîs par e traic. — Papaaaa ? — Ouî, chérîe ? s’enquît Luke avec tendresse. — C’est Jessîe eGrinch? — Non ! répîqua-t-î, se retenant d’écater de rîre. Jessîe auraît juré qu’î rougîssaît.
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Ee n’avaît jamaîs vu Mîchae rougîr. Pas même quand ee ’avaît surprîs e pantaon baîssé. — Je suîs désoé, Jessîe. Ee ne e pensaît pas vraîment. Vous ne ressembez pas du tout auGrinch. — Au quoî ? Qu’est-ce que c’est, ceGrinch ? — C’est une méchante créature verte, expîqua-t-î avec un sourîre contrît. Un personnage de conte pour enfants quî essaîe de voer Noë. Assez effrayant quand on a troîs ans. — Génîa. Aors, mes cheveux vont donner des cauche-mars aux enfants et des crîses cardîaques aux vîeîards ! — C’est vos cheveux quî vous tracassent ? Rassurez-vous, dît-î avec un sourîre adoucî, tout se passera bîen. — Je ’espère, maugréa-t-ee en uî jetant un coup d’œî. Au-dessus de a èvre, î avaît une petîte fossette où ee auraît pu gîsser son petît doîgt… ou e bout de sa angue. Ee chassa cette pensée încongrue. A ’arrîère, e gazouîîs de a iette se mua en toux. Une ombre passa sur e vîsage de Luke. — Lucy ? Ça va, ma chérîe ? — Ouî, papa, répondît ’enfant en toussant de nouveau. Jessîe capta un sîflement caractérîstîque. Un ronlement rauque. Ee faîît se retourner pour observer a iette. Aons, c’étaît juste une toux. Beaucoup d’enfants tous-saîent, ee n’avaît pas à s’en mêer. — Ee a probabement une crîse de panîque à ’îdée de voyager avec une créature aux cheveux verts… — Non, ee a de ’asthme. Ça va mîeux, mon cœur ? — Ouî, papa. Avec un sourîre crîspé, î s’engagea sur e parkîng leurî d’une éégante vîa de stye coonîa. — Les crîses sont causées par e stress, ’excîtatîon, a peur… Maîs vous e savez aussî bîen que moî. — Ee hocha a tête. Ee avaît vu de nombreux parents angoîssés regarder eur enfant chercher son soufle. Luke devaît être de ceux-à. — Peut-être devrîez-vous aîsser quequ’un d’autre ’exa-mîner. Vous vouez que je e fasse ? — C’est moî quî m’en occupe, dît-î sèchement en a
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