Destins croisés

De
Publié par

Jean et Catherine sont heureux.

Catherine va mettre au monde leur premier bébé.

Tout leur sourit.

Ils sont jeunes et beaux, ils sont riches.

Joséphine ne fera qu’agrandir leur bonheur.Mais la guerre est là. Des bruits circulent.

Personne ne veut y croire et pourtant…


Suivez la vie de Joséphine, dont le destin ressemble étrangement à celui de Louis.

Leur amour résistera-t-il à l’injustice et à la haine ?

Laissez-vous aller au fil des pages de ce roman.

Vous serez séduit par leur amour et leur détermination.


Publié le : lundi 1 janvier 2007
Lecture(s) : 39
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9999998620
Nombre de pages : non-communiqué
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
À Joséphine,
En souvenir de ses chers parents. Cétait le vingt-deux février. Un soleil éclatant faisait étinceler le givre et la neige. Dans sa chambre à coucher Catherine venait de ressentir les premières contractions, aussi par précaution, la sage femme lui avait conseillé de garder le lit. La journée passait lentement, Catherine avait hâte davoir son bébé, fille ou garçon cela lui était égal, elle navait plus quune envie, tenir ce petit être dans ses bras. Jean, son mari, aurait préféré comme tous les hommes avoir un fils, mais Dieu seul savait pour linstant le sexe de ce petit ange, qui commençait à se faire attendre. Le soleil déjà haut dans le ciel devenait de plus en plus blanc. Lhiver était bien là. De temps en temps, quelques corbeaux pas-saient en croassant exposant une dernière fois leurs larges ailes noires à cet astre déclinant. Soudain on sonna à la porte. Cétait la sage-femme qui, nayant pas de nouvelles de Catherine depuis plusieurs heures, venait voir où en était le travail.
7
Destins Croisés
Au même moment, Jean arrivait dun pas rapide de son bureau. Lorsquil aperçut la brave femme, il monta rapidement lescalier pensant que le bébé ne lavait pas attendu. Cest le souffle court, quil entra dans la chambre de Catherine pensant y trouver lenfant chéri.  Jai cru que le petit chenapan était déjà arrivé  Je suis contente que tu sois là, je pense que cela ne devrait plus tarder, dit Catherine en grimaçant.  Sortez ! Monsieur Jean, nous navons pas besoin dun homme dans nos pieds ! Allez ! Nous vous appellerons le moment venu.  Non, je voudrais quil reste, supplia Catherine. La sage-femme ne voulut rien entendre. Jean redescendit lescalier la tête basse.  Comprenez-moi, Madame Catherine, si ce grand dadais vient à se trouver mal, jen aurais deux à soigner, faites-moi confiance. La sage-femme connaissait bien Jean, cétait elle qui lavait mis au monde, ainsi pouvait-elle se permettre de telles familiarités.  Allons Catherine, nous allons nous mettre au travail. Si vous faites bien ce que je vous dis, votre petit trésor viendra vite et tout se passera le mieux du monde. Catherine se laissa guider par madame Massent, et quelque temps après on entendit les premiers vagissements de lenfant nouveau-né. Fou de joie, Jean remonta lescalier quatre à quatre et se pré-cipita dans la chambre. Le spectacle quil vit le bouleversa. La mère et lenfant dormaient dans les bras lun de lautre. Catherine était fatiguée, mais tellement heureuse. Elle tendit le bébé à Jean, qui le prit avec une infinie tendresse.  Cest une fille, murmura Catherine.  Comme elle est belle, comme elle te ressemble !
8
Destins Croisés
Il sassit au bord du lit ne pouvant détacher son regard de son enfant.  Comment allons-nous lappeler ?  Javais pensé à Joséphine ? dit Catherine, dun air interrogateur.  Joséphine ?  Attends laisse-moi la regarder, voyons si ce prénom lui convient Cest daccord pour Joséphine.  Mais attention, petite Joséphine, tu portes le prénom dune impératrice, à toi dassumer ce lourd fardeau, dit Jean en souriant. Catherine reprit dans ses bras ce si précieux joyau, lembrassa et la déposa dans son berceau.  Merci ma chérie, tu ne pouvais moffrir un plus joli cadeau. Catherine reposait calmement dans ses draps immaculés, un sourire au coin des lèvres. Elle venait daccomplir un rêve mer-veilleux, celui dêtre mère. * Les mois sécoulaient paisiblement. Joséphine surprenait chaque jour ses parents. Comme ils étaient heureux tous les trois ! Rien ne semblait pouvoir détruire un tel bonheur. Lété était arrivé avec ses journées chaudes et difficiles à supporter pour un petit bébé. Joséphine semblait très bien sen accommoder. Installée sous une moustiquaire, elle gazouillait gaiement. Les oiseaux étonnés lui donnaient la réplique. Tout ce petit monde vivait en parfaite harmonie. Hélas ! Le canon tonnait à Verdun. On espérait la fin de la guerre, mais les nouvelles qui arrivaient du front nétaient pas bonnes. On dénombrait des milliers de morts tous les jours. Tout
9
Destins Croisés
le monde était touché. Le petit voisin parti deux mois plus tôt était mort hier. Jean commençait à se faire du souci. Et sil devait lui aussi partir se battre ? Jamais il ne pourrait laisser Catherine et Joséphine ! Bientôt il fallut se rendre à lévidence. Ce fut par un matin gris de septembre, alors que le brouillard et la rosée faisaient ressortir une âpre odeur de terre détrempée par les pluies dautomne, que le facteur sonna à la porte tenant un ordre de mission à la main. Il était libellé au nom de monsieur Jean Morlay. Lorsque Jean le lut, il devint livide.  Catherine ! Joséphine ! pensa-t-il. Il devait rejoindre son régiment à la gare de Metz le lendemain. Catherine à son tour prit connaissance du papier que tenait Jean. Des larmes coulèrent sur son visage blême.  Non ! Pas toi, ce nest pas possible ! Jeanne put sempêcher de dire au porteur de son ordre de mission :  Tu es un bien triste messager !  Je sais monsieur. Mon tour viendra. Un autre prendra ma place, puis un autre, puis un autre Il séloigna rapidement, le bras levé, mimant une roue qui tourne, entraînant un engrenage infernal. Puis il dégringola les marches du perron, sans se retourner. On ne le revit plus jamais.  Sois courageuse, ma chérie, il ny en a plus pour longtemps. Daprès les dernières nouvelles, la guerre devrait bientôt se terminer.  Non, je ne veux pas que tu partes ! sécria Catherine.
10
Destins Croisés
Elle tomba à genoux et se mit à prier. Mais Dieu ce jour-là nécoutait pas. Jean partit le lendemain matin sous un soleil radieux rejoindre ses compagnons dinfortune.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.