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Ensemble - Kassi : épisode 2

De
63 pages
Episode 2 de la série « Ensemble – Kassi », une romance New Adult d’Anne Rossi : Deux contraires que tout oppose. Une attraction hors norme.

Elle, jeune mère célibataire, déterminée à offrir le meilleur à son fils.
Lui, étoile montante de la musique, hanté par ses pulsions violentes.
Tous les deux, ensemble, pour affronter le monde.

Embaucher Juliette est l’une des meilleures décisions de sa vie. Depuis que la nouvelle assistante de Link est arrivée, Kassi se sent revivre : finie l’angoisse de la gestion de la com’ du groupe. D’autant qu’avec le mariage de Layla et Nathan, les médias se déchaînent. Mais Juliette gère tout cela avec un professionnalisme qui le subjugue. Pourtant, quand il l’a vue arrivée avec sa queue de cheval très stricte, ses grosses lunettes en écaille et ses vêtements d’une sobriété déprimante, il n’aurait jamais imaginé qu’il l’engagerait. Et voilà qu’aujourd’hui, il se prend à imaginer la douceur de ses mèches dorées, les contours de ce corps qu’elle cache si sévèrement, la saveur de sa peau couleur de neige...

A propos de l’auteur :

Anne Rossi a écrit son premier roman épistolaire en sixième, en échangeant des messages sous la table avec sa meilleure amie durant le cours de sciences naturelles. Depuis, elle n’a cessé de faire vivre à ses héroïnes des aventures romantiques toujours plus passionnantes. Romance historique, romance fantastique ou encore new adult : Anne Rossi excelle dans tous les genres dédiés à l’amour ! Avec sa nouvelle série « Ensemble », elle confirme son talent pour la romance moderne.
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Épisode 2 : La disparition

La vieille Clio grise filait sur l’autoroute, direction plein ouest. L’autoradio était malheureusement décédé quelques jours auparavant, juste après la climatisation, et comme Kassi n’avait pas eu le temps d’en racheter un, seul le roulement des pneus sur l’asphalte brisait le silence. À l’arrière, Léo gardait les yeux rivés à sa console de jeux, le casque sur les oreilles. À côté de lui, Juliette dormait, ou faisait semblant. Kassi pianota nerveusement des doigts sur le tableau de bord.

Les jours précédents, Juliette et lui avaient travaillé d’arrache-pied pour mettre au point les ultimes détails de la tournée. Certes, il y aurait toujours des problèmes de dernière minute, mais pour l’essentiel, tout était calé. Ils avaient même un studio pour l’enregistrement, à partir de septembre. Enfin, les comptes étaient à jour. Juliette n’avait pas menti sur ses connaissances en la matière. Sans elles, ils auraient sans doute dû engager un comptable. Ils y avaient pensé au moment de la constitution du groupe en SARL, quand Layla avait versé l’argent de son héritage pour l’achat du loft et l’enregistrement du nouvel album. Et puis, ils avaient oublié jusqu’au moment du bilan d’activité, un pur cauchemar ! Mais cette année, tout devrait mieux se passer. Même la tournée. Si Link réussissait à percer pour de bon, ils le devraient autant à la compétence de leur assistante qu’aux péripéties amoureuses de leur chanteuse. Davantage même. Parce qu’au fond, le soufflé médiatique retombait très vite. Il fallait s’attendre à une nouvelle poussée en septembre, au moment du mariage, mais après… ce serait leur talent qui ferait la différence.

Il ralentit pour prendre la sortie de l’autoroute, réveillant Juliette.

– Léo, arrête de jouer, tu vas être malade, lança-t-elle à son fils.

– On arrive bientôt ?

– Encore une grosse demi-heure, répondit Kassi.

Léo souffla d’un air maussade.

– Regarde par la fenêtre, lui conseilla Juliette. Ça change de ce que tu vois d’habitude.

Elle entrouvrit sa vitre pour laisser entrer un peu d’air au parfum d’iode.

– Tu viens souvent par ici ? demanda-t-elle.

– Tous les étés depuis que je suis gamin. Mais c’est la première fois que j’y invite quelqu’un. En dehors de Layla et Noura, bien sûr.

Layla l’avait accompagné dès qu’il avait fait sa connaissance, ou presque. Nicole, sa mère, n’avait élevé aucune objection à l’abandonner deux mois entiers en compagnie d’inconnus. Noura passait en général juillet dans sa famille, mais rentrait en août, quand elle saturait de sa vingtaine de cousins et cousines. Quant à Ilan, il s’ennuyait à mort dans les colonies éducatives sélectionnées par ses parents. Une année, il s’était trouvé non loin de Saint-Malo et avait passé son séjour à fuguer pour les rejoindre. Fantaisie qui s’était soldée par de sérieuses représailles à son retour…

Kassi soupira. Il n’avait plus 15 ans. Et il avait dit la vérité : il n’avait jamais invité d’autres filles au mobile-home. C’est pourquoi affirmer que ses intentions actuelles étaient totalement pures aurait été mentir. Le souvenir de leur baiser l’avait souvent tourmenté, depuis qu’il avait proposé ces vacances à Juliette. Il n’aurait pas été contre recommencer l’expérience, à condition que ça ne mette pas leur relation en péril. Or, c’était bien là que le bât blessait. Il nageait encore en pleine confusion sentimentale ; même s’il avait admis que Layla n’était pas la femme de sa vie, s’engager dans une relation n’entrait pas dans ses projets immédiats. D’un autre côté, pouvait-il offrir moins à Juliette ? Il n’aurait pas voulu non plus qu’elle s’imagine qu’il l’avait invitée uniquement pour ça ! Non, mieux valait résister à la tentation. D’ailleurs, rien ne prouvait qu’elle se trouvait dans les mêmes dispositions que lui. Sans Léo, elle aurait refusé son offre, il l’avait bien senti. Alors, prudence, conclut-il en tournant dans l’allée gravillonnée du camping.

Les mobile-homes se trouvaient au fond, dans une zone plantée de pommiers, où ils formaient un véritable petit village. Les propriétaires se connaissaient tous depuis de nombreux étés et leurs enfants avaient grandi ensemble.

Descendant de voiture, Kassi adressa un signe de la main à sa voisine, une dame aux cheveux aussi blancs que sa peau était tannée par le soleil. À cette période de l’année, il y aurait encore peu de couples avec enfants. C’était dommage pour Léo, mais pour sa part, il appréciait de pouvoir passer du temps en tête à tête avec Juliette. Ça leur permettrait de poser les choses entre eux. Ils pourraient ainsi repartir sur de bonnes bases pour la tournée, qui s’annonçait bien plus dense que la précédente.

– Bonjour, Kassi ! lança Denise en s’avançant vers lui, la main tendue. Ça fait plaisir de te revoir. Tu arrives en bonne compagnie, dis-moi !

Son regard noisette pétillait de curiosité. Ce n’était pas pour rien que Malinka la surnommait Radio-Camping !

– Je vous présente Juliette, notre ange gardien à tous, répondit-il en invitant cette dernière à s’avancer.

– Un très bel ange, répondit Denise en broyant les doigts de Juliette entre les siens.

Quinze années de retraite sportive lui avaient procuré des muscles que Kassi lui enviait, lui qui avait de moins en moins de temps à consacrer à la salle de sport.

Juliette dégagea sa main avec adresse.

– Je suis simplement organisée, dit-elle. Ravie de vous rencontrer. Voici mon fils, Léo.

Kassi vit aussitôt tourner les rouages sous le crâne de Denise, alors qu’elle englobait mère et fils d’un même regard. Juliette faisait plus jeune que son âge. Elle lui avait avoué qu’on lui demandait systématiquement sa carte d’identité quand elle voulait acheter de l’alcool, et qu’en début d’année scolaire, les maîtresses la prenaient pour la grande sœur de Léo. Raison pour laquelle, au travail, elle utilisait tous les moyens possibles pour se vieillir. Mais en vacances, ses longs cheveux lâchés, vêtue d’un débardeur et d’un vieux jean, elle avait l’air d’une lycéenne.

– Juliette travaille pour Link, précisa-t-il, avant que des hypothèses farfelues ne fleurissent sur les lèvres de sa voisine.

– Oh ! Très bien. Et comment vont Layla et Noura ? C’est vrai ce qu’on dit au sujet de Layla ? Elle va se marier avec ce chanteur américain ?

– En septembre, oui.

– Elle n’a jamais bien eu les pieds sur terre, n’est-ce pas ? Pas comme toi, gloussa Denise.

– Elle sera très heureuse avec Nathan, j’en suis sûr. Maintenant, nous allons décharger la voiture. À bientôt, Denise.

– C’est où les toilettes ? demanda Léo.

– Je vais te montrer, proposa généreusement Denise.

Dès qu’ils se trouvèrent hors de portée de voix, Juliette se retourna vers lui, un sourire ironique aux lèvres.

– « Elle sera très heureuse avec Nathan, j’en suis sûr » ?

– C’est la vérité, non ?

– Tu n’en avais pas l’air si certain il y a encore dix jours…

– J’ai réfléchi. Tiens, prends la glacière.

L’intérieur du mobile-home sentait la lavande. Malinka en glissait dans toutes les literies à chaque départ, persuadée que ça éloignait les nuisibles.

– Tu as réfléchi ? insista Juliette en déposant son fardeau au pied de la cuisine américaine.

– Ça t’étonne ?

– Un peu.

Il se passa les mains sur le crâne en un geste familier.

– Tu es vexante.

– Tu avais l’air bien remonté, il y a quinze jours.

– Oui mais…

Il ouvrit le robinet de la kitchenette en grand. Il fallait toujours laisser couler l’eau en arrivant.

– Je connais Layla depuis longtemps, poursuivit-il, les yeux rivés au jet. Ce qui a pris longtemps à se construire ne se démolit pas en un jour. J’ai… Je me suis toujours vu en protecteur pour elle. Et j’ai fini par en déduire que pour pouvoir la protéger, je devais toujours être à ses côtés. Donc, son mari.

– C’est un raccourci un peu abrupt.

– Ça ne s’est pas fait en un jour. Et puis, elle était – elle est toujours – notre rayon de soleil… Comment ne pas l’aimer ? Tout s’est un peu emmêlé dans ma tête et… voilà.

Il lui tendit un verre d’eau avant de boire le sien d’un trait. En réalité, tout n’était pas aussi clair dans son esprit qu’il le disait. Mais il progressait. Et il n’en voulait plus à Layla de son choix, même s’il persistait à ne pas le trouver judicieux.

– Donc, conclut Juliette en reposant son verre, tout va bien ?

– Je l’espère. Ça ne m’empêchera pas de garder un œil sur Nathan et ses hordes de groupies fanatiques. Mais je dois reconnaître qu’ils vont bien ensemble. Comment dire ? Layla a toujours vécu dans son monde. Bien sûr, nous formons une équipe, mais c’est elle qui écrit nos chansons, et sur la partie créative, il est parfois impossible de la suivre. Nathan le peut, lui. Je les ai vus, à notre soirée d’accueil. Il est comme elle, sur ce point. Elle ne pouvait aimer qu’un type comme lui.

– Ah, les artistes ! railla Juliette.

– Hé, j’en suis un, moi aussi ! Mais pas de la même espèce, c’est sûr.

– Alors, si ce n’est pas Layla, quel serait ton genre de femme ?

Elle parut regretter sa question dès qu’elle l’eut prononcée. Elle se pencha pour remplir de nouveau son verre. Kassi perçut la chaleur de son corps et faillit répondre « toi ».

– Une femme qui serait mon égale. Pas quelqu’un que j’aurais sans cesse besoin de protéger, comme Layla, mais quelqu’un qui pourrait se battre à mes côtés.

4eme couverture