Coup de foudre pour un papa - Le pari de Grace

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Coup de foudre pour un papa, Shoma Narayanan
Après un divorce éprouvant, Neil a choisi de se consacrer à sa fille Nina, dont il a obtenu la garde, ainsi qu’à sa carrière de reporter. Quant à l’amour, il s’en passe volontiers – pourquoi risquer un nouvel échec sentimental qui pourrait affecter Nina ? Une ligne de conduite à laquelle il se tient, sans état d’âme. Jusqu’à ce tournage à Jabalpur, en Inde, où il fait la rencontre de Shefali. Belle et douce Shefali… En la voyant, Neil est ébloui et comprend qu’il aura bien du mal, cette fois, à tenir sa résolution jusqu’au bout…

Le pari de Grace, Cara Colter
Le jour où elle revoit Rory Adams, le jeune homme dont elle était secrètement amoureuse quand elle était adolescente, Grace sent son cœur s’affoler. Pas de doute : ses sentiments pour lui n’ont pas changé et elle rêve de les lui dévoiler enfin. Seulement, après une mission longue et difficile, Rory n’est plus le même homme et ne veut plus croire en l’amour. Un défi pour Grace, qui décide de se lancer corps et âme dans l’aventure.

Publié le : samedi 1 mars 2014
Lecture(s) : 3
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280321631
Nombre de pages : 288
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1.
Tout en s’adossant à son siège, Shefali ferma les yeux, excédée par le discours monocorde de l’hôtesse de l’air. — En cas d’atterrissage forcé… Et puis quoi, encore ? A moins de s’écraser dans un fleuve, elle savait que les gilets de sauvetage seraient inutiles au cours du vol et réprima une petite grimace de douleur. Pourquoi n’avait-elle pas emporté des boules Quies alors qu’elle trouvait le moindre bruit insupportable ? Des élancements dans les tempes, elle se retint au dernier moment de prendre un nouvel antalgique. — Pilote à tour de contrôle : demandons autorisation de décoller. La gorge serrée par l’émotion, elle jeta un coup d’œil involontaire au hublot. Elle n’en était pas à son premier voyage, loin de là, et aussi bien à Mumbai que Bangkok ou Paris, elle avait toujours eu un billet de retour. Mais pas cette fois-ci. Elle quittait définitivement sa ville natale et se lançait dans l’inconnu. A côté d’elle, une solide matrone lui adressa un sourire rassurant. — C’est la première fois que vous prenez l’avion ? Secouant la tête, elle referma les paupières pour couper court à toute conversation. Dans son état, elle n’avait aucune envie de discuter avec une inconnue. — Vous venez de Delhi ou de Jabalpur ? Agacée, elle réprima un sursaut d’impatience. Misère ! Elle tombait toujours sur une commère. — Ni l’un ni l’autre. Sa voisine désigna ses mains ornées de motifs au henné. — Vous allez à un mariage ? Rougissante, elle tira sur ses longues manches pour dissimuler ses tatouages éphémères. La cérémonie dumehndiavait demandé des heures… pour rien, puisque le mariage avait été annulé. A présent, les dessins, initialement noirs, déteignaient lentement vers le roux, tout en demeurant un souvenir insupportable. A cause d’eux, elle se rappelait en permanence son cauchemar des dernières semaines. Elle appuya sur un bouton d’appel. — Je souhaiterais m’asseoir côté couloir, dit-elle à l’hôtesse. A cause d’une blessure au genou, j’ai besoin d’espace pour déplier mes jambes. L’employée lui indiqua un siège deux rangs plus loin. Avec un soupir de soulagement, elle s’empara de son sac et s’installa à côté d’un homme d’une trentaine d’années, concentré sur son ordinateur portable. Elle attachait sa ceinture lorsqu’il lui adressa la parole, sans quitter des yeux son écran. — Si vous n’êtes ni de Delhi ni de Jabalpur, d’où venez-vous ? Elle lui jeta un regard interdit. — Excusez-moi ? Quand il se tourna vers elle, elle ouvrit bêtement la bouche, surprise par sa beauté remarquable, ses yeux gris-bleu et ses traits ciselés. Par chance, il lui lança un bref sourire avant de se replonger dans son travail. — Pardonnez mon indiscrétion. Bonne idée, cette histoire de genou, ajouta-t-il en baissant la voix. — Merci. Et sans lui accorder plus d’attention, il se remit à pianoter sur son clavier. Aussitôt, elle en éprouva une désagréable sensation — peut-être de la déception ? A ce stade, elle n’aurait pas refusé une conversation légère avec un bel inconnu pour se changer les idées. Même si rien
n’aurait pu lui faire oublier que son fiancé l’avait laissée tomber le jour de son mariage. Des épousailles qu’elle avait préparées durant plus d’une année. Parfois, elle avait l’impression d’avoir vécu dans le seul but d’épouser un jour l’homme idéal et de fonder un foyer heureux. Riche, séduisant, doté d’une bonne situation, Pranav s’était révélé le candidat idéal pour ses parents. Elle l’avait trouvé parfait lorsqu’ils le lui avaient présenté, se mettant même à rêver de lui en dépit du caractère arrangé de leur union. Jusqu’au jour J, elle avait pensé à lui. Mais Pranav avait attendu le matin du mariage pour finalement rompre avec elle et rejoindre son ex. Habituée à une existence relativement protégée, elle avait eu l’impression que le monde s’écroulait. Harcelée par sa migraine, elle grimaça de nouveau de douleur. Puis, respirant profondément, elle se força à ne penser à rien… lorsqu’un employé muni d’un chariot de plateaux-repas s’arrêta à sa hauteur. — Non, merci, dit-elle. Avec son mal de tête, elle avait la nausée à la vue de la nourriture. — Me permettez-vous de prendre votre part ? demanda son voisin de siège. Ces portions suffiraient à peine à nourrir une souris. — Bien sûr. En lui tendant le plateau, elle remarqua soudain ses belles mains, puissantes, avec des poignets solides. Rien à voir avec celles de Pranav, fines et velues. Dommage qu’elle n’ait pas trouvé ce petit défaut rédhibitoire et refusé de l’épouser ! — Vous êtes sûre que vous n’en voulez pas ? demanda l’homme. — Absolument certaine. Par contre, j’aimerais bien prendre la bouteille d’eau. Saisissant la boisson en évitant soigneusement de lui toucher la main, elle chercha ensuite des antalgiques dans son sac avec un soupir agacé. Bien entendu, elle ne trouvait plus ces fichus comprimés ! En désespoir de cause, elle sortit un à un tous ses effets personnels jusqu’à exhumer la fameuse boîte, coincée entre les pages d’un livre qu’elle était trop stressée pour lire. Et avec soulagement, elle plaça un comprimé sur sa langue — d’après ses lointains souvenirs de lycée, il n’y avait pas de papilles gustatives à cet endroit. S’emparant ensuite de la bouteille, et après mille efforts, elle ne parvint pas à ouvrir le bouchon. Dans sa bouche, le médicament commençait à se dissoudre lentement, avec un goût horrible. Dégoûtée, elle se tourna vers son voisin. — Mmm…, fit-elle en lui tendant la bouteille. Il ne mangeait plus, occupé à contempler avec stupéfaction les différents plats au menu. — Mmm ! — Oh ! Excusez-moi. Sans peine, il lui dévissa le bouchon. — Et voilà. Elle avala alors une longue gorgée avec empressement. Seigneur, que ce comprimé était amer ! — Tenez, buvez ça avec un peu de sucre, dit-il en lui tendant un sachet. S’il avait parlé d’un ton sérieux, un éclat malicieux dansait pourtant dans ses yeux. De nouveau, elle se surprit à l’admirer — ses dents parfaites, surtout. Pendant des années, elle avait dû suivre un traitement en orthodontie aussi onéreux que douloureux. Et dès qu’elle voyait une dentition sans défaut, elle éprouvait un ridicule pincement de jalousie. Or, cet homme avait l’air d’ignorer depuis toujours l’existence des dentistes. Son repas terminé, celui-ci se débarrassa de son plateau auprès d’un steward avant de consulter sa montre. — Plus qu’une heure avant l’atterrissage… Muette, elle serra inconsciemment les poings. Plus qu’une petite heure… et les choses sérieuses commenceraient pour elle. Enfin, elle allait reprendre sa vie en main, dans une ville où personne ne la connaissait. Se calant contre le dossier de son siège, elle ferma les yeux avec un soupir. Et, aidée par son antalgique, elle ne tarda pas à trouver le sommeil. Un peu plus tard, elle fut réveillée par une secousse : l’avion roulait sur la piste. Aussitôt, elle sursauta et se leva sans même avoir débouclé sa ceinture. Son voisin lui coula un regard amusé. — Tout va bien ? Un peu gênée, elle lui adressa un sourire contraint. — Oui, bien sûr. Une fois libérée, elle quitta vivement son siège et batailla quelques secondes pour récupérer son bagage à main. En se redressant à son tour, son voisin vint lui porter secours. Mon Dieu ! Il
était beaucoup plus grand qu’elle ne s’y attendait — au moins un mètre quatre-vingt-dix. Elle lui arrivait à peine aux épaules. Comme il lui tendait son sac, leurs regards s’accrochèrent un bref instant. Aussi embarrassée que furieuse contre elle-même, elle se détourna vivement. Elle devenait complètement paranoïaque ! Après l’humiliation infligée par Pranav, elle trouvait suspects tous les hommes qui lui accordaient la moindre attention. Hélas, à cause de l’allée encombrée d’une file de voyageurs, elle ne parvint pas à lui échapper. Un peu étonné, il lui sourit gentiment : — Du calme, je ne mords pas. En réponse, elle piqua un fard. Heureusement, les portes s’ouvrirent et la colonne de voyageurs s’ébranla derrière elle. Mais l’inconnu ne comptait pas en rester là. — Attendez, laissez-moi vous soulager de ce poids, dit-il en lui prenant son sac des mains. Elle le suivit hors de l’appareil et plissa le nez à la vue du petit aéroport. Lisant dans ses pensées, son compagnon éclata de rire. — Ça change du terminal 3 de Delhi, n’est-ce pas ? Elle haussa les épaules. — C’est… pittoresque. Ensemble, ils se dirigèrent vers le tapis roulant pour récupérer leurs bagages et il l’aida galamment à charger ses valises sur un chariot. — Vous partez en expédition polaire ? — Non, je viens ici pour le travail. Ces deux malles sont remplies du matériel éducatif dont j’aurai besoin pour mon nouvel emploi. Elle jeta alors un regard en biais au modeste sac à dos de l’homme. Il ne contenait sans doute qu’une poignée de vêtements en prévision d’une randonnée… alors qu’elle trimballait toute sa vie dans ses valises. Tout à coup, elle réalisa pleinement l’énormité de sa situation et posa sans ménagement un dernier sac sur le chariot. — Merci pour votre aide. Mais je pense pouvoir m’en tirer toute seule à présent. Légèrement interloqué, il engloba d’un regard incrédule les trois énormes valises, les deux coffres volumineux et son bagage à main. Cela pesait sans doute une tonne ! — Vous êtes certaine que ça ira ? — Absolument sûre, fit-elle avec un sourire de politesse épinglé aux lèvres. Pourtant, elle sentait ses forces l’abandonner à la seule idée de pousser cet énorme chariot de ses bras frêles.Vas-tu te secouer, chochotte ?se morigéna-t-elle. Elle pouvait très bien s’en sortir sans quémander le secours d’un inconnu, aussi séduisant soit-il. — Merci de votre aide. De toute manière, nous nous croiserons sans doute de nouveau : cette ville n’est pas plus grande qu’un mouchoir de poche. — Elle compte tout de même plus d’un million d’habitants. Mais si je vous vois un jour dans la rue, je viendrai vous saluer, promis. Une voix s’éleva de la foule. — Neil ! Par ici ! Ainsi, il s’appelait Neil… Prenant congé d’un bref hochement de tête, il se dirigea vers le gros bonhomme en catogan qui le hélait. De son côté, prenant son courage à deux mains, elle se mit à pousser péniblement ses bagages. Lorsqu’elle arriva enfin sur le parvis de l’aéroport, elle constata que son mystérieux voisin d’avion avait disparu — mais n’était-ce pas le cadet de ses soucis ? D’autant qu’elle voyait toutes ses craintes se justifier : l’aéroport se situait au milieu de nulle part. Mis à part un minuscule parking arboré, elle ne vit rien. Ni taxis, ni bus. Seules quelques autos rickshaws attendaient le long du trottoir, mais elle trouva aux conducteurs des mines affreusement patibulaires. Autour d’elle, tous les autres voyageurs retrouvaient des proches, des amis… Promenant un regard désemparé sur le paysage, elle vit Neil au loin, qui montait dans un 4x4 noir. Pourquoi ne lui avait-elle pas demandé de la conduire en ville ? — On vous dépose quelque part ? Se retournant, elle reconnut la dame de l’avion. Celle-ci la dévisageait avec sollicitude mais, malgré sa gentillesse, elle refusa poliment. Elle avait trop l’impression de retrouver ses tantes de Delhi : de vieilles commères bavardes qui, lors de l’annulation de son mariage, avaient manifesté un mélange d’horreur, de pitié et d’excitation. Pressée de partir, elle interpella finalement le conducteur de rickshaw le moins inquiétant et lui donna l’adresse de son hôtel. Une fois ses bagages chargés, elle s’installa tant bien que mal sur la banquette encombrée de sacs. Aussitôt, le petit véhicule fila dans les rues désertes, si vite qu’elle dut s’accrocher à la portière pour ne pas tomber. Se calant au fond du siège, elle essaya
alors de s’intéresser au paysage… mais bien vite, gagnée par la fatigue, elle renversa la tête sur le dossier et ferma les yeux. Cette journée, la première de sa nouvelle vie, l’avait tout simplement épuisée !
TITRE ORIGINAL :SECRETS & SARIS Traduction française :ADELIGNE MAGNE ® HARLEQUIN est une marque déposée par le Groupe Harlequin ® Horizon est une marque déposée par Harlequin S.A. © 2013, Shoma Narayanan. © 2014, Traduction française : Harlequin S.A. Le visuel de couverture est reproduit avec l’autorisation de : HARLEQUIN BOOKS S.A. Tous droits réservés. ISBN 978-2-2803-2163-1
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