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Enfin toi - Episode 3

De
86 pages
Episode 3

Un roman intense et enlevé qui décline toute la palette des émotions. Mais, une fois le livre refermé, c’est l’espoir qui demeure. L’espoir qu’un nouvel amour peut être la plus belle chance de bonheur…


Quand le conte de fées tourne au drame, il faut une bonne raison de se relever.
Grey a 22 ans. Elle est tout juste diplômée, belle, indépendante, entourée, et, pourtant, sa vie est finie. Elle s’est arrêtée deux ans plus tôt, quand son fiancé est mort brutalement, trois jours à peine avant leur mariage.
Jagger a 22 ans aussi. C’est un artiste talentueux, un frère aimant, un ami dévoué, mais un petit ami déplorable. La raison ? C’est Grey. La femme qu’il aime depuis toujours. Depuis plus que toujours, même. Dans sa vie, dans son cœur, elle occupe toute la place. Et il ne voit aucune raison pour que cela change.
Mais, le jour où Grey découvre cet amour secret, leur univers explose une nouvelle fois.
Elle se sent trahie, blessée : c’est d’un ami qu’elle a besoin, pas d’un amant. Cependant, est-elle pour autant prête à laisser Jagger sortir de sa vie ?

A propos de l'auteur : 
Molly McAdams a grandi en Californie, mais vit maintenant dans le ô-combien-merveilleux Etat du Texas avec son mari et leurs petites camarades à quatre pattes et pleines de fourrure. Ses passions ? La randonnée, le snowboard, les voyages et les longues promenades sur la plage… Ce qui se traduit en gros par rester tranquillement à la maison avec son petit mari et par communiquer à coups de répliques de film.
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Couverture : Molly McAdams, Enfin toi, Harlequin
Page de titre : Molly McAdams, Enfin toi, Harlequin

Chapitre 10

JAGGER
6 août 2014

— Je ne sais pas ce que tu vois, mais ce n’est pas un dinosaure, affirmai-je.

Baissant les yeux vers Grey qui gloussait, j’observai attentivement ses yeux dorés.

— Tu es défoncée ?

— Tais-toi, Jag !

Elle appuya la main contre mon torse pour me repousser, puis promena le bout de ses ongles sur ma peau.

— Je t’assure que c’est un T-Rex. Tu le regardes à l’envers.

J’examinai à nouveau les nuages au-dessus de nous et secouai la tête.

— Même dans l’autre sens, ça ne ressemble pas à un T-Rex.

De sa main libre, elle m’envoya une giclée de l’eau du lac, et je ris.

— Bébé, sérieusement, s’il faut vraiment que ce soit quelque chose, ça ressemble à tout casser à un arbre.

— Tu n’as aucune imagination, protesta-t-elle.

Penché au-dessus de son corps, je posai mes lèvres juste entre ses seins et murmurai contre sa peau :

— Permets-moi de penser le contraire.

Les mains de Grey se mirent à jouer avec mes cheveux, tandis que je déposais de doux baisers partout sur son estomac.

— Je vois un T-Rex, un lapin, une tasse et un cœur, alors que pour toi ce n’est que de la barbe à papa et, éventuellement, un arbre.

— Ce qui prouve que je suis le seul à être sobre.

Elle tira gentiment sur mes cheveux, avant de soupirer d’aise.

Ce matin, nous étions sortis faire un tour en bateau avec quelques amis du lycée et, quand j’avais découvert que LeAnn était présente, je m’étais attendu à un désastre. Or, mon ex était restée parfaitement indifférente quand elle m’avait vu avec Grey et, lorsque l’homme qui l’accompagnait — et qui n’était pas celui avec qui elle était au restaurant l’autre soir — avait retrouvé des amis, elle s’était mise à papoter avec ses anciennes copines comme si de rien n’était.

Après les avoir quittés, Grey et moi avions loué un Jet-Ski pour passer un peu de temps ensemble avant qu’elle aille travailler.

Au bout de trente minutes, j’avais dû couper le moteur car la façon dont les mains de Grey se crispaient sur mon estomac rendait toute concentration impossible. Elle s’était tortillée pour passer devant moi, s’installant à califourchon sur mes genoux, et le fait qu’elle soit en bikini avait mis un peu plus à mal mon self-control.

Vu la façon dont Grey avait réagi une semaine et demie plus tôt quand Charlie avait débarqué chez moi, je craignais qu’elle ne regrette ce que nous avions fait. Mais le lendemain elle était redevenue normale, se pressant contre moi, me donnant de petits baisers…

J’étais heureux que nous n’ayons pas fait machine arrière dans notre relation mais, depuis qu’elle avait reçu la copie des vœux de Ben et le message de son compte Facebook, je l’avais vue redevenir lentement l’ancienne Grey que j’avais côtoyée pendant deux ans.

On avait de bons moments, comme à présent sur le lac, mais la plupart du temps elle avait le regard dans le vide ou bien elle se recroquevillait sur elle-même en serrant la bague de Ben, et j’avais peur qu’elle finisse par se laisser à nouveau engloutir par ses souvenirs.

J’avais peur de la perdre.

Elle ne voulait pas parler de ce qui s’était passé. Elle ne voulait pas parler de Ben. Elle ne voulait parler de rien.

Elle était redevenue semblable à la personne qu’elle était après la mort de Ben, mais cette fois elle me tenait à l’écart. C’est pourquoi je profitais des rares moments où elle était encore un peu avec moi. Je voulais engranger des souvenirs de la fille que j’avais tant attendue, avant que celle-ci ait complètement disparu.

— Il va falloir que je rentre bientôt, marmonna-t-elle.

— D’accord, passe derrière, et on y va.

— J’ai dit bientôt…

J’observai son regard enflammé tandis qu’elle agrippait ma taille et ajustait sa position sur mes cuisses.

Lentement, je suivis du bout des doigts le contour de son haut de bikini, jusqu’au creux de ses seins.

— Et qu’est-ce que tu as prévu de faire en attendant que ce soit l’heure ?

Avant qu’elle ait eu le temps de répondre, le rugissement d’un moteur et des cris vinrent troubler la tranquillité du lac.

Je laissai retomber ma main, tout en surveillant le hors-bord qui approchait à vive allure, bifurquant à la dernière minute dans une gerbe d’eau, en faisant tanguer notre Jet-Ski, tandis que ses occupants, une bande de garçons surexcités, braillaient comme des débiles.

Je suivis le hors-bord des yeux jusqu’à ce qu’il ait disparu pour éviter de regarder Grey, car je savais exactement ce que j’allais trouver devant moi.

Comme à chaque fois que nous nous rapprochions physiquement et que nous étions interrompus, elle semblait subitement découvrir la situation sous un jour nouveau et se renfermait dans sa coquille, redevenant prisonnière de son passé.

Reportant finalement mon attention sur Grey, je lui adressai un sourire crispé et tendis le bras derrière moi pour attraper son gilet de sauvetage, tandis qu’elle triturait sa chaîne de cou d’un air absent.

— Mets ça, mon cœur, je te ramène.

* * *

Grey ne dit pas un mot jusqu’à ce que je la raccompagne à sa voiture. Ce ne fut qu’une fois au volant, alors qu’elle mettait le contact, qu’elle tourna vers moi un regard interrogateur.

— Je te vois plus tard ?

Je hochai la tête et regagnai ma voiture.

Rejetant la tête contre le dossier, j’essayai de me rappeler les bons moments de cette journée, mais c’était difficile de garder le moral quand une phrase tournait en boucle dans ma tête, comme un disque rayé :

Je suis en train de la perdre.

GREY
10 août 2014

— Pose-moi, pose-moi, pose-moi ! hurlai-je tandis que Jagger, qui m’avait jetée en travers de son épaule, se précipitait dans l’entrepôt.

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