Discours nationaliste et identité ethnique à travers le roman sénégalais

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Cet ouvrage propose un autre type d'approche critique : il privilégie l'approche régionale et nationale des oeuvres romanesques africaines. Ainsi sont analysés, à l'aune du roman sénégalais, les concepts de nation, Etat-nation, nationalisme moderne, ethnicité et métissage. La problématique est la suivante : si d'un côté le nationalisme et l'ethnicité sont généralement considérés comme des éléments nécessaires à l'affirmation d'une identité spécifique, à l'inverse, le métissage déstabilise et remet donc en question cette dynamique de "pureté ethnique". Ainsi seront étudiés entre autres Ousmane Sembène, Abdoulaye Elimane Kane, Aminata Sow Fall, Cheikh Hamidou Kane, Ousmane Socé Diop, Abdoulaye Sadji et Tita Mandeleau.
Publié le : samedi 1 novembre 2003
Lecture(s) : 281
EAN13 : 9782296337114
Nombre de pages : 182
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Discours nationaliste et identité ethnique à travers le roman sénégalais

Critiques Littéraires Collection dirigée par Maguy Albet
Déjà parus Jean-Marie KOUAKOU, La pensée de Sony Labou Tansi, 2003. Maurice COUQUIAUD, L 'horizon poétique de la
connaissance, 2003.

Marie-Agnès PALAISI-ROBERT, Juan Rulfo: l'incertain, 2003. Paul GIFFORD, Robert PICKERING, Jürgen SCHMIDTRADEFELDT, Paul Valéry. A tous les points de vue, 2003. Pierre N'DA, L'écriture romanesque de Maurice Bandaman, 2003. Haiying QIN, Segalen et la Chine, 2003. Dominique GROSSE, Jean Giono, violence et création, 2003 Pierre N'DA, L'écriture romanesque de Maurice Bandaman ou la quête d'une esthétique africaine moderne, 2003. Nicole THATCHER, Charlotte Delbo: une voix singulière. Mémoire, témoignage et littérature, 2003. Joëlle STRIKE, Albert Memmi, 2003. Marcel BOURDETTE-DONON, Queneau. Le trouvère polygraphe, 2003. Céline DHERIN, Dominique Fernandez ou le Plaisir, 2003. Association européenne François Mauriac, Sylvie Germain, rose des vents et de l'ailleurs (textes réunis par Toby Garfitt), 2003. Brigitte GAUTHIER, Entretiens sur l'ère de la fragmentation: dramaturges et cinéastes de l'antipsychiatrie, 2003. Isaac GOLDEMBERG, La vie à crédit de Jakobo Lerner, 2003. Marie PERRIN, Renée Vivien Le corps exsangue, 2003 Maurice COUQUIAUD, L 'horizon poétique de la connaissance, 2003. Pierre-Philippe FRAITURE, Le Congo belge et son récit francophone à la veille des indépendances sous l'empire du royaume,2003. Odile CAZENA VE, Afrique sur Seine, 2003. Valérie DESHOULIÈRES, Le don d'idiotie entre éthique et secret depuis Dostoïevski: la responsabilité silencieuse, 2003. Annelise SCHULTE NORDHOLT, Le moi créateur dans A la recherche du temps perdu, 2002.

Samba DIOP

Discours nationaliste et identité ethnique à travers le roman sénégalais

L'HARMATTAN

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

FRANCE
L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest

HONGRIE
L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 Torino ITALIE (Ç)L'Harmattan, 2003

ISBN: 2-7475-5240-3

DU MEME AUTEUR The Oral History and Literature of the Wolof People of Waalo, Northern Senegal. Lewiston, N.Y.: Edwin Mellen Press, 1995. Discours nationaliste et identité ethnique à travers le roman sénégalais, Paris, Editions Nouvelles du Sud, 1999. The Epic of El Hadj Umar Taal of Fuuta. University of Wisconsin at Madison: African Studies Program, 2000 (en collaboration avec Birahim Caam). African Francophone Cinema. New Orleans, Louisiana: University Press of the South, à paraître. Sous la direction de Samba Diop: Fictions Africaines et postcolonialisme. Paris, L'Harmattan, 2002. L'ecrivain peut-il créer une civilisation? Paris, Editions Tanawa,2003.

À la mémoire de mon frère Amadou Lamine Diop, trop tôt arraché à l'affection des siens

Building the nation

Today I did my share In building the nation. I drove the Permanent Secretary To an important urgent function; In fact to a luncheon at the Vico
The menu reflected its importance: Cold Bell beer with small talk, Then fried chicken with niceties, Wine to fill the hollowness of the laughs, Ice-cream to cover the stereotype jokes, Coffee to keep the PS awake on returnj.ourney.

I drove the Permanent Secretary back. He yawned many times in the back of the car Then to keep awake, he suddenly asked, Did you have any lunch friend? I replied looking straight ahead And secretly smiling at his belated concern That I had not, but was slimming!
Upon which he said with a seriousness That amused more than annoyed me, Mwananchi, I too had none! I attended to matters of state. Highly delicate diplomatic duties you know, And friend, it goes against my grain, Causes me stomach ulcers and wind. Ah, he continued, yawning again, The pains we suffer in building the nation!

So the PS had ulcers too! My ulcers I think are equally painful Only they are caused by hunger, Not sumptuous lunches!
So two nation builders Arrived home this evening With terrible stomach pains The result of building the nation -different ways

Henry Barlow, Building the nation and other poems

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Tout en construisant la nation Aujourd'hui j'ai ajouté ma pierre À l'édifice de la nation. J'ai conduit un Ministre À une réception urgente et importante; En fait à un déjeuner au Vico Le menu n'avait pas besoin d'être commenté: De la bière Bell fraîche accompagnée de salamalecs, Ensuite du poulet frit entouré de faux égards, Du vin afin de meubler la tristesse des rires, De la glace pour enjoliver les farces de mauvais goût, Et enfin du café pour tenir le Ministre éveillé sur le chemin du retour. J'ai ramené le Ministre. Il baîlla plusieurs fois assis à l'arrière de la limousine Pour rester éveillé, il lança soudainement, As-tu déjeuné, mon ami? Je répondis en regardant droit devant moi Tout en me délectant intérieurement de sa préoccupation venue sur le tard, Au fait j'ai pas déjeuné car faisant une cure d'amaigrissement! Sur ce il déclara avec un brin de sérieux Lequel m'amusa plus qu'il ne m'agaça, Cousin, moi non plus je n'ai pas croqué un morceau! Occupé que j'étais à prendre soin des affaires de l'État. Tu sais, des engagements diplomatiques très complexes, Au fait mon ami, tout cela me rend ulcéré, 13

En plus de provoquer le réveil de mon ulcère d'estomac ainsi que des pets. Ah, fit-il, poursuivant son monologue et tout en baîllant, Quelles souffrances faut-il endurer dans l'édification d'une nation! Je ne savais pas que le Ministre avait aussi un ulcère d'estomac! Je pense que mon ulcère cause des désagréments plus que le sien Sauf que le mien est le résultat de la faim, Mais pas des déjeuners copieux! Ainsi deux bâtisseurs de nation Rentrèrent chez eux ce soir-là Avec de graves maux d'estomac Causés par l'édification de la nation -Mais par des voies différentes. [Traduit de l'anglais par Samba Diop]

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INTRODUCTION "To understand Africa, we must reconceptualize world history" Immanuel Wallerstein, Africa and the Modern World, p. 60 «Toute interprétation se propose de vaincre un éloignement, une distance entre l'époque culturelle révolue à laquelle appartient le texte et l'interprète lui-même» Paul Ricoeur, Le conflit des interprétations, p. 20 Cette étude a pour objet l'analyse et la clarification de l'idée de nation ainsi que du concept ethnique tels que ces derniers sont recréés à travers le roman francophone d'Afrique noire. Le poème de l'Ougandais Henry Barlow, cité en préambule, résume (même si de façon ironique et sur un ton poétique) la complexité de l'idée de nation en Afrique, un sujet sur lequel nous aurons l'occasion de revenir plus en détail. Dès son apparition, au début de ce siècle, jusqu'aux années 1970, la littérature africaine d'expression française était catégorisée sous une entité à la fois générique et nébuleuse, c'est-à-dire africaine, sans distinction d'espace national ou géographique et sans taxinomie. Selon Mohamadou Kane, "l'exotisme facile a sévi pendant si longtemps dans la littérature coloniale [sous] une forme de schématisation qui ramène toutes les diversités culturelles africaines à un type unique de Noir facile à caricaturer et à

accabler"1.
Depuis à peu près deux décennies, on assiste à l'apparition d'un florilège d'anthologies et d'études portant exclusivement sur des pays spécifiques. Ces anthologies ont surtout une utilité pédagogique mais leur portée littéraire ne doit pas être sous-estimée. Au-delà de ces considérations préliminaires, dans son article intitulé "Le thème de l'identité

culturelle et ses variations dans le roman africain francophone", M. Kane introduit l'idée fondamentale autour de laquelle tournent les préoccupations de la littérature et de la critique africaines: "Le thème de l'identité culturelle se situe au coeur de la littérature africaine. Il y commande tout, il

permet de rendre compte de tout" 2.
Pourquoi une étude sur l'idée de nation et de sa pénétration avec le roman africain francophone? Pour A. Huannou :
Le champ littéraire négro-africain est si riche et si varié que la nécessité d'une spécialisation de plus en plus poussée se fait sentir aujourd'hui plus que jamais. Tous les travaux qui s'attachent encore à retracer l'histoire de "la littérature négro-africaine" en ignorant les frontières des États africains et la diversité des contextes sociaux, politiques et économiques, sont condamnés à être superficiels et à ressasser des généralités3.

À part les anthologies auxquelles référence est faite cidessus, un arsenal d'études englobant tous les genres (roman, nouvelle, théâtre, poésie, littérature orale), et portant sur des pays appartenant à l'espace africain francophone, est en train de voir le jour.4 Est-ce un signe qu'en fait les lettres africaines en langues européennes en général et en français en particulier sont en train d'être reconnues, qu'elles sont arrivées à l'âge de la maturité et ont de ce fait rejoint le gotha universel et mondial? Est-ce un signe de respect qui est dévolu à la littérature africaine? Sans trop s'aventurer dans cette voie et sans entrer non plus dans les détails, il serait quand même important de signaler la naissance de cette littérature, c'est-à-dire le moment où les écrivains africains ont commencé à produire des romans et où la critique occidentale a, en même temps, commencé à faire la critique et l'évaluation de cette littérature. Faut-il rappeler que cette littérature était destinée en premier lieu au public européen et occidental, et non pas aux lecteurs africains qui, de toute 16

façon, étaient peu nombreux, des années 1920 jusqu'aux années 19605. Cet ouvrage est divisé en quatre parties. D'entrée de jeu, bien qu'il soit connu maintenant que l'idée de nation et son corollaire, l'état-nation, sont des concepts qui trouvent leurs origines en France, après la révolution de 1789, et qu'il existe une littérature abondante sur ce sujet, nous allons quand même jeter les bases de cette discussion en résumant brièvement l'idée de nation, en en définissant les contours.6 Comme on le verra plus loin, ce travail de déblayage est nécessaire dans la mesure où, si l'idée de nation est récente et est d'origine européenne, l'Afrique en général et l'Afrique francophone en particulier, va faire l'expérience de cette idée surtout dans sa phase coloniale lorsque les modèles d'administration et de gouvernement étaient - et demeurent dans une certaine mesure- des copies pâles du modèle français de nation. Cependant, lorsqu'on se lance dans une telle entreprise, c'est-à-dire dans l'élucidation et la discussion de l'idée de nation, on se rend en même temps compte des écueils nombreux que comporte cette idée très ambiguë. Benedict Anderson l'élabore en disant que "Nation, Nationality, Nationalism - all have proved notoriously difficult to define, let alone to analyse."7 On s'aperçoit par la même occasion que l'idée de nation est double, allant de la spécificité au général et du local à l'universel. Ainsi peut-on mettre en relief l'aspect contradictoire de ce concept en faisant appel à E. Kant, qui, en termes philosophiques certes, a bien posé le problème en remarquant que "le genre humain est constamment en progrès en ce qui concerne la culture, en tant qu'elle est sa fin naturelle; on le considère comme progressant également vers le mieux en ce qui concerne la fin morale de son existence, et que cette progression est sans doute interrompue parfois, mais jamais rompue"8. Après Kant, un autre philosophe allemand, J.G. Herder, développe le thème de cette dualité et du caractère 17

polymorphe de l'idée de groupe en notant que "plus les recherches font la lumière sur les périodes les plus reculées de l'histoire universelle, ses migrations, ses langues, ses moeurs, ses découvertes et ses traditions, plus chaque nouvelle découverte rend vraisemblable du même coup l'origine unique de l'espèce entière."9 On peut ajouter à la remarque de l'auteur allemand l'exemple du brassage ethnique au Sénégal, pays qui servira d'ailleurs, un peu plus loin, de base de discussion et d'argumentation. Au-delà du Sénégal, tous les Africains font face, soit à une dualité, soit à une multiplicité de leur identité et de leur personnalité, comme le postule V.Y. Mudimbé :
J'aime simplement savoir, pour moi, que ma pensée comme mon être sont fondamentalement marqués par une histoire déterminée, un milieu donné, un contexte particulier: ceux de l'Afrique. Mais je sais aussi que je suis le fruit de rencontres nombreuses et complexes 1O.

Concernant le Sénégal, on y trouve aussi bien une diversité linguistique que religieuse. Ainsi a-t-on par exemple le wolof, langue nationale qui co-existe avec l'arabe pour les musulmans et le français pour tout le monde, l'arabe et le français étant, comme on le sait, des langues allogènes. Cette tour de Babel, mutatis mutandis, existe aussi dans les autres pays africains. Toujours dans la même lancée, nous examinerons les arguments de certains théoriciens du TiersMonde portant sur la fameuse idée de nation. Si l'on se penche sur le cas sénégalais, on note la proposition de C. Valantin selon laquelle la nation sénégalaise existait bien avant que l'État ne fût mis en place (en 1960) et qu'en fait les conditions psychologiques, économiques et politiques étaient réunies dès 1920 pour que le Sénégal accédât à l'indépendance.!1 L'auteur pose ici le problème du concept national dans le contexte colonial, c'est-à-dire le modèle importé. Valantin veut-il dire qu'en fait une nation sénégalaise, dans l'acception moderne du terme, existait avant 1960 ? Nous verrons dans la deuxième partie les différentes 18

phases d'affirmation ainsi que la nature de la nation sénégalaise. Juxtaposée à l'idée de nation (ou peut-être en complément de cette dernière), entre en jeu l'ethnicité. La réalité sociologique de l'Afrique contemporaine est marquée, sinon influencée, par l'appartenance et l'identification de l'individu à un groupe ethnique, bien que cette appartenance soit tempérée et adoucie par la fusion d'autres éléments qui se sont additionnés ou se sont superposés à la surface du concept ethnique, éléments tels que l'état moderne et l'utilisation d'une langue unificatrice comme le français. On ne peut jamais trop insister sur la complexité du concept ethnique, surtout dans l'espace géographique et linguistique sénégambien où il y a eu un tel brassage intra et interethnique au cours des siècles écoulés qu'il est courant aujourd'hui d'entendre un Sérère dire à un Peul qu'ils sont apparentés, mettant ainsi l'accent sur la plaisanterie entre 'parents' ou 'cousins'. L. Senghor définit ainsi le caractère complexe du concept ethnique: "L'ethnie est une symbiose de l'histoire et de la géographie, de la race et de la culture."12 Afin d'étayer la thèse de Senghor, il faut insister sur l'idée selon laquelle il est impossible de bien comprendre la nation et le nationalisme dans l'Afrique actuelle sans faire référence aux ensembles culturels et linguistiques pré-existants à la colonisation. Il serait donc totalement erroné de dire que l'Afrique moderne n'a eu connaissance de la nation et du nationalisme qu'au contact de l'Europe. Mais la présence de l'idée de nation est non seulement liée au nationalisme mais à ces systèmes culturels antérieurs dont il faut tenir compte, comme le pense B. Anderson:
Nationalism has to be understood by aligning it, not with selfconsciously held political ideologies, but with the large cultural systems that preceded it, out of which-as well as against which- it came into being!3.

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Dans une certaine mesure, on peut contempler le fait qu'on est en présence d'une métempsychose qui permet le réemploi de vieux concepts qu'on essaye de faire passer pour neufs, ce qui est le cas de l'idée de nation dans la phase postcoloniale. On peut de ce fait affirmer sans risque de se tromper qu'il y a non seulement une course parallèle entre les deux concepts de nation et d'ethnicité, mais en plus, qu'il y a une sorte de compétition entre les deux, c'est-à-dire la revendication de leur part d'un espace communautaire. À son tour, le concept de communauté ne fait que compliquer un peu plus les choses; par exemple, A. Macfarlane cite un sondage où il s'est avéré qu'il y a quatre vingt quatorze définitions du concept de communauté14. Ce faisant, écrire sur l'idée de nation et sur l' ethnicité peut être assimilé au fait de dire une chose et son contraire, en gros, une fausse bonne idée. Afin de mieux cerner les contours du concept communautaire, nous aurons recours à la formulation psychoanalytique de J. Lacan15 qui met en jeu quatre termes qui ne s'excluent pas les uns les autres, pas forcément combinatoires non plus entre eux mais seulement complémentaires: l'imaginaire et le réel, le vécu et le quotidien. Dans toute invocation d'une mémoire collective ou nationale, l'imaginaire joue un rôle déterminant en faisant appel notamment à un passé mythique et utile. Le concept du réel (composé de l'espace géographique, linguistique et culturel) repose donc sur les piliers de l'imaginaire. Dans une deuxième étape, ces deux concepts entrent en relation avec ce qui est vécu dans le quotidien. En fin de compte, on peut assimiler tout cet échafaudage à une concrétisation de l'imaginaire collectif, lequel s'évertue à son tour à projeter un ensemble de perspectives assurant la réalité et la survie. Cela étant dit, il est tout à fait certain que les frontières des pays de l'Afrique postcoloniale ne coïncident pas forcément avec la réalité spatio-temporelle, linguistique et géographique des ethnies et tribus parsemées à travers le continent. Cependant, on peut quand même dénoter une sorte 20

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