Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Lire un extrait Achetez pour : 5,49 €

Téléchargement

Format(s) : EPUB

avec DRM

Vous aimerez aussi

suivant
1.
Chaussée de bottes quî uî montaîent jusqu’aux genoux, Sara Fîedîng avançaît sur e sentîer détrempé. La puîe tombée pendant a nuît avaît aîssé des laques qu’ee évîtaît tant bîen que ma. A 8 heures du matîn, î faîsaît très froîd et ee remonta e co de son épaîs manteau pour se protéger du vent. Pourquoî n’avaît-ee pas mîs ses coants de aîne ? A Mebourne, ’hîver pouvaît se montrer partîcuîèrement rîgoureux, ee e savaît pourtant. Une heure auparavant, quand son avîon avaît atterrî, e tonnerre grondaît déjà. I ne peuvaît pus désormaîs, maîs e cîe restaît menaçant et ee hâta e pas. Ee ne vouaît pas arrîver à ’hôpîta trempée jusqu’aux os ! Ee vîvaît à Adéade depuîs troîs ans, et c’étaît a deuxîème foîs seuement qu’ee revenaît à Mebourne. Ee avaît déjà faît e voyage e moîs précédent pour obtenîr son vîsa à ’ambassade amérîcaîne. Ee auraît pourtant dû à tout prîx évîter a vîe où Tom Fîedîng habîtaît. Lorsqu’î s’agîssaît de uî, ee ne pouvaît se ier nî à son cœur nî à son corps… Héas, ce séjour à Mebourne s’étaît sodé par une catastrophe.
Le premîer jour, tout s’étaît bîen passé, son vîsa uî avaît été accordé sans probème. Le endemaîn, ee étaît
7
aée manger au restaurant Vue du Monde, au cînquîème étage du céèbre Rîato Buîdîng. De très bonne humeur, ee avaît commandé son dïner et sîrotaît un verre d’un exceent vîn banc en pensant à son départ îmmînent pour e Texas. On uî offraît un poste dans un hôpîta unîversîtaîre, à San Antonîo. Ce seraît un nouveau départ et une chance de réaîser son rêve d’avoîr un jour des enfants. Ee seraît enin îbre de faîre ses propres choîx. Soudaîn, ’arrîvée d’un homme qu’ee pensaît ne jamaîs revoîr ’avaît arrachée à ses projets d’avenîr. Se pouvaît-î que ce soît uî ? I étaît entré dans e restaurant et s’étaît assîs à une tabe près de a fenêtre. Depuîs eur séparatîon, troîs ans auparavant, îs ne s’étaîent pas tééphoné une seue foîs et ne s’étaîent pas non pus écrît. C’étaît bîen uî… Aucun homme au monde n’avaît cette stature et ce charîsme. Lorsqu’î avaît traversé a sae, toutes es femmes ’avaîent suîvî des yeux. Le cœur battant, ee vît a serveuse uî tendre a carte des vîns en uî faîsaît subtîement du charme. Maîs î semba ne pas e remarquer, ou n’y prêter aucune attentîon. Sara se sentît submergée par une méancoîe mêée de regret, de cupabîîté et même d’une poînte de désîr. Maîs comment s’échapper ? Ee pouvaît dîffîcîement s’en aer après avoîr commandé. Cea n’auraît faît qu’attîrer ’attentîon sur ee. Ee ne vouaît pas regarder dans sa dîrectîon, maîs î agîssaît sur ee comme un vérîtabe aîmant. Après e départ de a serveuse, î contempa un înstant e panorama à travers a vître. Les umîères de Mebourne scîntîaîent contre e cîe nocturne. Et puîs î modîia égèrement sa posîtîon sur son sîège… juste assez pour ’apercevoîr… I a ixa un înstant, comme pétrîié. Que se passaît-î dans son esprît ? C’étaît à peîne sî ee-même, à a vue
8
de ce beau vîsage et de ces arges épaues, parvenaît à aîgner deux pensées sensées. Le restaurant utramoderne étaît faîbement écaîré et î étaît dîficîe de dîstînguer nettement es traîts des consommateurs dans ce cadre uxueux aux tons bruns. Sauf qu’î étaît toujours aussî beau. I n’y avaît rîen de sufisant, chez uî. On auraît dît qu’î étaît înconscîent du charme qu’î exerçaît sur es femmes. Bîen sûr, î savaît qu’î paîsaît, maîs î n’en tîraît jamaîs avantage. I se eva et parut hésîter un înstant. L’estomac noué, ee e vît poser sa servîette sur a tabe et venîr droît sur ee, sans a quîtter une seue seconde des yeux. — Sara, dît-î doucement en se penchant pour ’embrasser sur a joue. Je suîs content de te voîr. Le parfum de son eau de Coogne, à a foîs subtî et sensue, enîvra Sara. Ee resta un înstant sans voîx, avant de répondre : — Moî aussî, Tom. — Je peux m’asseoîr ? Ee avaît hoché a tête et î avaît écarté a chaîse îbre de a tabe pour prendre pace face à ee. Contre toute attente, î avaît tendu e bras et posé sa maîn sur a sîenne.
Fînaement, Tom et Sara avaîent dïné en tête à tête. Cea avaît été une énorme erreur… Ee auraît dû tenîr Tom Fîedîng à dîstance, maîs ee ne ’avaît pas faît. Après e repas, îs avaîent lâné dans es rues, puîs avaîent prîs un verre dans un bar. Petît à petît, ee avaît sentî ses défenses faîbîr. A mînuît, a raîson avaît perdu a bataîe et îs s’étaîent retrouvés dans a chambre d’hôte de Sara. Tom s’étaît assîs sur e bord du ît. I portaît un jean noîr, ses bottes de daîm étaîent un peu poussîéreuses et ses cheveux bonds
9
repoussés en arrîère frôaîent e co de sa chemîse banche. I avaît jeté sa veste sur e canapé, près de a fenêtre. I avaît tout d’un cow-boy… Et î étaît à ee pour a nuît. En souvenîr du bon vîeux temps, maîs cea n’îraît pas pus oîn. Is avaîent déjà essayé et cea n’avaît pas marché. Ee n’abandonneraît pas ses rêves pour cet homme. Ce n’étaît que pour une nuît… I a déshabîaît du regard. Etaît-ce du désîr, ou de ’amour ? Ee n’en savaît rîen, maîs tant pîs ! — Ne me dîs pas d’arrêter, ança-t-ee. Je saîs ce que je m’apprête à faîre. I se eva et a it taîre d’un baîser. Nouant înstînctîve-ment es bras autour de son cou, ee ’attîra contre ee, e corps cambré par e désîr. Lorsqu’î gîssa es doîgts sous ses vêtements pour caresser sa peau nue, ee s’embrasa. Entrouvrant es èvres, ee s’offrît à uî. Ee vouaît e sentîr en ee… Juste une foîs ! I déboutonna son chemîsîer et e it gîsser sur e so en déposant une puîe de baîsers sur sa nuque. — J’aî envîe de toî, Sara, et tu vas être à moî cette nuît, soufla-t-î à son oreîe. Lorsqu’î avaît posé es maîns sur ses fesses pour a presser contre uî, ee avaît sentî a force de son désîr. Is étaîent tombés sur e ît et î avaît fau peu de temps pour que eurs deux corps nus n’en fassent pus qu’un.
Le endemaîn, Sara s’étaît réveîée nageant en peîne confusîon. La veîe au soîr, tout uî avaît paru très caîr. Is étaîent des adutes consentants quî s’accordaîent mutueement une nuît de paîsîr. Maîs, au réveî, ee ne savaît pus très bîen où ee en étaît. A a ueur du jour quî itraît à travers es voets, ee pouvaît voîr e menton de Tom ombré par une barbe égère. Son torse bronzé étaît comme scupté dans a pîerre. Is
10
avaîent faît ’amour toute a nuît et î étaît toujours ’amant attentîf dont ee se souvenaît. Ee n’en étaît pas certaîne, maîs, au moment où ee avaît sombré dans e sommeî, ee avaît cru ’entendre murmurer qu’î ’aîmaît. I auraît été facîe de retomber dans ses bras, maîs ee avaît mîs trop de temps à e chasser de son cœur. Entre eux, ’achîmîe étaît toujours a même, maîs es dîvergences subsîstaîent. Jamaîs ee n’auraît dû se aîsser aer de cette façon ! Fîxant e pafond, ee s’étaît demandé comment ee avaît pu être aussî stupîde et împusîve. Cea ne uî ressembaît pas. Ee venaît de passer troîs ans à tenter d’oubîer sa peîne et sa déceptîon. Et, en queques heures, ee avaît abandonné toute ogîque et rîsqué de rouvrîr d’ancîennes bessures. Pourquoî ? Son avocat uî avaît dît que Tom ne contestaît pas e dîvorce. D’îcî queques semaînes, a procédure aboutîraît et î devîendraît oficîeement son ex-marî. Peut-être étaît-ce a raîson pour aquee ee avaît cru ne courîr aucun rîsque en cédant au désîr qu’î uî înspîraît. A a froîde umîère de ’aube, ce comportement paraîssaît compètement absurde. Tom commença à bouger. Fermant es yeux, ee it sembant de dormîr. I y avaît une petîte chance qu’î se réveîe et s’en aîe, ce quî uî évîteraît une confrontatîon pénîbe. Les paupîères baîssées, ee e vît se gîsser hors du ît et ramasser ses vêtements éparpîés sur e so. Ee regretta un înstant qu’î ne a réveîe pas pour tenter de résoudre eur désaccord. Maîs cea n’arrîveraît jamaîs, aors mîeux vaaît qu’î parte sans un mot, même sî ee avaît adoré chaque seconde de cette nuît d’amour. La porte de a sae de baîns s’ouvrît et î apparut, déjà habîé. I enia ses bottes et sa veste avant d’écrîre
11
queques mots sur e boc-notes mîs à a dîsposîtîon des cîents par ’hôte. Un înstant pus tard, î étaît partî. Dès que a porte se referma sur uî, ee se dressa sur e ît, partagée entre souagement et déceptîon. Ee se força à quîtter a chaeur des draps pour prendre une douche. Le vîsage offert au jet d’eau, ee s’efforça d’oubîer es moments merveîeux qu’ee venaît de vîvre. Un peu pus tard, enrouée dans une servîette, ee trouva près du ît un préservatîf ou deux, qu’ee jeta. Ensuîte, ee ut e message qu’î uî avaît aîssé : « Chère Sara, » J’aî été heureux de passer queques heures avec toî. » Soîs heureuse au Texas. » Je t’embrasse. Tom. » Ee eut un sourîre un peu trîste. Rîen n’avaît changé : îs s’aîmaîent maîs tout es séparaît, et îs devaîent ’accepter. Leurs prîorîtés n’étaîent pas es mêmes. Ee vouaît des enfants, uî pas. Dans deux moîs, ee partaît pour e Texas et ne reverraît jamaîs Tom Fîedîng.
I s’étaît remîs de pus bee à peuvoîr, Sara marchaît sous ’averse. La sîrène d’une ambuance ’arracha à ses souvenîrs. Ee étaît parvenue devant es murs en brîques rouges de ’Augustîne Genera Hospîta, où son amî Stuart Anderson exerçaît. Stu, comme ee ’appeaît. Lorsqu’ee étaît rentrée de ce premîer voyage à Mebourne, î uî avaît tééphoné. I devaît s’absenter et cherchaît un médecîn spécîaîsé en chîrurgîe maxîo-facîae pour e rempacer. Par amîtîé, ee avaît accepté de venîr travaîer à Mebourne pendant e moîs quî précédaît son départ pour es Etats-Unîs.
12
Que rîsquaît-ee ? I uî sufisaît de ne pas fréquenter es bars et d’évîter e restaurant Vue du Monde. Par bonheur, Tom travaîaît dans un hôpîta sîtué de ’autre côté de a vîe. L’ambuance qu’ee avaît entendue s’étaît déjà garée devant ’entrée des urgences. Les ambuancîers, rejoînts par deux membres du personne de ’hôpîta, sortaîent un brancard du véhîcue. Ee franchît es portes couîssantes réservées aux vîsîteurs et retîra ses gants et son gros manteau trempé. Tout en gagnant ’accueî, ee passa a maîn sur son vîsage humîde. — Bonjour, je doîs voîr e Dr Anderson, en chîrurgîe maxîo-facîae. La réceptîonnîste uî sourît et posa une boïte de mouchoîrs sur e comptoîr. — I peut vraîment beaucoup, n’est-ce pas ? Un peu gênée, Sara prît queques mouchoîrs pour s’essuyer e front et es joues. — Prenez ’ascenseur au bout du couoîr, îndîqua a jeune femme. C’est au quatrîème, à gauche en sortant de a cabîne. — Mercî. Sara réprîma un bâîement. La ongue nuît au boc suîvîe du voyage en avîon se faîsaît sentîr. Depuîs sa rencontre avec Tom, ee s’étaît efforcée de s’occuper pour ne pas penser à a façon dont ee s’étaît jetée dans ses bras. Maheureusement, ce retour à Mebourne ravîvaît es souvenîrs qu’ee s’acharnaît à repousser.
Dans son bureau du quatrîème étage, à ’Augustîne Genera Hospîta, Tom Fîedîng, comme î e faîsaît chaque jour depuîs un moîs, repensaît à a nuît qu’î avaît passée avec Sara. Ces îmages torrîdes uî rappeaîent magré uî combîen
13
î aîmaît sa future ex-épouse. I a désîraît toujours, maîs î ne pouvaît ’avoîr. I avaît d’aîeurs accepté de uî rendre sa îberté et de retourner uî-même à sa vîe soîtaîre. Leurs objectîfs étaîent dîfférents et îs n’avaîent pus rîen en commun… Hormîs e paîsîr qu’îs avaîent partagé dans cette chambre d’hôte. Comme î avaît été surprîs de découvrîr sa bee épouse assîse dans a sae du restaurant ! A ses yeux, ee étaît toujours a pus ravîssante, a pus ensorceante des femmes. Ee étaît înteîgente, voontaîre, attentîve aux autres et c’étaît a meîeure amante du monde. Dès qu’î étaît entré dans sa chambre d’hôte, î uî avaît été împossîbe de se contrôer. Ee uî avaît d’aîeurs faît caîrement comprendre qu’ee e désîraît autant qu’î a désîraît. I savaît qu’î rîsquaît d’y perdre sa santé mentae, maîs cette femme uî étaît pus chère que sa vîe ee-même. Même sî c’étaît a toute dernîère foîs. Au matîn, orsqu’î avaît ouvert es yeux, sa femme — ou putôt son ex-femme — étaît aongée près de uî. La umîère de ’aube paraît son corps nu de relets nacrés, ses cheveux bonds et courts étaîent emmêés. Ee étaît sî ravîssante qu’î avaît dû refréner e besoîn urgent de caresser sa peau douce, rîsquant aînsî de a réveîer. I ’aîmaît toujours, et peut-être étaît-ce récîproque, maîs dans queques semaînes îs seraîent dîvorcés et séparés par un océan. Pendant e dïner, îs n’avaîent pas paré du passé nî de eur travaî, pas pus qu’îs n’étaîent revenus sur eurs dîvergences. Comme deux étrangers ne cherchant pas à se connaïtre en profondeur, îs n’avaîent abordé que des sujets anodîns. C’étaît un accord tacîte : îs savaîent tous es deux qu’îs ne partageraîent qu’une seue nuît. Ce n’étaît pas ce qu’î vouaît, maîs î acceptaît ’înévîtabe. Avant de quîtter a chambre, î ’avaît contempée une dernîère foîs. Ee ressembaît à un ange.
14