Escapade sensuelle - Le frisson du désir

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Escapade sensuelle, Kate Hoffmann

Epuisée par d'interminables tournées, Maddie décide de mettre sa carrière de chanteuse entre parenthèses et de s'offrir quelques jours de vacances incognito. Au programme : profiter enfin de la vie et s'amuser un peu ! Et de ce côté-là, son voyage commence plutôt bien car dès sa première étape, elle fait la connaissance de Kieran Quinn, un homme au charme troublant, à la fois sombre et sexy. Un homme qui d'un seul regard est capable d'éveiller en elle le plus puissant des désirs…

Le frisson du désir, Cathy Yardley

Lorsque son patron lui demande de surveiller discrètement son fils, Finn Macalister, afin de l'empêcher de dilapider la fortune familiale et de le ramener dans le droit chemin, Diana est folle de rage. Elle n'a tout de même pas été engagée pour jouer les nounous auprès d'un play-boy immature et irresponsable ! Mais quand elle réussit enfin à approcher Finn, elle comprend que le pire est encore à venir. Cet homme représente peut-être tout ce qu'elle déteste, mais le frisson qui la traverse soudain, alors qu'il la dévore de son regard brûlant n'a plus rien à voir avec le mépris et la colère...
Publié le : mercredi 1 mai 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280297363
Nombre de pages : 432
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Kieran considéra son billet avec effarement. — Bitney dans le Kentucky ? C’est quoi ce bled paumé au milieu de nulle part ? Lui et ses frères s’étaient rassemblés dans le bureau de Cameron à la suite de leur entretien avec leur grand-père. Ils n’arrivaient toujours pas à comprendre. Ils avaient pensé que Martin Quinn annoncerait sa retraite prochaine et déléguerait la direction du chantier naval familial à l’un de ses petits-îls. Aucun d’eux ne s’était attendu à la surprise de taille qu’il leur avait préparée. — Voyons voir, si je comprends bien, nous sommes censés tout quitter pendant six semaines pour nous inventer une nouvelle vie dans un trou perdu, c’est bien ça ? lança Dermot. Ronan approuva d’un signe de tête. — C’est complètement dingue. Le vieux a perdu la tête ou quoi ? Comment compte-t-il se débrouiller sans nous ? Kieran éclata de rire. — Ne t’inquiète pas pour lui, il sait tout faire. Il pourrait virer tout le monde et faire tourner la baraque à lui seul, s’il le voulait. Grâce à l’acharnement de Martin, Quinn Yacht Works était en effet la société de construction de bateaux de plai-sance la plus orissante de la côte Ouest, réputée pour ses lignes harmonieuses et son design ultramoderne. Depuis la mort de leurs parents, seul comptait le travail,
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le travail et encore le travail. C’est ainsi qu’ils avaient tous réussi à surmonter leur deuil, ils avaient également appris à dissimuler leurs émotions et à refouler leur chagrin. Pourtant, ils avaient eu de bons moments, se rappela Kieran. Ses frères et lui avaient construit un voilier et passé tout un été à naviguer dans le détroit de Puget, au grand dam de Ronan, le benjamin, qui refusait obstinément de monter à bord. A leurs rêves d’enfants s’était très vite substitué le sentiment qu’ils avaient des responsabilités envers leur grand-père. Ce dernier avait remplacé le père qu’ils avaient perdu. C’était leur devoir de le payer en retour. Ils fréquentèrent donc l’université locale tout en conti-nuant à travailler au chantier naval dont ils contribuèrent à dynamiser le développement. Les tâches simples qu’on leur conîait au départ se complexiîèrent avec le temps. Cameron s’occupait du design, Dermot des ventes et Kieran des înances. Ronan, lui, supervisait l’atelier où il passait le plus clair de son temps en compagnie des constructeurs et des ouvriers. Après ces longues années de travail intense, aucun d’eux ne s’interrogeait plus sur ce qu’il aurait aimé faire de son existence, ni sur ses éventuelles aspirations. La vie était là, à Seattle, au sein de l’entreprise familiale. Du moins, c’était ainsi que Kieran voyait les choses. — Et toi ? Où es-tu censé atterrir ? demanda Kieran à son jumeau. Dermot lui montra la carte qui s’afîchait sur l’écran de son portable. — A Mapleton, dans le Wisconsin. Il n’y a pas une goutte d’eau dans les environs à l’exception de ce petit lac que tu vois, là. — Tu pourrais me chercher Bitney, dans le Kentucky, s’il te plaït ? — C’est simple. Grand-père t’envoie au pays du cheval. D’ailleurs, tu en étais dingue quand tu étais petit, tu te
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souviens ? Tu collectionnais des poneys en plastique que tu alignais sur l’étagère au-dessus de ton lit. Et tu cassais les pieds à grand-père pour qu’il te parle du cheval qu’il possédait dans son enfance. Tu avais même supplié papa de t’offrir des cours d’équitation pour tes dix ans. Kieran fourragea nerveusement dans ses cheveux. Il se rappelait tout. Leur mère adorait jouer avec lui et sa collection de chevaux. Ce souvenir restait vivace dans sa mémoire. — Oui, maintenant que tu me le dis, je me rappelle que maman cachait les îgurines dans le sac où je mettais mon déjeuner. — Je me demande ce qu’ils sont devenus, ces poneys, ît Dermot. — Il les a placés dans le cercueil, expliqua Cameron à sa place. — C’est vrai, dit Kieran. Je ne voulais plus les voir. Ils me rappelaient trop maman. S’ensuivit un silence inconfortable, heureusement brisé par Ronan. — A quelle heure pars-tu ? — A 23 h 30, ce soir. J’ai pratiquement deux jours et demi de trajet. Je sens que je vais bien m’amuser. — Tu vas pouvoir rattraper ton retard de lecture, lâcha Dermot en riant. Remarque, des vacances forcées, c’est plutôt pas mal, non ? Et puis il faut garder l’esprit ouvert, on ne sait jamais. Kieran le fusilla du regard. — J’aimerais t’y voir, coincé dans un car pendant plus de soixante heures. Sans parler de la galère au retour après six semaines d’absence. Bonjour la paperasse. — Soixante heures ? ît Ronan. De quoi te plains-tu ? Tu as vu mon patelin à moi ? Sibleyville, dans le Maine.
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Le bout du monde, quoi. Trois jours et demi de bus au bas mot. Encore pire que n’importe lequel d’entre vous. — Au moins tu seras au bord de l’eau, rétorqua Dermot. Tu trouveras peut-être un boulot correct où tu pourras mettre tes compétences à proît. — Quelqu’un pourrait me dire ce que je vais aller fabriquer à Vulture Creek, au Nouveau-Mexique ? inter-vint Cameron. — Logique, ît Kieran. Les dinosaures. Quand on avait vuJurassic Park, après tu t’étais mis à creuser dans le jardin comme un malade. C’était devenu une véritable obsession. Un jour, tu avais sauté de joie parce que tu avais trouvé un os. Sauf que c’était un reste de côtelette de porc ! Kieran éclata de rire à ce souvenir, aussitôt suivi de Ronan et Dermot. Ils s’étaient moqués de leur aïné pendant des semaines après cette aventure, jusqu’à ce que leur mère y mette bon ordre en décrétant que leur grand frère avait le droit de rêver comme tout le monde. — Je pars le premier, vous trois vous ne levez l’ancre que demain, enchaïna Kieran. Je dois îler, je n’ai même pas préparé ma valise. Au fait, vous allez emporter un peu plus d’argent ? ajouta-t-il en brandissant l’enveloppe que chacun avait reçue pour les frais du voyage. Elle contenait cent dollars en plus d’un ticket de car Greyhound et d’une carte de crédit au nom de la société. — Grand-père a dit de se contenter de ce qu’il nous a donné, rétorqua Cameron. Il faut jouer le jeu, tu ne crois pas ? — Oui, mais moi, j’ai vingt-quatre heures de trajet de plus que vous, gémit Ronan. — Au fait, vous savez pourquoi il n’y a que cent dollars ? reprit Cameron. Moi je sais. Il a débarqué aux Etats-Unis avec cette somme en poche. Et donc c’est ça le curieux
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marché qu’il nous propose : vivre la même expérience, histoire de rivaliser d’ingéniosité et de débrouillardise. — Sauf que, il y a cinquante ans, cent dollars repré-sentaient bien plus qu’aujourd’hui, rappela Ronan. Kieran ne put s’empêcher de prendre la défense de son grand-père. — Il faudra préférer nos petites cellules grises aux billets verts, répliqua-t-il, pince-sans-rire. Après tout, nous ne sommes pas idiots, je suis sûr qu’on va très bien s’en sortir. Et puis on pourra toujours se servir de la carte de crédit qu’il nous a fournie en cas d’urgence. — C’est quoi une urgence, à ton avis ? lança Dermot. — Un danger de mort ? suggéra Ronan. La famine ? Prendre une douche et se raser ? Trois jours et demi d’au-tocar, vous vous rendez compte ? répéta-t-il avec désespoir. Kieran se leva. Il était temps de partir, s’il ne voulait pas rater son bus. — Quelqu’un pourrait avoir l’amabilité de me déposer chez moi ? — Et si on allait prendre une bière ? suggéra Cameron. On ne se reverra pas avant six semaines. Ça se fête, non ? — Chez O’Leary ? proposa Ronan. — Va pour Chez O’Leary, approuva Kieran.
Le car arriva à la gare routière de Denver à 6 h 45 précises. Kieran regarda sa montre d’un œil vitreux. Il était si épuisé qu’il craignait de s’assoupir et de rater la correspondance pour Indianapolis, programmée deux heures plus tard. Après une première nuit blanche au départ de Seattle, il s’était réjoui de changer de car à Missoula et à Billings, histoire de se dérouiller les jambes. Après des heures et des heures d’un interminable voyage, il commençait à trouver le temps long.
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Au bout de vingt-quatre heures, il avait lu les deux livres qu’il avait emportés et, quand il essaya de consulter ses e-mails sur son BlackBerry, il s’aperçut avec agacement que son grand-père avait supprimé l’accès à internet. Quant au paysage qui se déployait sous ses yeux, il était d’une désespérante monotonie. Les cent dollars qu’il avait en poche n’étant pas sufîsants pour lui permettre de se procurer de nouveaux livres, il se contenta de feuilleter les magazines et autres journaux abandonnés sur les sièges. Il parcourut en long et en large unSports Illustrateddatant de deux mois, un magazine féminin et un tablod afîchant un bébé extraterrestre à la une. A bout de patience, il balaya la gare du regard. Il y avait foule à cette heure matinale. Il ramassa son sac, consulta le tableau des départs et nota que son car était prévu trente minutes plus tard. Son estomac criait famine. Il sortit son portefeuille de la poche de son pantalon. Grâce à une prudente gestion, la somme se montait à présent à soixante-dix dollars, en plus de sa carte de crédit. Il devait se forger une nouvelle existence pendant les six semaines suivantes. Or il avait beau rééchir, il ne voyait pas ce qu’il pourrait changer à sa vie actuelle. Il aimait son travail, assez routinier mais intéressant, sans parler d’un salaire confortable, ce qui n’était pas pour lui déplaire. Quoi qu’il en soit, ce qu’il trouverait à Bitney, au în fond du Kentucky, ne pourrait soutenir la comparaison. Il ajusta la bandoulière de son sac et se dirigea vers le buffet de la gare où il opta pour un club-sandwich et un Coca. Il regrettait déjà le délicieux petit déjeuner roboratif sans lequel il avait du mal à commencer la journée chez lui, à Seattle — un verre de jus d’orange fraïchement pressé,
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un bol de ocons d’avoine sucrés au miel et une omelette bien baveuse. — Dix dollars trente, annonça la caissière. Quoi ? — Pour un sandwich et un Coca ? Elle haussa les épaules. — Ce n’est pas moi qui îxe les prix, monsieur. Il tira sa carte de crédit de son portefeuille et la lui tendit. Ce n’était peut-être pas une situation d’urgence, mais il préférait être prudent et ne pas gaspiller le peu d’argent qui lui restait. Elle la lui rendit au bout de quelques secondes. — Votre carte est refusée, déclara-t-elle avec une pointe d’agacement. Il insista. — Ce n’est pas possible, c’est une carte Visa Business. Essayez encore. Elle la glissa de nouveau dans le lecteur avec un soupir exaspéré. — Non, ça ne marche toujours pas. Avez-vous du liquide ? Il contempla son sandwich et sa boisson avec envie. A cette allure, il ne lui resterait plus un sou quand il arriverait à Bitney. Mieux valait se passer de petit déjeuner, c’était plus raisonnable. — Laissez tomber, marmonna-t-il. — Je vous l’offre, susurra une voix douce dans son dos. Il se retourna vivement. Sa généreuse bienfaitrice portait un ample sweat-shirt, la capuche rabattue sur la tête, le regard dissimulé sous des lunettes noires. Ses mains aux longs doigts fuselés, parfaitement manucurés, étaient encombrées d’un vaste assortiment de friandises sucrées et salées. Après l’avoir toisée un moment, il déclina sa proposition.
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— Merci, mais ce n’est pas la peine, je n’ai pas très faim înalement. — Si, si, j’insiste. Devant son refus réitéré, elle soupira d’un air excédé, s’empara d’une bouteille de soda sur le présentoir et donna deux billets de vingt dollars à la caissière. — Cela devrait sufîre, gardez la monnaie. — Merci encore…, bredouilla Kieran en récupérant ses biens. Je vais vous rembourser. Elle eut un geste de la main agacé. — Non, je vous ai dit que je vous l’offrais. — J’ai de l’argent, je vous assure. Il la suivit jusque dans la salle d’attente où ils s’instal-lèrent côte à côte, le sandwich et la canette de Coca posés entre leurs deux sièges. Il la regarda déballer une barre chocolatée dont elle croqua une bouchée qu’elle mâcha lentement avant de l’abandonner d’un air désabusé. — Aucun goût ! gémit-elle. Elle ouvrit un paquet de chips goût barbecue, en fourra une dans sa bouche puis lui offrit le paquet, qu’il refusa. — Vous ne mangez pas votre sandwich ? Il s’exécuta, avec l’impression d’avoir de nouveau dix ans. — Vous êtes adepte d’une nourriture saine et équilibrée, à ce que je vois, ironisa-t-il, la voyant hésiter parmi les gourmandises étalées sur ses genoux. Elle le regarda sans comprendre. — Pardon ? — C’est un petit déjeuner de champion, précisa-t-il en désignant le tas de sucreries. — J’ai un mal de chien à me décider. Alors je choisis ce qui me tente et je goûte à tout jusqu’à ce que je trouve chaussure à mon pied, enîn, c’est une façon de parler.
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Cette jeune femme était vraiment incroyable. Il ne savait pas s’il devait être choqué ou tout simplement admiratif. — C’est du gaspillage ou je ne m’y connais pas. Elle lui tendit une des tablettes chocolatées. — Prenez-la, je ne sais pas pourquoi je l’ai achetée. — Vous n’en voulez vraiment pas, vous êtes sûre ? — Non, non, sans façon. Oh ! en voilà une au beurre de cacahuètes qui m’a l’air délicieuse. Elle déchira l’emballage et y mordit avec une grimace, avant de replier le papier et de la lui proposer. — Non, ce n’est toujours pas ça. Ne vous en faites pas, je n’ai pas de maladie contagieuse, ajouta-t-elle, voyant qu’il hésitait à accepter le cadeau. Il mordit dans son sandwich en dévisageant cette inconnue avec perplexité. — Quelle est votre destination ? — Aucune idée. Je n’ai pas encore pris mon billet. Je me suis dit que j’aurais le temps d’y rééchir en mangeant. — Avec tout ce sucre, vous n’avez pas besoin de billet, vous pourriez aller n’importe où en courant. Elle s’esclaffa. — Très drôle, et vous, où allez-vous ? Il n’était pas près d’oublier où il allait, lui ! — A Bitney, dans le Kentucky. — Dans le Kentucky ? C’est vrai ? Justement, je pensais m’y rendre moi aussi. J’adore cette région. Mes grands-parents y vivent. Il la îxa avec méîance, cette fois. Qui était donc cette femme ? Toute cette histoire était un peu étrange au fond. Pourquoi insistait-elle pour lui imposer sa présence ? Pouvait-il croire ce qu’elle lui racontait ? — Comment vous appelez-vous ? s’enquit-il. — Et vous ? rétorqua-t-elle du tac au tac. — Kieran. Kieran Quinn.
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— Quel nom curieux ! Elle lui tendit sa main maculée de chocolat et dut s’en apercevoir car elle s’essuya aussitôt les doigts sur son sweat. — Maddie. Maddie Smith. Il serra sa main dans la sienne, avant de la retirer brus-quement. Qu’est-ce que c’était que ça ? Il avait l’impression qu’une décharge électrique lui traversait tout le corps. — Enchanté, Maddie. Elle avait une belle voix mélodieuse, un brin râpeuse. Il ne pouvait apercevoir ses yeux, mais sa bouche à elle seule valait le coup d’œil. Des lèvres d’un rouge carmin, appétissantes et pulpeuses, invitant au baiser qui devait sûrement avoir un goût de cerise. Une mèche de cheveux dorée s’échappa de sa capuche. Cette fille l’intriguait, au fond. Après un trajet de vingt-quatre heures en autocar terriblement barbant, c’était une agréable diversion. — Vous êtes un peu coincé înancièrement, à ce que j’ai compris, reprit-elle. Ça vous dirait de gagner un peu d’argent ? La question était étonnante, mais il ne put s’empêcher d’y répondre. Il était curieux de savoir ce qu’elle entendait par là. — De quelle façon ? — En m’achetant un billet au guichet. Je vous donne cent dollars, si vous acceptez. — Cent dollars pour un simple billet ? Pourquoi n’y allez-vous pas vous-même ? — Parce que je dois quitter la ville incognito et que je suis pratiquement sûre qu’on me réclamera une pièce d’identité. — Résumons-nous. Vous vous cachez, vous voulez prendre la poudre d’escampette ni vu ni connu et vous
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