//img.uscri.be/pth/5753a937dc2d5159cf49cdffad825d3df15a0b23
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 1,99 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : EPUB

avec DRM

Et bien plus si affinités

De
56 pages
Passer une soirée dans les bras d’un inconnu, et tout ça pour une expérience rémunérée ? Melissa n’est soudain plus très sûre de vouloir participer à cette aventure… En même temps, elle a vraiment besoin de cet argent pour payer ses études, et, après tout, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un rendez-vous, où personne ne pourra l’obliger à faire ce qu’elle n’a pas envie de faire. Aussi décide-t-elle d’accepter, tout en se promettant de rester sur ses gardes. Et tout en espérant secrètement que l’inconnu qui la serrera dans ses bras sera à son goût…
Voir plus Voir moins

Mille dollars ! C’était beaucoup d’argent, se dit Melissa Standish. Pour elle, c’était carrément une petite fortune. Elle relut encore une fois l’annonce. Depuis ce matin, elle s’était arrêtée plusieurs fois devant le panneau d’affichage, et chaque fois elle avait passé quelques minutes à imaginer ce qu’une telle somme pouvait signifier pour ses finances.

Elle n’avait besoin ni de nouvelles chaussures ni de vêtements de marque. Elle ne rêvait même pas de voyages, même si elle en aurait eu fort besoin après vingt ans non-stop sur les bancs de l’école. Non, cet argent, elle le voulait pour des choses bien plus terre à terre, et surtout bien plus urgentes.

Elle avait besoin de payer le loyer et les factures, de remplir son Frigidaire. Il ne lui restait plus que deux mois à tenir, jusqu’à la fin du trimestre. Ensuite, elle commencerait son stage rémunéré chez Triple Smith & Brown. Elle avait déjà payé la caution pour un appartement, acheté le billet d’avion et engagé les services d’une société de déménagement. C’était un soulagement de savoir que, dans deux mois, elle aurait un revenu hebdomadaire assuré, et mieux encore, un poste à long terme en puissance.

Mais jusque-là, ces mille dollars pouvaient lui sauver la vie.

Elle avait fait des trucs fous pour de l’argent, auparavant. Vendre son plasma, par exemple, ce qui l’avait rendue si malade qu’elle avait décidé que ça n’en valait pas la peine. Elle avait travaillé comme serveuse. Livré des ballons de baudruche en dansant des claquettes déguisée en gorille. Aucun de ces jobs ne lui avait apporté aussi rapidement une somme si coquette.

Le hic ? C’était une « EXPÉRIENCE POUR LE DÉPARTEMENT DE PSYCHO », comme le criaient les grandes lettres rouges sur l’annonce. Ce qui pouvait vouloir dire tout et n’importe quoi.

Elle avait participé une fois à une étude au cours de laquelle elle avait dû regarder des films pornos branchée à un détecteur de mensonges et expliquer si les images l’excitaient ou pas. Cela lui avait valu quelque deux cents dollars pour seulement quelques heures de son temps. Une autre fois elle avait fait partie d’un essai clinique pour un nouveau médicament qui lui avait provoqué une irritation cutanée, et, bien qu’elle ait passé deux jours à se gratter, le dédommagement valait bien le désagrément. D’un autre côté, elle avait reçu moins de cent dollars pour tester pendant une semaine l’efficacité d’un déodorant contre la transpiration excessive, dont l’odeur était nauséabonde.

L’un dans l’autre, depuis quatre ans, elle encaissait pas mal de chèques du département de psycho de l’université de Winchester sans avoir jusque-là vécu de mauvaises expériences. Toutefois, on ne l’avait jamais payée plus de trois cents dollars en une seule fois.

Là, ils en offraient un millier.

Le chiffre, un charmant et svelte un suivi de trois zéros bien ronds, l’attirait irrésistiblement. Mais, si elle continuait à tergiverser devant le panneau, elle allait arriver en retard, et M. Spane n’avait aucune pitié avec les étudiants retardataires. Alors, même si, en principe, il ne pouvait pas la recaler pour un retard, elle ne pouvait pas courir le risque.

Elle détacha l’un des bouts de papier prédécoupés sur le côté de l’annonce avec le numéro de téléphone et le rangea dans son portefeuille. Pour mille dollars, elle serait capable de faire presque n’importe quoi.

Carrément n’importe quoi.

*  *  *

Matt Ingram vérifia de nouveau la facturette que le guichet automatique venait de délivrer.

Aïe.

Comment pouvait-il ne pas avoir assez de crédit ? Ce n’était pas possible, il n’avait pas pu dépenser autant d’argent depuis la dernière fois qu’il avait consulté son compte, quinze jours plus tôt. La machine, évidemment, n’indiquait pas où se trouvait l’erreur, et tout ce qu’il savait, c’était qu’il ne pourrait pas retirer les quarante dollars dont il avait besoin pour une soirée avec ses potes. L’argent avait disparu, parti peut-être dans une dimension parallèle, un autre univers plus clément où il n’était pas fauché.

— Eh merde, grommela-t-il, l’estomac noué.

Pas de sortie avec les amis, pas de bière, pas de poulet frit. Autant rentrer réviser, se dit-il. Mais encore une soirée à bûcher, et il allait envisager sérieusement de se jeter d’un pont.

— Salut mec ! lui lança Damien avec une tape bien sentie sur l’épaule. Tu sors avec nous ce soir, non ? Passer un peu de temps avec tes frères ?

Damien faisait partie de la fraternité Sig Epsilon que Matt avait rejointe en arrivant sur le campus. A l’époque, il avait cru que c’était la meilleure chose qui lui soit arrivée, et même aujourd’hui, il trouvait un certain plaisir à y assister à des fêtes quand l’envie lui prenait. Mais, au fond de lui, il sentait que sa période d’étudiant potache était révolue, contrairement à Damien qui vivait et respirait pour l’esprit de la fraternité alors que huit années s’étaient écoulées depuis leur année de « bleus » où ils avaient subi le bizutage traditionnel consistant à nettoyer des toilettes immondes et à accomplir d’autres corvées du même acabit.