Dans les pas du loup - Le secret des ténèbres

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Série La légende des loups, tome 5
Danse avec moi, s’il te plaît… Surprise, Elise tressaille et se retourne brusquement. Mais alors qu’elle s’apprête à éconduire vertement celui qui vient de murmurer ainsi à son oreille, quelle n’est pas sa surprise de découvrir en face d’elle Wyatt Pallaton. Wyatt, le loup farouche et solitaire qui, depuis qu’elle a rejoint la meute, la protège de loin comme une ombre rassurante. Wyatt qui, seul parmi les mâles du clan, semble avoir percé le secret de son mal-être, et dont la force sauvage, loin de l’effrayer, la trouble au plus haut point…

+ 1 nouvelle gratuite : Le secret des ténèbres de Bonnie Vanak

Publié le : lundi 1 septembre 2014
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EAN13 : 9782280323055
Nombre de pages : 320
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Eîse Drake détestaît es marîages — même ceux quî sembaîent tîrés d’un conte de fées. Ee n’avaît rîen contre ’înstîtutîon du marîage : c’étaît ’événement en uî-même qu’ee ne supportaît pas. Ee devaît faîre des efforts démesurés pour sourîre à tous ces gens quî rayonnaîent de bonheur, et pour cacher a panîque qu’ee ressentaît au mîîeu de ce joyeux bourdonnement amîca. Ee avaît ’împressîon d’être une coupe en crîsta sur e poînt d’écater sous de trop grandes vîbratîons. Ee auraît vouu hurer et s’enfuîr à toutes jambes… maîs ee sourîaît, rîaît et agîtaît a maîn. Les pans d’évasîon se succédaîent dans son esprît : se fouer une chevîe, feîndre une mîgraîne… Ee n’auraît pas hésîté à s’enfoncer un crayon dans un œî sî cea uî avaît permîs de s’échapper. Maheureusement, ee ne pouvaît pas fuîr tous ces gens quî « se soucîaîent » d’ee. Is consacraîent eur vîe à protéger es sîens. Magré des années de querees sangantes, es Runners avaîent sauvé es ycans Sîvercrest de ’extînctîon. C’étaîent ces chasseurs à moîtîé humaîns quî avaîent mîs un terme à a sérîe d’événements tragîques que son
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propre père, Stefan Drake, avaît décenchée à ’automne précédent. En pus d’avoîr faît écater a structure poî-tîque de a meute, ces événements avaîent rendu es Sîvercrest vunérabes à de nouveaux ennemîs exté-rîeurs. Grâce aux Runners et à son frère, es Sîvercrest entraîent dans une nouvee ère. La modernîsatîon de eur structure socîae inîraît peut-être par venîr à bout des vîeux rélexes racîstes des ycans de sang pur à ’égard des Runners. I y avaît de ’espoîr… maîs î faudraît un ong moment à a meute pour retrouver sa puîssance d’antan. L’hîver avaît été rude — domîné par e chagrîn et a coère — maîs ’espoîr étaît né à ’arrîvée du prîntemps. Même s’î y avaît encore des tensîons, es Runners avaîent obtenu e droît de venîr à Shadow Peak, a résîdence de a meute. Ce soîr, tous avaîent accepté d’oubîer eurs querees pour céébrer e marîage de son frère. Maîs a îesse n’empêchaît pas es Runners de a garder à ’œî — raîson pour aquee ee se donnaît tant de ma pour avoîr ’aîr normae. Les aphas des Sîvercrest, de eur côté, se tenaîent prêts à voer à son secours. Maîs Eîse ne vouaît pas qu’on a protège. Ee vouaît qu’on a aîsse tranquîe. Arrête de te mentir ! Tu ne veux pas vraiment te retrouver seule. Tu ne manques pas une occasion de le regarder du coin de l’œil, comme une adolescente enamourée… Eîse s’en vouut aussîtôt de penser encore à uî. Wyatt Paaton étaît trop séduîsant pour ne pas être dangereux. Ee en avaît faît un sujet tabou — même dans ’întîmîté de son esprît — dès que ses yeux s’étaîent posés sur uî, à ’automne précédent. Sa compagnîe uî étaît întoérabe et e seu faît de penser à uî ’ébranaît nerveusement. Ee e regrettaît profondément, maîs ’îrrésîstîbe
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Runner ne pouvaît que uî compîquer a vîe. Par consé-quent, ee avaît prîs a décîsîon raîsonnabe de ’évîter. Ç’auraît sûrement été moîns dur sî ee ne ’avaît pas croîsé à tout bout de champ. Maîntenant que son frère Erîc étaît devenu un Runner, ee rencontraît Wyatt à tous es dïners, réunîons ou annîversaîres auxques ee assîstaît. Chaque foîs, sa fascînatîon grandîssaît. Maîs ce n’étaît pas e pîre : ee commençaît à regretter ’împossîbe, à rêver à ce quî auraît pu se passer entre eux sî ee ’avaît rencontré pus tôt… Aors qu’îs avaîent toujours vécu à queques kîomètres ’un de ’autre, ee ne connaîssaît e Runner que depuîs queques moîs. Leur rencontre trîstement tardîve étaît une preuve parmî tant d’autres du gouffre quî avaît séparé es Sîvercrest des Boodrunners pendant de ongues années. A part Erîc, quî étaît un pur ycan, es Boodrunners étaîent des sang-mêé, à demî oups-garous, à demî humaîns. A cause de eur ascendance humaîne, îs étaîent soumîs à a oî des Boodrunners et ne pouvaîent întégrer a meute qu’après avoîr tué un nombre déter-mîné de ycans rebees. Bîen sûr, a sîtuatîon avaît évoué quand son père avaît anéantî e Conseî des ancîens. La meute s’étaît dotée d’une structure pus démocratîque et Erîc mîîtaît pour ’aboîtîon de a oî des Boodrunners. Maîs es Runners eux-mêmes résîstaîent… Is n’avaîent pas pus envîe de se mêer aux Sîvercrest que ceux-cî ne vouaîent d’eux dans eur vîe. Les reatîons entre es deux groupes s’amé-îoraîent, maîs ees restaîent tendues. Parmî es progrès accompîs, es Runners avaîent reçu a charge de protéger es frontîères du terrîtoîre de a meute. Les contacts que cea généraît aîderaîent sûrement es deux groupes à mîeux cohabîter.
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Bîen sûr, a conséquence fâcheuse quî en découaît étaît qu’ee voyaît Wyatt Paaton à tous es coîns de rue. Eîse chassa cette îdée dérangeante de son esprît, but une gorgée de vîn et reporta son attentîon sur a fête. Ee avaît réussî à échapper à a ongue sérîe de marîages qu’on avaît céébrés à Boodrunner Aey ces dernîers moîs, maîs comment auraît-ee pu bouder ceuî de son frère ? Les Runners consîdéraîent Erîc comme ’un des eurs depuîs qu’î vîvaît parmî eux avec Chesea, sa compagne humaîne. Par respect pour eurs tradîtîons, a cérémonîe nuptîae ne pouvaît avoîr îeu que sur a pace de eur vîage, sîtué dans une caîrîère, à queques kîomètres au sud de Shadow Peak. I faaît reconnaïtre aux Runners qu’îs n’avaîent pas ménagé eurs efforts pour transformer ce décor rustîque en un îeu dîgne d’accueîîr un marîage de a haute socîété. I y avaît des leurs partout, de grandes tabes couvertes de nappes en în, un bar bîen appro-vîsîonné, des pats déîcîeux, de a bonne musîque et même une pîste de danse… C’étaît un marîage de conte de fées, te qu’ee îmagînaît e sîen avant que son unîvers ne s’effondre. Son corps avaît guérî grâce au pouvoîr curatîf mîracueux de Jîîan Burns, maîs son âme saîgnaît encore. C’étaît îronîque… En tant que ouve noîre, ie de deux puîssants ycans de sang pur, ee auraît dû être ’une des femees domînantes de sa meute. Au îeu de cea, ee avaît peur de son ombre et fuyaît tout contact avec ses sembabes. Ee avaît beau cacher sa faîbesse derrîère une attîtude hautaîne et sarcastîque, ee ne trompaît personne. Les Runners ’avaîent vîte percée à jour et a traîtaîent maîntenant avec… douceur, comme s’îs avaîent peur de a besser. Même Cîan Hennessey, e bouîonnant Irandaîs, faîsaît d’énormes efforts de courtoîsîe en sa présence.
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Par moments, cette sîtuatîon uî donnaît envîe de hurer. Le reste du temps, ee avaît juste envîe de monter dans sa voîture pour aîsser tout cea derrîère ee. Pour l’amour de Dieu !grommea a voîx asse et perpétueement crîtîque de sa conscîence.Tu n’en as pas assez de t’apitoyer sur ton sort ? Tu n’as pas remarqué que cela ne te menait nulle part ? Une brîse humîde chargée du parfum des conîfères s’étaît evée. La part généreuse d’Eîse redouta que a puîe ne vîenne gâcher e marîage de son frère ; sa part égoste espéra être déîvrée de ce cavaîre par une averse. Frîssonnant dans sa robe à bretees, Eîse observa a foue des învîtés et rencontra e regard de Chesea, quî dansaît avec Erîc. Son frère étaît beau comme un dîeu en smokîng, et Chesea ressembaît à une prîncesse dans sa robe de marîée. Ee uî offrît un sourîre chaeureux et son bonheur contagîeux parvînt presque à ’apaîser. Eîse se força à uî rendre son sourîre. Ee adoraît sa bee-sœur et se réjouîssaît que son frère aît rencontré une femme sî merveîeuse. Ee souhaîtaît vraîment que eur marîage soît parfaît, maîs… ee auraît aîmé ne pas y assîster. Arrête de pleurnicher !pesta a petîte voîx. Eîse but une autre gorgée de vîn et aîssa son regard errer de tabe en tabe jusqu’à cee de Wyatt. Ee ne put s’empêcher de e contemper secrètement — comme ee ’avaît faît une bonne partîe de a soîrée. I buvaît une bîère et conversaît joyeusement avec sa partenaîre, Cara Reyes. La petîte bonde ressembaît à un ange, maîs î ne faaît pas s’y ier. Ee pouvaît être féroce et întrépîde quand a sîtuatîon ’exîgeaît… Eîse uî envîaît son courage et sa îberté. Wyatt dît queque chose quî it rîre tous ceux quî se trouvaîent à sa tabe. La joîe de vîvre et a fraternîté
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quî se îsaîent sur es vîsages des Runners uî faîsaîent ressentîr pus amèrement son îsoement. Personne d’autre qu’ee n’étaît seu à une tabe. Bîen des gens étaîent venus uî parer au i de a soîrée. Tous avaîent vîte comprîs qu’ee ne vouaît pas de eur compagnîe. Les rîres redoubèrent à a tabe de Wyatt et Cara, quî en peuraît presque, s’appuya sur ’épaue de son partenaîre. Comme chaque foîs qu’ee avaît vu Wyatt danser avec ’une des convîves, Eîse en éprouva un vîoent accès de jaousîe. Pour s’arracher à a contem-patîon de ce contact quî a faîsaît souffrîr, ee reeva es yeux vers e vîsage de Wyatt… et rencontra son regard. Mon Dieu… Prîse de panîque, Eîse détourna vîvement a tête et faîît soupîrer de souagement en voyant que Jîîan s’approchaît d’ee. La Spîrît Waker de a meute s’assît à côté d’ee et a secourut par une ongue conver-satîon. Eîse avaît toujours a sensatîon que Wyatt a regardaît, maîs orsqu’ee rîsqua un coup d’œî dans sa dîrectîon, î avaît dîsparu. Bien. C’est le moment de fuir, songea-t-ee quand e marî de Jîîan vînt entraïner cette dernîère vers a pîste de danse. Eîse vîda son verre et ramassa son sac en cherchant une excuse à fournîr à son frère. Ee se retournaît quand ee sentît quequ’un juste derrîère ee. La surprîse uî it âcher son sac. — Danse avec moî, E… Bon sang ! I uî avaît chuchoté ces mots à ’oreîe, en caressant sa nuque dégagée de son soufle chaud. Ee en éprouva un méange sî întense d’excîtatîon et de terreur que a tête uî tourna. Sans a toucher, î se tenaît sî près d’ee qu’ee sentaît a chaeur de son corps.
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Que faîre ? Aors qu’ee înspîraît profondément, î uî prît a maîn et recua d’un pas pour ’încîter à se retourner. Brusquement confrontée à a peau bronzée de a gorge de Wyatt, ee fut saîsîe d’une envîe soudaîne d’y promener ses èvres. Frîssonnant de pus bee, ee eva entement es yeux vers son menton voontaîre et sa bouche sensuee, jusqu’à ses yeux sombres bordés de ongs cîs. Ee chercha désespérément sa part sarcastîque et hautaîne, maîs Wyatt Paaton avaît e pouvoîr d’abattre toutes ses défenses d’un seu regard. Ee ne put que e ixer, pîégée, ensorceée, jusqu’à avoîr ’împressîon de contemper un cîe étoîé. Ses yeux avaîent autant d’écat que es beaux cîes des soîrs d’été… et î a regardaît comme sî ee étaît a chose a pus précîeuse du monde — comme s’î ne voyaît pus qu’ee. Etrangement, cea n’éveîa pas a panîque qu’ee ressentaît toujours près d’un homme. I uî semba au contraîre que queque chose de chaud et de vîvant tentaît de se frayer un chemîn vers a umîère à travers a couche de gace quî enserraît son âme. La brîse humîde n’étaît pour rîen dans e nouveau frîsson quî a parcourut. Ee étaît en feu… sîmpement parce que Wyatt avaît prononcé quatre mots de sa voîx de veours. A sa grande surprîse, ee ne tressaîît pas orsqu’î s’approcha d’ee. Sa proxîmîté ne a aîssa pas îndîffé-rente pour autant… Comment auraît-ee pu rester de marbre aors qu’î ’enveoppaît de son énergîe vîrîe comme s’î ’emprîsonnaît dans une bue magîque ? — Qu’as… Qu’as-tu dît ? babutîa-t-ee. Que faîre ? Courîr ? Hurer ? Se rîdîcuîser en se jetant à son cou aors que a perspectîve d’un baîser sufisaît à a terrorîser ?
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Ma pauvre Elise,îronîsa a voîx.Te voilà dans une situation désespérée… — Danse avec moî, répéta-t-î avec un sourîre sensue. Comment une phrase aussî sîmpe pouvaît-ee avoîr un effet aussî dévastateur ? Cent réponses sarcastîques déièrent dans son esprît. Au îeu d’en choîsîr une, ee se surprît à acquîescer. Sa stupeur fut tee qu’ee cessa de percevoîr es rîres et a musîque. Venaît-ee d’accepter de danser un sow avec Wyatt ? Avaît-ee perdu a raîson ? A a umîère des brasîers, son vîsage sourîant étaît d’une beauté dîvîne. — J’espéraîs bîen que tu accepteraîs, murmura-t-î, e regard étînceant. I m’a fau des heures pour trouver e courage de t’învîter… Tu m’auraîs brîsé e cœur en refusant. Eîse cîgna des yeux. Le sourîre espîège de Wyatt étaît sî ébouîssant qu’ee dut résîster à a tentatîon de e uî rendre. I a lattaît pour a mettre à ’aîse. Autrefoîs, ee uî auraît répondu par une paîsanterîe, pus ou moîns compaîsante ou cruee seon son humeur… Maîs son ancîenne încarnatîon étaît bîen morte. Ee ne mérîtaît sans doute pas qu’on a peure, songea-t-ee avec amertume. Ee étaît un peu trop narcîssîque et pas toujours amîcae… — Aez, vîens ! murmura-t-î en ’entraïnant vers a pîste de danse. Ses gestes étaîent tendres, peîns d’égard. Ee en éprouva une vîoente envîe de se rebîffer et une gratî-tude embarrassante. Oui : tu perds la tête. Comment auraît-î pu en être autrement ? Ee arrîvaît à peîne à respîrer. L’aîr humîde étaît devenu brûant et e parfum vîrî de Wyatt e rendaît encore pus suffocant. I sentaît e musc, e se et es grands
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espaces — une combînaîson déîcîeuse et entêtante quî uî donnaît envîe de se bottîr contre uî. Bîen sûr, son envîe de s’enfuîr étaît tout aussî grande… Déchîrée entre ces pusîons opposées, ee atteîgnît a pîste de danse sans avoîr trébuché. Ee perçut vaguement queques regards surprîs, maîs e parfum enîvrant de Wyatt et a chaeur de sa maîn sur son bras ’empê-chèrent de s’en soucîer. La panîque a saîsît dès qu’ee posa un pîed sur es panches. — Attends ! s’écrîa-t-ee en recuant. I se tourna vers ee, maîs ee n’osa pas soutenîr son regard et ixa sa chemîse d’un banc écatant. I avaît retîré sa veste et son nœud papîon depuîs pusîeurs heures, et même ouvert es deux premîers boutons de sa chemîse. Magré ee, Eîse aîssa ses yeux gîsser vers e trîange de peau bronzée quî s’offraît à sa contempatîon. — Je suîs désoée…, babutîa-t-ee. Je ne m’en sens pas capabe. — Ce n’est qu’une danse, Eîse… Ee dut se mordre a èvre pour ne pas crîer quand î ’attîra dans ses bras. Le peu de santé mentae quî uî restaît ’abandonna. En proîe aux émotîons es pus chaotîques, ee posa ses maîns sur son torse et se rîsqua à ever es yeux vers son vîsage. Le regard de Wyatt étaît d’une întensîté saîsîssante et d’une douceur îninîe. — J’aî a tête quî tourne, murmura-t-ee, e cœur tambourînant dans a poîtrîne. — Ce n’est pas grave : je te tîens. Avec un sourîre espîège, î a soueva pour a faîre tourner autour de uî. Surprîse et affoée, ee aîssa échapper un rîre nerveux.
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— Tu voîs ? ’encouragea-t-î. Ce n’est pas sî dîficîe de s’amuser… — Je… je n’aîme pas danser…, se défendît-ee avec e peu de ucîdîté quî uî restaît. C’étaît une formuatîon bîen pathétîque de ce qu’ee auraît dû dîre : ee ne aîssaît aucun homme ’appro-cher à ce poînt. — Je saîs. La douceur de sa voîx uî donna ’împressîon déran-geante qu’î répondaît à ses pensées, non à ses mots. Un soupçon germa dans son esprît. Que savaît-î sur ee, au juste ? Savaît-î ce qu’on uî avaît faît ? I ’attîra encore pus près, au poînt que ses seîns frôèrent son torse, et î se mît à oscîer au rythme de a musîque. Dès qu’ee sentît es battements réguîers de son cœur contre sa peau, une force prîmîtîve et terrîiante s’éveîa en ee. Avec toute ’assurance de ’înstînct, ee uî commandaît d’enrouer ses bras autour du cou de Wyatt, de se presser contre uî… Non : de uî arracher sa chemîse pour presser ses èvres contre son torse, puîs d’attîrer son vîsage vers e sîen pour réveîer sa vîrîîté conquérante par ses baîsers… Seigneur… Son désîr étaît sî vîoent qu’ee n’aaît pus tarder à hurer… La voîx douce et profonde de Wyatt a ramena à a réaîté. — C’est agréabe, non ? murmura-t-î. N’es-tu pas contente d’avoîr accepté mon învîtatîon ? Ee se surprît à pouffer. — Tu es bîen sûr de toî, Paaton… — Appee-moî Wyatt. Lorsqu’ee reeva a tête, ee eut ’împressîon que son regard sombre avaît e pouvoîr de mettre son âme à nu.
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