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Eirenn, tome 2

De
222 pages

[2e édition entièrement revue et corrigée]


Je m’appelle Eirenn, je suis une arme.


Une arme que notre pire ennemi désire acquérir. J'ai de grands pouvoirs aux conséquences désastreuses. La survie des races et leur quête prendront un nouveau tournant. Nous sommes à l’aube d’une guerre imminente. Nous naissons tous sur cette Terre pour accomplir des choses et moi, j’ai trouvé ma voie.

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Résumé
Je m’appelle Eirenn, je suis une arme. Une arme que notre pire ennemi désire acquérir. J'ai de grands pouvoirs aux conséquences désastreuses. La survie des races et leur quête prendront un nouveau tournant. Nous sommes à l’aube d’une guerre imminente. Nous naissons tous sur cette Terre pour accomplir des choses et moi, j’ai trouvé ma voie.
À propos de l’auteur :lecture est sa passion, sa bulle, son univers. Puis, petit à petit, la son imaginaire a explosé, lui donnant des fourmis dans les doigts, des histoires sont nées. Qu’importe le genre, du contemporain au fantastique, la trame reste la romance.
Karine Vitelli
EIRENN
TOME 2 - RÉBELLION
editionsNL.com
À toi qui me lis.
Prologue
Un bruit sourd et profond se propageait dans tout s on corps. La chute et l’impact lorsqu’elle toucha la terre ferme furent brutaux. E lle se réveilla dans un sursaut en hoquetant. Elle resta clouée au sol, à regarder l’hélicoptère s’élever dans le ciel obscur. La Luna Nera l’avait jetée sans ménagement dans la forêt. Malgré sa vue brouillée, elle apercevait le sourire malsain de Derek qui s’en all ait dans les airs. Il la maintenait à terre grâce à la force de son pouvoir de l’espace, la privant de toute riposte. Une colère incendiaire remonta au plus profond d’elle. Elle fixa Derek d’un regard noir et elle ne le quitta des yeux qu’une fois hors de sa vue. Dans ce t échange visuel, elle lui transmettait toute la haine qu’elle éprouvait et la promesse qu’elle le retrouverait. Elle ferma brièvement ses paupières et respira profondém ent. Elle roula à plat ventre, se mit à quatre pattes et se releva en gémissant de douleur. La chute lui avait cassé une côte. Elle ne s’y attarda pas, car d’ici quelques h eures, elle ne sentirait plus rien. Les bras ramenés le long du buste, elle serrait les poings de colère. Une force viscérale se répandait jusqu’à ses os. Elle hurla de fureur, éva cuant toute la haine et la rage qui gangrenaient son corps. Les cheveux devant les yeux , elle ressemblait à une bête déchaînée. Elle plissa ses pupilles d’aigle pour ad apter sa vue binoculaire. Elle reconnaissait les lieux. Elle se trouvait dans la forêt, à proximité du clan des Spes. Une population parmi laquelle elle devrait se cacher le temps de préparer sa riposte. Elle s’élança dans les bois à une vitesse fulgurante. So n avatar était plus puissant, sans doute l’adrénaline qui coulait dans son sang. Elle sautait et se déployait comme un aigle à chaque obstacle. Sa blessure aux côtes lui donnait du mal. Elle souffrait beaucoup, mais cette douleur n’était rien à côté de ce qu’elle éprouvait. Il s’était sacrifié pour elle. Il devenait son unique quête. Elle courut de plus en plus vite et arriva dans la zone de contrôle des Spes. Au bout de deux minutes, elle s’arrêta net. Elle ferma les yeux et fit jouer son ouïe fine. Telle une bourrasque qui s’engouffrait dans les feuilles et brisait les branches des arbres, la rafale arrivait droit sur elle — du moins, autour d’elle —. Elle ouvrit les paupières et sourit sournoisemen t en s’apercevant qu’un groupe de Spes l’encerclait. Tout d’abord, elle constata du s oulagement se peindre sur leurs visages qu’elle ne soit pas du clan de la Luna Nera , puis de la surprise. Elle les dévisagea un par un, jusqu’à ce que son regard s’arrête sur celui qui la fixait avec un large sourire. — Bon retour chez toi, Eirenn, salua Romuald. Je t’emmène à Aurore.
PARTIE I
LE RETOUR
1
Jes ne me faisaient plussuivais Romuald, escortée par cinq Spes. Les mutant confiance. Hier, j’étais chez les Luna Nera, et auj ourd’hui, je rentrais au clan. Ce revirement de situation leur échappait. Nous passâm es par l’arrière du bâtiment principal ce qui m’empêcha de mesurer l’ampleur des dégâts causés par la bataille de la veille. — Y’a-t-il eu beaucoup de pertes ? demandai-je, les dents serrées à Romuald. Il se raidit. — Beaucoup, balança-t-il par-dessus son épaule. Ent re autres Sophia, que tu connaissais… Je me pinçai les lèvres pour éviter de hurler. Toutes ces pertes étaient de ma faute. Même celle de Sophia la peste, je ne l’acceptais pas. L’ennemi était venu me récupérer en massacrant et tuant tout Spes sur leur passage. Élodie était morte et j’avais perdu l’amitié de William. Cette barbarie m’avait poussée à me rendre directement au chef, à Derek. Mon dévouement avait condamné Leander, car i l s’était lui-même sacrifié en avouant qu’il était un Élite de type 3, et donc com patible pour activer la machine. La responsable de la Luna Nera avait évidemment accept é sa requête. L’ennemi possédait une longueur d’avance pour utiliser cette machine et détruire l’humanité. Leander m’avait laissé un présent troublant, mais q ui restait encore indéchiffrable. Avant de sombrer dans le néant, je lui avais promis que je reviendrais le chercher. Je n’aurais aucune pitié et j’emploierais tous les moy ens pour retrouver sa trace. Il devenait ma seule quête. Romuald s’arrêta devant la porte du bureau d’Aurore et y entra après s’être annoncé. Ma responsable se leva de son fauteuil en cuir dès qu’elle m’aperçut. Je restai debout près de la sortie à la fixer sans ciller. — Eirenn ? s’exclama-t-elle, surprise. — Déçue ? répondis-je en la défiant avec hargne. Elle devint livide. Une lueur de tristesse traversa ses yeux, la même que lorsqu’elle m’avait regardée me sacrifier auprès de Derek. Je ne devais pas oublier qu’elle tuait les types 3 ainsi que les nouveau-nés qui ne désiraient pas rester chez les Spes. Elle s’assit dans son fauteuil et soupira longuement. — Aucunement Eirenn. (Elle marqua une pause et ses yeux devinrent sombres) Hier, Derek a dévasté notre clan et tué beaucoup de Spes pour te récupérer… — Nul besoin de me le rappeler ! grognai-je. — Je suis désolée, Eirenn, mais je ne comprends pas pourquoi il t’a libérée alors qu’il a employé tous les moyens pour te récupérer… Elle fronça les sourcils et secoua la tête perplexe. Puis, son visage s’éclaira. — As-tu réussi à t’enfuir ? — Non ! Elle grimaça. Puis, elle se leva et s’approcha de moi. Je reculai d’un pas et croisai les bras sur ma poitrine. — Croyez-vous que je suis une traîtresse ? la questionnai-je, le regard perçant. Je gagnais du temps. Si elle se doutait de quelque chose, elle utiliserait le pouvoir de persuasion sur moi. Elle était capable de me tortur er l’esprit jusqu’à ce que j’avoue.
Alors, je serais obligée de riposter. Elle s’apercevrait que j’étais une Élite de type 3 et elle me tuerait sans hésitation. Morte, je ne serais plus d’aucune utilité. Leander avait besoin de moi. Ainsi, je ne pouvais pas la laisser me contrôler ni lui révéler tout ce que je savais. Je devais rester maître de la situation, moi seule tenais les rênes. Je réfléchis rapidement et décidai de lui divulguer certaines choses pour apaiser sa curiosité. — Leander s’est sacrifié. Il a pris ma place, lâchai-je, la gorge nouée. Aurore regarda Romuald. Ils s’observèrent quelques secondes. La surprise, puis la curiosité se voyaient sur leurs visages. — Pourquoi Leander est-il plus important qu’une bio avec un avatar rare ? — Car il est un Élite de type 3 ! Elle recula d’un pas, frappée par mon aveu. Je devais le lui annoncer, sinon elle ne comprendrait pas la raison de ma libération. Une révélation purement réfléchie et sans danger. Contrairement aux Spes, Leander ne risquait rien chez les Luna Nera, il leur était précieux. Néanmoins, c’était tout ce que je lui dévoilerais. Je garderais secrète sa compatibilité — même si je ne savais pas ce que c’était — ainsi que la révélation qu’il m’avait annoncée. — Vous êtes étonnée que je connaisse l’existence des types 3 alors que vous nous faites croire le contraire ? (Je pouffai) J’ai aussi appris que vous les tuez ! J’ai retenu beaucoup de choses en 24 heures. Le clan adverse m’a tout expliqué. J’arrangeais la vérité en accusant l’ennemi. Elle ne devait pas être au courant que je connaissais ces informations grâce aux photos prises par Leander dans la salle secrète de la bibliothèque. Je la fixai avec hargne. Je sou haitais qu’elle comprenne que je n’étais pas dupe. Aurore me regarda intensément, contrariée. — Autre chose à me dire ? demanda-t-elle, nerveuse et détournant la discussion. — Non, répondis-je le plus naturellement. Je gardais aussi pour moi la bataille solitaire que je mènerais pour retrouver Leander. J’utiliserais le clan des Spes pour me cac her afin de mieux préparer les recherches. Une fois que je l’aurais récupéré, nous nous éloignerions de cette guerre entre mutants et humains. Protégés par le collier d e britannium, nous vivrions normalement. J’aimais Leander. Je n’avais pas eu le temps de le lui dire. On nous avait séparés juste après que l’on se soit retrouvés. Aurore retourna s’asseoir derrière son bureau. Elle fronça les sourcils et une barre soucieuse s’installa au centre de son front. Elle tapota sa lèvre avec son index et me parla sans me jeter un regard. — Eirenn, peux-tu nous laisser s’il te plaît ? Je dois m’entretenir avec Romuald. — Non. Aurore leva enfin les yeux dans ma direction. Des é clairs crépitaient dans ses pupilles noires. — Pas avant d’avoir répondu à mes questions, clarifiai-je. Aurore se pencha en avant et entrecroisa les doigts sur son bureau. Elle se détendit légèrement, prête à m’écouter. J’avançai jusqu’à elle et préférai rester debout pour la surplomber. — Quelle est votre nouvelle position envers l’ennemi et les humains ? — La même que lorsque tu es partie. Nous maintenons la paix. (Elle soupira longuement) Tu ne sais pas tout, Eirenn… Mais seul un Élite de type 3 est capable de
l’anéantir. C’est pour cela que je souhaite les dét ruire, m’annonça-t-elle pour justifier ses horribles actes. Faux ! J’en connaissais assez pour lancer une rébellion ! Mais je me pinçai les lèvres pour me taire. La seule chose à retenir qui nous co nduirait à notre perte : la machine ainsi que celui qui la rendrait fonctionnelle : un Élite de type 3. Je hochai la tête naïvement. — Néanmoins, il y a un point qui a changé, intervin t Aurore. En nous attaquant sur notre propre territoire, la Luna Nera a rompu le traité de paix entre nos deux clans. Il n’y a plus de limite. Dorénavant, avec l’aide du gouvernement, nous irons combattre leur tribu pour trouver des types 3 et les détruire. Mon ventre se noua et mon cœur s’accéléra. Leander était en danger. Aurore sourit sournoisement, comprenant mes pensées. — Eirenn, Leander est un danger. Ses pouvoirs sont ingérables. (Sa voix se fit cassante) Sa destruction est légitime. La paix sur Terre est primordiale et restera notre seul objectif. Je déglutis péniblement. À cet instant, je voulais la tuer. J’aurais souhaité l’envoyer s’écraser contre le mur et me jeter sur elle pour l ibérer une décharge électrique puissante, irréversible. Mais, je gardai mon calme et ma discrétion. La meilleure solution était l’alliance. Je relevai le menton et m’accrochai à son regard avec assurance. — Vous avez raison, Aurore, je comprends mieux pour quoi Leander est devenu incontrôlable au point de ne pas le reconnaître, dis-je la gorge nouée par ce mensonge. Nous devons protéger cette planète. Si vous cherche z des soldats pour mener les attaques sur le clan ennemi, je serais ravie d’être parmi vous. Le sourire d’Aurore s’élargit. — Je suis contente que tu comprennes notre position , Eirenn. Tu es un très bon élément avec des capacités incontestables. Je ferai appel à tes services sans la moindre hésitation. Je hochai la tête pour saluer Aurore et Romuald, et tournai les talons vers la sortie. — Eirenn ? m’intercepta Aurore. Je pivotai et la dévisageai, les sourcils froncés. — Ne révèle à personne l’existence des types 3, me menaça-t-elle avant d’être plus douce. Tu déclencherais un mouvement de panique. — Sinon quoi ? la défiai-je, le regard noir. — Tu connais la réponse, Eirenn, répliqua Aurore avec un sourire en coin. Je relevai le menton pour lui montrer qu’elle ne m’intimidait pas. Je saurais être sage et discrète. Pour Leander. Je descendis le grand escalier du bâtiment principal et atterris sur ce qui, autrefois, était le hall. Je vis les premiers dégâts de l’atta que de La Luna Nera. Les meubles étaient cassés et des débris de bois s’éparpillaien t au sol. Les larges baies vitrées n’existaient plus. Leur verre recouvrait le carrela ge. Quelques Spes les ramassaient pour les jeter dans une grosse poubelle. Mon regard s’attarda sur deux d’entre eux qui nettoyaient des taches de sang. Ils frottaient avec acharnement sans pour autant arriver à les effacer. J’avais plutôt l’impression que les marques s’agrandissaient. Un goût de bile remonta dans ma gorge. Ce sang appartenait à mes collègues Spes, morts par ma faute. Je ne souhaitai pas rester plus longt emps dans ce hall, j’avais besoin
d’air. Je le traversai en piétinant des débris de verre. J’attirai l’attention des mutants. Ils étaient tous surpris de me voir. J’apercevais de la peur au fond de certains regards. J’accélérai le pas et sortis en trottinant. À l’extérieur, c’était pire. Il y avait encore plus de sang et de débris. J’avais l’impression de me replonger dans mes livres d’histoire qui illustraient les champs de bataille. Par contre, je ne voyais aucun corps. Je jetai un coup d’œil à l’endroit où Élodie avait perdu la vie. Seu le une empreinte rougeâtre me confirmait que je n’avais pas rêvé. Mon amie était réellement morte. Je serrai la mâchoire et respirai profondément pour contrôler un flot d’émotions. Je fermai brièvement les paupières et partis en courant vers mon chalet. Je désirais m’enfermer et faire le vide dans ma tête, juste quelques minut es. Je montai les marches de ma terrasse et claquai la porte derrière moi avant de me diriger vers la salle de bains. Je me déshabillai et me mis sous le jet d’eau. Mes muscles se détendirent petit à petit et mes jambes lâchèrent. Mon dos glissa contre le mur et je m’assis au sol en rapportant mes genoux contre ma poitrine. Je libérai la tensio n et la haine dans des sanglots incontrôlables. Je me sentais très seule. Ma mère d emeurait chez les Luna Nera et mon père était introuvable. Quant à moi, j’étais une énigme. Je possédais une tache au creux de la main qui serait complète et active dès qu’elle serait associée à sa paire. Pour couronner le tout, j’étais une Élite de type 3 et de nature Bio. Lors d’une confrontation avec Derek sur les hauteurs montagneu ses, j’avais appris trois choses essentielles. Tout d’abord, la machine détruisait a utant les mutants que les humains. Ensuite, la Luna s’accouplait pour avoir plus de ch ance de donner vie à un type 3 compatible. Enfin, les deux races s’efforçaient de trouer cette machine, mais les plus illogiques dans cette histoire étaient les Spes. Pourquoi la cherchaient-ils alors qu’elle leur était inutilisable en éradiquant ceux aux trois pouvoirs ? Ainsi, ma mission était de localiser et de détruire cette arme pour rendre la liberté aux types 3. Selon les dernières informations, elle se situait chez les humains. Toutes leurs bases militaires françaises étaient reliées par des souterrains qui se rejoignaient en un centre stratégique. Si l’on détectait ce point convergent, on trouverait la mac hine. Fallait-il encore ne pas se perdre dans ce labyrinthe… Je devais mener cette mission aux côtés de Leander, mais il n’était plus là. Aujourd’hui, ma principale tâch e avait changé. Mon unique quête resterait Leander. La survie des mutants et des hum ains ne m’importait plus. Je me frottai le visage énergiquement pour reprendre mes esprits. Ma peau ressemblait à une pomme fripée à cause de l’eau chaude. Je sortis et m’allongeai en peignoir sur le lit et contemplai le plafond.
Un pour Un
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