Destiny (Tome 1) - Un été de folie

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Après un mariage raté, Jenny Tolliver retourne auprès de son père à Destiny. Le moral en berne, elle espère se reconstruire. Malgré quinze années d’absence, elle n’a pas oublié Mick Brody, la petite frappe aux airs de baroudeur qui faisait secrètement battre son cœur. Aujourd’hui, il a toujours mauvaise réputation et il est toujours aussi séduisant. Une nuit, ils se retrouvent face à face dans les bois et Jenny cède à la passion. Un coup de folie passagère, conclut-elle le lendemain. Mais cet été n’est décidément pas comme les autres. C’est l’été de tous les possibles... et de toutes les folies.
Publié le : mercredi 14 octobre 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782290066621
Nombre de pages : 320
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couverture
TONI
BLAKE

DESTINY - 1

Un été de folie

Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Sophie Dalle

image
Présentation de l’éditeur :
Après un mariage raté, Jenny Tolliver retourne auprès de son père à Destiny. Le moral en berne, elle espère se reconstruire. Malgré quinze années d’absence, elle n’a pas oublié Mick Brody, la petite frappe aux airs de baroudeur qui faisait secrètement battre son cœur.
Aujourd’hui, il a toujours mauvaise réputation et il est toujours aussi séduisant. Une nuit, ils se retrouvent face à face dans les bois et Jenny cède à la passion. Un coup de folie passagère, conclut-elle le lendemain. Mais cet été n’est décidément pas comme les autres. C’est l’été de tous les possibles... et de toutes les folies.
Biographie de l’auteur :
Originaire du Kentucky, Toni Blake est l’auteur de romances
contemporaines et érotiques traduites dans vingt-quatre
langues. Elle écrit aussi sous le nom de Lacey Alexander.

Ce livre est dédié aux professeurs
qui m’ont le plus encouragée
à poursuivre mon rêve de devenir romancière :
Sandra Lillard Adams, feu Dolly West
et le Dr Peter Schiff.

Prologue

— Minou, minou, miaou…

Jenny somnolait au soleil sur une chaise longue quand une voix masculine ramena ses sens à la vie. C’était le genre de voix qui vous enveloppait comme une couverture et vous donnait envie de vous y blottir, même par une chaude journée d’été.

— Hé ! Réveille-toi ! Debout là-dedans !

Tiens ! Une autre voix. Acerbe, celle-là… et vaguement menaçante. Jenny s’arracha à sa torpeur et ouvrit les yeux.

Au bout du petit ponton flottait une vieille barque occupée par trois garçons qui la lorgnaient dans son Bikini neuf. Seigneur ! Son estomac se noua – ils étaient plus âgés qu’elle et avaient une allure de voyous. D’où sortaient-ils donc ?

Puis elle reconnut deux d’entre eux – les frères Brody qui habitaient de l’autre côté du lac. Elle ne les avait jamais vus d’aussi près.

Elle voulut répliquer, mais que répondre à « Minou, minou, miaou » ? Son chat, Flocon, déambulait à quelques mètres de là, et, étant encore dans les brumes du sommeil, Jenny s’interrogeait : Était-ce à elle qu’ils s’étaient adressés ou à Flocon ?

— Tu as perdu ta langue ? s’enquit Wayne Brody, l’aîné.

Il devait avoir au moins vingt et un ans, et apparemment la voix acerbe était la sienne. Quant au « miaou », il lui avait bien été destiné, même si ce n’était pas lui qui l’avait prononcé.

— Que voulez-vous ? articula-t-elle en s’efforçant d’afficher un air mauvais, histoire de leur faire peur.

« Ridicule », se reprocha-t-elle instantanément. Comment une fille de seize ans en maillot de bain deux pièces pourrait-elle faire peur à qui que ce soit ? Au contraire, elle ne pouvait que paraître vulnérable.

— Comment tu t’appelles ? demanda Mick Brody.

D’après les calculs de Jenny, lui n’avait pas plus de dix-neuf ans – lorsqu’elle était entrée en troisième, il était déjà en terminale. Un élève qui séchait les cours, buvait et « cherchait constamment les embrouilles » d’après son père. Mick Brody avait une canette de bière à la main, et tous trois fumaient des cigarettes.

Elle demeura figée. Elle n’avait aucune envie de leur révéler son prénom ni de discuter avec eux, car il lui semblait qu’elle serait encore plus vulnérable. Toutefois, son silence pouvait être interprété comme le signe qu’elle avait trop peur pour parler. Son cœur battait beaucoup trop fort.

— Très bien, décida Mick Brody. Je vais devoir t’appeler Minou, dan ce cas.

Mince ! Pourquoi son pouls s’emballait-il ? Ce surnom aurait dû la faire rougir, au lieu de quoi, il lui faisait l’effet d’une caresse sur la peau. À moins que ce ne soit la manière dont Mick Brody la contemplait ? Tout chez lui inspirait la méfiance, et en même temps, ses yeux bleus aussi brillants que des étoiles dans la nuit la fascinaient.

Tout à coup, elle se rappela dans quelle tenue elle était. Quelques jours auparavant, elle avait porté ce Bikini pour la première fois devant ses amis, dont plusieurs garçons, et s’était sentie parfaitement à l’aise. Là, ce n’était plus le cas. Elle avait l’impression d’être presque nue.

Flocon choisit ce moment pour s’aventurer à l’extrémité du ponton.

— Tu veux quelque chose à boire, le chat ? lança le troisième garçon.

C’était Lucky Romo, un énergumène aux cheveux longs qui traversait fréquemment la ville à toute allure dans sa voiture trafiquée. Le père de Jenny lui avait collé une amende pour excès de vitesse pas plus tard que la semaine précédente.

Lucky s’inclina pour verser une rasade de bière mousseuse devant l’animal. Alors que Flocon tendait le cou pour y goûter, un flot de colère submergea Jenny. Elle se leva d’un bond et fonça vers le bout du ponton.

— Laissez mon chat tranquille ! Fichez le camp !

Flocon s’enfuit, de toute évidence bien plus effrayé par sa maîtresse que par les trois indésirables qui riaient maintenant à gorge déployée. La rage de la jeune fille était telle qu’elle se sentit devenir écarlate sous son bronzage. À en juger par la façon dont Mick Brody l’observait, ses mamelons devaient pointer sous son maillot. Elle croisa les bras dans le but de cacher ses seins, mais ne réussit en fait qu’à les remonter plus haut. Pitié !

Mick, lui, continuait à la fixer avec un sourire malicieux.

— Approche, Minou. Tu veux faire un tour ?

Malgré elle, elle décela le sous-entendu sexuel, et bien que révulsée, elle dut admettre que cela l’excitait.

Elle inspira profondément, leva les yeux au ciel pour bien montrer que la suggestion en soi était d’un grotesque achevé, puis répliqua :

— Euh… non, merci.

— Allez, minette, on ne mord pas ! insista Wayne Brody.

— Sauf si tu nous le demandes, ajouta Mick, les sourcils en accent circonflexe.

Au secours ! Pourquoi était-elle à ce point troublée ? Mick Brody était… dangereux. Le genre de type à fuir absolument. Il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond chez elle, là.

— Vous m’avez entendue. Allez-vous-en.

— Sinon ? rétorqua Lucky Romo. Tu vas envoyer ton grand méchant papa flic à nos trousses ?

Tous trois s’esclaffèrent comme s’ils n’avaient jamais rien entendu d’aussi drôle.

— Très bien, souffla Jenny, excédée. Vous ne voulez pas partir ? Dans ce cas, c’est moi qui m’en vais.

Après tout, ils étaient soûls, elle en était presque sûre. Et pour autant qu’elle sache, aucun de ses voisins le long de la rive n’était dehors. Elle était donc seule. Son père lui avait appris qu’il valait mieux tourner le dos à une situation potentiellement fâcheuse avant qu’elle dérape ; plutôt prévenir que guérir.

Elle ramassa son drap de bain, sa serviette et sa canette de soda light, enfila ses tongs et s’éloigna.

— Joli petit cul ! lança Mick Brody.

Jenny était soulagée de leur tourner le dos car elle était sûrement rouge pivoine. Tandis qu’elle empruntait le sentier qui remontait vers sa maison, elle sentit leurs regards peser sur elle.

Surtout celui de Mick Brody.

1

Elle marche tout en beauté, comme la nuit

Des climats sans nuages et des cieux étoilés.

LORD BYRON

Quinze ans plus tard

Alors que le crépuscule tombait sur le lac de Blue Valley, Jenny Tolliver poussa dans l’eau le vieux canoë vert qui reposait sur la rive herbeuse. Elle portait encore la jupe légère et le chemisier de coton qu’elle avait enfilés pour l’après-midi de mah-jong chez Mme Kinman. Les seules concessions qu’elle avait faites pour cette excursion avaient consisté à troquer ses sandales à talons pour une paire de tennis et à fourrer son télescope dans un grand sac en plastique.

Alors qu’elle grimpait avec précaution à bord de l’embarcation en s’agrippant au ponton pour conserver son équilibre, elle eut l’impression de remonter dans le temps. Elle n’avait pas traversé ce lac depuis ses dix-huit ans, et à l’époque, son amie Sue Ann l’accompagnait. Sue Ann se serait sans doute volontiers jointe à elle aujourd’hui, mais elle avait d’autres obligations désormais – notamment un mari et une fille.

Du reste, Jenny avait envie d’être seule. Elle avait besoin de… s’échapper.

Deux jours à peine que tu es de retour à Destiny et déjà, tu rêves d’évasion ? Mauvais signe.

À force de s’entendre couvrir de compliments chez Mme Kinman, elle avait craqué. Cela pouvait paraître idiot, mais toutes ces louanges finissaient par l’exaspérer, d’autant que ces derniers temps, sa vie semblait totalement dénuée de sens.

Quand Rose Marie Keckley avait vu la tarte au citron qu’elle avait confectionnée pour l’occasion, elle s’était exclamée :

— Comme c’est gentil de ta part, Jenny !

Et quand elle avait rempli les verres de thé glacé afin que Mme Kinman puisse rester assise, LeeAnn Turner avait déclaré :

— Tu es adorable, Jenny.

Puis Lettie Gale avait ajouté son grain de sel parce qu’elle avait aidé Mme Lampton à quitter son fauteuil :

— Tu es tellement formidable, Jenny !

C’était la goutte d’eau qui avait fait déborder le vase. Jenny avait pris ses jambes à son cou.

À présent, ces mots résonnaient dans sa tête, moqueurs : « Tu es tellement formidable. Tu es tellement formidable. » Eh bien, elle en avait par-dessus la tête d’être formidable !

Comment avait-elle décidé d’y remédier ?

En traversant le lac en canoë.

Pas vraiment un acte de rébellion contre la société, certes.

L’avantage, c’était qu’elle avait pu s’éclipser de la réunion, fuir ces gens avec qui elle avait grandi, tous convaincus de ses qualités exceptionnelles. Et que cette escapade lui permettrait de retarder encore un peu une épreuve redoutée : franchir le seuil du chalet familial de l’autre côté de la route.

Consciente que pagayer au coucher du soleil ne résoudrait pas davantage ses problèmes que ce retour à Destiny, elle s’éloigna du ponton. Un vieux dicton lui revint soudain en mémoire : « Où que tu ailles, tu y es déjà. » En d’autres termes, il n’existait aucune échappatoire. Génial.

Elle fronça les sourcils. « Arrête, s’ordonna-t-elle. Ce n’est pas toi. Tu es la fille dont le verre est toujours à moitié plein, la fille qui a toujours le sourire. Où est passé ton sourire ? »

Elle se répondit avec morosité : « J’ai dû le perdre dans la salle de cours de Terrence avec les têtes fracassées de George Washington et d’Abraham Lincoln. » Les bustes en céramique qu’elle lui avait offerts pour leur premier anniversaire de mariage. Ceux qu’elle avait jetés au sol en le découvrant en train d’embrasser Kelsey, professeur stagiaire de vingt et un ans qui avait travaillé durant tout le semestre dans sa classe de sciences à elle.

— Ce n’est pas ce que tu crois, avait-il tenté de se défendre lorsqu’elle était entrée dans la pièce en cette fin d’après-midi du mois de mars.

Incrédule, elle l’avait dévisagé.

— Tu es sérieux ? C’est vraiment la voie que tu veux prendre ?

— Nous devrions en discuter en privé, Jenny. Je ne voulais pas que tu l’apprennes ainsi.

— Dans ce cas, tu aurais peut-être dû, disons, fermer la porte à clé !

C’est alors que George avait volé en éclats. Elle ne se souvenait pas exactement d’avoir pris la décision de s’emparer du buste et de le lancer à terre – c’était arrivé comme ça.

— Jenny, calme-toi, avait ordonné Terrence, effaré – comme si c’était elle, qui avait fait quelque chose de répréhensible !

— Donc, si je comprends bien, je rentre dans la salle de classe de mon mari pour lui apporter une part du gâteau d’anniversaire du proviseur et je le trouve en train de peloter ma stagiaire, mais je dois rester calme ?

C’est là qu’Abraham avait mordu la poussière à son tour, explosant en mille morceaux.

Jamais encore la « tellement formidable Jenny » ne s’était comportée ainsi. Mais jamais Terrence ne l’avait trompée. Ce soir-là, à la maison, quand la rage avait laissé place à la douleur, elle lui avait posé la question fatidique :

— Pourquoi ? Explique-moi juste pourquoi ?

C’est là que Terrence avait porté le coup fatal. Il l’avait traitée de « June Cleaver1 du XXIe siècle ». Loin de s’arrêter là, il avait mis le doigt sur le cœur du problème.

— Ce n’est pas que je ne t’aime pas. C’est juste que tu es trop douce pour… euh, me satisfaire sur le plan sexuel. Pour le genre de pratiques dont je meurs d’envie depuis des années.

Elle avait eu l’impression de recevoir un direct à l’estomac.

— Celles que te propose Kelsey, tu veux dire.

Il avait fixé le tapis du salon qu’ils avaient acheté ensemble l’année précédente.

— Eh bien… oui.

Deuxième direct à l’estomac. Car jusque-là, ils n’avaient pas spécifiquement établi le fait que Terrence et Kelsey couchaient ensemble.

— Tu es tellement… sage, Jenny. Trop sage, avait-il ajouté d’un ton peiné.

Elle avait jugé inutile de lui rappeler que pas une fois il ne lui avait laissé entendre qu’il voulait autre chose. Ni qu’il était le seul homme avec qui elle avait jamais fait l’amour et que, par conséquent, c’était lui qui lui avait tout appris.

— Que veux-tu ? avait-elle glapi. Des fouets et des chaînes ? Un poteau de strip-teaseuse dans la chambre ? Quoi ?

Une fois de plus, il avait eu le culot de la regarder comme si c’était elle qui ne se montrait pas raisonnable.

— Il ne s’agit pas d’accessoires mais de… de chaleur. De passion.

Depuis, Sue Ann se plaisait à le traiter de « salopard » – qualificatif qu’approuvait Jenny malgré son manque d’originalité – et Kelsey de « pouffiasse » ou de « pétasse » ce qui apaisait plus ou moins le chagrin de Jenny.

Tandis qu’elle atteignait le milieu du lac, une émotion passagère la traversa. L’espace d’un instant, elle se rappela sa vie d’antan, normale, heureuse et gratifiante.

Terrence et elle avaient mené une existence simple mais agréable : elle n’était pas du genre à lui demander de lui décrocher la lune même si elle adorait observer cette dernière au télescope. Ils s’étaient connus à l’université et avaient enseigné dans le même collège. Lui s’était spécialisé en histoire, elle en sciences. Elle aspirait à devenir astronome, à travailler pour la NASA ou comme chercheuse, mais Terrence l’avait poussée à être professeur. Quand on est jeune et amoureuse, il est facile d’accepter tout et n’importe quoi – même de renoncer à ses rêves.

Ils avaient donné leurs cours. Organisé des dîners. Participé à la vie de la communauté. Ils n’avaient pas eu d’enfants (Jenny n’était jamais tombée enceinte, tout simplement), mais ils avaient aimé leurs élèves et formé un couple stable, envié de tous. Avant l’arrivée de la pouffiasse.

La rupture l’avait anéantie. Mais ce qui la rongeait le plus, jour après jour, c’était l’impression d’avoir été trahie. Terrence avait été séduit par sa douceur, sa gentillesse, mais en secret, il avait désiré une bad girl. Jamais elle ne pourrait être tout ce qu’il voulait.

Elle avait donc précipité le divorce et quitté son poste parce qu’elle se sentait incapable de croiser Terrence au quotidien. Du jour au lendemain, elle s’était retrouvée à Destiny, Ohio, où le vieux chalet familial au bord du lac de Blue Valley était libre depuis que son père, chef de la police municipale, s’était acheté un appartement en ville. Une ville où l’image de fille parfaite lui collait à la peau. Qu’elle le veuille ou non.

Elle était revenue pour réfléchir, pour panser ses plaies. Le temps d’un été. D’une part, parce que son père avait insisté, et d’autre part, parce que la maison qu’elle avait partagée avec Terrence avait été vendue en un tournemain. Au cours des deux mois à venir, elle devrait prendre des décisions importantes. Où s’installer, par exemple. Comment gagner sa vie. Comment se sortir de ce marasme sans dommages. Car à Destiny, on ne divorçait pas. Surtout pas les filles parfaites comme Jenny.

Bien entendu, quand on lui avait demandé à la réunion chez Mme Kinman ce qui l’amenait dans la région, elle avait dû expliquer :

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