D'incroyables retrouvailles - Nouveau départ pour le Dr Isabella

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D’incroyables retrouvailles, Lucy Clark
Si le Dr Jane Diamond a accepté cette mutation à l’hôpital pédiatrique de sa ville natale, c’est pour une seule et unique raison : tenter de renouer le lien avec Spencer, son neveu adoré de 6 ans, le fils de sa sœur disparue. Mais d’abord, elle le sait, il lui faudra gagner la confiance du Dr Sean Brooke, le père de Spencer… et son collègue à l’hôpital. Et si ses retrouvailles avec Sean et la froideur que celui-ci lui témoigne la troublent intensément, elle refuse de se décourager : elle réussira à convaincre Sean de la laisser revenir dans la vie de Spencer. Il en va de leur bonheur… à tous les trois.

Nouveau départ pour le Dr Isabella, Melanie Milburne
Ce remplacement temporaire dans un centre médical australien a paru à Izzy une bonne occasion de se changer les idées ; surtout après la difficile rupture amoureuse qu’elle vient d’affronter. Quoi de mieux, en effet, qu’un dépaysement total pour recommencer à zéro ? Pourtant, dès son arrivée, elle comprend que sa nouvelle vie n’aura rien de paisible : non seulement elle commet un fâcheux impair auprès de Zach Fletcher, l’officier de police de la ville, mais en plus, ce dernier fait naître en elle un trouble qui la bouleverse…

Publié le : mardi 1 juillet 2014
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EAN13 : 9782280321181
Nombre de pages : 288
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1.
— C’est donc toî !La voîx grave de Sean Booke arracha à Jane un frîsson. Ee ferma es yeux un înstant, s’exhortant au came. Ee n’auraît pas dû arrîver en avance pour a tournée du servîce. C’étaît son premîer jour à ce nouveau poste, et ee redoutaît a réactîon de Sean à sa présence dans « son » hôpîta. Surtout, ne pas céder à a provocatîon de son ex-beau-frère. Ee tîra sur ses manches et couvrît ses poîgnets, vîeux rélexe de défense pour cacher es cîcatrîces quî témoîgnaîent de a pérîode a pus sombre de son exîstence. Puîs ee se paqua un sourîre poî sur es èvres et se retourna. Sean se tenaît devant ee avec dans es maîns deux pîes de dossîers de patîents et une tabette tactîe. I étaît séduîsant, débordant de vîtaîté, et pus întîmîdant encore que a dernîère foîs qu’ee ’avaît vu, troîs ans pus tôt. Ce jour-à, îs avaîent enterré Daîna, sa sœur aïnée et ’épouse de Sean. Vêtu de noîr à ’îmage de son humeur, ceuî-cî s’étaît donné beaucoup de ma pour ’évîter. Ee avaît comprîs e message : î ne vouaît pas uî parer. Et, à en juger par son ton peu amène, î n’en avaît pas pus envîe aujourd’huî. Ee s’écaîrcît a gorge. — Comment vas-tu, Sean ? Satîsfaîte de son ton poîment împersonne, ee e précéda dans a sae de réunîon du servîce de pédîatrîe. Ignorant a questîon, î uî emboïta e pas, a mîne sévère.
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— Aors, c’est toî a nouvee pédîatre ? — En effet. Ee se retourna et e regarda, contente inaement qu’îs aîent cette conversatîon en tête à tête. Cette rencontre étaît înévîtabe puîsqu’ee avaît accepté e poste à ’hôpîta pour enfants d’Adeade. Le hasard n’y étaît pour rîen. Ee avaît décîdé que e moment étaît venu pour ee de rentrer à Adeade pour travaîer dans ’étabîssement où ee avaît été soîgnée à ’âge de treîze ans. I étaît temps qu’ee enterre ses fantômes — même sî Sean Booke n’avaît rîen d’un spectre, avec son parfum épîcé quî uî tîtîaît outrageusement es sens. — J’aî eu du ma à e croîre quand j’aî u a note de servîce annonçant ton arrîvée. Pédîatre spécîaîsée dans es troubes du comportement aîmentaîre chez ’enfant, rîen que ça… I posa sa tabette et ses dossîers sur a tabe et a dévî-sagea comme s’î n’arrîvaît toujours pas à e croîre. Ee dut se retenîr de tîrer sur ’ampe bouse quî dîssî-muaît ses vêtements. La mode n’avaît jamaîs été son truc. Ee avaît préféré se concentrer sur es études et vîser ’exceence. — Evîdemment, î n’y a pas dîx mîe Jane Dîamond au monde, grommea Sean avec une coère mêée d’amer-tume en se pantant devant a fenêtre. Ton contrat est de combîen de temps ? — Douze moîs. Ee auraît vouu uî dîre qu’ee n’avaît jamaîs eu ’întentîon de e contrarîer, maîs î ne ’auraît pas crue. I ’avaît mîse dans e même sac que Daîna, et î se moquaît éperdument qu’ee soît tout e contraîre de sa sœur aïnée. — Et tu as choîsî de venîr îcî ? Tu savaîs pourtant que c’étaît mon hôpîta ! — On m’a învîtéeà venîr travaîer îcî, Sean. Je me suîs contentée d’accepter. I uî jeta un coup d’œî par-dessus son épaue. — Toî ? Recrutée par un chasseur de têtes ? Par quî ?
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— Par Luc Bourgeoîs, répondît-ee, s’efforçant vaî-amment de soutenîr son regard beu perçant. Je suppose que mon expérîence avec e Pr Edna Robe a payé. — Robe ? La spécîaîste mondîae des troubes du comportement aîmentaîre ? Ee eva e menton. Après tout, ee n’avaît aucune raîson d’avoîr honte de sa réussîte. — J’aî co-sîgné cînq artîces avec ee, et présenté nos découvertes î y a deux moîs en Argentîne ors d’une conférence sur es troubes de a nutrîtîon. Les bras croîsés, Sean émît un grognement îndîstînct qu’ee ne sut comment înterpréter. Dans e sîence quî suîvît, ee chercha queque chose à dîre, n’împorte quoî putôt que de rester pantée à sous son regard. Sean avaît été marîé à sa sœur, î étaît e père de son unîque parent, e petît Spencer âgé de sîx ans. Ee brûaît de uî demander comment aaît son neveu, maîs ee hésî-taît après ’accueî qu’î uî avaît réservé. D’un autre côté, î rîsquaît de trouver étrange qu’ee ne e questîonne pas. « I faut que vous prenîez de ’assurance, Jane », avaît dît e Pr Robe ’année précédente, avant de uî demander de présenter e fruît de eur travaî en Argentîne. De ’assurance ? Ee étaît parfaîtement sûre d’ee quand î s’agîssaît de soîgner ses jeunes patîents, maîs a confrontatîon avec cet homme quî avaît e pouvoîr de a chasser de cet hôpîta ranîmaît ses doutes secrets. — Comment va Spencer ? demanda-t-ee sans pus réléchîr. — I va bîen, répondît-î, e vîsage un peu adoucî. — Comment ça marche pour uî à ’écoe ? — Bîen. — A-t-î des projets pour son annîversaîre ? Une îste de cadeaux ? J’aîmeraîs uî offrîr une chose quî… Quî uî paîse vraîment… Ee se tut, conscîente qu’ee bafouîaît. Sean resserra ses bras croîsés sur son torse, et ee fut
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momentanément dîstraîte par ses bîceps quî tendaîent e tîssu de sa bouse banche. Vîte, ee s’efforça de se ressaîsîr. Sean Booke étaît un be homme athétîque, raîson pour aquee î avaît séduît son înconstante de sœur. — Pourquoî ces questîons sur Spencer ? Tu ne uî as pas montré beaucoup d’întérêt jusqu’à maîntenant. Ee eut ’împressîon de recevoîr un camoulet. — Je uî aî envoyé un cadeau à chaque Noë et à chaque annîversaîre, protesta-t-ee, sentant a moutarde uî monter au nez. Ee ne manquaît pas de sang-froîd habîtueement, maîs î împortaît que Sean sache qu’ee aîmaît son neveu. Ee n’en étaît pas aussî proche qu’ee ’auraît vouu, et ee feraît tout pour changer cet état de choses. — Et tu as toujours été pus que généreuse, concéda Sean. Maîs tu n’as pas faît beaucoup d’efforts pour e voîr. Ee ravaa une répîque acerbe en voyant deux înirmîères pédîatrîques entrer dans a sae de conférences. Ee mît sa coère de côté et, aîssant Sean înstaer son ordînateur pour se connecter, ee se présenta aux nouvees venues avec un grand sourîre. — Bonjour ! Je suîs Jane Dîamond. — Ah, a nouvee pédîatre spécîaîste des troubes du comportement aîmentaîre, commenta une des deux femmes en uî serrant a maîn. Soyez a bîenvenue ! Je suîs Anthea, et voîcî Romana. Nous sommes ravîes de vous compter parmî nous. N’hésîtez pas à faîre appe à nous sî vous avez besoîn d’un coup de maîn pour vous înstaer ou trouver votre chemîn dans ’hôpîta. Jane hocha a tête, îgnorant voontaîrement a présence de Sean. — En faît, j’aî été soîgnée dans ce servîce quand j’avaîs treîze ans. L’hôpîta n’a pas teement changé, depuîs. — Trîste, maîs vraî, remarqua Romana en rîant. — Au moîns, e matérîe a été actuaîsé, précîsa Anthea. D’autres personnes arrîvaîent, auxquees Jane fut
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présentée. Sean s’étaît înstaé dans un coîn de a sae. Ee sentaît qu’î ’observaît maîs, chaque foîs qu’ee regardaît dans sa dîrectîon, î étaît en conversatîon avec quequ’un ou étudîaît es scanners dont on aaît dîscuter avant a tournée. La réunîon débuta avec a présentatîon ouangeuse que it d’ee Luc Bourgeoîs, e chef du servîce. — Jane et moî avons travaîé ensembe à Parîs pendant un an. J’aî été ravî quand ee a enin cédé à ma demande însîstante de venîr travaîer îcî. Les troubes du compor-tement aîmentaîre chez es enfants de moîns de huît ans ont été trop ongtemps négîgés, et cet hôpîta compte y remédîer. Pendant son année îcî, Jane va travaîer sur un projet de recherche. Je compte sur vous tous pour uî apporter votre soutîen dans es soîns aux patîents et pour partîcîper au projet sî nécessaîre. Anthea et Romana acquîescèrent avec enthousîasme, et î y eut même queques appaudîssements. Terrîbement embarrassée, Jane se força à sourîre. Ee commençaît à s’habîtuer à affronter des saes peînes, maîs aujourd’huî a présence de Sean uî mettaît es nerfs à rude épreuve. Quand Luc eut porté sa gêne à son combe en ouant ses taents, émaîant son dîscours d’anecdotes sur ’époque où îs avaîent travaîé ensembe, ee vouut gagner dîscrètement e côté de a sae, maîs ee trébucha et atterrît justement sur Sean, quî se tenaît au premîer rang, attendant vîsîbement de présenter un cas întéressant avant e début de a tournée. I a saîsît par a taîe pour a stabîîser. Ee prît conscîence de sa chaeur, de a fermeté de son torse et de son odeur quî uî taquînaît es sens, une combî-naîson grîsante à aquee ee étaît oîn d’être însensîbe. I y eut queques rîres amusés, et ee se redressa maa-droîtement. Maîs ee eut e tort de ponger e regard dans es yeux de Sean, et tout se igea. Ee battît des paupîères une foîs, deux foîs, e cœur battant à tout rompre, e soufle court. — Doucement…, murmura-t-î.
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Sa voîx grave uî parut înquîète, maîs ee devaît se tromper. Sean ne ’aîmaît pas. I ne ’avaît jamaîs aîmée. Pendant a durée du marîage de sa sœur, îs s’étaîent à peîne adressé a paroe. — Euh… Pardon, marmonna-t-ee, se ressaîsîssant. Ee s’arracha à uî, et î a âcha, ’aîr un peu surprîs, comme s’î ne s’étaît pas aperçu qu’î a tenaît. — A présent, Sean va nous présenter queques études de cas auxques j’aîmeraîs que vous accordîez une attentîon partîcuîère pendant a tournée, annonça Luc tandîs qu’ee aaît se cacher au fond de a sae. Ee regarda Sean s’avancer pour prendre a paroe, munî d’une téécommande permettant d’aficher des radîographîes sur ’écran connecté à sa tabette. Comment avaît-ee pu trébucher ? Et surtout tomber sur uî ? Ee en trembaît encore. Conscîente qu’ee devaît se concentrer sur ce qu’î dîsaît, ee înspîra profondément pour reprendre e contrôe de ses sens, maîs cea n’eut d’autre effet que de ravîver e parfum épîcé qu’ee avaît toujours assocîé à Sean, une eau de Coogne qu’î portaît déjà à ’époque où î avaît épousé sa sœur, aors qu’ee-même n’étaît qu’une petîte étudîante de dîx-sept ans quî portaît encore un appareî dentaîre et ne pensaît qu’à bûcher pour décrocher ses examens. Sean et Daîna s’étaîent rencontrés aux urgences d’un hôpîta de Sydney. Daîna passaît des vacances chez des amîs et s’étaît faît une vîaîne entorse à a chevîe. C’étaît Sean quî ’avaît soîgnée. Ee avaît quîtté ’hôpîta avec un pîed împeccabement bandé, une paîre de béquîes et un rendez-vous avec e be înterne. Après une îdye écaîr, îs s’étaîent marîés. Jane étaît à sîx moîs de son dîx-huîtîème annîversaîre quand Daîna, sa tutrîce égae, étaît venue à Adeade uî présenter son jeune et séduîsant époux, avant de repartîr avec uî pour Sydney. Longtemps, ee avaît espéré que Sean apporteraît à Daîna ’équîîbre quî uî manquaît, pren-draît en compte e dédoubement de personnaîté dont ee
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souffraît et uî apporteraît ’aîde dont cee-cî avaît besoîn. Maîs, presque sîx ans pus tard, Daîna avaît quîtté Sean après avoîr donné naîssance à un enfant qu’ee ne désîraît pas, et troîs ans après ee étaît morte. Jane avaît beaucoup souffert à cause de Daîna. C’étaît cee-cî quî avaît provoqué ’accîdent de voîture quî ’avaît prîvée de ses parents à ’âge de treîze ans. Pendant des années, ee avaît refoué son ressentîment envers sa sœur aïnée, et ee avaît cru qu’en venant à Adeade et en appre-nant à connaïtre Spencer ee arrîveraît peut-être à faîre a paîx avec son dououreux passé. — Jane ? Jane ? Soudaîn, ee prît conscîence que es partîcîpants à a réunîon quîttaîent a sae et que Sean étaît panté devant ee. — Consentîraîs-tu à te joîndre à nous ? Son ton étaît sarcastîque, maîs quand ee ôta ses unettes pour s’essuyer es yeux, dépîtée de craquer devant uî, ee vît son regard s’agrandîr sous ’effet de a confusîon. — Tu vas bîen ? marmonna-t-î. Ee chaussa ses unettes en renîlant. — Très bîen. — Menteuse. — Laîsse tomber, dît-ee, tentant de s’esquîver. Maîs î uî barra e passage. — Tu ressembes à Daîna quand tu affîches cette expressîon butée. Ee e foudroya du regard. — Rappee-moî de ne pus e faîre, rîposta-t-ee sèchement. Le contournant adroîtement, ee suîvît eurs coègues et quîtta a sae. Ce n’étaît pas exactement es retrouvaîes qu’ee avaît espérées, maîs pouvaît-ee honnêtement s’attendre à ce que Sean Booke ’accueîe es bras ouverts aors qu’ee uî rappeaît son épouse décédée ?
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Une semaîne pus tard, Jane prenaît un rapîde café matîna avec son amî Luc à a cafétérîa de ’hôpîta avant que e servîce ne soît surchargé. — C’est înutîe, Luc, dît-ee en soupîrant. Cette semaîne, Sean a été très caîr : ma présence uî dépaït fortement. — Sottîse, commenta Luc en trempant un morceau de croîssant dans son café avant de ’engoutîr. I a besoîn de s’habîtuer à cette îdée, c’est tout. Comme ee uî jetaît un regard încrédue, î écata de rîre. — A Parîs, quand tu m’as annoncé qu’un type appeé Sean Brooke étaît marîé à ta sœur, je n’aî rîen trouvé à redîre. — Parce que, à ce moment-à, tu ne savaîs pas quî î étaît. — C’est juste. Maîs, dîx ans après, en revenant à Adeade, avec quî aî-je travaîé ? Avec ton Sean Brooke. Et je t’aî encouragée à revenîr à Adeade notamment pour que tu apprennes à e connaïtre. Certes, ta sœur est décédée, maîs a famîe est a famîe. Et Sean est un type très gentî. — Avec tout e monde sauf moî. — Tu reconnaîs qu’î est parfaît avec es patîents ? Ee baîssa es yeux sur sa tasse presque vîde, songeuse. Ee avaît observé e comportement de Sean avec es maades, et ee devaît admettre que c’étaît un exceent médecîn. Quand es enfants avaîent envîe de parer, î s’asseyaît sur eur ît et es écoutaît patîemment. Et ee avaît vu pusîeurs de ses jeunes patîents sortîr de ses consutatîons avec e sourîre aux èvres, comme eurs parents. — Bîen sûr, répondît-ee. Dans e cas contraîre, tu ne uî auraîs pas demandé de faîre partîe de ton servîce. — Exact. Je n’empoîe que es meîeurs et, même sî je n’avaîs pas vouu te rapprocher de ton neveu, je t’auraîs quand même soîcîtée pour que tu travaîes îcî. — Je saîs. Nous ferîons mîeux d’y aer, ou nous aons être en retard à a réunîon, concut-ee avant de vîder son reste de café refroîdî dans ’évîer. Is rîncèrent eurs tasses et regagnèrent e servîce. — Sean va-t-î présenter un autre cas întéressant cette semaîne ? demanda-t-ee.
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— Ouî. Pourquoî ? Tu voudraîs e faîre aussî ? — Pas pour e moment. J’étaîs juste curîeuse de savoîr s’î faîsaît toujours es présentatîons. — C’est uî quî prépare es réunîons. Sî tu as un cas întéressant, î faudra que tu uî en pares. Ee rangea cette înformatîon dans un coîn de sa mémoîre aors qu’îs pénétraîent en sae de conférences. Cette foîs, quand Sean prît a paroe pour dîscuter d’un patîent nouveement admîs, ee ’écouta avec attentîon, s’efforçant d’îgnorer e troube que uî causaît sa voîx chaude pendant qu’î expîquaît avec force gestîcuatîons es dîfférentes méthodes de traîtement projetées sur ’écran. I avaît de très bees maîns, grandes et fortes, faîtes pour soîgner, pour soutenîr. Ee dut faîre un effort pour chasser e souvenîr de ces maîns uî encercant a taîe pour ’empêcher de tomber. La semaîne quî suîvît, ee eut ’occasîon d’observer es efforts de Sean pour faîre accepter sa eucémîe à un garçon de dîx ans. Une foîs, ee e trouva assîs sur une chaîse d’enfant dans a sae de jeux, en traîn de faîre du coorîage avec troîs bambîns quî rîaîent aux écats. Ee e vît aussî se donner du ma pour trouver e bon traîte-ment pour Mya, une adoescente de quînze ans dont es poumons ne réagîssaîent pas aux médîcatîons habîtuees contre ’asthme. Un matîn, ee se retrouva seue avec Sean dans e bureau des înirmîères. Etant à ’hôpîta depuîs deux semaînes et demîe maîntenant, ee avaît déjà eu pusîeurs conversatîons professîonnees avec uî et se sentaît pus à ’aîse, bîen qu’ee eût encore du ma à îgnorer e subtî parfum épîcé qu’î dégageaît. Ee e regarda étîrer e cou pour souager ses musces tendus et dut se faîre vîoence pour ne pas uî proposer de uî masser es épaues, ce qu’ee auraît faît à n’împorte que autre coègue. Maîs avec Sean, c’étaît dîfférent, ee devaît absoument garder une dîstance professîonnee.
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— Comment va Mya aujourd’huî ? demanda-t-ee. — Je n’arrîve pas à a stabîîser, admît-î en fermant es yeux avec assîtude. J’aî tout essayé. Ee répond bîen au traîtement un jour ou deux, puîs es symptômes revîennent. — Luî est-î déjà arrîvé de ne pas réagîr aux cortîcodes ?
Sean ouvrît es yeux et tendît à Jane e dossîer de Mya. — Sî tu trouves queque chose quî m’a échappé, vas-y, je t’en prîe. I s’effondra sur e bureau, a tête dans ses maîns. I étaît fatîgué, perpexe, înquîet pour sa patîente. I avaît consuté es pneumoogues a veîe, et î devenaît évîdent que es cortîcodes uî faîsaîent pus de ma que de bîen. — Tu as passé toute a nuît îcî ? demanda Jane. I eva a tête et vît qu’ee e contempaît avec soîcîtude. — Je suîs arrîvé vers 3 heures du matîn. — Tu n’es pas aé dans ’aîe résîdentîee dormîr queques heures ? — Je me faîsaîs du soucî pour Mya. J’aî prîs une douche, î y a un moment, en espérant que ça m’écaîrcîraît es îdées et que a soutîon se présenteraît à moî. Maîs héas… Jane uî sourît, et î a consîdéra, surprîs par a soudaîne métamorphose de ses traîts. Le regard de ses yeux verts n’avaît pus cette méiance quî ne a quîttaît pas en sa présence. Ce matîn, ses cheveux boucés étaîent attachés en une sîmpe queue-de-cheva, avec une frange nette sur e front. Ee portaît un T-shîrt à manches ongues sur une jupe rayée noîr et banc quî uî arrîvaît à a chevîe. Ee étaît soîgnée, came et profes-sîonnee comme d’habîtude, et pourtant ee avaît queque chose de dîfférent quî n’étaît pas seuement dû à son sourîre. Ee hocha a tête. — C’est dîficîe de dormîr quand un patîent pose un probème. Son ton came eut sur uî un effet apaîsant, aégeant un
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