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Désenchantement (Tome 1.5) - L'incroyable rencontre de Sally Ryan

De
61 pages
Après des années passées à travailler dans la boulangerie familiale, Sally craint de devenir vieille fille, tout comme un fardeau pour ses frères. Qui épouserait une vendeuse sans le sou, simplement par amour ? Elle prend donc les devants en créant son propre petit commerce de scones, de boissons chaudes et autres douceurs. Les affaires vont bon train et Sally réussit rapidement à se faire une place dans la ville de Rumsen. Jusqu’au jour où le puissant Lucien Dredmore décide de s’arrêter près de son étal et l’ensorcelle… loin de se douter qu’elle aussi possède des pouvoirs.
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couverture
LYNN
VIEHL

DÉSENCHANTEMENT – 1.5

L’incroyable
rencontre
de Sally Ryan

Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Tiphaine Scheuer

image
Présentation de l’éditeur :
Après des années passées à travailler dans la boulangerie familiale, Sally craint de devenir vieille fille et un fardeau pour ses frères. Qui épouserait une vendeuse sans le sou, simplement par amour ? Elle prend donc les devants en créant son propre commerce de scones, boissons chaudes et autres douceurs. Les affaires vont bon train et Sally réussit rapidement à se faire une place dans la ville de Rumsen. Jusqu’au jour où le puissant Lucien Dredmore s’arrête près de son étal et l’ensorcelle… loin de se douter qu’elle aussi possède de grands pouvoirs.
Biographie de l’auteur :
Lynn Viehl. Si elle écrit de la science-fiction, elle se définit avant tout comme une auteure de romance paranormale, un genre dont elle est spécialiste.


d’après © Nataliya Hora / Shutterstock, © Matteo Chinellato / Shutterstock, © Inara Prusakova / Shutterstock et © Volodymyr Nikitenko / Shutterstock

Du même auteur
aux Éditions J’ai lu

DÉSENCHANTEMENT

0.5 – L’étrange voleur masqué

Numérique

 

1 – La malédiction de lady Walsh

N° 11743

 

2 – Le mystérieux défunt Bestly

N° 11929

Pour Jilly,
Mon amie, ma confidente.
Aut viam inveniam aut faciam.

Sally Ryan ferma la vanne d’alimentation et regarda le dernier nuage de vapeur s’élever du réchaud.

— Je crois que c’est ma mère qui me l’a transmis. P’pa a pas le don, vous savez.

L’homme qui se tenait à son côté ne répondit pas, mais ce n’était pas un grand bavard.

— Et il ne pense pas vraiment que moi, je l’aie, ajouta-t-elle en se penchant pour verrouiller les coffres du chariot. Si vous posez la question à mon père, il vous dira que c’est un pur coup du hasard. Apprendre à connaître ses clients réguliers, leur faire un peu la conversation, et essayer de deviner, c’est tout. D’après lui, tout le monde en est capable. Mais il est pas comme nous, hein ?

— Non. (Il détourna les yeux des fenêtres du bâtiment situé de l’autre côté de la rue et la regarda.) Il n’est pas comme nous.

Sally hocha la tête.

— Évidemment, j’ai jamais dit à p’pa tout ce que je pouvais faire. Élever une petite fille tout seul, c’est déjà assez angoissant comme ça, non ? Et puis, il fait encore son deuil de maman depuis que la dengue l’a emportée. Non, même à l’époque, je savais que je pouvais pas le dire à p’pa.

Elle termina de fermer son chariot en attachant les roues au lampadaire avec un cadenas, puis posa une main dessus pour s’aider à se relever. Elle avait les jambes en coton.

— Et j’aurais pas dû vous le dire, je crois.

— Il fallait bien que vous vous confiiez à quelqu’un. (Il se pencha pour l’aider.) Il y a pire que moi.

— Ce n’est pas ça.

Elle appréciait qu’il la traite comme une sorte de grande dame plutôt qu’une banale charretière, mais il n’était pas encore au courant. Alors, quand elle le lui aurait dit, il se pouvait qu’il lui pose une lame sous la gorge.

— Je vous dirai tout. Je vous montrerai, aussi, mais vous devez d’abord me promettre. Promettre de m’aider à l’arrêter. C’est mon prix, et une fois que vous aurez accepté, vous ne pourrez pas revenir sur votre parole.

Il resserra sa main sur son bras.

— Sally…

— Car sinon, le coupa-t-elle, il nous tuera tous.

 

Le père de Sally n’avait jamais voulu qu’elle travaille au chariot. Elle s’occupait du comptoir depuis qu’elle était assez grande pour voir par-dessus et, à la boulangerie, elle était en sécurité.

Mais la sécurité ne suffisait pas à Sally. Tant s’en fallait.

Leurs ventes étaient honnêtes – le seul autre boulanger du quartier produisait principalement des gâteaux de mariage et des pâtisseries de luxe pour les riches marchands et les aristos de la ville –, mais ils n’amassaient jamais assez d’argent pour aller de l’avant ou pour pouvoir en mettre de côté. Sans économies, Sally n’avait que ses charmes à offrir, et il n’y avait qu’un fou pour épouser une petite vendeuse par amour. Elle savait que, selon les lois toriennes, ses frères hériteraient un jour de la boutique. L’idée lui convenait, mais leurs rentrées d’argent iraient alors à leurs familles respectives. Si elle ne gagnait pas sa vie, elle travaillerait pour son père jusqu’à se transformer en vieille fille. Et après sa disparition, elle deviendrait un fardeau pour ses frères jusqu’à la fin de ses jours.

Le chariot avait appartenu à sa mère ; avant qu’ils commencent à se fréquenter, son père avait été l’un de ses clients. À l’entendre, sa mère préparait le breuvage matinal le plus chaud et le plus doux de tout Rumsen. Après sa mort, il avait rangé le chariot avec le reste de ses affaires dans le grenier de la boulangerie, loin de ses yeux.

Une fois sa décision prise, Sally dut attendre que son père fasse le voyage jusqu’au moulin, à l’extérieur de la ville, pour leur commande de farine mensuelle, avant de sortir le vieux chariot du grenier et de lui donner un bon coup de neuf.

L’échange du coffre à charbon au profit d’un réservoir de kérosile n’avait pas été une mince affaire, mais son frère aîné, Devan, lui avait apporté son aide.