Fatale étreinte

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Le cœur battant, Aube dévisage Galen McManus qui se tient en face d’elle, ténébreux, magnifique, troublant à en perdre la tête. Non seulement il vient de lui avouer sans crainte qu’il est un démon, une des créatures qu’elle-même et sa famille pourchassent sans pitié depuis des siècles. Mais voilà qu’avec un aplomb sidérant — et le plus désarmant des sourires — il lui propose un marché aussi fou que séduisant : si elle accepte de passer cinq nuits d’amour avec lui, il lui donnera la pierre du démon, le diamant que son père a cherché toute sa vie et qui lui apportera la reconnaissance et le respect dont elle a toujours rêvé…
Publié le : mardi 1 novembre 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280241915
Nombre de pages : 288
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1
Londres au mois d’octobre, de nos jours
Le Pr Aube Maybank scruta le brouillard londonien et serra en frissonnant son manteau autour de ses épaules avant de verrouiller sa Jaguar. Elle songea qu’elle n’aurait pas dû se garer dans la rue. N’importe quelle créature paranormale pouvait se trouver là, en train de la guetter : un vampire, un démon, un loup-garou… La brume les incitait à se mettre en chasse. Elle le savait parfaitement.
Son imprudence finirait par causer sa perte.
Ses talons aiguilles claquaient bruyamment dans le silence du petit matin et les murs de pierre qui bordaient la rue où était situé le département des Recherches anachroniques, qu’elle dirigeait, en revoyaient l’écho. Des chaussures plates auraient été mieux adaptées, au cas où elle devrait se mettre à courir. Maudits soient ce travail, ses habitudes vestimentaire et son père, qui l’avait forcée à accepter ce poste.
Le brouillard qui l’enveloppait la mettait de plus en plus mal à l’aise. Elle n’y voyait rien et même son ouïe était assourdie. Les cris des mouettes qui survolaient la Tamise ne lui parvenaient que comme de lointains murmures.
Une bouffée de chaleur surnaturelle lui caressa la peau.
Bon sang
vraiment
Elle n’eut pas le temps de l’achever, car un homme apparut subitement devant elle.
Elle s’arrêta net à quelques centimètres de sa masse impressionnante.
Ne montre jamais que tu as peur.
Pendant quelques instants, elle envisagea différentes possibilités. S’agissait-il d’un vampire ? C’était peu probable. Le soleil n’allait pas tarder à se lever et — grâce à Dieu — rares étaient les vampires capables de supporter sa lumière. Un démon ? Peut-être. Une fée ? Son pouvoir ne ressemblait pas à celui qui les caractérisait, plus glamour, plus frais et léger. Un loup-garou ? Peut-être. Un humain doté de pouvoirs magiques ? Non. Cette énergie n’était pas non plus humaine.
Les doigts de l’homme se replièrent subitement autour de son bras sans qu’elle l’ait vu bouger. Ce contact fit déferler sur elle une vague de pouvoir encore plus brûlante et lui donna la chair de poule.
Ce n’était décidément pas un humain.
— Lâchez-moi, ordonna-t-elle d’une voix aussi calme et ferme que possible.
Qu’était devenu son instinct de survie ? Cela faisait seulement trois mois qu’elle avait arrêté de chasser les démons pour le Cadre et voilà qu’elle se ramollissait déjà. Elle devait trouver un moyen d’atteindre le cristal de confinement qu’elle gardait dans sa mallette, pour le cas où elle aurait eu affaire à un démon. S’il s’agissait d’un loup-garou, elle était perdue. De toute façon, ça valait la peine de bluffer.
— Lâchez-moi !
— Lady Aube ? demanda l’homme.
Sa voix était aussi feutrée que le brouillard, ce qui constituait un nouvel indice.
Mais une évidence bien plus perturbante l’empêcha d’y réfléchir très longtemps : il connaissait son nom.
— J’ai quelque chose pour vous, lady Aube, murmura-t-il avec la sensualité du velours. Quelque chose que vous cherchez depuis longtemps.
Ses yeux étincelèrent comme s’il espérait la tenter par ses murmures.
Elle s’était ni dupe ni impressionnée, et il venait de se trahir.
C’était un démon.
Un Daemon sapiens, plus précisément. Des deux variétés de démons, c’était celle que l’on parvenait à peine à distinguer des humains, du moins de prime abord.
Mais les murmures d’un démon étaient dangereux. Ils pouvaient aisément conduire un mortel à sa perte.
Comme le Cadre le lui avait si bien enseigné, Aube dressa un cercle protecteur autour d’elle pour soustraire son esprit à l’influence de ce démon.
— Que voulez-vous ? lui demanda-t-elle.
Le démon esquissa un demi-sourire dans lequel elle lut une infinité de suggestions perverses.
Elle tira brutalement sur son bras sans parvenir à l’arracher à l’étau de ses doigts. Les démons avaient assez de force pour tordre des barres d’acier à mains nues. Une nouvelle vague de pouvoir surnaturel n’eut aucun mal à faire voler son cercle protecteur en éclats. Son cœur s’affola. Il l’avait prise au piège comme une novice. Elle n’irait nulle part sans son accord.
Le Haut Conseil du Cadre devait avoir raison finalement : elle ne méritait pas son statut d’adepte.
Un pacte avec le diable.
— Je ne suis pas intéressée.
— Vous allez l’être, croyez-moi.
Une curiosité malvenue s’éveilla en elle. Il semblait si sûr de lui… De plus, elle était bien forcée de l’écouter. Soit. S’il avait voulu lui faire du mal, il l’aurait probablement déjà fait. C’était du moins ce qu’elle espérait.
— Très bien, dit-elle. Mais ne murmurez pas. N’essayez pas de me piéger.
Il inclina respectueusement la tête.
— Quel marché ? demanda-t-elle.
— Je vais vous montrer.
Il baissa brièvement les yeux vers sa main qui la tenait, puis lui jeta un regard interrogateur.
Aube hocha la tête et retrouva sa liberté. Elle n’avait pas l’intention de courir. Cela n’aurait servi à rien. Même si elle ne le sentait plus, son pouvoir surnaturel l’enveloppait toujours. Il ne lui aurait fallu qu’un instant pour la rattraper et elle se serait attiré sa colère. Même les novices du Cadre savaient que la colère des démons était terrible.
Il lui décocha un sourire ironique comme s’il avait lu dans ses pensées. Aube en resta éblouie pendant quelques instants. Que ce démon était beau… Son cœur s’affola encore, mais ce n’était plus la terreur qui le faisait battre. Elle se ressaisit subitement. A quoi songeait-il donc ? Cherchait-il à la séduire ? S’il connaissait son nom, il savait forcément qui elle était… ce qu’elle était. L’impétuosité de ce démon devait valoir la sienne, s’il osait s’en prendre à elle. Peut-être avait-il échoué à devenir adepte dans son monde…
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