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Éternité

De
166 pages
À l’école de l’Abbaye de Wyldcliffe, Sarah est la fidèle amie d’Evie et d’Helen, ses soeurs de la Voie mystique. Mais ce trimestre-ci, Sarah trouve que leur amitié traverse des moments difficiles. Evie tourne le dos à la Voie mystique après avoir fait ses adieux à l’âme de son amoureux, Sebastian; Helen est préoccupée par sa relation complexe avec sa mère. Sarah lutte pour garder leur amitié intacte pendant que la menace d’une attaque des Soeurs des ténèbres et des seigneurs des Insoumis plane sur elles.
Pour continuer, Sarah s’appuie sur son lien avec les pouvoirs de la terre et sur une promesse qu’elle ne peut rompre. Quand elle devra sortir de l’ombre pour lutter contre l’obscurité éternelle, ses soeurs se joindront-elles à elle? Ou est-ce que l’aide viendra de sources inattendues, comme de ses ancêtres tziganes et d’un amour auquel elle osait à peine rêver? Dans cette suite à l’éblouissant Immortalité et à l’inquiétant Trahison, le suspense et la magie
sont aussi forts que la pierre et aussi profonds que la terre.
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Copyright © 2011 Gillian Shields Titre original anglais : Eternal Copyright © 2014 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec HarperCollins Publishers. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : Joanna Gruda Révision linguistique : Féminin pluriel Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Catherine Vallée-Dumas Conception de la couverture : Mathieu C. Dandurand Photo de la couverture : © 2011 Jamie Chung Mise en pages : Sébastien Michaud ISBN papier 978-2-89733-575-5 ISBN PDF numérique 978-2-89733-576-2 ISBN ePub 978-2-89733-577-9 Première impression : 2014 Dépôt légal : 2014 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Shields, Gillian [Eternal. Français]
Éternité (Un roman de la série Immortalité ; 3) Traduction de : Eternal. Pour les jeunes de 13 ans et plus. ISBN 978-2-89733-575-5 I. Gruda, Joanna. II. Titre. III. Titre : Eternal. Français. IV. Collection : Shields, Gillian. Roman de la série Immortalité ; 3. PZ23.S493Et 2014 j823’.92 C2013-942564-0
Conversion au format ePub par:
www.laburbain.com
À Sarah Massini
« C’est le combat éternel entre ces deux principes — le bien et le mal. » — Abraham Lincoln « Beaucoup de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront… » — Daniel 12,2
Prologue
J e ne suis pas comme Evie. Je ne suis pas de celles qui vivent une grande histoire d’amour. Je suis la meilleure amie qui reste en arrière-plan. Toujours là, toujours fiable, toujours les pieds sur terre. Cette bonne vieille Sarah. C’est ainsi que les choses ont toujours été. Jusqu’à maintenant. Maintenant, je dois prendre la décision la plus difficile de ma vie. Continuer ou revenir sur mes pas. Je suis debout sur une colline qui domine Wyldcliffe. Je regarde le soleil se coucher sur la vaste étendue de terre sauvage. J’adore ce lieu. J’adore le vent sur mon visage, le cri des oiseaux dans le ciel, la vie généreuse et l’histoire de ces vieilles collines. Les pierres, qui s’étendent tels des os sous la bruyère, et les ajoncs me parlent de pouvoir, de force et d’éternité. Quand tout cela a commencé, je croyais pouvoir devenir comme ces pierres, l’épine dorsale qui donne de la force aux autres. « Cette bonne vieille Sarah, elle peut tout surmonter. » Mais j’ai découvert que j’étais faible. Il s’est avéré que je ne voulais pas uniquement m’occuper des autres et les soutenir. Que moi aussi, j’avais des sentiments… et des défauts. J’aime. Je déteste. J’ai de la colère. Et ce que je ressens me fait peur. Cela pourrait m’empêcher de faire ce que je dois faire. Le soleil a presque disparu, maintenant. La nuit commence à s’étendre sur les landes. Là-bas, sur cette terre que j’adore, Evie est perdue. Elle a été prise par l’ennemi et est prisonnière de la terre secrète et immobile. Je suis la seule à pouvoir la sauver. Mon tour est venu de passer à l’action. Où est passé mon courage ? Où est ma force ? Que dois-je faire ? Il n’y a pas de réponses. La journée est terminée. Je dois choisir. Je commence à descendre la colline sous le ciel obscur, vers cet endroit qu’on appelle la Vallée de la mort.
Dn
J e ne m’attendais pas à cela. ans tout le chaos et l’incertitude des derniers mois, j’avais appris à accepter beaucoup de choses étranges, et j’imaginais que plus rien ne pouvait me surprendre. Mais cette fois, c’était une tout autre chose. Velvet Romaine. J’avais évidemment déjà entendu parler d’elle. Tout le monde a déjà entendu parler de Velvet Romaine. Les détails scabreux des 16 premières années de sa vie avaient été étalés dans la presse à sensation. Simplement, je ne pensais pas qu’elle allait se retrouver au pensionnat de Wyldcliffe pour jeunes filles. Wyldcliffe n’est pas le genre d’école qui attire les filles de vedettes rock. Les filles de duchesse, peut-être, mais pas une enfant terrible exubérante comme Velvet. Mais elle était bien là quand j’étais arrivée à l’école le premier jour du trimestre d’été, et tout le monde l’avait remarquée. Son immense limousine s’était arrêtée devant l’imposant immeuble gothique de l’école et, au moment d’en sortir, elle s’était retrouvée entourée d’une foule d’élèves excitées et d’un attroupement de paparazzis. Les photographes faisaient crépiter leurs flashes avec enthousiasme, et Velvet restait là à absorber toute cette attention, vêtue comme si elle avait rendez-vous avec un beau mec dans une sordide boîte de nuit. Mais je ne veux pas avoir l’air d’une fille qui porte des jugements. Hé ! il s’agit de moi, Sarah Fitzalan, la « mère nourricière », toujours prête à dire un bon mot à tout le monde, toujours à chercher ce qui est positif, toujours prête à défendre les opprimés. u moins, c’est ce qu’on dit de moi. J’avais tellement hâte de retourner à l’école. Pas que je sois un quelconque génie sur le plan pédagogique ni rien de ce genre. Ce n’était pas les études qui m’attiraient vers cette vallée isolée au creux de laquelle Wyldcliffe se cache. Ce n’était pas non plus le charme des landes sauvages, où les ajoncs et les primevères étaient en fleurs. La terre en éveil m’appelait, mais je tournais le dos aux collines et ne pensais qu’à retrouver Evie et Helen. Vous savez comme on dit parfois que deux personnes sont si proches qu’elles sont comme des sœurs ? Eh bien, Evie, Helen et moi, nous sommes réellement des sœurs. Nous n’avons pas de lien de sang, mais nous avons des attaches beaucoup plus profondes. es forces mystiques et élémentales nous relient, dans cette vie et dans la suivante. Cela peut sembler stupide, mais j’ai toujours cru qu’il y avait des choses que nous ne pouvons pas comprendre, que nous ne pouvons peut-être pas voir, mais qui existent néanmoins. L’énergie d’un lieu, une atmosphère, des prémonitions et des prophéties… Je crois que tout cela a une signification. Je crois que l’âme est éternelle et que les esprits des morts peuvent nous parler. Ainsi, le premier jour où Evie, cette petite boursière solitaire, est arrivée à Wyldcliffe et qu’elle s’est mise à avoir des visions d’une fille du passé, je n’ai pas pensé qu’elle était folle. Je l’ai crue. J’ai accepté ce qui se passait alors, et tout ce qui a suivi. Que la fille des visions était Lady Agnes Templeton, une ancêtre éloignée d’Evie. Qu’Agnes, il y a plus de 100 ans de cela, avait découvert les secrets de la Voie mystique et qu’elle était devenue une servante du Feu sacré. Que l’ancien admirateur d’Agnes, Sebastian Fairfax, était la même personne que le mystérieux jeune homme qu’Evie voyait en cachette. Que Sebastian s’était retrouvé prisonnier d’une quête futile d’immortalité. Que chacune de nous avait découvert
son pouvoir élémental — l’eau pour Evie, l’air pour Helen, la terre pour moi — et que nous les avions utilisés pour sauver l’âme de Sebastian. Et, finalement, que Sebastian avait quitté cette vie-ci et avait laissé Evie avec le deuil d’un impossible amour. Tout bien considéré, nous avions beaucoup de sujets de conversation. Nous avions affronté la mort ensemble. Evie avait perdu son premier amour, et Helen avait perdu sa mère. Et moi, j’avais ressenti une immense tristesse pour elles. Comme toujours, j’avais mis toute mon énergie à tenter de comprendre mes amies, de compatir avec elles et de prendre soin d’elles, mais je dois avouer que lorsque est venu le temps, à la fin du trimestre, de leur dire au revoir et de rentrer chez moi pour les vacances, je me sentais perdue et déracinée sans elles. J’avais l’impression de ne pas exister sans Evie, Helen et leurs problèmes, comme si je ne faisais qu’errer en périphérie de ma vie. Sarah, la gentille, celle qui soutient… mais s’il n’y avait plus personne à soutenir, que me restait-il à faire ? C’est alors que les rêves avaient commencé. C’était la même chose, nuit après nuit. J’étais dans une cave souterraine. es torches brûlaient dans l’obscurité. Il y avait quelqu’un près de moi. Son regard croisait le mien. C’était quelqu’un qui me connaissait, d’un bout à l’autre. Quelqu’un pour qui je n’avais pas de secrets. Quelqu’un qui m’aimait. Pas parce que j’étais bonne ou forte, mais parce que j’étais moi, pour tout ce que j’étais, à la fois bonne et méchante. Je m’étirais pour l’embrasser, le cœur et les lèvres remplis de désir. Et j’étais frappée par un indescriptible sentiment d’horreur. Le visage se transformait en un masque ratatiné. Il y avait un couteau. J’avais mal. Dne épaisse fumée s’élevait autour de moi. J’entendais des psalmodies, des chants et des roulements de tambours ; dans ma tête, ça tambourinait, tambourinait, tambourinait, jusqu’à ce que je pense en devenir folle. Peut-être n’était-ce qu’une réaction à tout ce que j’avais vécu avec Evie et Helen, mais je pensais que c’était un présage, un signe que d’autres dangers nous attendaient. Quelle que soit la vérité, les rêves et l’obscurité m’attiraient vers Wyldcliffe, et j’avais très hâte de retrouver mes amies. Et quand tout le cirque entourant Velvet Romaine s’était mis en place et avait mis Wyldcliffe en arrêt, cela ne m’avait pas plu. Elle était là, prenant une pose à côté de sa voiture totalement insensée pendant que les photographes criaient : « Velvet ! Par ici ! Dn petit sourire ! » Mais elle ne souriait pas. Elle semblait furieuse. Ses cheveux étaient noirs comme du jais, coupés à la Louise Brooks, et elle adoptait le même genre de poses, d’un érotisme menaçant, que toutes les starlettes de l’écran. Sa jupe courte laissait voir de longues jambes, des bas résille déchirés et des bottes noires à lacet, qui devaient avoir coûté une fortune. Toutes les autres filles de Wyldcliffe qui la regardaient, ébahies, portaient l’uniforme rouge et gris démodé de l’école. Je me suis demandé de quoi Velvet aurait l’air quand les professeures, qu’on appelait maîtresses, lui demanderaient de se débarrasser de ses vêtements griffés, de son ligneur pour les yeux et de son rouge à lèvres noir. Mais, pour l’instant, elle profitait au maximum de son entrée grandiose en faisant la moue devant les photographes, arborant un air sensuel et rebelle. Quels qu’aient été les secrets passés de Wyldcliffe, on n’y avait encore rien vu de tel. J’observais Velvet, et elle me faisait penser à un animal pris au piège, opposant une dernière résistance, prêt à se déchaîner contre quiconque oserait lui entraver le passage. — Est-ce que c’est vraiment elle ? me chuchota avec excitation Camilla Willoughby-Stuart, une fille de ma classe. Velvet Romaine ? — On dirait bien. — Mais qu’est-ce qu’elle fait ici ? Ne vit-elle pas à Los Angeles ou quelque chose comme ça