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Djagugu

De
144 pages
De retour d'un voyage, le roi Djagugu rend public un décret au nom duquel tout le peuple du village Flulu, situé sur le continent Ifrik, devra obligatoirement se mettre en transe en regardant son image. Les membres de la cour royale qui étaient auparavant de joyeux zélateurs, se sentiront humiliés. Cette situation contribuera inéluctablement au déclin du roi, surtout grâce à l'action de Komiga, le défendeur des intérêts du peuple.
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Koshi AKOUBIADjagugu
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01168-4 EAN : 9782343011684
Préface La création dramatique de Koshi Akoubia s’affirme et s’alimente de phénomènes socioculturels et sociopoli-tiques aussi bien de l’environnement immédiat que de l’espace lointain. Ainsi, grâce à une imagination subtile, arrive-t-il à transformer avec aisance des situations inex-tricables en drame et à les présenter avec une sobriété telle que le récepteur auquel il s’adresse n’éprouve aucune dif-ficulté à comprendre le message transmis. C’est le cas de la pièce de théâtre en trois actes intitulée Djagugu danslaquelle l’auteur fait une fois encore ses preuves en conduisant de façon rigoureuse une intrigue qui, loin d’être fastidieuse, captive l’esprit par l’adéqua-tion de l’écriture et de l’histoire fictionnelle. A partir d’une situation fortuite, les membres de la cour royale sont surpris par l’apparition brusque du roi Djagugu considéré comme disparu quelques jours auparavant du royaume des Flulu. Cet effet de surprise créé dès le début de la pièce suscite le désir de découvrir la suite. Ainsi, lorsque le roi sort le fameux décret qui oblige tout le peuple à entrer en transe, comprend-on évidemment que l’intrigue est inexorablement nouée. En matière de gestion des affaires de la cité, la conduite du roi est dominée par l’expression de ses fantasmes dé-mesurés. Dans le pays du peuple Flulu, pays imaginaire d’un continent nommé Ifrik également imaginaire, les ob-sessions du roi Djagugu sont assouvies par une forme de crétinisation qui draine tout le peuple vers l’horreur de la transe, état sublime et psychologique dans lequel il se trouve contraint d’entrer.
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Mais, les courtisans que sont Drévi et son époux Colo-nel Zo ainsi que le ministre de l’éducation, veillent scrupu-leusement à l’application stricte du décret jusqu’au jour où ces derniers sont eux-mêmes victimes de la même crétini-sation. Pakozas, homme d’affaires et ami intime du roi, voyant les trois courtisans entrer en transe, ne tarde pas à s’écrier en ces termes : « vraiment, qu’ils sont bons pour organiser un festival de transe !». Lui qui reçoit la plus haute distinc-tion honorifique du royaume des Flulu pour avoir simple-ment aidé le roi à multiplier les photos à l’effigie et aux frais de ce dernier, et devant lesquelles tout citoyen est tenu de se mettre en transe dès qu’il perçoit l’image de Djagugu. Ce qui est paradoxal, c’est que le roi l’accueille avec tous les honneurs en lui déroulant le tapis rouge en violation flagrante des dispositions réglementaires du royaume Cependant, l’exception vient de Komiga, le frère utérin du roi, qui refuse sans coup férir de mettre en pratique le décret. Sa préoccupation est qu’on mette plutôt en place une bibliothèque de lecture publique de libre accès pour les jeunes. Face au refus du roi de prendre en compte son projet au détriment du décret, Komiga se montre plus dé-terminé que jamais à défendre sa cause, celle qu’il croit être en faveur des jeunes ou du peuple. Allant bon train, les manifestations du décret finissent par buter sur la prise de position des trois courtisans qui, se voyant honnis devant Pakozas, refusent dorénavant de se mettre en transe. Dès lors, le roi Djagugu considère cette prise de position comme un crime de lèse-majesté. A cet effet, il devient intraitable et à tour de rôle, « aide » ses
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« trois sujets »à passer de vie à trépas. Ainsi, « vous allez rendre l’esprit ! » dit-il relativement à chacun d’eux. La disparition progressive des trois courtisans vient renforcer davantage le caractère tragique de la pièce et amène à réfléchir sur le sort réservé à ceux qui, après plu-sieurs années de loyaux services rendus, doivent être trai-tés sans aucune indulgence. A travers cette intrigue, l’auteur pose la problématique non seulement du service loyal qui se refuse à satisfaire les intérêts de la majorité, mais également de l’éthique politique. La pièce éponymeDjaguguprésente comme une se tragédie qui dévoile le paroxysme d’une aberration poli-tique caractérisant à la fois le roi et les zélateurs que sont les trois courtisans. Elle épingle les pratiques démesurées qui accompagnent parfois l’exercice du pouvoir politique ou même qui en sont les soubassements et qui contribuent à vouer toute la destinée d’un peuple au culte de la per-sonnalité d’un souverain. Par ce théâtre, l’auteur met en exergue les pratiques qui viennent compromettre l’exercice du pouvoir politique qui en principe aurait dû contribuer au bien-être du peuple. Il passe par ce créneau pour exhiber implicitement la situa-tion que vivent certaines catégories socioprofessionnelles qui, dans le cadre de leurs obligations, doivent obtempérer aux injonctions de toutes sortes, même si celles-ci enfrei-gnent les dispositions réglementaires les régissant. La littérature de Koshi Akoubia traduit sans nul doute une certaine réalité qui s’exprime dans la dynamique de l’organisation de nos sociétés que ce soit en Asie, en Eu-rope, en Amériques, en Afrique ou ailleurs. Au-delà de la faiblesse du pouvoir politique, cette littérature prend
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