Dans les bras d'un Irlandais - Retour à Little Rock

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Dans les bras d’un Irlandais, Maureen Child

Le jour où elle s’est engagée dans une aventure sans lendemain avec Ronan Connolly, son sublime Irlandais, Laura a commis une erreur fatale. Loin de maîtriser la situation, elle est tombée follement amoureuse de lui, avant qu’il ne la quitte brutalement. Aussi, lorsque Ronan vient la retrouver, visiblement décidé à la reconquérir, Laura est-elle sur ses gardes. Il représente un danger pour elle – celui de la tentation. Car si elle brûle d’envie d’accepter son invitation en Irlande, elle redoute aussi de retomber sous son emprise…

Retour à Little Rock, Gina Wilkins

Depuis qu’Evan Daugherty est revenu à Little Rock, Arkansas, Renae est en proie à une vive émotion. En effet, malgré les sept années qui sont écoulées, elle n’a jamais pu oublier l’étreinte torride qu’ils ont échangée autrefois. Or, elle le sait, lâcher la bride aux fantasmes qu’Evan fait naître en elle est un petit jeu auquel elle n’a pas le droit de se livrer. Aujourd’hui maman de jumeaux de six ans, elle n’a pas de temps à consacrer aux hommes. Et encore moins à Evan, celui-là même qu’il lui est interdit d’aimer…
Publié le : mercredi 1 mai 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280297318
Nombre de pages : 432
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— Laura, je sais que tu es là ! Ronan Connolly tambourina une nouvelle fois contre la porte, puis s’arrêta pour écouter le résultat de son offensive. Rien. Pourtant, Laura était là. Il pouvait pratiquement la sentir derrière cette satanée porte. Elle avait vraiment une volonté de fer. Et dire qu’il avait un jour considéré cela comme une qualité ! A présent, il voyait ça comme le pire des défauts. Quelques secondes s’écoulèrent sans que personne ne vienne lui ouvrir la porte. Il jeta un rapide coup d’œil en direction de la Volkswagen jaune vif garée devant la maison — la voiture de Laura — puis fusilla du regard la porte toujours close. — Tu ne me feras pas croire que tu n’es pas chez toi. Ta voiture est garée dans la rue. Enîn, elle répondit. — Ici, on appelle ça une allée privée. Tu n’es pas en Irlande. — C’est bien dommage ! lança-t-il, exaspéré. S’il avait été en Irlande, la majorité du village se
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serait ralliée à lui et il aurait trouvé un moyen de faire ouvrir cette porte de malheur. — Je t’en prie, n’hésite pas à sauter dans un de tes jets privés pour repartir au pays des Connolly. Si seulement il jouissait d’une telle liberté ! Mais il était venu en Californie pour ouvrir une antenne américaine de son entreprise, et tant que Cosain ne roulait pas comme sur des roulettes il était coincé ici. Pour l’heure, il était épuisé, à cran, et certainement pas d’humeur à gérer les caprices d’une femme. Surtout une entêtée comme Laura. Il avait passé les six dernières semaines à parcourir l’Europe en tant que garde du corps d’une star de la pop âgée de seize ans dont la voix était à peine moins horripilante que le comportement. Entre la îlle et la mère, Ronan en avait bavé. Enîn, il avait retrouvé sa vie et son indépendance. Sauf qu’au lieu de replonger dans un univers paisible et ordonné… Mâchoires serrées, il tenta de retrouver son calme en comptant jusqu’à dix. Puis encore une fois jusqu’à dix. — Quoi que tu en dises, ta voiture est là et toi aussi. — J’aurais pu être sortie. Tu y as pensé ? J’ai des amis, tu sais. Le tempérament fougueux des Connolly reprenait rapidement le dessus, mais Ronan s’efforça de rester maïtre de lui. — Mais tu n’es pas sortie. Tu es là. Non seulement
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tu me mets hors de moi, mais tu me fais passer pour l’idiot du village qui hurle devant une porte fermée. — Tu n’as pas besoin de hurler. Je t’entends. Laura Page habitait une jolie maison dans un ravissant quartier de Huntington Beach. Lors de sa première visite, il avait trouvé l’endroit charmant. Aujourd’hui, il contemplait la bâtisse avec la même aménité que si elle était responsable de la situation. Une brise fraïche venant de l’océan s’engouffra dans la rue et ît frémir l’orme quasiment dénudé qui jouait les sentinelles devant la maison. Des nuages gris menaçants annonçaient l’arrivée d’un orage, et il espérait ne plus être devant cette porte quand il éclaterait. — Tes voisins m’entendent. Ouvre-moi la porte, aîn que nous puissions avoir une conversation en privé et entre adultes raisonnables. — Je n’ai rien à te dire. Il lâcha un rire sec. Ce serait bien la première fois ! Il n’avait jamais rencontré personne plus bavarde et prête à donner son avis sur tout. Au début, ce trait de caractère lui avait plu. En effet, par le passé, il avait été trop souvent entouré de femmes souriantes mais sans personna-lité, qui acquiesçaient à tout ce qu’il disait et riaient à la moindre de ses plaisanteries — même les plus mauvaises — dans le seul but de lui faire plaisir. Mais pas Laura. Non, dès le départ, elle s’était montrée opiniâtre, prête à lui tenir tête, et loin d’être impressionnée par sa fortune. Il avait adoré leurs interminables joutes
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verbales. Sa vivacité d’esprit et son franc-parler lui avaient plu instantanément. Et, après leur première nuit ensemble, il avait été littéralement subjugué par ses autres atouts, plus spéciîquement féminins. Il baissa les yeux vers le bouquet de roses qu’il tenait serré dans sa main. Et dire qu’il s’était imaginé pouvoir l’amadouer avec des eurs et quelques mots doux… — Tu sais pourquoi je suis là, insista-t-il, moins fort cette fois, alors înissons-en. Silence de l’autre côté de la porte. Allait-elle enîn revenir à la raison ? — Tu ne peux pas le reprendre. Non, aucune chance de lui faire entendre raison. — Comment ça ? hurla-t-il, de nouveau hors de lui. — Tu m’as bien entendue. Ronan fusilla la porte du regard, comme si ses yeux pouvaient la percer et atteindre la femme qui se trouvait de l’autre côté. — Je suis venu récupérer ce qui m’appartient et je ne repartirai pas sans. — Tu es parti depuis deux mois. Plus rien ici ne t’appartient. Excédé, il jeta le bouquet à terre puis posa les mains sur la porte. — Laura, s’il te plaït. Je viens de passer dix heures dans un avion avec une adolescente vaniteuse qui se prend pour Madonna, et sa mère qui se prend pour la reine d’Angleterre, alors je suis littéralement à bout. Tout ce que je veux, c’est récupérer mon chien et rentrer chez moi. Je ne partirai pas sans lui.
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La porte s’ouvrit brusquement et il se retrouva nez à nez avec Laura. Un mètre soixante-quinze de courbes impeccables, une chevelure blonde soyeuse et des yeux aussi bleus qu’un ciel d’été. Même vêtue d’un jean élimé et d’une chemine blanche boutonnée jusqu’au col, elle était belle à couper le soufe. Cette constatation le contraria. Il n’était pas venu pour se souvenir à quel point elle était ravissante. Il était là pour récupérer son chien. Elle avait une main sur la poignée et l’autre tendue dans l’embrasure, comme si cela aurait sufî à l’arrêter s’il avait voulu entrer. Baissant les yeux, il vit son chien appuyé contre elle. L’animal ne lui prêta aucunement attention. — Quelques semaines seulement, et tu m’as déjà oublié, Beast ? Et moi qui croyais que le chien était l’animal le plus îdèle du monde, et le meilleur ami de l’homme. Beast couina, s’appuyant davantage contre Laura qui manqua de perdre l’équilibre. — Si tu avais été son meilleur ami, tu ne l’aurais pas abandonné. — Ce n’est pas comme si je l’avais laissé au beau milieu de la jungle, sans rien à manger. Mon cousin Sean… — Ton cousin Sean est venu me l’apporter quand il est parti en Irlande. — Soit, mais il ne t’appartient pas. — Il est chez moi, donc il est à moi.
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— Il est chez toi car Sean t’a demandé de t’oc-cuper de lui jusqu’à mon retour. Rien que pour ça, Ronan aurait pu administrer une belle correction à son cousin. Ayant subitement dû rentrer en Irlande pour affaires, Sean avait demandé à Laura de s’occuper du chien pour lui éviter un séjour prolongé dans un chenil. Quand Ronan avait appris la nouvelle, il était trop tard pour faire machine arrière. Indéniablement, c’était la meilleure solution pour le chien. Mais pour lui ? Il n’avait pas revu Laura depuis qu’il avait rompu leur liaison deux mois auparavant. Cependant, il ne pouvait pas se vanter d’avoir réussi à la faire sortir de son esprit. A la dernière minute, il avait décidé de remplir lui-même la mission de six semaines en tant que garde du corps de la jeune chanteuse, dans le seul but de prendre ses distances par rapport à la jeune femme séduisante qui se trouvait devant lui en ce moment. Malheureusement, la distance n’y avait rien fait. Il n’avait cessé de penser à elle. Elle avait occupé ses pensées le jour et ses rêves la nuit. Et chaque matin il s’était réveillé avec une irrésistible envie de la faire sienne. Même en cet instant, et malgré leur conversation houleuse, sa beauté et son parfum réveillaient son désir en lui rappelant les moments enivrants où il l’avait goûtée, caressée, touchée, pénétrée… Elle le sortit abruptement de ses réminiscences charnelles.
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— Ronan, nous savons tous les deux qu’il est mieux avec moi. Tu n’es pas un bon parent. — Je ne suis pas son père. Je suis son maïtre. — Tu ne tarderas pas à retourner en Irlande, dit-elle, ignorant sa remarque. — Et je le prendrai avec moi. A la vérité, il n’avait pas encore décidé ce qu’il ferait lorsqu’il quitterait les Etats-Unis. Mais pour le moment la décision était évidente. Même la période de quarantaine et la paperasserie imposée pour ramener Beast en Irlande seraient une partie de plaisir, après ces échanges acerbes avec Laura. Mâchoires serrées, il scruta longuement ses yeux bleus si calmes, se demandant si elle était aussi peu touchée par sa présence qu’elle en avait l’air. L’avait-elle déjà oublié ? S’était-elle déjà remise de lui ? Avait-elle déjà réussi à le chasser de sa vie ? Mettant de côté ces pensées peu réconfortantes, il s’efforça de revenir au moment présent. — Ce chien m’appartient et j’ai toujours eu dans l’idée de le ramener en Irlande quand je rentrerais. Elle ît un pas vers lui, et le chien vacilla légèrement. — Au contraire. Tout a changé. Tu as un chien en Irlande, non ? — Oui. Une chienne. Deirdre. — Et tu ne l’as pas vue depuis quand ? — Ça ne te regarde pas. — Si, justement, ça me regarde. Une visite tous les six mois, c’est insufîsant. Un chien a besoin d’amour, de se sentir entouré. Il a besoin de quelqu’un sur qui
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compter. De quelqu’un qui est là pour lui, dit-elle, bras croisés, le regard glacial. En cet instant, il se souvint de la raison principale pour laquelle il avait mis în à leur liaison. Il ne cherchait pas la même chose qu’elle. Laura cherchait l’homme de sa vie. Elle méritait d’être aimée mais il n’était pas le bon candidat. Il avait donc préféré mettre les voiles avant que les choses ne se compli-quent davantage. — Tu parles du chien ou de toi, là ? Elle resta bouche bée. — Tu as vraiment un ego démesuré. Tu penses que je me morfonds depuis que tu es parti ? Tu crois que tu me manques, que je suis perdue sans toi ? Oui. Et plus elle s’énervait contre lui, plus il sentait qu’elle n’était pas aussi indifférente à sa présence qu’elle voulait le prétendre. — Non, je ne parle pas de moi, reprit-elle, ni de nous. On parle du chien et tu ne l’auras pas. Tu ne le mérites pas. Avant qu’il n’ait eu le temps de contre-attaquer, elle lui claqua la porte au nez et la verrouilla. Stupéfait, il resta pantois à îxer la porte. Personne ne claquait la porte au nez de Ronan Connolly. Furieux, il piétina le bouquet à terre. En l’entendant parler au chien d’une voix rassurante, il eut envie de marteler la porte, mais il se ravisa. Mieux valait changer de tactique et se montrer plus malin. Il lui ferait croire qu’elle avait gagné pour mieux la prendre par surprise et la faire céder.
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Oui, il reviendrait à l’attaque, comme tout bon Connolly qui se respectait. Satisfait de sa décision, il tourna les talons, écra-sant sur son passage les roses jonchant le perron.
La voiture de sport de Ronan démarra en trombe et ne tarda pas à quitter le voisinage. — C’est bon, il est parti, dit Laura en caressant Beast. Elle tremblait. Non pas à cause de leur échange plus qu’inamical. C’était inévitable. Mais se retrouver en sa présence avait été beaucoup plus difîcile qu’elle ne le pensait. Ses yeux pleins de colère l’avaient aussi profon-dément chamboulée que lorsqu’elle les avait vus emplis d’une passion ardente. Grand, la carrure imposante, les cheveux châtains laissant entrevoir quelques mèches rousses au soleil, il était aussi élégant et irrésistible en tenue d’homme d’affaires qu’en tenue décontractée. Visiblement, au bout de deux mois d’interruption, il avait toujours autant d’emprise sur elle, ce qui était loin d’être bon signe. Le jour où elle l’avait vu entrer dans leur agence immobilière, Laura avait immédiatement senti qu’elle devait se méîer. Ce n’était pas la première fois qu’elle et sa sœur avaient affaire à quelqu’un de fortuné, mais c’était la première fois qu’un client lui faisait cet effet. Encore aujourd’hui, son corps réclamait Ronan, alors que son esprit luttait pour faire un trait sur lui.
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Il était sorti de sa vie deux mois plus tôt, et c’était mieux ainsi. Après tout, elle avait toujours su que leur liaison passionnée ne durerait pas. Il était riche, pas elle. Il était Ferrari, elle était Volkswagen. Il vivait en Irlande, elle vivait en Californie. Son regard se posa sur l’énorme chien. avec son poil long et bouclé, personne ne pouvait mettre un nom sur sa race, mais Laura pensait secrètement qu’il avait du sang de poney. Il posa sur elle un regard compatissant. Elle lui sourit, amusée de cette complicité. — Eh oui, je savais que je devais me méîer, mais que veux-tu ? Je n’ai pas pu résister à un homme attirant, intelligent, parlant avec un adorable accent irlandais. Il y a de quoi fondre, non ? Cinquante kilos de poils et d’amour inconditionnel se blottirent contre elle. Là, elle éclata de rire. A sa façon, Beast était aussi charmant que son maïtre — raison de plus pour ne pas le lui rendre. Enîn, elle se leva et alla rejoindre sa sœur dans la cuisine. — Quelle dignité ! s’exclama Georgia. Laura se versa une tasse de café, puis s’assit en face de sa sœur. — Je ne visais pas la dignité. — Heureusement. Elle savait déjà ce que sa sœur pensait de la situation, elle l’avait mise en garde à maintes reprises : ne jamais mélanger travail et affaires de cœur. Mieux valait éviter de relancer le débat. Laura s’efforça de ne pas croiser le regard de sa
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