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Et si... Dr Ahousse

De
116 pages

Le Dr Ahousse et le Dr Budy, la glace et le feu. Un médecin génial, mais asocial, complètement loufoque et une femme rationnelle, experte en gestion d’hôpital mais médiocre médecin qui ne rêve que d’une vie bien rangée et d’un papa modèle pour sa fille adoptive. Elle admire son génie. Lui, l’aime d’un amour profond. Ils n’ont pas su vivre ensemble, le pourront-ils cette fois-ci ? Un nouvel avenir s’ouvre devant eux... Ahousse trouvera-t-il enfin le chemin de son cœur ? Du Mexique jusqu’en Israël, les séismes de leur passion se feront ressentir. Un ouragan est en route, avec peut-être le bonheur à la clé.


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Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-02370-2

 

© Edilivre, 2016

 

Préface

Le Dr Ahousse et le Dr Budy, deux médecins que tout oppose, lui génial et loufoque, elle méthodique et organisée. Ils se sont aimés passionnément, mais les bêtises à répétition de celui-ci ont eu raison de sa patience. Elle le quitte, et pour le Dr Ahousse c’est son monde qui s’écroule. Pourront-ils vivre loin de l’autre ? Leur amour sera-t-il le plus fort ?

Ce livre raconte leur histoire…

Chapitre 1
La fuite

Jolicœur : « Il démissionne, je l’ai vu taper sa lettre.

Mann : Ridicule, il ne va pas faire ça maintenant.

Jenny : Idiot, mais logique, il ne supporte plus de la voir. À chaque fois qu’elle rentre dans son bureau, il se précipite sur sa Vicodin, vous n’avez pas remarqué ?

Taupe : On dit qu’elle a un nouvel ami, un banquier, il me semble…

Mann : Budy n’acceptera pas. Elle ne le laissera pas partir.

Jolicœur : Ça, il s’en fiche. Il a déjà réservé un vol pour le Mexique. Pour lui, ce n’est plus qu’une formalité, sa décision est prise.

Taupe : Tu vas pouvoir récupérer son poste. Tu devrais aller voir ce qui se passe. À moins qu’elle ne décide de fermer le service.

Mann : J’y vais. »

Pendant ce temps, dans le bureau de Budy, Ahousse frappe à la porte et entre. Budy lève les yeux de son ordinateur et le fixe avec agacement.

« Qu’est-ce que tu veux ? Je n’ai pas le temps de toute façon. Va jouer ailleurs, je travaille… »

Ahousse s’approche et pose une enveloppe dans sa corbeille à courrier et s’apprête à se retirer.

« Voilà, c’est tout. Juste un truc à déposer… Pas de souci… À plus. »

Budy regarde l’enveloppe avec méfiance et Ahousse qui s’apprête à sortir.

« Qu’est-ce que c’est ? »

Sans se retourner Ahousse ouvre la porte et répond.

« Rien d’important. »

Prise d’un doute, elle s’empare du document et l’ouvre. À sa lecture, ses yeux s’écarquillent. D’un bond, elle se lève et rejoint Ahousse dans le couloir.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? Tu démissionnes ?

Ahousse soupire et s’appuie contre le mur, sa jambe, soudain, lui fait très mal.

– Tu as l’air étonnée. Je ne vois pas pourquoi, c’était l’issue logique pourtant.

– Logique ? Non ça ne l’est pas. On ne travaille pas ensemble. Cela n’a rien à voir. Tu dois pouvoir séparer vie privée et vie professionnelle.

– On n’y arrivait déjà pas quand on était ensemble, alors maintenant…

– Ça suffit, Ahousse. Maintenant c’est encore plus simple, il te suffit de le vouloir. Tu peux très bien surmonter ça, dit Budy en le regardant sévèrement.

Mal à l’aise Ahousse commence à fouiller ses poches.

– Bon sang, où sont ces fichues pilules…

– Et arrête de te gaver de Vicodin, ce n’est pas ça qui va arranger les choses.

– Bon sang, Bonami a dû me les prendre…

– Je n’accepte pas ta démission, elle n’est fondée sur rien.

– Je ne vais pas argumenter, j’ai déjà mon billet d’avion.

– Ta réaction est puérile et immature, comme d’habitude. Tu dois faire face et te comporter en adulte. Fuir n’est pas la solution.

– Pense ce que tu veux, mais demain je serai dans l’avion.

– Tu ne peux pas faire ça. Il te faut mon accord.

Ahousse commence à transpirer et à pâlir.

– Tu ne m’empêcheras pas de partir. Ma décision est prise je quitte l’hôpital. »

De loin, Mann aperçoit Ahousse et Budy dans le couloir. Ils se disputent, pour changer. Ahousse est appuyé, livide, contre le mur. Face à lui Budy est furieuse. D’ici, il peut sentir la tension qui se dégage de ces deux-là. C’est explosif, leur rupture n’a rien arrangé, elle n’a servi qu’à exacerber leur passion. Ahousse l’a très vite compris, cet amour le tue. Partir est pour lui la seule planche de salut, pour couper court à cette douleur sans fin. Même si cela doit être une catastrophe pour tout l’hôpital.

Budy ne voit pas les choses sous le même angle. Pour elle, il s’agit juste d’un caprice supplémentaire de Ahousse, une façon de se venger.

« Tu trembles… Tu es en manque, Ahousse, dit Budy en fronçant les sourcils.

– Bonami a suspendu ses ordonnances.

– Je sais, tu en consommes trop, il a raison, répond Budy.

– Non… J’en ai besoin… dit Ahousse avec difficulté.

– Non, et tu le sais. Ta douleur est en grande partie psychologique.

– J’ai mal…

– C’est notre rupture qui t’a fait mal… En fait, je pense que tu as besoin de vacances… Tu as besoin de te reposer et de faire le point. Je te donne une semaine.

– Je vais partir… répond Ahousse.

– Bon, deux semaines… À ton retour, on en parle, d’accord ?

– Je ne reviendrai pas.

Budy se met à soupirer, agacée.

– Tu n’auras pas plus, inutile d’en rajouter.

– Je ne joue pas.

– Tu joues toujours. Maintenant, file et arrête de prendre cette saleté avant qu’elle ne te tue. »

D’un pas décidé, Budy tourne les talons et réintègre son bureau, laissant Ahousse dans le couloir.

Mann se rapproche rapidement de lui.

« Ça va, Ahousse ? Venez-vous asseoir, j’ai l’impression que vous allez vous évanouir. »

Doucement, il lui prend le bras pour le soutenir. Il le sent trembler tout contre lui.

« Voilà, asseyez-vous… Vous êtes fiévreux et faites de la tachycardie… Vous êtes en manque.

– Elle ne me croit pas… dit Ahousse d’une voix hachée.

– Je sais… Budy a raison, vous avez besoin de faire le point tous les deux. Elle vous a donné quinze jours, vous devriez aller mieux après. Changer d’air vous fera du bien, vous verrez, lui dit Mann d’un ton compatissant.

– Je ne reviendrai pas… dit Ahousse, les yeux fermés.

– Calmez-vous… Vous êtes trop nerveux… Vous avez encore de la Vicodin ?

– Non… Sinon, je crois que j’aurais avalé tout le flacon… dit Ahousse en grimaçant de douleur.

Mann soupire.

– Vous êtes redevenu accro… Vous n’en avez pas fini de vous détruire, Ahousse ? lui demande Mann en le regardant dans les yeux.

– Vous ferez un excellent chef de service, vous me remplacerez avantageusement, répond Ahousse entre deux respirations sifflantes.

– Vous n’avez pas l’intention d’arrêter, n’est-ce pas ?

Ahousse sourit.

– Vous pensez que je vais me traîner à vos pieds pour avoir une ordonnance n’est-ce pas ?

– C’est ce que ferait un drogué. J’irai même plus loin, il serait prêt à me lécher les pieds.

– Heureux de vous faire savoir que je n’en suis pas encore là, dommage pour vous, dit Ahousse d’un air narquois.

– Peut-être, mais vous n’en êtes pas très loin à mon avis, rétorque Mann en le fixant dans les yeux.

Ahousse se met à rire.

– C’est un spectacle que je ne vous offrirai pas.

– Je suis content de l’apprendre, il reste encore peut-être un espoir de vous sauver.

– Je ne veux pas être sauvé », dit Ahousse en se levant.

D’un pas vacillant, il quitte l’hôpital. Inquiet, Mann regagne le bureau de l’équipe. Ils le regardent arriver avec appréhension.

Jenny : « Alors, il s’en va ?

Mann : Il a bien déposé sa démission. Mais Budy ne veut pas en entendre parler.

Jenny : Ah ?

Mann : Oui, ils ont eu une grosse dispute à ce sujet. Elle ne veut pas le laisser partir. Elle lui a donné quinze jours de vacances à la place.

Jolicœur : Et Ahousse, il en dit quoi ?

Mann : Il dit qu’il ne reviendra pas, quoiqu’elle en dise.

Jolicœur : Il le fera.

Mann : Je ne sais pas. Il est têtu mais pas stupide. Il a quinze jours pour prendre sa décision. Ça nous laisse un sursis.

Taupe : House est ce qu’il est. Mais c’est un homme de parole. S’il dit qu’il ne reviendra pas, il le fera.

Mann : Il n’était pas dans son état normal, la drogue le paralysait à moitié.

Jenny : Mm, son entrevue avec Budy n’a pas dû arranger les choses. Il gobe de la Vicodin comme des cachous, quand il la voit.

Mann : Il n’a pas pu, Bonami a arrêté de lui en donner. Il était en manque total.

Jenny : L’entrevue a dû l’achever, alors.

Mann : Oui, il souffrait le martyre. Bien sûr, il n’a pas voulu le reconnaître.

Jenny se lève d’un pas déterminé.

Jenny : Je vais lui faire une ordonnance.

Mann : Non, ne fais pas ça, cela va le tuer.

Jenny : L’arrêt brutal peut aussi le tuer.

Mann : Non, je ne pense pas, il n’est pas encore assez dépendant pour cela.

Jenny : Tu n’en sais rien.

Mann, soupira : Tu prends encore sa défense. Je ne sais pas ce qu’il y a entre vous deux, mais depuis ton retour, tu n’arrêtes pas de vouloir le protéger.

Jenny : Ridicule, c’est mon patron.

Mann : Oui, il n’empêche que le voir souffrir jusqu’à présent ne te dérangeait pas. Mais, maintenant, tu es prête à tout pour lui.

Jenny : Je ne veux pas qu’il parte.

Mann : Comme nous tous.

Jenny, avec amertume : Non, toi, son départ t’arrange, tu prendras sa place.

Mann, avec colère : C’est vraiment ce que tu penses ?

Jenny : Oui. Ici, tu joues toujours les petits chefs, son départ est une aubaine pour toi. Diriger le service c’est le rêve de ta vie.

Taupe : Il t’a mis à la tête du service ?

Mann : Oui, il a dit que je le dirigerai jusqu’à… Heu… son retour.

Taupe : Et comme il ne reviendra pas… Bravo, félicitations au nouveau chef de service.

Mann baissa les yeux, gêné : Je souhaite autant que vous qu’il revienne…

Jolicœur : Je n’ai jamais vu quelqu’un gagner au loto et le regretter.

Le ton sarcastique de Jolicœur n’échappa à personne.

Plus tard dans la soirée, Budy alla les informer du départ de Ahousse. « Je vois que personne n’a l’air étonné. J’imagine qu’il vous avait prévenus ?

– Non il n’a rien dit, répond Mann.

– Les nouvelles vont vite alors, dit Budy.

– Oui, je pense que votre dispute a été entendue par des oreilles indiscrètes, dit Mann.

Budy rougit.

– Ce n’est que pour deux semaines. Quand il sera revenu à la raison, tout ira mieux. J’espère qu’aucun cas sérieux ne se présentera d’ici-là, dit Budy en s’en allant.

– Eh bien, quelle confiance en toi, dit Jolicœur en fixant Mann d’un air sarcastique.

– On peut très bien se passer de lui, lance Mann.

– Ben voyons…, rétorque Jenny.

– Je n’ai rien dit », dit Taupe en voyant le regard furieux de Mann.

Le lendemain Bonami entre dans le bureau de Budy

« Il est parti », lance-t-il avant de s’affaler dans le fauteuil en face d’elle.

– Je sais, j’ai consulté les vols. Il n’a pas annulé, dit Budy en continuant à remplir son dossier.

Bonami l’examine attentivement avant de poursuivre.

– Il ne reviendra pas.

– Si… C’est un jeu… Il faut toujours qu’il joue… Toujours…, dit-elle avec amertume.

Sans insister, il se lève.

– Vous lui avez donné une ordonnance ? demande Bonami avant de partir.

– Non… Et vous ?

– Non… Mais son équipe a dû le faire, j’imagine. »

Il referme la porte doucement, il est inquiet. Quand la bombe amorcée par Ahousse exploserait, les dégâts seraient considérables. Ahousse ne lui a laissé aucun moyen de le joindre. C’est tout juste s’il lui a dit au revoir. Cela ne l’étonne pas, Ahousse fuit toujours dès que les émotions entrent en jeu, c’est sa façon personnelle de se protéger.

Dans l’avion Ahousse a fermé les yeux. C’est un nouveau départ vers l’inconnu, diablement excitant. Une poignée de dollars en poche, il vient de couper tous les ponts. Personne ne le retrouvera, dès qu’il aura atterri, il se fondra dans le décor. Technique commando, merci papa. Tous ces stages de survie vont enfin lui servir à quelque chose. Vivre au jour, le jour, sans s’occuper du lendemain. Libre… Enfin libre… De tout… Sans personne… Sans rien… N’être plus qu’une particule poussée par le vent. Une douleur lancinante à la cuisse se rappelle à lui. Il sourit, ça aussi disparaîtra bientôt.

« Budy a dit de ne pas prendre de cas compliqué en l’absence de Ahousse, rappelle Taupe.

Mann soupire :

– Il ne reviendra pas de toute façon, alors autant montrer tout de suite de quoi on est capable, elle hésitera peut-être à fermer le service, si on est à la hauteur.

Jolicœur renifle avec mépris.

– Si on se couvre de ridicule, ce sera vite fait, dit Jenny.

– On est bon, très bon, c’est Ahousse qui nous a formés, répond Mann.

– Oui, mais on n’est pas lui, dit Jolicœur sentencieusement.

– Vous êtes chiants, dit Mann, excédé.

– C’est un bon point, tu commences à parler comme lui, dit Taupe amusé.

Mann le foudroie du regard.

– Allons, allons, Mann est un gentil, lui, c’est pas le méchant Ahousse, se moque Jolicœur.

– On va y arriver, dit Mann fermement.

– Si tu le dis, dit Jolicœur avec humour.

– C’est la...