Enceinte de Nicolo Orsini

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Alessia est furieuse en apprenant l’arrivée d’un nouvel investisseur dans l’affaire familiale. Dans ces conditions, ne risque-elle pas de perdre l’indépendance qui lui tient tant à cœur ? Mais alors qu’elle s’attend à rencontrer un homme d’affaires bedonnant et âgé, elle voit arriver à la villa Antoninni un homme magnifique, d’un charme ténébreux à couper le souffle : Nicolo Orsini. Et, bientôt, c’est toute sa volonté, et sa chère indépendance, qu’elle abdique entre ses bras, tout en sachant que Nicolo n’a rien d’autre à lui offrir qu’une courte liaison et qu’il repartira bientôt…
Publié le : jeudi 1 septembre 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280237413
Nombre de pages : 160
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1.
Entre la cérémonie dans la petite église de Manhattan et la réception à l’hôtel particulier des Orsini, la journée avait été longue. Nicolo avait hâte qu’elle se termine. Il savait que, dans l’immense lit de son triplex de Central Park West, une femme l’attendait probablement — et cela ne l’enchantait guère…
— Tu dois vraiment y aller, Nick ? avait-elle demandé le matin même avec une moue sexy, un peu avant qu’il parte.
Il avait jeté un dernier coup d’œil dans le miroir. Smoking sur mesure, chemise de soie blanche, nœud papillon, chaussures rutilantes : tout était impeccable. Il s’était approché du lit, avait déposé un baiser sur les cheveux de la femme en répondant que oui, il devait y aller.
On ne mariait pas son frère tous les jours.
Cette pensée, il l’avait gardée pour lui, se contentant d’expliquer qu’il était invité à un mariage — mot magique qui avait suffi à faire briller les yeux bleus fixés sur lui. Cela l’avait conforté dans ses craintes. Il avait donc évité de préciser que c’était un de ses frères qui devait dire « oui »…
— Je t’appelle, avait-il assuré.
Ce qui lui avait valu une autre moue sexy. Comment cette manie qu’il trouvait si excitante au début pouvait-elle être devenue aussi agaçante ? Néanmoins, il avait invité la blonde pulpeuse à attendre son retour.
Nicolo but une gorgée de champagne. Pourvu qu’elle ne l’ait pas écouté…
Il était toujours agréable de trouver une créature sensuelle dans son lit, mais son intérêt pour celle-là s’était décidément émoussé. Or, les femmes avaient souvent un sixième sens pour ce genre de choses et il redoutait une de ces scènes mélodramatiques qui accompagnaient parfois la fin d’une histoire. Après la journée qu’il venait de passer, c’était la dernière chose dont il avait besoin ! Il avait beau adorer ses frères, ses sœurs, sa mère, ses belles-sœurs, il était saturé de sentimentalisme pour un bon moment.
Par la baie vitrée du jardin d’hiver, il contempla le parc de l’hôtel particulier de sa famille. L’automne était arrivé, mais les arbustes plantés par sa sœur Isabella quelques années plus tôt restaient verts.
Derrière les hauts murs de pierre de la propriété, Little Italy, où plusieurs générations d’immigrants italiens avaient posé leurs valises, cédait chaque jour du terrain à Greenwich Village et Chinatown.
Nick but une nouvelle gorgée de champagne. Boutiques de mode, restaurants chic, galeries d’art… La métamorphose du quartier de son enfance lui déplaisait, et il regrettait son caractère populaire d’autrefois. Pourtant, il ne gardait pas que des souvenirs agréables de cette époque. Loin de là. Quand on avait pour père le chef d’une puissante famille du crime organisé, on était souvent en butte à des vexations.
Quand il avait compris qui était exactement Cesare Orsini, il n’avait plus éprouvé pour lui qu’un profond mépris.
En revanche, son amour pour sa mère et ses sœurs ne s’était jamais altéré. Quant aux liens qui l’unissaient à ses frères…
Un sourire étira ses lèvres.
Ces liens-là étaient indestructibles.
Pendant leur enfance, ses frères et lui se chamaillaient souvent ; mais, dès que l’un d’eux avait le moindre problème avec les gamins du quartier, les trois autres arrivaient à la rescousse. Au sortir de l’adolescence, ils s’étaient séparés pour suivre des chemins différents, mais ils avaient fini par se retrouver. Peu d’années les séparaient, ils avaient le même caractère et partageaient les mêmes valeurs. Plus unis que jamais, ils avaient fondé une société d’investissement qui leur avait permis de devenir aussi riches et puissants que leur père, tout en restant intègres.
Raffaele, Dante, Falco et lui formaient une équipe soudée.
Etait-ce sur le point de changer à présent que ses frères étaient mariés ?
Nick termina sa flûte et se dirigea vers le bar. Le voyant approcher, le barman ouvrit une nouvelle bouteille de Dom Pérignon millésimé et lui servit une flûte.
— Merci.
Nick regarda Rafe danser avec sa femme, Chiara. Incroyable… Ses frères, tous les trois mariés… Il n’arrivait toujours pas à se faire à cette idée. D’abord Rafe. Puis Dante. Et à présent Falco ! Falco le solitaire…
Absolument incroyable : ses frères étaient tous les trois tombés amoureux !
— Ça t’arrivera à toi aussi, tu verras, lui avait assuré Rafe la veille au soir au Bar, l’établissement qu’ils possédaient ensemble à SoHo et où ils s’étaient réunis tous les quatre pour trinquer au mariage de Falco.
— Moi ? Jamais ! s’était-il exclamé.
Eclat de rire général.
— Mais si, mon vieux, avait insisté Dante.
— Crois-moi, ça te tombera dessus au moment où tu t’y attendras le moins, avait renchéri Falco. Et, avant que tu aies le temps de comprendre ce qui t’arrive, la femme de ta vie tiendra ton pauvre petit cœur au creux de sa main.
Nouvel éclat de rire.
Il n’avait pas insisté.
A quoi bon leur expliquer qu’il était déjà passé par là, et qu’il n’avait aucune intention de recommencer ?
Bien sûr, il était possible que ses frères fassent mentir la statistique selon laquelle un mariage sur quatre se terminait par un divorce. Leurs épouses semblaient sincèrement amoureuses. Mais c’était toujours comme ça au début avec les femmes, non ? Hypocrites par nature, elles cachaient bien leur jeu.
Crispant la mâchoire, Nick regagna le bar et posa sa flûte encore pleine sur le comptoir de marbre.
— Un scotch. Double, s’il vous plaît.
— Je suis désolé, monsieur Orsini. Je n’ai pas de scotch.
— Un bourbon alors.
— Pas de bourbon non plus.
— Vous plaisantez ?
Le barman, qui ne devait pas avoir beaucoup plus de vingt ans, déglutit péniblement.
— Non, monsieur Orsini. Je suis vraiment désolé, mais…
— Arrêtez de répéter que vous êtes désolé ! Ce n’est pas ça qui…
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