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Enfin toi - Episode 2

De
86 pages
Episode 2

Un roman intense et enlevé qui décline toute la palette des émotions. Mais, une fois le livre refermé, c’est l’espoir qui demeure. L’espoir qu’un nouvel amour peut être la plus belle chance de bonheur…


Quand le conte de fées tourne au drame, il faut une bonne raison de se relever.
Grey a 22 ans. Elle est tout juste diplômée, belle, indépendante, entourée, et, pourtant, sa vie est finie. Elle s’est arrêtée deux ans plus tôt, quand son fiancé est mort brutalement, trois jours à peine avant leur mariage.
Jagger a 22 ans aussi. C’est un artiste talentueux, un frère aimant, un ami dévoué, mais un petit ami déplorable. La raison ? C’est Grey. La femme qu’il aime depuis toujours. Depuis plus que toujours, même. Dans sa vie, dans son cœur, elle occupe toute la place. Et il ne voit aucune raison pour que cela change.
Mais, le jour où Grey découvre cet amour secret, leur univers explose une nouvelle fois.
Elle se sent trahie, blessée : c’est d’un ami qu’elle a besoin, pas d’un amant. Cependant, est-elle pour autant prête à laisser Jagger sortir de sa vie ?

A propos de l'auteur : 
Molly McAdams a grandi en Californie, mais vit maintenant dans le ô-combien-merveilleux Etat du Texas avec son mari et leurs petites camarades à quatre pattes et pleines de fourrure. Ses passions ? La randonnée, le snowboard, les voyages et les longues promenades sur la plage… Ce qui se traduit en gros par rester tranquillement à la maison avec son petit mari et par communiquer à coups de répliques de film.
 
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Couverture : Molly McAdams, Enfin toi, Harlequin
Page de titre : Molly McAdams, Enfin toi, Harlequin

Chapitre 4

GREY
30 mai 2014

— Même si je suis ravie de t’avoir ici avec moi, j’ai besoin de savoir ce qui s’est passé, dit Janie en changeant brusquement de sujet.

— Quoi ?

Elle me fixa un instant, avec l’air d’attendre quelque chose, puis m’adressa un petit sourire triste, avant de s’étendre à plat ventre sur son lit à côté de moi.

— Je t’adore, Grey, et tu peux rester ici aussi longtemps que tu voudras, mais je sais qu’il s’est passé quelque chose et que tu fais tout pour me le cacher depuis que tu es arrivée.

Observant le plafond, je m’obligeai à calmer ma respiration.

Lorsque j’avais appelé Janie, je lui avais seulement dit que j’avais besoin de changer d’air. J’avais jeté quelques affaires dans un sac, j’étais montée dans ma voiture et j’avais filé chez ma meilleure amie.

Ça remontait à une semaine. Depuis, j’avais appelé deux fois mes parents, et une fois Graham.

Quant à Jagger, après les deux appels qu’il m’avait passés pendant que j’étais sur l’autoroute, en direction de Seattle, il n’avait pas cherché à reprendre contact avec moi. Je ne l’avais pas rappelé, ne sachant pas quoi lui dire.

J’avais l’impression de ne pas le connaître, de ne pas savoir discerner le vrai du faux dans notre amitié.

— C’était vraiment si difficile que ça de retourner à Thatch ? demanda Janie quelques minutes plus tard, alors que je ne lui avais toujours pas répondu.

— Oui et non. C’était un peu compliqué le premier jour, puis ça s’est amélioré. Je me suis installée provisoirement chez mes parents, en attendant de trouver un appartement. Et Jagger…

Je m’interrompis pour m’éclaircir la gorge.

— Jagger a transformé en loft un vieil entrepôt appartenant à ses grands-parents et, pendant toute une semaine, nous y avons passé beaucoup de temps ensemble.

Janie se tourna vers moi et m’adressa un regard interrogateur.

— Comment va Jagger ?

Sa façon de poser la question me fit tiquer. Elle avait l’air de savoir quelque chose. Est-ce que Graham et elle continuaient à parler de moi ? Est-ce qu’il lui avait dit quelque chose ?

— Pourquoi tu me poses la question comme ça ? demandai-je.

— Comme quoi ? répliqua-t-elle en me lançant un regard innocent. Je veux simplement savoir comment il va. C’est la première fois que vous êtes éloignés l’un de l’autre aussi longtemps.

Elle avait raison. A part ce voyage en Europe que j’avais fait avec ma famille, je n’étais jamais restée aussi longtemps sans le voir, et c’était une véritable torture.

— Tu as parlé à Graham récemment ?

— Non, pas depuis la remise des diplômes. Pourquoi ?

Je l’étudiai un court instant, avant de relâcher mon souffle, et murmurai, en fixant de nouveau le plafond :

— Jagger m’a dit qu’il était amoureux de moi.

— Et ?

Je tournai brusquement la tête, choquée.

— Comment ça, et ? C’est une putain de surprise.

Elle éclata de rire.

— Attends, sérieusement ? Tu ne t’en étais jamais doutée avant ?

— Ben, non.

Elle écarquilla les yeux, incrédule.

— Mais comment c’est possible que tu n’aies rien vu ?

Je m’assis sur le lit, en me tournant pour la regarder.

— Comment c’est possible que toi tu le saches ?

— Tout le monde le sait. Ben lui-même…

Elle s’interrompit brusquement.

— Quoi ? Dis-moi !

— Ben était au courant, admit-elle d’une voix si basse que je crus avoir mal compris, jusqu’à ce que je prenne conscience de la tristesse dans ses yeux.

— Non.

La gorge serrée, je secouai la tête.

— Non, il ne pouvait pas savoir. Il me l’aurait dit. Il… Il n’aurait pas été d’accord avec ça. Comment tu sais que Ben était au courant ?

Je m’étais mise à crier, et Janie semblait inquiète.

— Il me l’a dit. Enfin… pas directement, mais il me l’a fait comprendre.

— Janie, qu’est-ce qu’il a dit, exactement ?

Elle détourna les yeux quelques secondes, avant de hausser les épaules et de me regarder à nouveau.

— Tu te souviens de nos parties de bowling acharnées, le soir après les cours ?

Je hochai la tête, et elle poursuivit :

— Une fois, c’était durant notre première année à l’université, j’ai constaté que Ben ne te touchait jamais, et même qu’il s’arrangeait pour rester éloigné de toi. Ça m’a paru bizarre, parce que ça ne vous ressemblait pas du tout. J’ai attendu d’être seule avec Ben, tandis que Jagger et toi étiez en train de vous disputer pour savoir qui devait jouer, et je lui ai demandé si ça allait.

Je n’avais pas réalisé que je m’étais penchée vers Janie et que je retenais mon souffle, jusqu’à ce qu’elle s’interrompe, l’air ému.

— Qu’est-ce qu’il a dit ?

— « Je suis avec l’amour de ma vie et mes amis, comment ça pourrait ne pas aller ? » Je lui ai fait remarquer qu’il se comportait bizarrement, qu’il évitait de te toucher. Alors il a regardé dans votre direction, à toi et à Jagger, et il a dit : « J’ai toute ma vie pour la prendre dans mes bras, je ne peux pas faire ça à mon meilleur ami. »

Luttant contre les larmes, elle avait du mal à s’exprimer, et mon cœur se serra quand je réalisai que « toute la vie » de Ben n’avait duré qu’une année de plus.

— J’avais déjà repéré comment Jagger te regardait, et quand Ben a dit ça j’ai compris qu’il l’avait vu aussi. Je ne sais pas s’ils en ont parlé, mais il était au courant.

Nous tombâmes dans les bras l’une de l’autre, et de longues minutes passèrent, durant lesquelles on n’entendit plus que le son de nos sanglots étouffés.

Lorsque nous nous écartâmes, Janie essuya ses yeux d’un revers de main et haussa les épaules.

— A la façon dont Jagger te regarde, c’est évident. J’ai toujours pensé que tu faisais semblant de ne pas le savoir pour ne pas briser votre amitié. Par contre, l’année dernière, quand tu as commencé à prendre tes distances avec nous et à te raccrocher à lui, nous avons tous pensé que vous alliez finir ensemble.

— Mais qu’est-ce que tu dis ?

Je secouai la tête et tentai de faire disparaître la boule d’émotion qui m’obstruait la gorge.

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