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Conséquences tome 1

De
228 pages


Parfois, la vie est injuste et s’acharne contre vous, alors j’ai dû fuir la France. Je débarque à l’aéroport JFK de New York, chez ma meilleure amie pour retrouver un semblant de vie et tenter de me reconstruire là-bas. C’est sans compter sur une incroyable rencontre et ce lourd secret entre nous. Je ne sais pas si je pourrais lui faire une place et si nous arriverons à surmonter le poids des épreuves... Mais je sais déjà que mon cœur lui appartient. Je pressentais toutefois que rien n’était fini et que mon passé allait me rattraper pour tout dévaster sur son passage, pour nous faire du mal. Et que je risquais de tout perdre, à nouveau...

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Nathalie P.

 

 

 

Conséquences

Fais-moi revivre

 

 

 

Couverture : Néro

 

 

 

Publié dans la Collection Vénus Rouge,

Dirigée parElsa C.

 

 

 

Image

 

 

 

© Evidence Editions 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’amour ne meurt jamais,

il est la seule lumière pour nous faire revivre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

♥ Pour ma sœur

Celle qui m’a toujours soutenue

dans tous mes projets.

Une princesse parmi tant d’autres.

Fais de ta vie un rêve et d’un rêve une réalité.

Love ♥

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1

Premier coup d’œil

 

 

 

— NOOOOOOON !

Mon cri résonne dans tout l’appartement.

Je me retrouve assise dans mon lit avec les joues remplies de larmes, trempée de sueur, complètement hébétée et apeurée.

Il fait pourtant presque jour dehors, et le soleil apparaît timidement dans la pièce.

Je reprends mes esprits. Je suis dans ma chambre, dans l’appartement d’Ashley, sur Manhattan, à New York.

Celle-ci entre sans frapper. Sa respiration me laisse penser qu’elle s’est précipitée.

— Laura, ça va ? Je t’ai entendu crier.

— Oui, Ashley, ça va. J’ai dû faire un mauvais rêve.

— Aïe, rien de grave, j’espère ?

Elle se trouve sur le pas de ma porte, en pyjama.

— Je ne me rappelle pas.

Si elle savait…

— Mais ne t’inquiète pas, ça va.

— OK, prends un moment pour te remettre de tes émotions alors. Je vais à la salle de bains.

J’acquiesce d’un signe de tête. Elle referme la porte.

Je me laisse tomber sur le dos dans un grand soupir et fixe le plafond blanc.

J’ai encore fait un cauchemar.

Quand vont-ils s’arrêter ?

 

Ça va faire deux semaines que je suis ici. Après deux années assez difficiles, j’ai pu faire faire mon passeport et mettre assez d’argent de côté pour prendre un autre tournant de ma vie.

C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour continuer à vivre et quitter la France.

Forcément, j’ai appelé Ashley pour lui demander si elle connaissait de bonnes adresses où habiter quelque temps aux États-Unis. Elle n’a pas hésité une seconde en me disant qu’elle avait une chambre de libre et qu’elle se sentirait moins seule si je venais chez elle. J’ai accepté, à condition de participer aux frais de l’appartement.

Le petit déjeuner a bien du mal à passer ce matin.

Ashley sort de la salle de bains, une serviette de toilette enroulée autour du crâne.

Elle s’est maquillée. Elle sent bon et est superbe. Comme à son habitude.

— La place est libre, me lance-t-elle en français avec son parfait accent américain. Tu as une sale tête ce matin. Tu devrais sortir un peu et prendre l’air.

Je lui réponds d’un petit sourire crispé.

— Tu sais, si tu es plus à l’aise, tu peux me parler en anglais, je le maîtrise très bien.

— Oui, Laura, mais moi ça me fait travailler mon français et puis cette langue m’a tellement manquée.

— OK, comme tu veux. En parlant de sortir, je voulais te demander si je pouvais installer un chevalet dans un petit coin pour peindre. Et aussi si tu connaissais une bonne adresse où je pourrais acheter tout le matériel dont j’ai besoin.

— Tu as envie de te remettre à la peinture, Laura ? Ça fait longtemps que je ne t’ai pas vu un pinceau à la main.

— Oui, je sais, mais je me sens prête à reprendre.

— Pas de soucis. Si tu veux, installe-toi dans la pièce du fond, où il y a le bureau. Je ne m’en sers pas. Ce sera assez grand. Tu y seras au calme et il y a une chaîne hi-fi. Pour le matériel, il y a une boutique à deux pâtés de maisons.

Elle se déplace et prend un bout de papier avec un crayon.

— Tiens, je te note l’adresse là-dessus. Et je t’explique comment t’y rendre.

Elle griffonne sur celui-ci.

— Elle est spécialisée dans les beaux-arts. Tu y trouveras tout ce que tu cherches à coup sûr. Bon, je suis déjà en retard.

Elle enlève la serviette de sa tête et se fait une queue-de-cheval.

— Je file, sinon mon patron ne va pas prendre de gants avec moi aujourd’hui. Bisous, ma belle, à ce soir, dit-elle en déposant un baiser sur ma joue et en se dirigeant vers la porte.

— À ce soir, Ashley, et merci beaucoup.

Elle lève la main comme pour dire de rien.

— Profites-en bien. Bonne journée.

Et elle s’en va.

Je sais ce qu’elle essaie de faire. Elle veut que je me sente bien et chez moi aussi.

C’est une fille chouette. Toujours gentille, avec le sourire. Elle a une pêche d’enfer, elle court partout et elle est tout le temps positive.

Elle a le même âge que moi, vingt-six ans, souvent bien habillée et classe. Elle prend soin d’elle et aime être belle. Il faut dire qu’avec son physique, elle est le genre de fille sur laquelle on se retourne facilement. Elle a un petit ami, Jason Scott, très gentil aussi. Il a un an de moins qu’elle et, je l’avoue, il est plutôt mignon. Ils semblent être heureux ensemble. Elle a réussi à décrocher un bon travail dans les finances. Je n’en ai pas demandé plus, car je n’y ai rien compris.

À sa remise de diplôme, ses parents lui ont offert cet appartement de 100 m² au cœur de New York. Il faut dire qu’ils ont largement les moyens pour acheter ceci à leur fille. Ils gagnent bien leur vie et ont toujours bossé dur pour y arriver.

Tout ce que je vois, c’est qu’elle a tout pour lui réussir et j’en suis contente pour elle.

C’est mon amie d’enfance. Nous n’habitions pas loin l’une de l’autre, dans un petit village, Gozon, en France. À seize ans, son père a retrouvé son emploi ici aux États-Unis. Ils étaient arrivés en France à ses deux ans, une mutation. Son déménagement fut un déchirement, mais nous nous étions promis de ne jamais nous quitter même avec la distance. Il y a eu d’abord les courriers, puis le téléphone portable, les SMS, et les nouvelles technologies : Messenger, Facebook…

Je suis très contente de la retrouver.

Quand je l’ai appelé pour savoir si je pouvais venir, elle m’a dit de prendre mes valises, et qu’elle me rejoignait à l’aéroport.

Elle ne m’a rien demandé. Aucune question. Elle a juste compris que je devais m’éloigner rapidement de la France et n’a jamais rien essayé de savoir depuis mon arrivée.

Ce que j’apprécie réellement.

 

Voilà, je suis prête. Pas aussi classe qu’Ashley avec mon jean moulant noir, mes ballerines, mon top et ma veste, mais c’est mon style. C’est moi. Simple.

Je prends une grande inspiration, les immenses villes m’ont toujours stressée. Mais j’ai choisi d’être là et je me lance. J’attrape mon sac besace et me dirige en direction de la sortie pour me rendre à la boutique.

Dehors, tout est si différent. Il y a tellement de monde. Ça bouge dans tous les sens, du bruit arrive de partout. C’est rempli de couleur, les gens vivent. Ça fait du bien à voir.

Armée de mon papier griffonné par Ashley, j’essaie de rejoindre la boutique et de me repérer. Mais au bout de vingt minutes de recherche je dois me rendre à l’évidence, je ne trouverais jamais toute seule !

Je me sens perdue et je ne dois pas céder à la panique qui m’envahit.

Te voilà bien, Laura, tu n’es même pas capable de t’orienter !

Dans le pétrin, me voici au milieu d’une ville immense que je connais à peine. Et à force de tourner, je ne sais plus comment retourner à l’appartement !

Je commence à prendre mon portable pour appeler Ashley, mais mon regard fixe l’enseigne devant moi. Deux lettres en relief, aux couleurs dorées, suivies d’autres lettres, brillent face à mes yeux : A G Company.

L’immeuble est assez beau et haut, magnifique, avec des dorures dispersées un peu partout. Un Wouaouuuuuu silencieux sort de ma bouche.

Une voiture s’immobilise juste derrière moi. Un jeune homme d’à peine la trentaine, costume bleu-marine, cravate assortie, chaussures noires, chemise blanche, cheveu brun, coupe moderne et lunettes de soleil, sort de l’arrière de cette magnifique voiture. Je pense un instant que ses vêtements sont tellement bien taillés qu’il ne porte sûrement que des grandes marques.

Je me sens tout à coup bien ridicule et toute petite à côté de lui.

Il passe devant moi et m’adresse un joli sourire, je lui réponds timidement.

Un deuxième Wouaouuuuuu surgit, intérieurement cette fois-ci. Mais une personne avec autant d’assurance et de présence ne ferait jamais attention à une fille comme moi.

Je reprends mon téléphone.

À ma surprise, l’homme s’arrête, fait demi-tour et vient se planter devant moi.

— Excusez-moi, mademoiselle.

Il enlève ses lunettes et tous les glaciers de l’Alaska fondent d’un coup. Il a des yeux bleus comme l’océan, qui contrastent avec sa chevelure. C’est saisissant, à tomber !

— Vous cherchez quelque chose ?

— Heu oui.

J’ose à peine le regarder. Mon visage passe au rouge écarlate, je crois. Je prends sur moi.

— Je cherche ce magasin.

Je lui tends maladroitement le papier d’Ashley d’une main tremblante.

— Oh ! Ce n’est pas très loin. Vous voyez le croisement au coin de la rue ?

À vrai dire, je m’en fous un peu du croisement au coin de la rue. Tout ce que je vois c’est sa peau qui a l’air si soyeuse, parfaitement rasée, et la classe qu’il a. Son regard est troublant, à la fois doux et profond, sa bouche fine et un peu pulpeuse est tout aussi sexy que lui. Et il sent carrément bon.

Houla,Laura, recentre-toi sur ton objectif !

— Vous tournez à droite puis tout de suite à gauche et vous tomberez dessus. Vous ne pouvez pas le rater, le mur est décoré d’une fresque.

— Je vous remercie beaucoup, monsieur.

Qu’est-ce que j’ai l’air d’une godiche !

— Mais de rien, tout le plaisir est pour moi…

Il me tend la main et son intonation semble me demander mon nom.

Ses yeux bleus me transpercent lorsqu’ils se posent sur moi. Je perds mes moyens et deviens maladroite quand je lui rends sa poignée de main.

— Laura Martin, je m’appelle Laura Martin.

Cette poignée de main ! Sa peau est agréable à toucher et mon cœur s’emballe quand il entre en contact avec la mienne.

— Eh bien, enchanté, mademoiselle Laura Martin. Bonne journée et peut-être à bientôt.

Il me fait un baisemain et repart.

— Merci encore, dis-je toute retournée.

Un dernier sourire et il entre dans l’entreprise.

Un baisemain ! On ne m’avait jamais fait ça.

Je reprends mon chemin en serrant le papier contre moi et en essayant de retrouver mes esprits.

On dirait une adolescente de quinze ans, ma petite Laura. Tu n’as jamais vu un mec de ta vie ou quoi ?

À vrai dire, un comme ça et aussi galant, je ne crois… Jamais.

Ce mec, franchement, so sexy ! Quand je vais raconter ma rencontre à Ashley !

Il a l’air tellement classe et élégant, gentil, il prend soin de lui, c’est sûr.

 

En tout cas, ses explications étaient les bonnes. Je n’ai pas eu de mal à trouver la boutique et mon bonheur.

Je suis revenue à l’appartement, chargée comme une mule, sans revoir ce bel inconnu en repassant devant l’entreprise.

Tiens d’ailleurs, je ne connais même pas son nom. Je n’ai pas osé lui demander…

 

 

 

 

2

Deuxième rencontre furtive

 

 

 

Après avoir fait une pause-déjeuner, j’investis le bureau qu’Ashley m’a proposé. Je m’y sens bien et connecte mon MP3 à la chaîne hi-fi.

J’ai passé un legging et une chemise ample qui ne craignent rien et mes cheveux sont relevés en chignon.

J’ai posé le chevalet dans un coin où la lumière me semble être mieux. J’ai protégé le bureau et y ai installé ma peinture et mes pinceaux.

Me voilà, assise sur le tabouret, devant ma toile.

À chercher l’inspiration. À vrai dire, j’ai du mal à me concentrer. Je me lance.

 

Je n’ai pas vu l’heure passée et quand Ashley rentre du travail, il est déjà dix-huit heures trente.

J’ai peint deux toiles. Ça m’a fait un bien fou et j’ai le sourire jusqu’aux oreilles.

Ashley me rejoint.

— Wouaaaa, Laura, mais c’est magnifique.

— Merci, ce compliment me va droit au cœur.

— Ben dit donc, tu es enjoué. Tu t’es bien installée. Je suis contente que la pièce serve à quelqu’un.

— Je me sens bien, tu ne peux pas savoir !

Ma joie fait place à une mine déconfite.

— Je suis désolée Ashley, je n’ai pas vu l’heure passer et j’ai oublié de préparer le repas.

Elle rigole devant ma tête de chien battu.

—  Si tu te voyais Laura ! Pas de soucis, je me suis arrêtée chez l’Italien et j’ai pris du vin.

— Toi, tu es la meilleure, Ashley ! dis-je en la serrant dans mes bras.

 

Une bonne douche rapide et nous sommes passées en mode soirée entre filles !

Elle ne voit pas Jason ce soir, nous sommes vendredi et c’est le week-end. Nous comptons en profiter. On parle de choses et d’autres, de Jason, de ma rencontre…

— Tu aurais vu la classe qu’il avait ! Il était beau et sexy et gentil aussi.

— Eh bien ! Mademoiselle Martin, il vous a tapé dans l’œil, on dirait !

Je rougis légèrement et change de sujet.

— Il est délicieux ton vin, Ashley.

— Ah ça ! Tout le savoir-faire de papa ! Un petit coup de fil et hop, il me renseigne en un rien de temps sur les bonnes bouteilles, dit-elle en ricanant.

Puis elle reprend son sérieux.

— Dis voir, je pensais. Tu sais, si tu fais plus de toile, toutes aussi belles que celle-ci, on pourrait les montrer à Dan et Sloane. Ils ont une galerie d’art où ils font des expos.

— Attends, tu crois que ça vaut une expo ? Je ne sais pas si…

— Arrête Laura avec ton pessimisme. On les appellera, OK ?

— Comme tu veux. Je ne savais pas qu’ils avaient une galerie.

— Si, en plein centre de New York, très bien placée, elle est magnifique.

Dan et Sloane sont des mecs cool. Je n’ai jamais vu des gens comme eux. Ils sont en couple et ils ont l’air déjantés, opposés, mais tellement attendrissants. On a tout de suite accroché quand Ashley me les a présentés la semaine dernière. Ce sont de bons amis à elle.

Moi, artiste ? Ashley m’interrompt dans ma rêverie.

— Tu sais quoi, demain on ira carrément leur rendre visite ! Tu verras, leur galerie est sublime et puis ça ne te coûtera rien. Au moins tu sauras ce que vaut ton travail. On va se coucher ? Il est tard et je suis morte de fatigue.

— OK, merci encore Ashley. Bonne nuit.

— Bonne nuit, Laura.

Avant de m’endormir, je pense à ce projet et m’imagine artiste…

 

— Allez, debout, feignasse !

J’entends Ashley crier et je sens un oreiller atterrir sur mon visage.

— Allez, lève-toi, marmotte.

— Ashley… laisse-moi dormir, il est quelle heure ?

— Huit heures quinze, ma poule. Tu as juste le temps de te laver, t’habiller et prendre un bon petit déjeuner. Après, tu m’accompagnes.

— Quoi ? Mais où ?

— À mon cours de Zumba. Je me suis dit que ça te ferait du bien de sortir et puis il faut muscler tes fesses ! lance-t-elle en rigolant.

— Hein ? À la Zumba ?

— Allez, me dit-elle en me relançant l’oreiller. Debout ! Enfile un jogging, je t’attends dans trente minutes !

Ashley, de la Zumba… je n’ai jamais fait ça moi.

J’adore la musique et m’éclater dans les boîtes ou les clubs. Je jouais du piano et de la guitare en France. Je l’écouterais à longueur de journée cette musique, mais de la Zumba…

 

Une demi-heure plus tard, je suis prête. Je ne peux que faire plaisir à Ashley et l’accompagner. Je n’arrive jamais à lui refuser quoi que ce soit.

— Allez, va pour la Zumba.

— OUI ! Je suis trop contente que tu viennes avec moi. En plus, tu vas voir, Pedro, c’est le prof, il est super sexy et sympa. Bon, je le soupçonne de préférer les garçons, mais il est super pour donner les cours !

 

Nous voilà parties pour la salle de sport. Le trajet en voiture s’est passé dans la bonne humeur. La conduite dans New York me paraît un peu compliquée et je ne m’y frotte pas pour le moment.

Je prends sur moi et me concentre sur la route. Ashley gère très bien la situation et elle chante à tue-tête au volant de sa mini rouge.

La salle de sport dans laquelle nous pénétrons est grande. Nous nous dirigeons vers une autre pièce. Un côté est vitré et donne sur les appareils de musculation et les punching-balls. L’autre mur contient plusieurs miroirs pour suivre les pas.

— Hé ! Bonjour, Ashley, tu nous ramènes de la compagnie ? dit un homme à la voix efféminée.

— Salut, Pedro. Oui, c’est mon amie Laura, elle vient de France. Ça ne te dérange pas si elle essaie un de tes cours avec moi ?

— Pas du tout, il y a de la place pour tout le monde ici. Laura, appelle-moi Pedro. Tu te mets au milieu, tu arriveras mieux à suivre et Ashley te montrera un peu. Allez, les filles, on y va ! dit-il en tapant dans ses mains.

Je regarde Ashley et lui souris l’air de penser « effectivement tu avais raison », il doit préférer les garçons !

On se place toutes en rang et les unes derrière les autres. C’est parti.

Tout compte fait, au bout d’une demi-heure, je m’éclate. Il suffit de bien suivre les explications, le rythme et les pas sont assez simples.

Ça défoule et mon esprit s’évade. Cela fait du bien, c’est seulement la deuxième fois que je ressens ça depuis mon arrivée aux États-Unis.

Alors que nous faisons une autre danse, nous tournons face aux vitres et j’aperçois soudain mon bel inconnu en costume, qui parle avec un professeur de boxe.

Ce dernier s’éloigne pour aller chercher quelque chose et voici que cet homme magnifique me fixe en me souriant avec un petit signe de tête. Je m’arrête en plein milieu de la danse subjuguée par son regard intense. Certainement rouge-écarlate, avec une seule envie : m’enfouir six pieds sous terre ! Mon cœur va éclater.

— Mais qu’est-ce que tu fous, Laura ? 

Ashley me rappelle à l’ordre en me donnant un coup de coude.

Je la fixe pour lui répondre par un rien du tout muet en haussant les épaules. Le temps de me retourner, il n’était plus là. Envolé !