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1.

Franchement, songea Audrey avec agacement ce hurlement de sirène était-il bien nécessaire ? Et cette rampe de lumières qui clignotaient sur le toit du véhicule de police, à qui d’autre qu’elle, aurait-elle pu s’adresser puisqu’elle n’avait pas croisé la moindre voiture depuis le temps qu’elle roulait sur cette partie de la côte ouest australienne ?

Elle se gara sur le bas-côté de la route et tapota nerveusement le volant du bout des doigts tout en regardant dans le rétroviseur l’officier de police s’extraire de son véhicule de fonction arrêté derrière elle.

Lentement, il s’approcha à longues enjambées nonchalantes, comme s’il avait tout son temps — ce qui était sans doute le cas, pensa-t-elle avec une moue désabusée. Il n’avait pas dû atteindre son quota d’amendes pour la journée et avait décidé de l’épingler avant de finir son service.

Audrey abaissa sa vitre électrique et le gratifia de son sourire le plus éblouissant, celui qui avait pratiquement toujours obtenu le succès escompté tout le long des vingt-sept années que comptait sa jeune existence.

— Est-ce que vous vous rendez compte de la vitesse à laquelle vous étiez en train de rouler, mademoiselle ? demanda-t-il d’une voix grave qui contenait une bonne dose de reproche.

A l’évidence, son sourire irrésistible n’avait pas obtenu l’effet espéré. Elle retira ses lunettes de soleil et, usant de la seconde arme que comptait son arsenal féminin, papillonna des cils d’un air innocent avant de fixer sur lui son regard d’un bleu profond.

— Vous voulez dire que je roulais trop vite ? J’étais pourtant certaine d’être en dessous de la limite autorisée.

— Je vous ai chronométrée avec mon radar à dix-sept kilomètres au-dessus de la vitesse limite, dit-il sur le même ton autoritaire. Cela équivaut à trois points de moins et une lourde amende.

Cette fois, la panique s’empara d’Audrey. Il ne lui restait plus que trois points sur son permis de conduire. Si on le lui supprimait dans un endroit où n’existait aucun moyen de transport public digne de ce nom, ses trois mois de travail dans la clinique isolée de Marraburra allaient se révéler difficiles, voire impossibles à assurer.

« Il va falloir que j’aie recours à mon arme numéro trois », pensa-t-elle.

Descendant de voiture, elle lissa au passage sa jupe moulante en denim.

— Puis-je voir votre permis ? lui demanda l’officier de police en la regardant droit dans les yeux, sans se laisser distraire par ses longues jambes bronzées.

Piquée au vif dans sa féminité, Audrey réprima un soupir d’exaspération et fouilla dans son sac à la recherche de ses papiers, qu’elle lui tendit. Au passage, leurs doigts se touchèrent pendant une brève seconde. Elle ressentit comme une décharge électrique et retira vivement sa main.

Tout de même, elle n’était pas désespérée à ce point, se dit-elle, furieuse contre elle-même. D’accord, aucun homme n’avait posé la main sur elle depuis Simon Wyndam, qui l’avait quittée dix-huit mois auparavant. Mais ce n’était pas une raison pour avoir les jambes flageolantes devant un parfait inconnu, flic de surcroît ! Quoique, à bien y regarder, l’inconnu en question était plutôt du genre séduisant.

Malgré la casquette qu’il portait, elle nota au passage ses cheveux brun foncé, sa peau mate et son menton énergique. Quant à sa bouche bien dessinée, elle semblait dispenser ses sourires avec parcimonie. Et il était beaucoup plus grand qu’elle ne l’avait cru de prime abord.

— Vous êtes donc de la Nouvelle-Galles du Sud ? dit-il en retirant ses lunettes de soleil.

Ce fut un nouveau choc pour Audrey quand elle plongea dans les yeux les plus sombres qu’elle eût jamais vus, bordés de cils d’une incroyable longueur.

— Euh… oui, répondit-elle faiblement, tandis que son cœur se mettait à faire des bonds dans sa poitrine.

— Est-ce que vous avez parcouru toute la distance depuis Nullarbor là-dedans ? questionna-t-il en jetant sur sa voiture de sport rouge un regard qui lui parut teinté de mépris.

Audrey sentit l’irritation la gagner.

— Non, répondit-elle sèchement. Je l’ai fait embarquer sur le train et je la conduis depuis Perth.

— Etes-vous au courant de la vitesse maximale autorisée en Australie de l’Ouest, mademoiselle Tanner ?

Elle releva le menton avec défi.

— C’est Dr Tanner, si vous n’y voyez pas d’inconvénient, rectifia-t-elle non sans une certaine fierté.

— Eh bien, docteur Tanner, répéta-t-il avec une exactitude teintée d’ironie, je vous conseille de ralentir ou bien vous pourriez vous retrouver sans permis — ou pire : sans vie.

— Je ne roulais pas vite, protesta-t-elle, à bout de patience. Le système de contrôle de vitesse a fonctionné en permanence.

— Dans ce cas, votre compteur aurait peut-être besoin d’être révisé.

Le ton d’Audrey devint glacial.

— Bien sûr, il ne vous vient pas à l’idée que ce soit votre équipement qui soit défaillant, rétorqua-t-elle. L’avez-vous fait contrôler récemment ?

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