Désir sauvage

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Une histoire de romance paranormale de Jessa Slade en exclu e-book !

Accaparée par son rôle de chef de meute, Merrilee n’a jamais songé à chercher un compagnon. Mais dès qu’elle voit Beck, mâle alpha du clan adverse, elle comprend que rien ne pourra éteindre l’attirance qui vient de naître entre eux. Pas même les problèmes que cette liaison va inévitablement engendrer…

A propos de l'auteur :
Depuis toujours Jessa Slade a voulu être écrivain. En 2007, elle a vendu sa première nouvelle, début d’une longue série de publications à succès. Elle aime la solitude et apprécie plus que tout la compagnie des personnages qu’elle imagine et met en scène dans ses histoires fantastiques.
Publié le : mercredi 10 décembre 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280335089
Nombre de pages : 111
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— C’est l’histoire d’une femelle Alpha qui rentre dans un bar…

Beck Villanova s’interrompit brusquement en avisant qui venait de pénétrer dans son café. Orson, à qui il était sur le point de raconter sa plaisanterie, fit de même et ne put s’empêcher de pouffer.

— Quand on parle du loup, commenta-t-il.

Beck lui décocha un regard noir. Il espéra sans trop y croire que Merrilee ne l’avait pas entendu. Mais l’Alpha de Hell’s Lake était dotée d’une ouïe aussi fine que sa vue. Le sourire ironique qui se dessina alors sur ses lèvres acheva de dissiper ses illusions.

Comme chaque fois qu’il posait les yeux sur elle, il fut frappé par le charme qui émanait de Merrilee. Elle était vraiment petite mais possédait la silhouette la plus fabuleuse qu’il lui eût jamais été donné de voir. Tout en elle n’était que courbes gracieuses, promesse de volupté. Ses longs cheveux étaient d’un noir de jais, ses yeux deux éclats de glace bleutée qui paraissaient transpercer tous ceux sur qui se posait son regard. Mais ce qui était plus fascinant encore pour un lycan comme lui, c’était son odeur chaude et sucrée, ponctuée d’épices mystérieuses. Elle s’insinuait en lui, paraissant promettre mille délices.

Mais il la connaissait suffisamment pour savoir que sous ces dehors terriblement sensuels se cachait une volonté d’acier. Merrilee régnait sur sa meute de main de maître. Et elle menait sa propre existence comme elle l’entendait, sans la moindre concession.

Beck se répéta qu’il était lui-même l’Alpha de l’une des meutes les plus respectées de cette partie du pays. Dans la hiérarchie des lycans, il était au moins son égal.

Si seulement il avait été capable de se conduire autrement que comme un adolescent amoureux chaque fois qu’elle entrait au Sun Down — le bar qu’il tenait lorsqu’il ne présidait pas aux destinées de ses concitoyens…

Craignant de trahir son trouble, il se détourna pour aller remplir une pinte de cette bière ambrée qu’il fabriquait lui-même et dont elle raffolait. Lorsqu’il se retourna enfin, il constata qu’elle avait entrepris de faire le tour de la salle pour saluer ceux qu’elle connaissait. Tout le monde, en fait, en dehors de quelques touristes de passage qui venaient profiter des paysages magnifiques de leurs belles montagnes.

Beck ne put s’empêcher de remarquer la façon dont sa jupe remontait, dévoilant ses longues cuisses bronzées au galbe parfait. La chemise à carreaux toute simple qu’elle portait était ouverte au col, laissant deviner la naissance de ses seins. Elle était tout bonnement irrésistible, et elle le savait parfaitement. Son instinct lui soufflait que cette petite mise en scène lui était destinée.

Réprimant un soupir, Beck arbora son air le plus blasé et se mit à polir le comptoir de bois que son oncle avait taillé de ses propres mains, cinquante ans auparavant. Il était parti vers l’ouest, depuis, lui laissant le bar et le commandement de la meute qu’il avait fondée. Beck avait l’impression de souffrir d’un dédoublement de la personnalité. Une partie de lui brûlait de rejoindre Merrilee, de l’attraper par la taille et de l’embrasser avant de l’entraîner hors d’ici pour lui faire l’amour.

Simultanément, il éprouvait une profonde frustration à l’idée que cela ne déboucherait sur rien. Il n’y avait rien à attendre de cette relation, si ce n’était la satisfaction temporaire du désir qu’il avait d’elle. Et, aussi étrange que cela puisse paraître, ce n’était plus suffisant. Car il commençait à se lasser de ce petit jeu du chat et de la souris. Il était à un moment de son existence où il avait besoin de construire quelque chose, de s’investir réellement dans une relation. Hélas, ce n’était pas du tout le cas de Merrilee et elle le lui avait très clairement fait comprendre.

— Salut, Beck ! s’exclama-t-elle joyeusement.

Il se contenta d’un hochement de tête et la regarda se jucher gracieusement sur l’un des tabourets du bar, ce qui fit remonter un peu plus sa jupe sur ses cuisses soyeuses. S’efforçant d’ignorer le début d’érection qui comprimait son jean, il posa devant elle la pinte de bière qu’il venait de tirer.

— Comment s’est passé le vol de retour ? lui demanda-t-il.

— Je suis arrivée à Hell’s Lake à la tombée de la nuit, répondit-elle en refermant les doigts sur son verre couvert de gouttelettes glacées.

Du bout de la langue, elle cueillit un peu de mousse, qu’elle avala avec un sourire ravi. Le sexe de Beck était maintenant aussi dur qu’une barre d’acier trempé. Et le pire, songea-t-il, c’était qu’en dépit du bar qui les séparait elle devait le savoir. Elle leva son verre en un toast muet et le porta à ses lèvres. Beck admira la courbe de sa gorge tandis qu’elle buvait. Lorsqu’elle reposa la pinte, il lui fallut faire un violent effort pour résister à l’envie qu’il avait de cueillir du bout du doigt la trace de mousse qui lui barrait la lèvre supérieure.

Ce genre de manifestations de tendresse étaient précisément ce qui agaçait le plus Merrilee. Combien de fois lui avait-elle répété que, en tant qu’Alpha, elle ne pouvait se permettre de s’afficher avec qui que ce soit.

— Nous avons déjà beaucoup de chance d’avoir trouvé un terrain d’entente, ne cessait-elle de lui répéter. A notre place, la plupart des lycans passeraient leur temps à se battre…

Il ne pouvait le nier. La plupart des Alphas qu’il connaissait n’avaient de cesse que d’étendre leur territoire et agrandir leur meute. Mais Beck était différent. Il aspirait surtout à vivre en paix et à trouver une forme d’harmonie intérieure. C’est pour cela qu’il avait choisi de rester dans ces montagnes reculées qui étaient si propices au recueillement et à la tranquillité. Evidemment, il s’était toujours gardé de faire part de ces états d’âme à Merrilee, convaincu qu’elle le prendrait pour un fou.

Comme il se faisait cette réflexion, elle essuya la mousse qui maculait sa lèvre du revers de la main et poussa un profond soupir.

— C’est exactement ce dont j’avais besoin, déclara-t-elle en faisant tinter ses ongles vernis contre le verre.

— Dure semaine ? lui demanda-t-il.

— Tu n’as pas idée !

Elle se pencha légèrement sur le côté pour ôter ses chaussures à talons. Seule une lycane pouvait espérer garder son équilibre dans la cour gravillonneuse du bar. Elle posa ses escarpins sur le bar à côté d’elle.

— J’aurais mieux fait de monter un bar, moi aussi, déclara-t-elle en riant. Toi, au moins, tu peux travailler pieds nus !

— On voit que tu n’as jamais travaillé dans un endroit pareil, répliqua-t-il. Etant donné le nombre de verres qu’on me casse chaque semaine, il ne me viendrait pas à l’idée d’enlever mes bottes.

Il haussa les épaules.

— De toute façon, tu n’en penses pas un mot, ajouta-t-il. Tu adores ton travail.

— C’est vrai, concéda-t-elle. Mais, très franchement, je ne comprends pas pourquoi la plupart de mes clients insistent pour me voir en personne. La plupart des dossiers pourraient parfaitement être réglés par téléphone et internet.

Beck avait sa petite idée là-dessus. Il n’avait aucun mal à s’imaginer ce que pensaient les patrons d’entreprise qui découvraient la photo de Merrilee sur son site ou sur sa page Facebook. Il se força à réprimer l’accès de jalousie qui montait en lui. Après tout, Merrilee lui avait parfaitement fait comprendre qu’elle ne lui appartenait pas. A vrai dire, il ne savait pas si elle avait d’autres aventures et préférait continuer à l’ignorer. L’idée qu’elle puisse s’offrir à un autre que lui le rendait fou.

— Au moins, les affaires vont bien, reprit-elle avec un sourire ravi.

Cela n’étonnait pas Beck. Les lycans de Hell’s Lake formaient une communauté très créative. La plupart d’entre eux étaient des artistes, des designers ou des auteurs. Keisha, la Bêta de Merrilee, par exemple, était une photographe reconnue qui vendait régulièrement des clichés aux plus grands magazines du pays. Tous ces talents se complétaient à merveille et c’est ce qui avait permis à Merrilee de fonder l’une des agences de communication les plus dynamiques de la côte ouest.

— Et comment se porte la meute de Mad Dog Valley ? lui demanda alors Merrilee.

— Très bien, répondit-il. Tout est calme, par ici. Nous n’avons pas eu de nouveaux mystérieux visiteurs depuis le mois dernier.

Au mépris des règles les plus élémentaires, le lycan qui était passé par Mad Dog Valley n’était pas venu lui présenter ses respects. Beck l’avait suivi discrètement jusqu’à la frontière qui séparait ses terres de celles de Merrilee. Sachant qu’il ne pouvait aller plus loin sans son autorisation, il l’avait appelée pour lui signaler la présence de l’inconnu.

— Je me demande ce qu’il est devenu, murmura-t-elle.

— Vous ne l’avez pas pisté ?

— Si, mais il s’est éloigné en direction des terres sauvages. J’ai chargé Peter de surveiller notre frontière, au cas où il reviendrait.

— Il n’y a rien par là-bas, remarqua Beck. Qu’a-t-il bien pu aller y faire ?

— Je l’ignore.

Luttant contre le mauvais pressentiment qui l’habitait, Beck alla servir l’un de ses habitués. Merrilee en profita pour terminer son verre. Elle ramassa alors ses chaussures et sauta gracieusement au bas de son tabouret.

— A plus tard, Beck ! s’exclama-t-elle. Merci pour le verre.

Elle ne lui laissa pas le temps de répondre et s’éloigna en direction de la sortie. Il la suivit des yeux en se demandant si elle paierait un jour ses consommations. Puis il ramassa son verre qu’il plaça directement dans la machine à laver.

La soirée fut plus animée qu’il ne l’avait imaginé et se termina par un concert impromptu d’Orson et de trois de ses amis, qui les régalèrent d’une prestation plutôt convaincante dans le plus pur style country.

Après avoir pris congé des derniers fêtards, Beck sortit les poubelles et en profita pour observer la ville. Sa ville. Malgré son nom haut en couleur, Mad Dog était un petit patelin des Rocheuses comme il en existait des centaines. C’était un endroit calme et accueillant où les gens se saluaient encore dans la rue. En tant que chef de meute et maire, Beck était très fier de ses concitoyens, qui avaient su conserver leur simplicité et leurs valeurs.

Il alla fermer la porte du Sun Down et s’apprêtait à enfourcher sa Harley, qui était garée devant, lorsqu’il sentit que quelqu’un l’observait depuis la ligne des arbres.

— Je sais que tu es là, appela-t-il.

Aucune réponse ne lui parvint, ce qui ne le surprit pas.

— Inutile de te cacher, ma belle, lui lança-t-il.

Elle s’avança à la lisière de la forêt et il retint son souffle. Sous sa verita luna, sa forme de loup, elle était aussi belle que sous forme humaine. C’était un animal de petite taille au pelage noir et à la silhouette élancée. Il émanait d’elle une impression de force et de vivacité peu communes.

— Tu as oublié de payer ta bière, lui dit-il, refusant de se laisser charmer une fois de plus.

Elle couvrit à toute vitesse la distance qui les séparait et agrippa de ses dents la jambe de son jean, manquant le faire basculer.

— Tu pars sans rien dire et, maintenant, tu as envie de jouer, protesta-t-il. Il faut savoir ce que tu veux !

Merrilee émit un grognement menaçant. Beck comprit qu’il devrait rester sur ses gardes. Car les lycans sous leur verita luna avaient tendance à perdre leurs inhibitions.

— Allez, rentre chez toi, lui dit-il. Je ne suis pas d’humeur à jouer.

Elle le regarda fixement, comme si elle avait du mal à croire qu’il puisse la repousser de cette façon.

— Allez, file ! s’exclama-t-il avec un geste de la main.

Au lieu de lui obéir, elle chargea. Cette fois, ses dents se refermèrent sur l’entrejambe de son pantalon, bien trop près à son goût de la partie la plus sensible de son anatomie.

— Bon sang, Mer ! s’écria-t-il, furieux, en sentant son jean se déchirer.

Le vent frais du soir vint le caresser, lui arrachant un frisson. Merrilee bondit de nouveau, mais cette fois il l’attendait de pied ferme. Usant de sa haute taille et de sa force nettement supérieure, il la saisit par le cou et la souleva de terre. Tandis qu’elle essayait vainement de se dégager, il dut la tenir à bout de bras pour éviter qu’elle ne le griffe ou le morde. Il la projeta alors dans l’abreuvoir qui se trouvait juste devant le bar. Elle atterrit dans l’eau avec un bruit d’éclaboussures et un grondement furieux.

Beck demeura immobile, les mains sur les hanches, sachant qu’il venait de commettre une terrible erreur. Une erreur qu’il ne regrettait pas.

Merrilee posa ses pattes avant sur le rebord de l’abreuvoir et lui jeta l’un de ces regards bleu glacé dont elle avait le secret. Il eut à peine le temps de comprendre ce qu’elle s’apprêtait à faire que déjà elle lui sautait dessus.

Cette fois, il bascula en arrière et se retrouva étendu de tout son long sur le tapis d’aiguilles de pin. Elle se redressa au-dessus de lui et s’ébroua de toutes ses forces, faisant pleuvoir sur lui une averse de gouttelettes argentées. Son odeur envahit Beck. Une fragrance sauvage, faite de musc mêlé de vanille, qui s’insinua au plus profond de lui, réveillant le désir qu’il avait d’elle.

— Va-t’en Merrilee, protesta-t-il. Je ne suis pas intéressé.

Sans se décourager le moins du monde, elle attrapa entre ses dents l’ourlet de son T-shirt et tira dessus pour le lui ôter. S’il ne s’était pas laissé faire, le vêtement se serait déchiré. Il tenta de la ceinturer pour le récupérer mais elle s’échappa sans mal et se mit à courir, la queue entre les jambes comme si elle avait peur de lui.

Ce n’était pas le cas, bien sûr, mais elle avait eu tort d’agir ainsi. Car ce T-shirt était l’un de ses préférés et il était bien décidé à le récupérer. A n’importe quel prix.

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