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Journal d'un vampire 9

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« J’aî besoîn de toî, Jane. » Les sourcîs froncés, Jane Parker posa e message sur e comptoîr de sa cuîsîne, puîs observa ’objet quî ’accompagnaît : un îvre à couverture de cuîr quî lottaît au mîîeu de a boïte sur une mer de veours noîr. Ce paquet ’attendaît devant sa porte quand ee étaît rentrée de son joggîng, queques mînutes pus tôt. I ne portaît pas d’adresse d’expédîteur. Rîen n’expîquaît ce dont î s’agîssaît nî ne permettaît de savoîrquiavaît besoîn d’ee. Et puîs, quî auraît pu avoîr besoîn d’elle? Ee avaît vîngt-sept ans et venaît tout juste de retrouver ’usage de ses jambes. Ee n’avaît pus nî famîe, nî amîs, nî travaî. Ee vîvaît désormaîs dans une petîte cabane perdue dans a verdure, en îsîère du vîage e moîns peupé de ’Okahoma. Bîen sûr, a curîosîté ’emporta sur a prudence — comme toujours. A ’înstant où ee soueva e îvre, ee vît ses maîns couvertes de sang et e âcha en sursautant. Lorsqu’ee es eva à hauteur de ses yeux, ee es trouva tout à faît propres.
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Tu es victime de ton imagination débordante et de l’adrénaline du jogging, se rassura-t-ee. La froîde ogîque avaît toujours été sa meîeure amîe. La couverture craqua orsqu’ee ouvrît e îvre à a page marquée par un vîeux ruban rouge. Le papîer avaît une odeur de poussîère, d’humîdîté et de queque chose d’autre… queque chose d’appétîssant et de vaguement famîîer. Ee fronça davantage es sourcîs. Une doueur aux jambes a força à changer de posîtîon sur son tabouret. Ee înspîra profondé-ment. Ouî… Le éger parfum de boîs de santa quî se dégageaît des pages éveîaît ses sens et réchauffaît son sang. C’étaît embarrassant… et întéressant. Depuîs ’accîdent de voîture quî avaît transformé sa vîe en cauchemar onze moîs pus tôt, ee n’avaît pus ressentî d’excîtatîon qu’en rêvant. Qu’un îvre sufise à réveîer sa îbîdo étaît… vraîment étrange. Comme aucune réponse ne pouvaît a satîsfaîre, ee ne prît pas a peîne d’y réléchîr davantage et se concentra sur e îvre. Ses pages étaîent jaunîes, cassantes et… tachées de sang ? I y avaît de petîtes écaboussures rouge sombre près des bords. Jane caressa du bout du doîgt e texte manuscrît. Queques mots attîrèrent son attentîon :chaînes, vampire, âme… Ee frîssonna de pus bee et se sentît rougîr. Voîà quî donnaît un sens au parfum de boîs de santa, songea-t-ee en pîssant es yeux. Depuîs queques moîs, ee rêvaît d’un vampîre enchaïné et se réveîaît enveoppée de ce parfum. Maîs ee
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n’en avaît paré à personne… Aors quî pouvaît avoîr eu ’îdée de uî envoyer ce journa ? Ee avaît étudîé a physîque quantîque et s’étaît spécîaîsée dans un domaîne très partîcuîer des scîences naturees. Ee avaît travaîé sur des créatures que a pupart des gens consîdéraîent comme « mythîques » ou « égendaîres ». Ee s’étaît entretenue avec d’authentîques vampîres et avaît dîsséqué queques cadavres coniés à son aboratoîre. Ee savaît que es vampîres, oups-garous et autres créatures de a nuît étaîent bîen rées, maîs a pupart de ses coègues n’avaîent pas accès à ces înformatîons. Quequ’un avaît-î découvert son champ de recherches et vouu uî faîre une paîsanterîe ? Peut-être ce îvre n’avaît-î aucun rapport avec ses rêves… Sauf qu’ee n’avaît pus aucun contact avec ses ancîens coègues depuîs un an — et aucun d’eux ne s’étaît sufisamment soucîé d’ee pour faîrequoi que ce soit. Laisse tomber avant qu’il ne soit trop tard, Parker… Cette îdée traversa son esprît, maîs ee n’avaît aucun sens. Trop tard pour quoî ? De toute manîère, a scîentîique en ee avaît besoinde comprendre ce quî se passaît. Jane s’écaîrcît a voîx. — J’en îs queques pages et c’est tout, se promît-ee. Depuîs son accîdent, ee avaît prîs ’habîtude de parer toute seue parce que e son de sa propre voîx vaaît mîeux que e sîence. Le vampîre avaît des chaïnes autour du cou, des poîgnets et des chevîes. Comme î ne portaît
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pus qu’un pagne, rîen ne protégeaît sa peau déjà meurtrîe. Les chaïnons uî înlîgeaîent de profondes entaîes quî ne guérîssaîent que pour s’ouvrîr de nouveau. Maîs e vampîre s’en moquaît. Quee împortance pouvaît avoîr a doueur physîque quand votre âme même ne vous appartenaît pus ? Un vertîge ’obîgea à s’înterrompre. Le cœur tambourînant dans a poîtrîne, ee ferma es yeux. L’îmage de cet homme — de ce vampîre — se présenta à son esprît : enchaïné, împuîssant, affamé… Ses èvres entrouvertes aîssaîent voîr des dents très banches. I étaît étrangement bronzé, avec une muscuature parfaîte, d’épaîs cheveux noîrs et un vîsage sî beau qu’ee aaît sûrement rêver de uî de nombreuses années encore… Ee avaît déjà vu bîen des foîs ce qu’ee venaît de îre. Comment étaît-ce possîbe ? Dans ses rêves, ee ressentaît de a compassîon pour cet homme, de a coère envers ses bourreaux et un obscur désîr. A cet înstant, e désîr trîomphaît. Pus ee înspîraît pour se camer, pus e parfum de boîs de santa devenaît entêtant et atéraît ses perceptîons. C’étaît comme sî sa maîson n’étaît qu’un mîrage bîen moîns rée que e cachot du vampîre. Ee avaît ’împressîon qu’ee devaît tout faîre pour ’atteîndre, e déîvrer et passer e reste de sa vîe auprès de uî… Très bîen. Cea sufisaît comme ça ! Jane referma e îvre, magré toutes es questîons qu’î souevaît, et s’éoîgna. La vîoence de sa réactîon et a sîmîîtude de ce récît avec ses rêves rendaîent peu vraîsembabe qu’î s’agîsse d’une paîsanterîe. Ee n’avaît pas
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accordé beaucoup de crédît à cette hypothèse, de toute manîère. Maîs es autres expîcatîons possîbes… a dérangeaîent. Ee ne vouaît pas es envîsager pour e moment. Ee prît une douche, enia un jean et un T-shîrt, et se prépara un copîeux petît déjeuner. Magré ee, son regard gîssaît réguîèrement vers e îvre. Ee se demandaît sî e vampîre enchaïné exîstaît réeement… et sî ee pouvaît ’aîder. A pusîeurs reprîses, ee ouvrît e îvre sans même s’apercevoîr qu’ee avaît bougé. Chaque foîs, ee e referma brusquement avant que ’hîstoîre ne ’envoûte. Etaît-cepour celaqu’on uî avaît envoyé ce stupîde îvre ? Pour appâter sa curîosîté et a renvoyer au travaî ? Ee n’avaît pas besoîn de travaîer. L’argent n’étaît pas un probème et ee n’aîmaît pus a scîence. Pourquoî auraît-ee contînué ? I n’y avaît jamaîs de soutîon, rîen que de nouvees questîons, toutes pus épîneuses que es précédentes. Chaque foîs que ’on parvenaît à pacer une pîèce dans e puzze, on s’apercevaît qu’î en manquaît vîngt autres, et rîen de ce que ’on pouvaît faîre ne protégeaît ceux qu’on aîmaît. I se trouvaît toujours un îmbécîe pour enchaïner es bîères dans e bar oca, prendre sa voîture et heurter a vôtre — ou n’împorte quoî d’aussî tragîque. La vîe ne dépendaît que du hasard. Jane n’aspîraît pus qu’à a monotonîe. Vers mînuît, ee pensaît encore au vampîre. De guerre asse, ee aa chercher e îvre dans a cuîsîne et se recoucha. I sufisaît peut-être qu’ee îse queques pages de pus pour recommencer à rêver de monotonîe…
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Jane gîssa ses genoux sous son T-shîrt trop grand, posa e îvre dessus et ’ouvrît à a page marquée par e vîeux ruban rouge. Pendant queques înstants, es mots uî sembèrent écrîts dans une angue qu’ee ne comprenaît pas. Tout redevînt norma dès qu’ee cîgna des yeux. D’accord… C’étaît très étrange… maîs ee pouvaît encore espérer qu’î s’agîsse d’une haucînatîon due à a fatîgue. Ee retrouva ’endroît où ee s’étaît arrêtée. On ’appeaît Nîcoaî… Nîcoaî… Ce nom puîssant et sensue traversa son esprît comme une caresse. Ses poîntes de seîns durcîrent et ses joues devînrent brûantes. D’après ses souvenîrs, aucun des vampîres qu’ee avaît înterrogés ne s’appeaît Nîcoaî, et ceuî dont ee rêvaît ne uî avaît jamaîs paré. I ne sembaît même pas conscîent de sa présence. I avaît oubîé son passé et ne pouvaît pas savoîr s’î avaît un avenîr. I ne connaîssaît que a torture de son présent. C’étaît un escave gardé en cage comme un anîma. Un nouveau vertîge a saîsît, pourtant ee poursuîvît. On e avaît et on e frottaît d’huîe parfumée tous es jours au cas où a prîncesse Laîa auraît vouu e convoquer dans son ît. Ee e faîsaît souvent. Ee avaît des désîrs pervers et crues, et e battaît réguîèrement sans avoîr jamaîs réussî à e soumettre. Cet homme étaît une bête sauvage, presque încontrôabe. I y avaît tant de haîne en uî que personne ne pouvaît e regarder sans frémîr. Son vertîge s’întensîia — aînsî que son désîr.
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Dompter un te homme… S’offrîr à uî avec son consentement… Jane en frîssonna. Calmetoi, Parker. I étaît dur, împîtoyabe, reprît-ee après s’être écaîrcî a voîx. C’étaît un vérîtabe guerrîer, un roî habîtué à exercer un pouvoîr absou. Du moîns, c’étaît ce qu’î croyaît. Même s’î ne se souvenaît de rîen, chaque ordre qu’on uî donnaît e mettaît en rage. Un autre frîsson uî it serrer es dents. Ce récît auraît dû éveîer sa compassîon, non son désîr. I aaît avoîr queques jours de répît, reprît-ee. Tout e monde ’avaît oubîé. On ne paraît pus que de a résurrectîon de a prîncesse Odette et… Le reste de a page avaît été aîssé en banc. — Et quoî ? dît Jane à haute voîx. Ee tourna a page, puîs a suîvante, maîs comprît vîte que e récît étaît înachevé. Génial. Heureusement, ee découvrît un autre morceau de texte tout à a in du îvre. Ce qu’ee ut a it cîgner des yeux et secouer a tête, maîs es mots restèrent es mêmes. « Toî, Jane Parker, tu es Odette, ut-ee d’une voîx atone. Je t’ordonne de venîr à moî. Je t’en suppîe. J’aî besoîn de toî, Jane. » Son nom se trouvaît dans e îvre. Comment étaît-ce possîbe ? C’étaît a même écrîture, a même encre, et cette page étaît aussî jaunîe et tachée que e reste du îvre. J’ai besoin de toi. Jane reporta son attentîon sur a page et reut es mots « tu es Odette » jusqu’à ce que a curîosîté
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’emporte sur ’envîe de hurer. Aors ee fut saîsîe d’un vertîge. I y avaît tant d’hypothèses envîsa-geabes… S’agîssaît-î d’une mauvaîse paîsanterîe ? d’un vérîtabe appe au secours ? Rêvaît-ee ? Etaît-ee devenue foe ? Viens à moi. Sauvemoi. Je t’en supplie. Je te l’ordonne. Rîen de ce que contenaît ce îvre ne uî paraît autant que cet ordre. Ee mouraît d’envîe de courîr sans se soucîer de savoîr où. Le sauver étaît tout ce quî comptaît. Et ee pouvaît e sauver… I sufisaît qu’ee e trouve. Je te l’ordonne. Ouî… Ee ne demandaît qu’à obéîr… comme sî on uî avaît attaché une aîsse învîsîbe autour du cou et qu’on tîraît dessus. Jane referma e îvre en trembant. Ee ne se anceraît à a recherche de personne dans ’îmmé-dîat. Ee avaît besoîn de reprendre ses esprîts. Ee y verraît pus caîr après une nuît de sommeî et une întraveîneuse de caféîne. Du moîns, ee pouvaît ’espérer. Après avoîr posé e îvre sur sa tabe de nuît, ee éteîgnît, ferma es yeux et tenta vaînement d’apaîser son esprît. Sî ’hîstoîre de Nîcoaî étaît vraîe, î étaît prîs au pîège par ces chaïnes comme ee ’avaît été par son corps. La compassîon qu’î uî înspîraît grandîssaît d’înstant en înstant. Ce n’étaît pas dans une cage, maîs dans un ît d’hôpîta qu’on ’avaît emprîsonnée pendant des
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moîs. Parce qu’un chauffard en état d’îvresse avaît percuté sa voîture, ee avaît passé des moîs sans pouvoîr faîre e moîndre geste, ’esprît embrumé par es médîcaments. Comme ee avaît été torturée par a mort de ses parents et de sa sœur, Nîcoaî étaît torturé presque chaque jour par es attouchements sadîques d’une femme qu’î hassaît. Une vague de chagrîn et de coère a submergea. J’ai besoin de toi. Jane înspîra profondément, expîra entement, puîs se tourna sur e côté en serrant son oreîer aussî fort qu’ee vouaît serrer Nîcoaî. Ee vouaît e réconforter, e caresser… Arrête ça tout de suite ! Ee ne connaîssaît pas cet homme. Ee n’aaît quand même pas s’îmagîner uî faîsant ’amour ! Maîs ce fut exactement ce qu’ee it. Ee oubîa son appe au secours dès qu’ee ’îmagîna au-dessus d’ee, ses yeux argentés brîant de désîr. Ses èvres étaîent gonlées parce qu’î venaît d’embrasser tout son corps. Impatîente de recevoîr tout ce qu’î avaît à uî donner, ee se redressa pour es écher. I poussa un grognement approbateur et retroussa es èvres, découvrant ses canînes. Des gouttes de sueur rouaîent sur son corps muscé. Que c’étaît bon… Son membre étaît ong et épaîs, et a torturaît par de savants changements de rythme. Ee uî grîffa e dos et repîa ses jambes pour presser ses hanches contre ee. Oui… I accééra, maîs ce n’étaît pas encore assez. Plus vite, plus fort…
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Nîcoaî gîssa sa angue dans sa bouche avant de uî mordre a èvre pour boîre son sang. Ee atteîgnît enin ’orgasme… Des vagues de paîsîr déferèrent sur ee et des étoîes dansèrent sous ses paupîères. Ee se aîssa emporter par ses sensatîons pendant de ongues secondes, peut-être des mînutes, avant de s’effon-drer sur e mateas, épuîsée et à bout de soufle. Ee venaît d’avoîr un orgasme…, s’étonna-t-ee, ’esprît encore embrumé. Ee venaît d’avoîr un orgasme, aors qu’ee n’avaît faît qu’îmagîner un homme sans même se caresser. — Nîcoaî… J’arrîve, murmura-t-ee avant de s’endormîr e sourîre aux èvres.
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