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Ella et Micha - Tome 1 - Jamais sans toi

De
288 pages
Elle a voulu tout quitter. Oublier sa famille brisée, sa vie fracassée. Oublier Micha, son ami d’enfance, qu’elle refuse d’aimer plus qu’un ami alors que son corps tout entier l’y entraîne. Après des mois de silence et d’absence, elle retourne chez elle. Pour constater que rien n’a changé, et surtout pas elle-même. En fait, c’est même pire, et surtout son désir d’embrasser enfin Micha et de partager avec lui son secret.
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Ella

Le vent et la pluie me fouettent le visage et les cheveux. J’ai les bras grands ouverts. Je suis capable de voler. J’en suis certaine. Ce n’est qu’une question de courage. Il ne me reste plus qu’à sauter de ce rebord étroit, et je m’envolerai dans la nuit noire. Comme un oiseau.

Alors, peut-être que je la rejoindrai.

— Qu’est-ce que tu fous ? me demande Micha. Descends de là… Tu vas te faire mal.

Sa voix est bien plus aiguë que d’habitude. Il a posé ses mains sur les poutrelles métalliques au-dessus de sa tête et, malgré le rideau de pluie qui nous sépare, ses yeux turquoise sont fixés sur moi.

— Ça va aller, dis-je. Je pense que je peux voler… Comme elle.

— Ta mère ne savait pas voler.

Micha passe par-dessus la rambarde et jette un coup d’œil sur les eaux troubles qui s’étalent en contrebas.

— Qu’est-ce que tu as pris ?

— J’ai avalé une de ses pilules. Je voulais savoir ce qu’elle ressentait… et comprendre pourquoi elle se croyait invincible.

Je penche la tête en arrière pour savourer la pluie qui dégouline sur mon visage. Micha pose ses pieds sur le rebord, et ses grosses bottes glissent sur le métal mouillé. Un éclair zèbre le ciel puis foudroie le sol.

— Ta mère ne se rendait pas compte de ce qu’elle faisait. Ce n’est pas ton cas.

Il agrippe d’une main le fil métallique au-dessus de nos têtes.

— Allez, viens par là, implore-t-il en me tendant son autre main. Tu me fais peur.

— Je ne sais pas si j’en suis capable. Je ne sais pas si j’en ai envie.

Je tourne la tête vers lui, et il fait un pas vers moi. Il cligne des yeux pour me voir à travers les gouttes.

— Tu es plus forte que ça. S’il te plaît, donne-moi ta main.

Je baisse la tête et fixe les eaux noires. Je sens que mon corps est près de lâcher prise…

— Ça suffit, Ella ! hurle-t-il. Donne-moi la main !

Le cri de Micha me rappelle à l’ordre. J’entremêle mes doigts aux siens et il m’attrape par la taille. Il me guide rapidement jusqu’à la rambarde et me fait passer par-dessus. Mes pieds entrent en contact avec le béton. Le pont est recouvert de grosses flaques, illuminées par les lampes accrochées aux poutrelles. La voiture de Micha est garée en plein milieu de la route. La porte côté conducteur est grande ouverte, et le moteur et les phares sont encore en marche.

Micha se jette sur moi et me serre fort contre lui, comme s’il avait peur que je ne lui échappe. Pendant quelques secondes, ça me semble naturel. Je me sens bien. Je pose ma tête contre son torse, et le tissu trempé se colle à mon visage gelé. Son odeur me rappelle mon enfance. À l’époque, les choses étaient plus simples : j’étais encore trop jeune pour me rendre compte des dures réalités de la vie.

Il me relâche et repousse les mèches de cheveux qui recouvrent mes yeux.

— Ne me fais plus jamais ça. Je ne peux pas vivre sans toi.

Et pourtant, il va bien falloir qu’il y arrive. Je ne sais pas combien de temps je peux encore tenir avant de me noyer à jamais.

— Micha, je…

Son regard me fait taire. Comme toujours, il sait ce que je m’apprête à lui dire. C’est mon meilleur ami, mon âme sœur. Si nous vivions dans un monde parfait, un monde rempli de roses et de soleil, nous serions ensemble, Micha et moi. Mais notre monde à nous est rempli de familles brisées, de pères alcooliques et de mères qui baissent les bras pour un rien.

Je m’accroche une dernière fois à lui avant de lui dire adieu.

— Je m’excuse, dis-je. C’était devenu trop dur… Ma tête était sur le point d’exploser. Mais ça va mieux. J’y vois clair, maintenant.

Il pose ses mains sur mes joues et dessine le contour de mes pommettes avec son pouce brûlant.

— La prochaine fois, viens me voir. Ne fuis pas. Je sais que c’est difficile en ce moment, mais ça va s’arranger. On s’en est toujours sortis, tous les deux.

Des gouttes d’eau tombent de ses cils, ruissellent le long de ses joues et finissent leur course sur ses lèvres. Il y a un changement dans l’air. Un changement que je sens arriver depuis bien longtemps.

— Ella, je t’…

J’écrase ma bouche contre la sienne pour le faire taire, et il répond tout de suite à mon baiser. Je me colle à lui, le laissant caresser ma langue et aspirer l’eau qui perle sur mes lèvres. Nos corps ne font plus qu’un. Une chaleur intense traverse nos habits trempés et réchauffe ma peau glacée. J’aimerais que ça ne s’arrête jamais… mais ce serait une erreur.

La fille qu’il croit aimer doit disparaître. Je ne veux pas que ce moment reste à jamais gravé dans nos mémoires, alors je me retire avant qu’il ne soit trop tard. J’aspire une dernière bouffée de son odeur puis je m’éloigne peu à peu, l’abandonnant sur ce pont, sous la pluie, en compagnie de l’ancienne Ella.

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Ella

Je déteste les miroirs. Non pas parce que je me trouve moche ni parce que je souffre d’eisoptrophobie, mais parce que les miroirs voient tout. Ils savent la fille que j’ai été. Une fille imprudente, qui gueulait à tout bout de champ et qui n’avait pas honte de dire ce qu’elle ressentait. Avant, je n’avais pas de secrets.

Maintenant, les secrets font partie de moi.

Je ne suis pas complexée par mon physique. Mes longs cheveux châtains s’accordent bien avec mon teint pâle. J’ai de très longues jambes et, quand je porte des talons, je suis plus grande que la plupart des garçons que je connais. Bref, je me sens à l’aise dans mon corps. C’est ce qui est enterré au plus profond de moi qui me fait peur, parce que tout y est brisé.

Je colle un de mes vieux croquis sur le miroir de ma chambre dans le dortoir. Il est déjà quasiment recouvert de dessins. La seule partie de moi que je vois dans le reflet, ce sont mes yeux verts. Des yeux troublés par la douleur et les secrets.

Je me fais un chignon à la va-vite, puis je range mes fusains dans un carton sur mon lit pour les emporter avec mes autres affaires de dessin.

Lila entre dans la chambre en sautillant, le sourire jusqu’aux oreilles et un gobelet à la main.

— Oh là là ! s’écrie-t-elle. Je suis trop contente que ça soit fini !

J’attrape un rouleau de scotch marron sur la commode.

— Oh là là ! l’imité-je pour me moquer d’elle. Qu’est-ce que tu bois pour être dans cet état-là ?

Elle penche le gobelet pour m’en montrer le contenu, puis elle me fait un clin d’œil.

— Du jus de fruits, idiote. Je suis juste super excitée à l’idée d’être en vacances ! Même si ça veut dire qu’il faut que je rentre chez moi…

Elle ramène une mèche de cheveux blonds derrière son oreille et range sa pochette de maquillage dans son sac à main.

— Est-ce que tu sais où est mon parfum ? me demande-t-elle.

Je pointe du doigt les cartons sur son lit.

— Je pense que tu l’as déjà rangé. Mais je ne sais pas dans quel carton, vu que tu n’as rien marqué dessus…

Ma réponse la fait grimacer.

— Tout le monde n’est pas obsédé par le rangement ! Sérieux, Ella, parfois je me demande si tu ne souffres pas de TOC.

J’écris « Art » sur mon carton avant de remettre soigneusement le capuchon sur le marqueur.

— Tu n’as peut-être pas tort, dis-je en riant.

— Il faut vraiment que je me parfume, grogne-t-elle en se reniflant les aisselles. Je transpire comme un bœuf avec cette chaleur ! Il fait au moins quarante-cinq degrés dehors.

Elle détache les photos du miroir de sa commode et les jette dans un carton. Pendant ce temps, je dépose avec délicatesse mes feuilles d’examen dans la poubelle. Que des A. Quand j’étais au lycée, j’étais abonnée aux C. À l’époque, je n’avais pas l’intention d’aller à la fac. Mais la vie évolue. Les gens changent.

Les yeux bleus de Lila se posent sur mon miroir.

— Tu sais qu’on ne sera pas dans le même dortoir à la rentrée ? Si tu ne récupères pas tes dessins, la prochaine personne à s’installer ici va les jeter à la poubelle.

Je le sais, mais je m’en fiche. Ce ne sont que des gribouillis : une paire d’yeux, des roses noires sur un lit de ronces, mon prénom écrit en lettres bizarres… Aucun de ces dessins n’est important. Aucun, sauf un : le portrait d’un vieil ami en train de jouer de la guitare. Je le détache en faisant attention à ne pas arracher les coins.

— Je vais les laisser pour la prochaine, dis-je en souriant. Comme ça, elle aura une chambre pré-décorée.

— Elle aura surtout envie de se voir dans le miroir, ajoute Lila tout en pliant sa chemise rose. Franchement, je ne comprends pas pourquoi tu le recouvres. Tu es loin d’être moche, El.

— C’est pas le problème.

Perdue dans mes pensées, j’observe le portrait de Micha. J’ai vraiment réussi à capturer l’intensité de son regard. Lila me l’arrache des mains en froissant un peu les bords.

— Un jour, il va falloir que tu me dises qui est ce beau gosse !

— C’est juste un mec que je connaissais. On ne se parle plus.

— Comment il s’appelle ?

Elle pose une partie de ses affaires près de la porte, et je range le dessin dans un carton que je ferme avec une bande de scotch.

— Pourquoi tu me demandes ça ?

— Je suis curieuse, c’est tout.

— Il s’appelle Micha. Micha Scott.

C’est la première fois que je dis son nom à voix haute depuis que je suis partie de chez moi. J’ai l’impression d’avoir extrait un gros caillou de ma gorge.

Lila empile des vêtements dans un autre carton tout en m’examinant du coin de l’œil.

— C’est ton ex ?

Je pose mon gros sac à côté de la porte.

— Non. On n’est jamais sortis ensemble.

— Mais vous êtes presque sortis ensemble, pas vrai ? insiste-t-elle.

— Non ! Je te l’ai déjà dit. On était amis, rien de plus.

Tout ça parce que je n’étais pas prête à aller plus loin. J’ai eu trop peur de le laisser entrer dans ma vie.

Lila se fait une queue-de-cheval puis s’évente d’une main.

— Micha… murmure-t-elle en tapotant son menton avec ses ongles manucurés. C’est un prénom intéressant. Je trouve que les prénoms en disent long sur les personnes qui les portent, pas toi ? Je parie qu’il est sexy !

— Tu dis ça de tous les mecs.

J’empile mon maquillage dans un sac. Lila sourit, mais il y a de la tristesse dans ses yeux.

— Tu as raison, soupire-t-elle. Alors, est-ce que j’aurai l’occasion de rencontrer ce mystérieux Micha quand je te déposerai chez toi ? Ce garçon dont tu as toujours refusé de me parler alors que ça fait huit mois qu’on partage la même chambre ?

— J’espère que non.

Son visage se ferme instantanément. Elle est déçue, je le vois bien.

— Je suis désolée, Lila. La dernière fois que je l’ai vu, ça s’est très mal passé. Je ne lui ai pas parlé depuis mon départ. Il ne sait même pas où je suis.

Elle soulève son sac rose plein à craquer et le met sur son épaule.

— Tu vas me raconter tout ça dans la voiture. On a douze heures de route devant nous avant d’arriver à la maison. C’est parfait.

À la maison… Je balaie notre chambre du regard. Cette pièce, désormais vide, est devenue ma vraie maison ces derniers mois. Je ne me sens pas prête à rentrer chez moi et à affronter tous les gens que j’y ai laissés. Surtout Micha. Il me connaît mieux que personne.

— Ça va ? s’inquiète Lila.

Je me force à sourire et je ravale ma panique.

— Oui, tout va bien. Allons-y.

Nous sortons de la chambre avec nos sacs sur les épaules et nos derniers cartons sous les bras. En glissant ma main dans ma poche, je me rends compte qu’il me manque quelque chose…

— Attends ! J’ai oublié mon portable.

Je pose mes affaires par terre et je retourne dans la chambre. À l’intérieur, il ne reste plus que la poubelle et quelques gobelets neufs que j’ai laissés sur le lit. Aucun portable à l’horizon. Je regarde sous le lit et dans la commode. Rien.

— Où est-ce qu’il a bien pu passer ?

C’est la sonnerie qui me répond. Funhouse de Pink, celle que j’ai attribuée aux numéros inconnus. Ça vient de sous le sac-poubelle. Je le soulève pour ramasser le téléphone et, en voyant l’écran, je sens mon cœur s’arrêter de battre. Ce n’est pas un numéro inconnu. Au contraire, c’est un numéro qui m’est plus que familier, mais que je n’ai pas enregistré dans mon portable quand j’ai changé d’opérateur.

— Micha…

J’en ai les mains qui tremblent. Je n’ai ni le courage de répondre, ni celui d’éteindre le portable.

— Qu’est-ce que tu attends pour décrocher ? me demande Lila en entrant dans la chambre. Qu’est-ce qui t’arrive ? On dirait que tu as vu un fantôme.

La sonnerie s’arrête enfin. Je range le téléphone dans la poche arrière de mon short.

— Tout va bien. Allez, on a beaucoup de route devant nous.

— À vos ordres, chef ! plaisante-t-elle en mimant un salut militaire.

Elle m’attrape par le coude et nous marchons bras dessus bras dessous jusqu’au parking. Devant la voiture, mon portable émet un signal.

Message vocal.

Micha

— Elle a un nom trop commun ! grogne Ethan.

On est dans ma chambre et il est assis devant l’ordinateur, les jambes posées sur le bureau.

— Il y a des Ella Daniels partout ! La liste est trop longue, mec. Est-ce que je peux faire une pause ?

Je lui fais signe que non tout en faisant les cent pas, le téléphone collé à l’oreille. En marchant, je donne des coups de pied dans des fringues qui traînent par terre. Je suis en ligne avec le secrétariat de l’Université d’Indiana, et j’attends des réponses qui n’existent sûrement pas. Mais il faut que j’insiste. C’est ce que je fais depuis qu’Ella a disparu de ma vie. Ce jour-là, je me suis juré de la retrouver.

Ethan pose sa tête sur le dossier de la chaise et se frotte les yeux.

— Tu es sûr que son père ne sait pas où elle est ?

— Il refuse de me le dire. Ou alors il a oublié. Pas étonnant, avec tout ce qu’il picole…

— Peut-être qu’elle ne veut pas qu’on la retrouve ? suggère Ethan en tournant sur le siège.

— Je sais. Ça me donne encore plus envie de la chercher.

Ethan reprend ses recherches sur Internet, passant au peigne fin toutes les Ella Daniels du pays. Je ne sais même pas si elle vit toujours aux États-Unis…

La secrétaire revient au bout du fil et me donne la réponse habituelle : il y a bien une Ella Daniels, mais ce n’est pas celle que je cherche. Je raccroche et je jette le portable sur mon lit.

— Et merde !

— Pas la bonne ?

— Non. Comme à chaque fois.

Je m’effondre sur le lit et me prends la tête entre les mains.

— Calme-toi, mec. Je sais qu’elle te manque mais, franchement, j’en ai marre de t’entendre chouiner ! Tu me fais mal au crâne.

Il a raison. Il faut que j’arrête de pleurnicher. Je me relève d’un coup, et j’enfile mes bottes et mon sweat à capuche noirs.

— Il faut que j’aille chercher une pièce au garage, je dis. Tu viens avec moi ?

— OK, répond-il, soulagé de décoller ses yeux de l’écran. Mais on passe d’abord chez moi. Je dois récupérer ma batterie pour la répétition de ce soir. D’ailleurs, tu viens ou tu fais toujours grève ?

Je me dirige vers la porte en mettant ma capuche.

— J’ai des trucs à faire.

— Tu parles ! On sait tous que c’est à cause d’Ella que tu ne joues plus. Tu ferais mieux de l’oublier, mec. Une bonne fois pour toutes.

Alors qu’Ethan s’apprête à éteindre l’ordinateur, mon regard se pose sur l’écran. Je me jette sur lui pour l’empêcher d’appuyer sur le bouton : la fille sur la photo a les mêmes yeux verts et les mêmes cheveux châtains qu’Ella. Par contre, elle porte une robe et il n’y a pas d’eye-liner autour de ses yeux… Ça ne lui ressemble pas. Et puis, on dirait qu’elle fait semblant d’être heureuse. La Ella que je connais ne fait pas semblant.

Pourtant, c’est bien elle.

J’attrape mon portable.

— Qu’est-ce que tu fous ? marmonne Ethan. Je pensais qu’on avait fini !

J’appelle les renseignements.

— Est-ce que je pourrais avoir le numéro d’Ella Daniels à Las Vegas, Nevada ?

J’attends en espérant qu’elle n’est pas sur liste rouge.

— Elle est à Las Vegas ? s’étonne Ethan en regardant l’écran.

Sur la photo, Ella pose à côté d’une blonde aux yeux bleus, devant le campus de l’Université du Nevada à Las Vegas.

— Elle a l’air bizarre, mais plutôt sexy. Et la blonde est très mignonne.

— C’est pas ton style de fille.

— Toutes les filles me plaisent, tu sais. Et puis, si ça se trouve, c’est une strip-teaseuse… Et ça, c’est vraiment mon style !

L’opératrice me donne quelques numéros, dont l’un qui appartient à une fille du campus. Je le compose avant de sortir dans le couloir, pour avoir un peu d’intimité. Je laisse sonner une fois, deux fois, trois fois, puis la messagerie se met en route. La voix d’Ella n’a pas beaucoup changé. Elle est juste plus détachée, sans émotion.

Après le bip, je respire un grand coup… et je déballe tout ce que j’ai sur le cœur à sa messagerie vocale.