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Tome 3 : LE SACRIFICE

 

 

DE FEU ET DE GLACE

 

 

 

 

 

 

 

Angie L.DERYCKERE

 

 

 

 

Tome 3 : LE SACRIFICE

 

 

DE FEU ET DE GLACE

 

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« Le Code de la propriété intellectuelle et artistique n'autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article L.122-5, d'une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d'autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l'article L. 122-4). « Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. »

 

 

©2014 Les Editions Sharon Kena

www.leseditionssharonkena.com

 

 

 

Remerciements :

 

 

 

 

Comme toujours, je tiens avant tout à remercier plus particulièrement ma petite famille. Mon époux, Franck… qui possède une patience exemplaire à mon égard.

 

À ma fille, Nolwenn… pour tout son amour et ses petites idées qui viennent inconsciemment enrichir mes personnages. Ce 4 juin, le jour de tes 10 ans, je clos ce troisième volet avec nostalgie, mais la fierté que je lis dans l’océan de tes yeux me ravit.

 

À mes trois garçons, Jymmy, Jason, Nathan… merci pour vos encouragements et vos petits mots d’amour que vous me laissez sur l’écran. Je vous aime aussi, et je ne désespère pas qu’un jour, l’un de vous ouvre un de mes livres.

 

Un grand merci à Hafida.H pour la réalisation de la couverture.

À mon éditrice, Cyrielle, merci d’avoir cru en moi et en mes personnages, et de m’avoir aidée à les améliorer considérablement.

Ainsi qu’à toute l’équipe des éditions qui est juste fabuleuse, peuplée de plumes en or.

 

Un merci surtout à Julie Vasseur, ma sœur de cœur qui ne cesse jamais de m’encourager et qui n’hésite pas à débarquer à n’importe quel moment quand j’ai besoin d’elle.

 

Je n’oublie pas non plus mes chères amies qui sont toujours à l’écoute : Audrey Robert, Véronique Barrère, Mélissa Letabareux et Stéphanie De-Rop Moisse. Votre amitié est quelque chose de précieux à mon cœur.

 

Un énorme merci à Frédérique Cotret, une amie au grand cœur qui a lu cet écrit en premier. Tes commentaires me manqueront, surtout tes smileys concernant Halek… quoi que, je suis sûre de les revoir très bientôt !

 

Un grand merci à Hélène et Pascale pour la correction et la relecture. 

 

Merci également à Ambre, Harmonie, Déborah, Valérie, Pascale, Marion, Christelle, Marie, Sandrine et vous toutes et vous tous, fidèles et nouveaux venus dans l’aventure.

 

J’aimerais également remercier beaucoup d’habitants de ma ville d’Houplines, plus particulièrement Thierry et Véronique Fontaine pour leur soutien. À mon tour, je les remercie pour leur gentillesse et leur sympathie.

 

À bientôt.

ALD

 

 

 

 

 

 

 

 

« Nous ne pouvons nous sacrifier que pour un seul être… notre enfant, car le cœur d’une mère n’a ni loi, ni limite… »

Angie L.Deryckère

 

 

 

TABLEDESMATIÈRES

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Épilogue

 

 

 

 

 

1

 

 

 

– Tu penses vraiment que c’est nécessaire ?

Léana sursauta légèrement et lança à son amie un sourire timide.

– Oh, Tara… je ne t’ai pas entendue entrer.

– Tu m’étonnes… Tu étais bien trop concentrée sur ça, fit-elle en grimaçant tout en balayant la pièce d’un geste vague de la main.

La jeune femme observa à son tour sa chambre et poussa un long soupir, résignée, avant de se redresser sur son lit.

– Je n’avais pas envie de bouger, se défendit-elle.

Tara pouffa avant de secouer la tête d’un air sévère.

– Et c’est pour cette raison que tu fais voler tes affaires ?

– C’est vite rangé comme ça.

– Léa… je pensais que tu allais te servir le moins possible de tes pouvoirs !

– Ils me servent beaucoup en ce moment.

– Je vois ça. Tes sœurs m’ont appris que tu as passé la semaine entière à t’immiscer dans les chambres des malades de l’hôpital pour les guérir et… tu devrais faire attention, Léa.

Irritée par cette réflexion, la jeune femme leva les yeux au ciel.

– Tu es venue ici pour me faire des reproches ?

– Bien sûr que non, répondit Tara d’un ton réprobateur.

Après cela, un silence s’installa dans la pièce tandis que la sorcière regrettait déjà ses mots.

– Comment te sens-tu ? demanda son amie en approchant.

Léana haussa les épaules. Elle n’avait aucune envie d’aborder ce sujet.

Depuis deux semaines, les personnes qui étaient au courant de ce qui s’était passé entre Liam et elle, ne faisaient que lui poser cette question ; et Tara se rendrait évidemment compte du mensonge qu’elle était sur le point de formuler si celle-ci insistait davantage.

D’ailleurs, comment se sentait-elle réellement ?

Elle s’interrogea pendant un instant et un léger sourire étira ses lèvres.

– Je me sens bien… je sais que tu penses que je mens, mais ce n’est pas le cas, je t’assure.

Le cœur lourd, Tara s’installa sur le matelas, à côté de son amie.

– Tu penses que tu l’es ?

– Enceinte ? fit-elle en lâchant un rire nerveux.

Tara hocha la tête.

– Je suis sûre qu’Abi se trompe. C’est impossible, ajouta-t-elle d’une voix faible.

– Et pourtant, tu sembles épuisée.

– Tu l’as dit toi-même, Tara. Je me suis énormément servie de mes pouvoirs ces derniers temps, et… ça me fatigue, c’est tout.

– Qu’en pense Liam ?

La jeune femme baissa les yeux avant de soupirer.

– Je ne lui en ai pas encore parlé.

– Tu aurais dû…

– Je n’ai pas envie de briser ce qui se passe entre nous, Tara. Nous sommes heureux tous les deux et…

– Mais Silas le sait. J’ai entendu tes sœurs en discuter.

– Oui… Abi a parlé de ce qu’elle avait ressenti, mais d’après lui, c’est une chose improbable.

– Mm… ta sœur se serait donc trompée ?

– Je ne vois que ça ! s’exclama la jeune femme en bondissant hors du lit.

– Mais… comment expliques-tu qu’elle ait ressenti cette présence en toi ? insista-t-elle malgré l’étonnement qu’elle éprouvait de voir son amie s’affairer dans la pièce avec une énergie soudaine. Elle était très angoissée… ajouta-t-elle.

– Abi est étrange, tout le monde le sait ! C’est peut-être dû au fait que je me sentais bien à ce moment-là… et pour tout te dire, je n’ai pas envie d’en discuter.

Son amie la considéra un long moment avant d’esquisser un léger sourire.

Soudain, elle s’exclama :

– Comme tu voudras ! Alors, tu comptes faire quelque chose de particulier aujourd’hui ?

Léana interrompit son geste avant de replacer la pile de linge sur la commode.

– J’ai rendez-vous avec Liz, avoua-t-elle, hésitante.

– Tu ne devrais pas, Léa, répondit Tara d’un ton désapprobateur.

– Qu’est-ce que tu racontes ? s’emporta la jeune femme en cherchant son regard. Ces gens ont besoin de moi. Depuis que j’ai découvert mon pouvoir, je ne peux pas m’empêcher de leur venir en aide. Tu peux le comprendre, non ?

– La magie te fatigue, tu es très pâle et…

– Ne t’en fais pas, s’il te plaît. Je me sens bien ! s’écria-t-elle avant d’éclater de rire devant la mine renfrognée de son amie.

Remarquant l’air sceptique qui se dessinait sur le visage de la jeune femme, Léana s’avança vers elle et posa les mains sur ses épaules.

– Ne t’inquiète pas, je reste prudente, Tara. Et j’ai promis à Liz qu’elle ne me verrait plus dans les couloirs jusqu’à la fin de la semaine. C’est mon dernier jour aujourd’hui, elle ne m’appellera plus qu´en cas de nécessité.

– Ah… mais dans cet hôpital, c’est toujours le cas, non ?

– Oui, mais… je ne peux pas faire des miracles non plus. J’ai des limites. Par exemple, continua-t-elle en remarquant l’interrogation dans le regard de Tara, je peux réparer des os brisés, soigner une commotion cérébrale, mais je ne peux pas aider les malades qui sont à l’article de la mort… je peux seulement les soulager, et si je peux venir en aide de cette manière, alors… tant mieux, non ?

– Je m’inquiète pour toi, Léa.

– Je sais… Liam aussi s’inquiète, figure-toi.

– Il a de bonnes raisons.

– Arrête… souffla-t-elle avant de répondre à son faible sourire. J’aurai le temps de me reposer dès demain, enfin sans compter que Millie a besoin de moi au DrinkNRead…

– Oui, grand-mère m’a dit que les clients étaient de plus en plus nombreux depuis quelque temps.

Elle approuva sa remarque d’un hochement de la tête.

– Mm… on aura du pain sur la planche ! Moi qui pensais pouvoir passer ces quelques jours de vacances qui nous restent avec Liam…

– Tu ne le vois pas assez ?

– Non... pas comme je le voudrais en tout cas, répondit Léana en souriant. Je ne l’ai pas encore vu aujourd’hui, et je pense que j’aurai seulement l’occasion de le retrouver ce soir.

– Oh, je vois. Mais tu viens de me dire que tu comptais te reposer ! lui rappela-t-elle avec un large sourire.

– Tara ! s’exclama Léana, indignée.

Les deux jeunes femmes éclatèrent d’un rire franc puis, quelques secondes plus tard, Léana recula d’un pas avant de se tourner vers la commode où le linge attendait toujours d’être rangé.

– Dis-moi, Léa, je peux te poser une question ?

– Bien sûr. Qu’y a-t-il ?

– Eh bien… je ne voudrais pas que tu te fâches, mais c’est encore à propos de cette supposition…

– Tara…

– Je sais, l’interrompit son amie en levant une main. Ne le prends pas mal, mais si jamais le pressentiment de ta sœur s’avère exact, qu’est-ce que tu comptes faire ? Tu y as pensé ?

Troublée, la jeune femme baissa les yeux puis rangea ses vêtements dans la penderie avant de s’installer sur le bord du lit.

– Oui, j’y ai pensé, Tara… et si c’est le cas, je le garderai, ce bébé. Quoi qu’il arrive, dit-elle dans un murmure.

– Mais…

– Mais c’est impossible, je le sais, la coupa Léana avant de déglutir péniblement.

Compatissante face à la tristesse que révélait le regard de son amie, Tara s'approcha et s’installa à nouveau à son côté.

– Qu’est-ce qui est impossible, Léa ? Que tu gardes cet enfant ou que tu sois réellement enceinte ?

– Les vampires ne peuvent pas engendrer, Tara. C’est ce que Silas a dit, mais il n’était pas sûr à cent pour cent… comme ils ont une façon de vivre bien à eux, il existe tant de doutes que…

– Tu devrais vérifier, pour en être certaine.

– Oui, tu as raison, céda la jeune femme après une longue de minute de silence. Mais pas maintenant, je dois retrouver Liz et, ensuite, je passerai voir Liam.

– Quand comptes-tu le faire ?

– Je ne sais pas… demain. Je passerai à la pharmacie dans la journée et…

– Tu dois lui en parler, Léa.

– Non… pas maintenant. Si j’attends vraiment ce bébé, je lui dirai tout de suite, mais pour l’instant… j’ai juste envie de profiter, Tara. J’ai demandé à Silas de ne pas en parler à Liam… c’est à moi de le faire, répéta-t-elle, troublée.

– Mm… je comprends, murmura Tara en enlaçant son amie.

Le sourire aux lèvres, Léana répondit à son étreinte tout en balayant les doutes qui subsistaient pourtant au fond d’elle.

La jeune femme ne voulait pas y penser pour le moment. Non, elle voulait juste profiter des moments avec celui qu’elle aimait et aussi, mettre à profit ses dons de guérison pour les malades de la clinique.

C’était tout ce qui comptait pour elle.

Ainsi, elle mit fin à l’étreinte de son amie et se leva d’un bond.

– Je vais être en retard.

– D’accord. On se voit demain alors, j’ai promis à grand-mère de lui donner un coup de main.

– Oui…

– Tu m’appelles si…

– Tu seras la première au courant, continua Léana en esquissant un sourire pour la rassurer.

– Merci.

– Pas de quoi. On se voit demain, c’est promis, ajouta la jeune femme en l’embrassant sur la joue d’un baiser sonore.

Quelques minutes plus tard, Tara sortit de la maison des trois sœurs et se dirigea vers sa voiture avant de prendre la direction du café-librairie afin de discuter avec Abigaël.

Elle avait bien l’intention de lui parler de cette impression qu’elle avait ressentie lorsque les deux tourtereaux étaient passés à l’acte pour la première fois.

Et, même si elle pensait que Léana ne pouvait être enceinte du vampire, son état de fatigue prononcé ainsi que son teint pâle l’inquiétaient et augmentaient malheureusement ses craintes…

 

***

 

Léana arriva à la clinique à dix heures tapantes. Liz, ravie de revoir la jeune femme, l’accompagna jusqu’à la chambre du patient 127.

En chemin, elles discutèrent du cas grave du jeune homme, plongé dans un coma profond depuis plus de deux semaines, suite à un accident de la route.

– Tu es vraiment sûre qu’il n’y a aucune conséquence à te servir autant de la magie ? s’inquiéta pourtant la mère adoptive de Liam.

– Non, Liz. Tout va bien, et j’arrive à gérer cela maintenant, répondit la jeune femme en esquissant un large sourire pour la rassurer.

– Qu’aurais-je donné pour avoir ce don ! lança-t-elle en levant les yeux.

Léana se mit à rire avant que son visage ne prit une expression grave.

– Que se passe-t-il ? demanda-t-elle en s´arrêtant.

– Rien, je réfléchissais juste à…

– Le bébé ? la coupa Liz d’une voix compatissante.

– Je… ne suis pas enceinte.

Un léger sourire se dessina sur les lèvres de Liz tandis qu’elle posait une main sur l’épaule de l’humaine en signe d’encouragement.

– Nous ne pouvons pas en être sûrs et c’est d’ailleurs pour cette raison que je voudrais te confier quelque chose à propos de Silas.

Surprise, Léana plongea le regard dans celui du médecin.

– Que se passe-t-il ?

– Rien d’inquiétant, rassure-toi de suite, fit-elle avant de reprendre leur marche.

– Liz ? insista Léana.

– Il va partir pour essayer de trouver des informations.

– Des informations ? répéta-t-elle, abasourdie. Partir… où ça ?

– Je n’en sais rien, mais il m’a demandé de garder son départ secret et j’aimerais que tu n’en parles pas à Liam avant qu’on apprenne quelque chose qui pourrait nous être utile.

– Oh…

Léana resta silencieuse une minute avant de lui demander :

– Je ne sais pas si je pourrai le lui cacher. Il arrive à lire en moi si je ne suis pas assez attentive et…

– Tu le seras, la coupa-t-elle en lui adressant un large sourire. Il le faut, Léana. Notre famille ne doit pas être au courant de son départ, enfin, de ses véritables raisons, car vois-tu... Silas connaît peut-être une personne qui serait susceptible de nous apporter des réponses, si jamais il s’avérait que tu attendais vraiment un bébé. Il l’a contacté, mais il exige une rencontre avant de lui fournir la moindre information.

– Vous voulez dire qu’un vampire a déjà fécondé une humaine ?

– Oui, il y a des siècles de cela. Mais nous ne savons rien de plus. C’est pourquoi Silas a accepté de partir dès demain matin pour…

– Oh, demain matin ! s’exclama-t-elle avant de déglutir péniblement. Je… je ne sais pas si c’est une bonne idée, rien ne presse.

– Au contraire, ma chérie. Il vaut mieux que nous sachions ce qui nous attend si…

– Je pourrais mourir, n’est-ce pas ?

– Je suis certaine que tu garderais ce bébé si…

– Oui ! répondit-elle vivement.

– Nous n’avons donc pas le choix.

Elles étaient parvenues devant la chambre 127 depuis quelques secondes. Léana répéta cette phrase dans son esprit plusieurs fois et sentit la panique l’envahir.

– Léa…

– Je… Tout est de ma faute, murmura-t-elle en faisant un pas de recul à l’approche de la main de la vampiresse vers son visage.

– Tu n’y es pour rien, Léana. Personne ne pouvait savoir. Tout s’arrangera, d’accord ?

C’était ce dont elle tentait de se convaincre depuis la révélation d’Abi, mais quelque chose dans son esprit contredisait ses pensées. Si sa sœur avait réellement ressenti une présence en elle, il valait alors mieux que Silas trouve au plus vite une solution…

– D’accord, répondit-elle simplement en reprenant un visage plus confiant.

– Bien. Je dois te laisser, mais on se revoit bientôt, Léa.

La jeune femme hocha la tête avant de répondre à sa brève étreinte.

Une fois Liz partie, Léana observa la porte de la chambre du patient pendant une longue minute, le temps de reprendre possession de tous ses moyens avant de pénétrer dans la pièce afin de venir en aide à cet homme…

 

***

 

– Tu n’as pas oublié que nous avons besoin de toi, demain ?

Tara redressa vivement son visage et scruta le regard moqueur de Rain.

– Non, grand-mère, je n’ai pas oublié. Millie me l’a rappelé il y a quelques minutes.

Pour ne pas dire à son arrivée au DrinkNRead, pensa la jeune femme en posant son chocolat chaud sur la table.

– Tu as un problème, toi, analysa parfaitement Rain.

– Non, je vais bien. Je m’inquiète seulement pour Léa.

La vieille dame hocha la tête, sachant pertinemment que sa petite-fille avait des raisons de s’inquiéter.

– Elle me dit qu’elle est persuadée qu’elle n’attend pas d´enfant, mais Abi…

– L’est également, continua-t-elle en prenant place à la table de Tara avant de lui tenir la main. Tu ne dois pas t’inquiéter, ma chérie. Ses sœurs vont trouver une solution.

– Je l’espère. Vraiment…

Rain esquissa un léger sourire avant de redresser ses lunettes de vue sur l’arête de son nez.

– Tu sais, Nell a fait ce qu’il fallait pour protéger ses enfants.

– Mais tu ne penses pas que cette histoire serait plus simple si elle n’avait pas pratiqué ce sort qui…

– Ne dis pas ça, Tara, la coupa-t-elle d’une voix autoritaire. Nell a fait ce qu’il fallait, crois-moi.

– J’ai du mal, grand-mère. Léana ne peut vivre sans Liam et ce sortilège l’empêche d’être heureuse. Elle est consciente qu’elle ne pourra jamais rester avec l’homme qu’elle aime, qu’un jour ou l’autre, il devra la quitter et… si elle attend ce bébé, cette situation sera plus compliquée que jamais !

– Et penses-tu que si Liam pouvait la transformer en vampire, la situation serait plus simple ? C’est une humaine, Tara.

– Je sais… souffla la jeune femme, se rendant compte qu’elle ne désirait pas voir son amie transformée en un être surnaturel. Je voudrais l’aider, grand-mère, mais que suis-je censée faire ?

– Tu l’aides déjà bien assez, ma petite.

– Tu plaisantes ? se renfrogna Tara en secouant la tête. Je n’ai aucun pouvoir pour l’aider. Nous n’arrivons même pas à voir quelque chose à cause du blocage de Nell !

– Tu te trompes, Tara. Tu es l’une des seules personnes en qui Léana a confiance. Tu es une humaine, qui n’a pas à être partagée entre la nature de Liam ou la sienne. Écoute, mon ange… Léana est dans une situation difficile, et ce sera encore plus coriace si elle attend vraiment l’enfant de ce vampire, je te l’accorde. J’ai entendu discuter Millie et Abi, et elles sont très angoissées à cette idée. Léana aura besoin de toi, ma petite-fille, plus que jamais. Tu dois être présente pour elle, quoi qu’il arrive.

– Mais je ne peux rien faire, grand-mère ! répéta Tara, furieuse contre l’impuissance qu’elle éprouvait.

Rain attarda son regard dans le sien pendant une longue minute avant de lui avouer :

– Tara… tu es une source d’énergie vitale pour ton amie. Crois-moi, tu sauras lui venir en aide et, je te le répète, en jetant ce sort de protection sur les trois sœurs, Nell a pris la meilleure décision qui soit.

Peu convaincue, Tara fronça les sourcils, puis esquissa un léger sourire à l’adresse de Rain.

– Je suis son amie, grand-mère… depuis toujours et je le resterai... quoi qu’il se passe.

– Bien, répondit-elle en se levant de la chaise. Je dois m’occuper des clients, ma chérie. Et n’oublie pas. Tu es le lien qui lui permettra de ne pas sombrer face aux difficultés. Tu es importante pour elle, plus que tu ne le croies.

Sur ces mots, Rain quitta l’étage du café-librairie, laissant une Tara pensive, sous les yeux des trois clients qui prenaient leurs petits-déjeuners.

Elle était un lien pour Léana, répéta-t-elle silencieusement.

Mais que voulait-elle dire au juste ?

Qu’elle était la personne qui la maintenait sur Terre entre les démons et les vampires, mais surtout, dans sa condition de sorcière ?

– Salut, Tara !

La jeune femme sortit de ses pensées et esquissa un large sourire à l’adresse du shérif.

– Matt, comment vas-tu ?

– Toujours la même histoire, tu sais ! Je me bats contre une bande d’adolescents en ce moment…

– Oh… c’est inhabituel, dis-moi !

– Pas depuis deux ou trois semaines. Des jeunes ont pris à partie le couple Stevedore.

– Ceux qui habitent près des Docks ? questionna Tara, intriguée.

– Oui. On les a interpellés, mais faute de preuve concrète, j’ai été dans l’obligation de les relâcher.

– Mais que leur prend-il ? Ils leur ont fait du mal ? demanda Tara, abasourdie d’entendre pour la première fois – hormis la présence du démon de Parris – qu´il existait des cas de délinquance juvénile à Danvers.

– Non, mais ils les ont importunés et ont dégradé un peu leur maison. Ils ont jeté des cailloux aux fenêtres, mais ils nient tous, évidemment.

– Je les connais ?

– Ils vont au même bahut que toi, mais tu sais que je n’ai pas le droit de te révéler leurs identités.

Tara hocha la tête.

– Simplement, fais attention à toi et ouvre l’œil, Tara. J’ai le pressentiment que ce n’est qu’un début.

– Très bien, Matt. Ne t’en fais, on fera attention.

– Bien. Je regrette presque mes interventions chez Steven Prood pour Madame Macey, fit-il en laissant un rire s’échapper de ses lèvres.

Tara lâcha un grand rire, se remémorant des interminables querelles entre les deux habitants de Danvers.