Désirs troublants - L'inconnu d'une nuit

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Désirs troublants, Kathleen O’Reilly

Un soir où, pour rendre service à un ami chauffeur de taxi, elle a accepté de le remplacer au pied levé, Edie prend en charge un homme qui est a priori tout ce qu’elle déteste – froid, manifestement dénué d’humour, et vêtu d’un costume strict. Pourtant, cet inconnu suscite en elle une réaction inattendue, une sorte de curiosité mêlée de désir, qui lui donne immédiatement envie de le faire sortir de son silence et de le pousser dans ses retranchements. Aussi décide-t-elle de jouer le tout pour le tout afin de découvrir si cet homme troublant cache, comme elle en a l’intuition, une personnalité de feu sous ses dehors de glace…

L’inconnu d’une nuit, Isabel Sharpe

Alors qu’elle sirote un verre dans un bar chic de Chicago, Darcy est comme frappée par la foudre quand elle croise le regard de l’inconnu assis de l’autre côté du bar. Grand, musclé, terriblement sexy, il est l’incarnation du beau brun ténébreux dont elle rêve depuis toujours, et il dégage une sensualité qui lui donne aussitôt envie de faire des folies. Alors, même si elle sait que cette aventure n’aura aucune suite, elle décide d’oublier la raison et de se laisser tenter, pour une nuit seulement. Sauf que, quelques jours après cette nuit magique, intense, elle découvre que son bel inconnu ne l’est peut-être pas tant que cela…
Publié le : jeudi 1 mars 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280232852
Nombre de pages : 432
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Ni la pluie ruisselant sur le pare-brise ni l’heure avancée de la nuit n’auraient pu affecter la bonne humeur d’Edie Higgins. Aux commandes du taxi de son ex-colocataire, Barnaby, elle jeta un nouveau coup d’œil à sa montre Mickey Mouse qui conîrma qu’il était bien 1 heure du matin. Elle se remit à pianoter joyeusement sur le volant tout en observant l’animation de l’aéroport JFK. Elle aimait ce job, même si le véhicule n’était plus en très bon état. La climatisation avait manifestement rendu l’âme depuis la dernière fois qu’elle l’avait conduit, mais heureusement qu’en cette nuit de mai la température était agréable. Les freins n’étaient pas en meilleure condition non plus, mais elle avait le pied lourd et ça ne devrait pas être un problème. Peu importait, rien ne viendrait gâcher le plaisir qu’elle éprouvait à convoyer des inconnus dans la nuit new-yorkaise. Elle détailla avec curiosité la longue île de voyageurs trempés qui attendaient derrière la borneTaxI. Toute enfant, déjà, elle adorait l’atmosphère particulière des aéroports, faite de tension et d’émotion. Les étreintes de familles qui rentraient, les longs baisers passionnés d’amants enîn réunis, les yeux embrumés de larmes d’un enfant ne comprenant pas pourquoi maman devait s’en aller. C’était ça la vie, c’était ça les connexions dont avaient faim les gens, et ça l’émouvait toujours. En préparant sa soirée de travail, elle savait d’avance que cette heure tardive un jeudi soir serait exactement ce
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qu’elle recherchait : une nuit à touristes. Une nuit propre à chasser l’ennui, durant laquelle elle pourrait conduire des couples aux yeux émus jusqu’à la destination de leurs rêves. Ou emmener des familles dans le piège à touristes très surfait qu’était Broadway. Elle-même se faisait fort de faire tout ce qui pourrait les rendre heureux, et c’était bien cela qu’elle préférait. Observer les gens alors qu’ils bouillaient d’impatience, les yeux brillants à l’idée de ce qui les attendait. Etçaaussi, ça l’émouvait. Elle attrapa son téléphone et vériîa sa messagerie, juste au cas où il aurait téléphoné. « Vous n’avez aucun nouveau message », lui annonça la voix électronique, et elle fourra le portable dans son sac. Inutile de penser à des appels téléphoniques non passés, à des gens qui n’avaient pas besoin d’elle, alors qu’il y avait là-dehors des centaines de personnes rêvant de s’abriter de la pluie, ce qui était précisément la raison de sa présence en ces lieux. Lentement, elle suivit la île. Sous le panneauTaxI, un employé trempé enfournait les passagers dans les taxis jaunes comme autant de sacs-poubelles. A la lumière des réverbères, elle examina la île d’attente et tenta de repérer quelle proie lui serait attribuée. L’homme en uniforme ne tarda pas à ouvrir la portière arrière de son véhicule à la volée. Elle sentit la voiture bouger sous le poids de l’inconnu qui s’installait et jeta un coup d’œil par-dessus son épaule, impatiente de voir quelle aventure excitante la loterie des passagers lui avait réservée ce soir. Seraient-ce des amoureux en train de se tripoter ? Une famille bruyante ? Elle déchanta bien vite. Elle venait d’hériter de M. Hyper-Pragmatique, en trench-coat Pas-De-Champagne-Pour-Moi-Merci, qui devait ignorer jusqu’au sens du motaventure, à moins bien sûr de regarder dans
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un dictionnaire. Il portait un costume noir et une cravate nouée en un impeccable nœud Windsor. (Elle savait ce qu’était un nœud Windsor parce que son père — le très estimé Dr Jordan Higgins — raffolait du nœud Windsor. Un nœud de cravate net, professionnel). Exactement comme celui du Dr Jordan Higgins. Et, à l’image de tant de choses qu’aimait le très estimé Dr Jordan Higgins, elle détestait le nœud Windsor. Bien sûr, elle ne voulait pas être trop critique, mais elle détestait aussi les cravates. Elle les mettait dans le même lot que les collants féminins, autre invention propre à réduire l’apport en oxygène et destinée à piéger l’humanité dans un carcan d’uniformité. Elle jeta un autre coup d’œil en douce au rétroviseur. La mise de l’homme était impeccable, et son expression dénuée de la moindre trace de fatigue caractéristique du voyageur… et de tout semblant d’humanité. Génial. Dire qu’elle avait renoncé à une soirée agréable avec Anita pour conduire le taxi et pour hériter de…cela! Au moins son client avait-il les cheveux en bataille, songea-t-elle alors qu’il posait son attaché-case près de lui sur la banquette. La pluie avait assombri ses boucles noires et une mèche lui retombait sur les yeux. Impatient, il la repoussa. Dommage ! Il était bien plus séduisant avec les cheveux en désordre. Seule une personne comme elle, Edie, pouvait reconnaïtre et apprécier à leur juste valeur les avantages intrinsèques de quelqu’un comme lui. Mais cela, elle comptait bien le garder pour elle. Elle savait que les trench-coats ne réagissaient jamais bien à la critique, aussi se contenta-t-elle de se diriger vers l’entrée de la voie rapide qui menait au périphérique — autrement dénommée Le Congrès des nids-de-poule d’Amérique —, et de s’insérer dans la circulation.
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— Quelle destination, monsieur ? — L’hôtel Belvédère. Ce qui ne manqua pas de la surprendre, car le Belvédère était un hôtel plutôt coquin et pas du tout l’endroit où devrait descendre un nœud Windsor — à moins que la cravate soit en satin avec des motifs scabreux. Dans le rétroviseur, elle scruta son passager d’un regard plus appréciateur.Scabreux? — Sérieux ? — Contentez-vous de conduire, lui ordonna-t-il d’une voix sèche et impersonnelle, visiblement habitué à ce qu’on obéisse à ses ordres. Mais elle n’avait pas l’habitude de s’en laisser conter et tapota impatiemment des doigts sur son volant. — Vous avez rendez-vous avec quelqu’un, à l’hôtel ? insista-t-elle. Impassible, il rencontra son regard dans le rétroviseur puis jeta un coup d’œil au prénom marqué sur le pare-soleil. — Vous ne ressemblez pas à quelqu’un répondant au nom de Barnaby. — Les merveilles de la médecine. Deux années d’hor-mones, quelques petites opérations, et me voilà, Barbara ! — Peu probable, marmonna-t-il, manifestement décidé à gâcher sa bonne humeur. Quand elle reporta les yeux sur le rétroviseur, il se débattait encore avec la mèche de cheveux qui s’entêtait à lui retomber devant les yeux. Elle sourit. Parfois, Dieu existait et, parfois, il avait de l’humour. — Barnaby est mon ex, avoua-t-elle. — Votre ex vous laisse conduire son taxi ? Ce doit être illégal. Elle éluda la question d’un haussement d’épaule. A ses yeux, la loi était un assortiment de décrets destinés à contraindre les gens, tout comme le nœud Windsor.
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— Son oncle Marty est bien placé à la commission des taxis et limousines. Je ne crois pas qu’ils soient vraiment parents, c’est plutôt une relation établie sur le partage de gros pourboires. En bref, Barnaby s’en sort mieux que d’autres. — Quel est votre vrai travail ? — MonvraI travaIl? ît-elle en s’esclaffant. Qu’est-ce que c’est, exactement ? Un travail peu gratiîant mais qui paie bien et que les gens considèrent comme socialement acceptable ? Comme passer huit heures à éplucher des documents à vomir, ou s’acharner sur des détails à vous éroder le cerveau et essuyer des disputes à propos de fournitures de bureau éventuellement chapardées ? Non, merci ! Néanmoins, dans l’intérêt de la vérité et parce que je ne tiens pas à provoquer des ennuis à oncle Marty, je ne conduis pas très souvent le taxi. Je le fais surtout quand Barnaby a rendez-vous avec Sacha, habituellement le jeudi quand il est censé avoir cours — mais il ne risque pas d’être en classe, vu qu’il a tout laissé tomber au dernier semestre. — Pourquoi tous ces secrets ? demanda son passager. Elle devina qu’il ne devait pas savoir ce que signiîait avoir une famille envahissante et autoritaire. Oh ! Elle non plus n’avait pas une telle famille, mais elle en avait toujours rêvé — une grande famille bruyante, avec des tas de frères et sœurs, un peu comme dans les sitcoms. Alors qu’elle passait le péage, elle décida d’assouvir la curiosité de son client, en prenant le ton doctoral de quelqu’un chargé de dispenser un cours sur la dynamique de la famille américaine. — Ils gardent le secret sur leurs relations parce que Sacha n’est pas bien vue par la famille de Barnaby. Elle vient de l’Oklahoma, et les parents de Barnaby ne sont vraiment pas d’accord parce qu’ils sont bizarrement, mais complètement, anti-Oklahoma. Alors, parfois, il m’ap-
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pelle et je conduis son taxi. C’est souvent le jeudi, ce qui m’arrange, parce que c’est une bonne nuit pour quelqu’un d’aussi sociable que moi. Elle vira brutalement sur la gauche, s’inséra devant un taxi qui n’avait manifestement pas appris les îcelles du métier et poussa un juron quand le ot de voitures s’arrêta net. Ce soir, le périphérique était embouteillé, et les lumières rouges des feux arrière avaient un éclat presque surnaturel au travers de la pluie. Un peu plus loin, elle avisa une route en construction désertée par ses ouvriers, ce qui n’était pas étonnant vu la pluie battante. Seule restait la bande d’arrêt d’urgence réservée aux véhicules ofîciels si elle voulait échapper à l’embouteillage. New York répondait à une logique tordue, il fallait juste s’adapter. M. Trench-coat n’était pas le genre à s’adapter. Repérant un dégagement de voie plus loin, elle enfonça l’accélérateur mais dut aussitôt écraser le frein pour suivre le rythme saccadé de la circulation. Elle s’efforça de ne pas sourire en constatant que M. Trench-coat s’était cogné la tête au passage contre la vitre du véhicule. Elle prenait son rôle de taxi new-yorkais très au sérieux et, comme ceux-ci avaient la réputation d’être des conducteurs grossiers et exécrables, elle avait pour politique d’en donner à ses clients pour leur argent. Elle en rajoutait donc dans le registre mauvais conducteur même si, franchement, elle trouvait que cette réputation était bien surfaite — enîn, en partie. — Cela ne vous dérange pas que votre ex voie une autre femme ? lui demanda son passager, toujours d’un calme olympien. — Ça n’a pas marché entre nous, expliqua-t-elle en manœuvrant de façon créative dans la circulation. Elle constata que pas une seule fois au cours des nom-breuses embardées qu’elle inigea au véhicule l’homme
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ne cilla, ne jura ni ne s’accrocha à la poignée. Bon sang, elle était tombée sur un coriace. Après avoir écrasé le Klaxon derrière un chauffeur du New Jersey trop lent, elle sourit et lança une bordée d’imprécations peu gracieuses. Un rapide coup d’œil par-dessus son épaule lui conîrma que son passager était toujours aussi indifférent à sa manière de conduire, ce qui la déçut et l’obligea à se demander si elle n’avait pas perdu la main. Bah, ça pouvait s’arranger ! — J’ai fait des efforts pour que ça marche, reprit-elle en zigzaguant légèrement aîn de rouler dans le plus de nids-de poule possible. Côté sexe, c’était vraiment bien, mais Barnaby ne savait jamais de quoi parler, il n’avait aucune imagination. Il n’avait pas non plus une once de roman-tisme, et je dois bien dire qu’il était vraiment maigrelet. Il faut aussi que je vous dise que c’est vite devenu rasoir. Ce qui n’est jamais un bon signe dans une relation. De plus, une femme le sait très vite. Au bout de cinq minutes, je sais si un homme est le bon. — Cinq minutes ? Aussi longtemps ? Elle perçut une franche incrédulité dans sa voix mais elle avait déjà eu affaire au doute et adorait la polémique. Il y avait dans le monde des vérités universelles, particu-lièrement en ce qui concernait l’amour, et plus les hommes étaient instruits desdites vérités, mieux la gent féminine se portait, où que ce soit. — Oh ! Bien sûr, essayez de me faire croire que vous ne faites pas la même chose. Il a étéscIentIiquementprouvé que les gens le savent presque instantanément. En ce qui me concerne, je préfère ne pas gâcher mon temps. La vie est trop courte pour ignorer ce qui se trouve juste sous son nez. Ou ce qu’on n’a pas. A peu près tout ce qu’elle venait de dire était du grand n’importe quoi, mais la dernière partie était vraie.
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— Et quels sont ces signes qu’on est censé chercher pour reconnaïtre lebon? Manifestement, il se moquait d’elle, il s’amusait de ce qu’il pensait être idiot et peut-être un peu naf. Elle fut contrariée de s’être instinctivement raidie sous la remarque, mais on l’avait déjà qualiîée d’idiote auparavant — des gens dont l’opinion comptait — et cela ne la dérangeait pas. Enîn, pas trop. — Pensez ce que vous voulez mais, en ce qui me concerne, je cherche l’éclair, le coup de tonnerre, AC/DC qui joue dans ma tête. Il faut que la terre tremble sous mes pieds, et il faut que j’oublie comment respirer. — Ça, ce n’est pas de l’amour, c’est de la cardiomyo-pathie induite par le stress. Elle connaissait ce ton, cette voix plus sèche que le Sahara, éliminant tout ce qui ne pouvait être prouvé au moyen de méthodes scientiîques. Comme si l’amour pouvait êtreprouvéou non ! L’amour était, point à la ligne. — M. Je Sais Tout, on dirait. Visiblement habitué à l’insulte, il choisit de l’ignorer. — Combien de fois avez-vous éprouvé ces symptômes ? — Jamais. — Vous vous destinez à l’échec, déclara-t-il d’un ton péremptoire. Quelle gie pour les romans à l’eau de rose, les sites de rencontres et toute l’industrie du speed-dating, pensa-t-elle. — La vie est une succession d’échecs, répondit-elle avec philosophie. Si on n’échoue pas, on a échoué à vivre vraiment. Je tente ma chance. Elle aurait dû être heureuse qu’il ne trouve rien à redire à cela, mais ce ne fut pas le cas. Le Dr Jordan Higgins ne polémiquait jamais non plus, même si ce qu’il venait d’entendre était outrageant ou sujet à controverse. Elle alluma la radio mais, comme le bouton de volume ne
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marchait plus et que le son n’était pas assez fort pour noyer le silence, elle l’éteignit aussitôt. Finalement, elle opta pour engager une conversation classique. — Vous êtes cancer, n’est-ce pas ? s’enquit-elle. — Pas que je sache. — Votre signe. Cancer. Réticent, inexible, rééchi. — Gémeaux. « Intelligence éblouissante ? Impulsif ? » — Jamais de la vie. — Et pourtant, insista-t-il. Incapable de se résigner à cette anomalie astrologique, elle abandonna toute conversation personnelle jusqu’à ce qu’ils arrivent sur la voie express Brooklyn-Queens. Alors qu’ils la parcouraient, elle désigna les divers sites touris-tiques à côté desquels ils passaient, mais son petit discours « Bienvenue à New York » fut interrompu par un bip. M. Trench-coat recevait un texto. Elle cessa de parler et imagina sans problème le message qu’il lisait sur son portable. Pour son bien, elle espéra que c’était quelque chose de sexy, peut-être visuel, suggestif, truculent, mais pas de mauvais goût. La subtilité était très efîcace dans l’art de séduire. Quant à elle, elle se consi-dérait comme une experte dans l’art d’aimer. Une seconde plus tard, il lâcha un juron, pas sexy du tout. A vrai dire, il paraissait franchement contrarié. D’un coup d’œil dans le rétroviseur, elle vit qu’il s’était rembruni. La mèche lui tombait toujours dans les yeux mais il ne faisait aucun geste pour la remettre à sa place. Le monsieur avait une arête en travers de la gorge. — Quelque chose ne va pas ? demanda-t-elle en s’ef-forçant de prendre une voix innocente. — Ce n’est rien. Ha. Si ce n’était rien, elle était astrophysicienne ! Oh !
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Elle aurait pu l’être, si elle avait voulu. Elle avait suivi des cours d’astrophysique à l’université de New York, mais avait changé d’avis après une discussion houleuse avec le prof à propos de la viabilité des géantes rouges, des naines blanches et de l’idéologie antiféministe des contes de fées qui perpétue l’idée qu’une femme devrait être soumise aux exigences sexuelles de sept hommes professionnellement déîcients ayant un gros complexe de Napoléon. Certains avaient pensé que de passer des étoiles aux clichés littéraires antiféministes était plutôt tordu, dont en premier celui qu’elle surnommait affectueusement le professeur Moriarty. De fait, il n’avait pas été plus amusé que son passager, qui tournait un regard absent vers la fenêtre. Elle éprouva pour lui un soupçon de compassion, et cela la stupéîa, car les nœuds Windsor et autres trench-coats ne méritaient aucune compassion. Mais, bien sûr, ils ne juraient pas non plus. — Quelque chose a contrarié vos projets ? — Le seul projet que j’ai est de dormir, dit-il. — Au Belvédère ? dit-elle en riant et en prenant la sortie vers le Whitestone Bridge. Oh ! Ça ne me regarde pas, mais je meurs d’envie de savoir, alors si vous vouliez bien me donner des détails je serais tout oue. Il se détourna de la fenêtre et chercha son regard dans le rétroviseur. Ses sourcils parfaits s’étaient froncés. Elle fut satisfaite d’avoir enîn réussi à lui tirer une émotion quelconque. — Qu’y a-t-il avec le Belvédère ? Un problème ? — Vous n’y êtes jamais descendu ? — Non. Mon frère compte y séjourner le mois prochain, et je me suis dit que j’allais l’essayer. Elle ne put se retenir de rire. — Oh ! non, ît-il, comprenant à demi-mot la situation. Elle n’était pas loin de le plaindre, à présent, même si
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