Fièvre au corps

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« Une intrigue solide, une romance torride, une héroïne forte et un homme dominateur sexy ! Ce roman a tous les ingrédients pour plaire ! » Kawehi Reviews

Fighter musclé et célèbre, Blake Daniels vit selon ses propres règles dans la vie comme au lit. Alors que sa carrière bat son plein, il est blessé et ne peut continuer à s’entraîner. Furieux, il jure que plus rien ne le distraira de ce pour quoi il s’est battu toute sa vie.

Après un mariage désastreux, Layla décide qu’aucun homme ne sera plus jamais un obstacle à son bonheur. Luttant tous les deux à leur manière, Blake et Layla n’avaient pas prévu que leur rencontre sulfureuse ferait voler en éclats leurs résolutions. Laisseront-ils pour une fois l’amour être leur seul guide ?

« De l’action et de la romance : la délicieuse histoire d’un dur à cuir que l’amour rendra tendre. » Examiner.com

« Les lecteurs aimeront assurément ce roman qui allie mystère, drame et romance. » InD’Tale Magazine


Publié le : vendredi 30 septembre 2016
Lecture(s) : 1
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782820507051
Nombre de pages : 480
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couverture

J.B. Salsbury

Fièvre au corps

Fight – 2

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Mathilde Roger

Milady Romance

 

À mes lecteurs, tout mon amour et ma gratitude.

 

Votre soutien donne des ailes à mes histoires.

Prologue

Il est presque minuit, mais je n’arrive pas à dormir. L’adrénaline bat encore dans mes veines. Je savoure l’excitation encore récente en regardant le plafond, tandis que Wicker Man d’Iron Maiden résonne dans mes écouteurs. Mes doigts battent la mesure sur mon walkman, parfaitement en rythme avec la caisse claire de Nicko McBrain.

Je m’efforce de ramener mon esprit à ma petite vie d’étudiant de première année, et de décider quelle pom-pom girl je vais inviter au bal après le match de fin d’année, mais je n’arrive toujours pas à me calmer. Mes pensées retournent toujours à cet après-midi. Je respire fort en sentant la fébrilité me gagner.

C’était idiot. Y aller en cachette était plus excitant, mais si on m’avait surpris… Non, la prochaine fois, je prendrai davantage de précautions. Je ne peux pas risquer de… « Boum ! »

La porte de ma chambre s’ouvre d’un coup en frappant le mur. Oh, merde ! J’arrache mes écouteurs et me lève d’un bond. La lumière du couloir envahit la pièce. Des ombres d’hommes, penchés près du sol, déferlent dans ma chambre. Mon cœur bat violemment contre mes côtes, et une peur glacée m’envahit brusquement. J’essaie de m’enfuir, mais des mains puissantes immobilisent tous mes membres.

— Non !

Je me débats de toutes mes forces.

C’est un cauchemar !

— Ce sera pire si tu luttes.

Un homme, le visage dissimulé par l’obscurité, resserre son étreinte.

C’est un cauchemar, c’est forcément un cauchemar. J’ai la tête qui tourne, je lutte pour reprendre conscience. Réveille-toi ! La douleur des poings serrés sur mon corps confirme ma pire crainte. C’est bien réel. Mes jambes tremblent à chaque inspiration paniquée.

— Au secours !

Je me tends vers la porte ouverte en priant pour que mes parents entendent.

Un coup dans les jambes me met à genoux. J’essaie de frapper, mais un homme me tire les bras dans le dos. Le froid des menottes se referme sur mes poignets.

— Papa ! (Ma voix se brise.) Maman ! Braeden ! (Je me débats. Mes épaules brûlent de douleur.) Lâchez-moi !

Je ne comprends pas. Où sont les autres ? Ces types s’en sont-ils pris au reste de ma famille en premier ?

L’inquiétude et la terreur m’affaiblissent. Je déglutis, la gorge douloureuse. Ils sont plus nombreux, plus forts, plus puissants, mais je refuse de me laisser faire.

— Qu’est-ce que vous avez fait à ma famille ?

J’entends à peine ma propre voix sous mes halètements.

— Tiens-toi tranquille, gamin, ordonne l’homme dans mon dos, trop décontracté pour me rassurer.

C’est la merde.

— Prenez ce que vous voulez. J’n’appellerai pas les flics, mais laissez-nous.

Une large silhouette d’homme bloque la porte. Je plisse les yeux dans le noir, craignant le pire. Est-ce le chef, venu m’achever ? Il entre, et je penche la tête pour voir son visage.

Oh, merci mon Dieu !

— Papa. (J’essaie de me libérer, d’aller vers lui, mais je suis retenu prisonnier.) Aidez-moi, ils me tiennent.

Je laisse échapper ces mots maladroits, mais, lentement, je commence à comprendre.

J’arrête de me débattre.

Mon père ne va pas m’aider. Les hommes qui ont surgi dans ma chambre ne le surprennent pas. Mon sang se glace, et un frisson m’envahit le corps.

Il me chasse.

— Papa ? (Je scrute son visage en quête de compassion, mais je ne vois rien de tel.) Ne faites pas ça.

Il m’avait prévenu. Il avait menacé de m’envoyer là-bas si je n’arrêtais pas.

En un éclair, je distingue un aperçu de mon futur dans le visage sans âme qui m’observe. Des singes dressés à n’obéir qu’aux ordres, le cerveau vidé de tout esprit critique et de toute volonté. C’est ce qu’il veut pour moi. Bordel, pas question ! Je me débats fébrilement, et mes articulations brûlent sous la pression.

— Arrête de résister, mon fils.

Mon père s’approche et se penche à ma hauteur.

La note épicée de son eau de Cologne me retourne l’estomac, et mes yeux s’ajustent à la proximité de son visage. Sa coiffure militaire ne fait qu’accentuer une mâchoire déjà trop anguleuse. Sa bouche n’est qu’une ligne droite, si serrée que les muscles de sa joue frémissent. Le vert sombre de ses yeux paraît presque noir, et je fais un effort de volonté pour soutenir son regard. Il m’étudie quelques secondes puis grimace. Ce n’est pas la première fois qu’il me regarde ainsi, mais je ne m’habitue pas.

— Tu pleures, Blake ?

— Non, monsieur.

Je renifle pour réprimer les larmes qui me brûlent le nez et je tente de dissimuler la terreur qui me pollue les veines.

— Mon cul, que tu ne pleures pas, gamin, gronde-t-il en secouant la tête. C’est justement le problème.

Ses paroles sont un murmure bas. Il se redresse et commence à arpenter la pièce de part en part.

— Je n’accepterai pas que la tafiole qui me sert de fils se mette à pleurer comme une gonzesse.

Le rire méprisant des soldats qui me tiennent emplit la pièce. J’ai les joues en feu, mais je serre les poings et bande mes muscles. Mes larmes sèchent, et mon sang rugit dans ma tête.

— Comme si la merde que tu fais pendant ton temps libre ne faisait pas assez tapette, maintenant tu te mets à pleurer ?

Ce n’est pas vraiment une question.

— J’ai arrêté, monsieur. Je vous l’ai dit.

Je baisse les yeux en espérant qu’il ne voie pas que je mens. En vérité, je suis incapable d’arrêter. Ses menaces de me chasser ou de me frapper jusqu’à m’en faire passer l’envie n’ont pas suffi. Je ne peux pas m’en empêcher. Mais comment a-t-il su ? J’ai été tellement prudent…

Il s’avance devant moi, et son regard pèse sur mon crâne.

— Un menteur en plus d’un PD.

Il est sur le point de perdre le contrôle, et je sais d’expérience que ce n’est jamais bon signe.

— T’es bien comme ta mère !

Ma mère. Elle seule savait. Je tente de comprendre. Pourquoi m’aurait-elle trahi ?

Puis j’aperçois sa silhouette menue derrière mon père. Elle regarde, impuissante, un bras autour du ventre et l’autre autour des épaules, agitée de sanglots. Présente mais absolument inutile.

J’essaie de croiser son regard, mais je distingue mal ses traits dans l’obscurité.

— Maman, pourquoi… ?

Mes questions restent figées au bord de mes lèvres. Elle ne répondra pas. Devant lui, elle ne dit jamais rien.

J’ai toujours été l’élément fort, celui qui gardait la tête haute face aux attaques verbales de mon père, pour prouver que je tenais le coup. C’était le meilleur moyen de la protéger.

Je prends une grande inspiration douloureuse et rejette les épaules en arrière. Si elle pense que je vais bien, elle arrêtera de pleurer. Si je la convaincs que je veux faire comme il a décidé, ce sera plus simple pour elle.

— Ne compte pas sur ta petite maman pour te sauver. Pas cette fois. Depuis combien de temps elle ment pour te couvrir, Blake ?

Je ne réponds pas, et il me frappe l’épaule de sa botte à renfort d’acier.

Je vacille dangereusement mais je parviens à rester debout. D’ordinaire, je neutralise sa colère en m’excusant et en flattant son ego. Mais cette fois, au milieu de la nuit, immobilisé par une bande de ses hommes, sachant que là où je vais, je n’aurai plus à subir ses provocations quotidiennes… Assez déconné !

Ses intimidations ont peut-être été efficaces par le passé, mais je ne suis pas une marionnette qui obéit quand il tire les ficelles. La chaleur se masse dans mon sternum et enflamme des braises en sommeil depuis des années. Je regarde mon vieux tapis vert et j’inspire profondément en laissant ma colère monter.

— C’était une question de temps avant que tu te fasses choper. Tes petites cachotteries dans mon dos étaient intolérables.

Ses lourdes bottes militaires laissent des traînées sur la moquette, comme dans la vie où il se fraie un chemin en détruisant les esprits des autres et en abandonnant ses victimes dans son sillage. D’abord ma mère, puis moi, et mon frère sera certainement le prochain.

— Mes gars vont te conduire là où on fait les soldats. T’auras pas le choix, là-bas, faudra te conduire comme un homme. T’entends, gamin ?

La rage bat dans ma poitrine, coule dans mes veines, noue mes muscles.

— Je t’ai posé une question, PD. Réponds.

Son ordre d’obéissance résonne dans les murs.

Je grimace en entendant ma mère sangloter. Il n’acceptera pas mon silence. Il ne laisse qu’une seule occasion de coopérer. Il n’a jamais laissé de deuxième chance, à aucun de nous. Je vais trop loin.

Mais pour la première fois je m’en fous. J’ai le souffle court, et mes narines se dilatent sous l’oxygène qui afflue en moi.

— Réponds, sale fils de pute !

Il pose la semelle de sa botte contre ma poitrine et pousse.

— Faible, comme ta mère.

Mon corps vacille, mais je suis insensible à ses attaques. Je relève la tête et plonge mon regard haineux dans le sien, sans ciller, à m’en faire mal.

— Elle est assez forte pour supporter tes conneries.

Il sourit puis rit franchement, mais rien en lui ne semble vraiment amusé.

— Petit fils à maman. Tu t’accroches encore à ses jupes. Pathétique !

Ces paroles sont comme de l’essence sur le brasier de ma rancœur, et les flammes s’élèvent en un feu d’enfer. Je serre les dents, déchiré par la fureur.

Mon père me chasse d’un geste méprisant de la main.

— Emmenez-le hors de ma vue.

— À vos ordres, répondent en chœur ses soldats, obéissant à leur colonel comme de bons petits disciples embrigadés.

Ils se trancheraient certainement la gorge si on leur ordonnait.

Pas question que je devienne comme ça.

Je suis tiré par les bras et remis debout, puis on me force à marcher jusqu’à la porte. Ma mère s’écarte précipitamment pour nous laisser passer. Elle serre sa robe de chambre autour de son cou, son joli visage rougi et mouillé par les larmes. Ses cheveux châtain clair sont ébouriffés, comme si elle avait passé les doigts dedans pendant des heures. La douleur dans son regard me fend le cœur.

Je me penche.

— Attendez.

Ils m’ignorent et continuent à me traîner dans le couloir.

— Je veux juste dire au revoir, insisté-je en plantant mes pieds nus dans le tapis.

— Duke ?

Le nom de mon père, murmuré faiblement par ma mère, les interrompt.

Ce trou du cul lève les yeux au ciel mais fait signe à ses hommes.

— Accordé.

Elle fait quelques pas vers moi mais s’arrête, hors de portée.

— Blake… (Son menton frissonne, et des larmes brillent dans ses yeux bleus.) Je suis désolée.

La culpabilité me retourne l’estomac.

— C’est pas grave, maman.

Je n’aurais jamais dû la mêler à mes manigances.

— Ne pleure pas, je vais m’en sortir.

Elle s’approche encore pour me poser la main sur la joue. Elle ne me prend plus dans ses bras parce que mon père estime que cela nous rend faibles.

— Sois fort, Blake.

Pas de « je t’aime », juste ça : « Sois fort. »

C’est dur, mais on en est arrivés là. Pour survivre, dans cette famille, il faut obéir aux commandements. La force prévaut sur l’émotion.

Je m’oblige à sourire.

— Toujours.

Mon père a certainement adressé un signe de tête aux soldats, car une main me saisit par l’épaule. Je dis au revoir à ma mère puis me laisse traîner hors de la maison. Je ne vois mon frère nulle part, mais il a dû recevoir l’ordre de rester dans sa chambre, porte fermée. Il sait mieux obéir que moi.

Je suis entraîné et poussé par la porte. La nuit est douce. L’air humide de l’océan me fouette le visage et s’enroule contre mes joues, et je le respire une dernière fois, conscient que bientôt je serai dans le désert. Mon père nous mène devant les doubles portes ouvertes d’une camionnette noire. Là, une main m’appuie sur l’arrière du crâne pour me forcer à me pencher et à monter.

Je résiste pour rester tête haute afin qu’ils ne puissent pas me faire entrer.

— Monsieur, une dernière chose avant de partir ?

Mon père me regarde, les yeux étrécis.

— Quoi ? La route est longue.

Je m’approche, content que ma dernière poussée de croissance ne laisse plus que quelques centimètres de différence entre nous.

— Je voulais juste vous dire…

Je recule rapidement d’un pas pour prendre mon élan puis j’abats le front contre son nez. Des étoiles dansent derrière mes yeux.

Il se plie en deux en hurlant et porte les mains à son visage. Le sang coule entre ses doigts.

Un sourire fleurit sur mes lèvres. Bordel, que c’était bon ! Mais ma victoire est de courte durée, et je suis entraîné en arrière puis jeté face contre la route de béton. Les semelles dures des bottes de combat s’abattent contre mon dos pour me maintenir au sol, m’écrasant la poitrine.

Mon père grogne et se redresse en vacillant.

— Tenez-le bien, les gars.

Mais son grognement de douleur vaut tout ce qui va suivre…

Je suis relevé par le tee-shirt et jeté en avant.

Son visage rouge de colère et de sang est à quelques centimètres à peine du mien.

— Il était temps que j’t’apprenne une bonne leçon.

Il recule et lève le poing.

L’inévitable me fait face, autant lui adresser une dernière pensée en souvenir.

— Va te faire foutre, papa.

La douleur m’embrase la mâchoire. Le monde semble tournoyer, puis tout devient noir.

Chapitre premier

Treize ans plus tard…

 

Blake

 

— Je lève mon verre !

Je suis ivre mort et je ne sens plus la douleur. Le bar est bondé et vibre d’énergie, comme tous les autres de la ville, cette nuit.

C’est la veille du Nouvel An à Las Vegas, putain !

Je monte sur mon tabouret et grimpe sur le bar en chancelant. J’ai hâte de laisser cette foutue année derrière moi, et je regarde la pendule. Encore cinquante-deux minutes. Je dresse le bras, et la foule pousse de grands cris d’enthousiasme.

Eh ouais, mes p’tites pute, vous l’aimez mon cul, hein ?

— À la nouvelle année. Qu’elle soit pleine de bons coups dans l’octogone.

Je croise les regards de deux nanas canon à mes pieds. Elles m’ont collé au cul toute la soirée pour me chauffer, et je sens qu’elles ne demandent que ça. Je cligne de l’œil.

— Et de bons coups au lit !

J’observe la foule en quête du groupe et je les aperçois près de la scène.

— Un toast pour mon pote Rex ! (Je lève mon verre bien haut en désignant les membres d’Ataxia.) Révolutionne le rock’n roll, mec !

Sur un geste du bras, j’avale mes deux derniers doigts de whisky et savoure la brûlure.

Dans le bar, tout le monde renchérit en une symphonie approbatrice et bruyante. Je saute du comptoir, directement dans les bras de mes admiratrices.

— Super toast, champion ! déclare la belle blonde platine à ma droite en se frottant contre moi.

Je me penche pour coller la langue dans sa bouche impatiente et je lui prends les fesses à pleines mains. Rien de tel pour éveiller l’intérêt d’une deuxième nana qu’une bonne dose de jalousie pure et dure. Aussitôt, sa copine se presse de l’autre côté et fait glisser la main sur mon ventre, droit vers ma ceinture.

Je suis engourdi et je ne sens ni ne goûte grand-chose. Mais ma bite réagit au quart de tour, avide d’un petit coin chaud et humide. Il n’est même pas minuit et je suis déjà déchiré. Si je ne ramène pas vite fait ces nanas pour les désaper, je suis capable de tomber dans les pommes avant de tirer mon coup.

— Mec, trouve-toi une chambre, ou au moins un coin sombre !

J’interromps mon roulage de pelle comateux pour tourner un regard vitreux vers Caleb et le nouveau… Comment il s’appelle déjà ? Caleb l’a invité ce soir. Il vient d’une ville près de la mer, et comme il vient d’arriver il n’avait nulle part où passer le Nouvel An. C’est censé être le nouveau génie de la fédération d’Ultimate Fighting. Je trouve qu’il a une gueule à jouer dans Alerte à Malibu.

— Z’êtes jaloux, les trouducs ?

Je glisse une fille sous chaque bras et m’appuie contre le bar.

Les mecs rient, mais je remarque la lueur d’envie dans leurs yeux.

Rex et son batteur, Talon, approchent avec quelques filles à leur suite. Elles sont canon, à peine habillées histoire de ne pas perdre de temps, et elles ont les yeux qui brillent d’idées clairement cochonnes.

C’est l’un des trucs que j’aime à Vegas, on ne manque jamais de nanas qui cherchent des coups d’un soir, sans lendemain. Juste ce qu’il me faut.

Putain, j’adore ma vie !

— Super concert, T-Rex, dis-je avec sincérité.

Ataxia mélange parfaitement le rock à l’ancienne et des lignes mélodiques plus punk. Et Rex sait pondre des paroles qui déchirent.

— Merci, mec. (Rex étudie le groupe.) Où est Jonah ? Je croyais que Ray et lui devaient venir.

Je laisse échapper un éclat de rire.

— Tu parles. Ce mec est enfermé avec sa nouvelle femme depuis qu’ils sont rentrés de Bora Bora. Je parie qu’on compte sur une main le nombre de fois où ils ont mis des fringues depuis le mariage.

Je ne lui en veux pas, à ce salaud. Raven est canon, mais c’est une dure. Après la merde qu’elle a vécue l’automne dernier au chalet… Aucune femme ordinaire n’aurait été capable de faire ce qu’elle a fait. Je n’ai jamais rien vu de pareil.

Les femmes sont faibles. Raven est une anomalie.

Je cligne des yeux et secoue la tête sous ces pensées contradictoires. Jonah s’est laissé passer la corde au cou, et j’en suis heureux pour lui, mais je suis content que ce ne soit pas moi. Raven a un passé plus lourd qu’un putain de Boeing. Il fait semblant d’aimer ça. Non, merci.

Je ne me laisse pas rouler. Je préfère m’en tenir aux nanas qui aiment le sexe, sans attaches, sans complications.

En parlant de ça, mes deux conquêtes de la soirée commencent à s’impatienter, et leurs mains avides deviennent plus entreprenantes.

— Vous avez faim, les filles ? J’ai dans la poche de quoi vous combler.

La blonde gémit en se léchant les lèvres avant de les faire courir contre mon cou. Son amie repousse des boucles noisette sur son épaule avec un air jaloux.

Je souris et l’attire contre moi, puis je lui chuchote à l’oreille :

— T’inquiète, ma belle, y en a bien assez pour tout le monde.

Pour bien clarifier ma pensée, je lui attrape les fesses pour les coller contre ma cuisse.

Elle glisse la main dans la poche arrière de mon jean.

— Toutes les deux ? demande-t-elle avec un mélange de curiosité et d’excitation.

— Ouais, toutes les deux, dis-je en m’écartant pour la regarder dans les yeux. C’est le Nouvel An, essaie un truc nouveau. Tu ne le regretteras pas.

Peu importe qu’elle soit partante ou non. Il y a des tas de nanas prêtes à prendre sa place. J’en vois quelques-unes pas loin, et au besoin un coup de fil suffira.

Elle se mordille la lèvre en réfléchissant.

La blonde est arrivée à mes lèvres et m’attrape le menton pour m’attirer vers sa bouche entrouverte. La vodka sur sa langue se mélange à la saveur sucrée de son gloss. Je lui offre un baiser profond, histoire que mon indécise ait un aperçu inoubliable de ce qu’elle pourrait louper.

Il ne lui faut pas longtemps pour me tirer par le bras. J’interromps le baiser pour me tourner vers elle.

Elle resserre la main dans ma poche et passe l’autre sur ma poitrine.

— J’en suis.

— Super, ma poule !

Je l’observe. Tout son corps semble dire qu’elle veut m’accompagner chez moi, mais quelque chose dans ses yeux me turlupine, malgré l’alcool qui m’engourdit le cerveau.

— T’es prête ?

Je la presse pour la tester.

— Oui, je file juste aux toilettes et je passe un coup de fil. Je reviens tout de suite.

Elle se dresse sur la pointe des pieds pour atteindre mes lèvres.

Je tourne la tête, et son baiser se pose sur ma joue.

— Un coup de fil ? Laisse-moi deviner : à ton mari ?

Elle a un geste de recul et fronce les sourcils.

— Non.

— Petit copain ?

— Non, c’est pas ça. (Elle regarde autour d’elle puis se penche à mon oreille.) Je dois appeler la baby-sitter et la prévenir que je rentrerai plus tard que prévu.

Oh, pas de ça !

— Holà, holà, dis-je en levant la main. (Pas besoin qu’elle m’en dise plus.) Non.

— Non ? répète-t-elle, bouche bée.

— Ouais, ou plutôt : oh non, carrément non !

— Je ne…

— Désolé, ma poule. T’es bien roulée, mais t’es hors jeu.

Elle hoquette de stupeur et retire la main de ma poche.

— Je… je…

— Hé, Malibu !

Je fais signe au nouveau d’approcher. Je pense que la plupart des filles doivent le trouver craquant. Un peu trop belle gueule mais assez musclé pour avoir l’air d’un vrai mec.

— Ça roule, Blake ?

Il dévore d’un regard la jeune mère toujours pétrifiée, raide, vexée.

— Je te présente…

Je ne cache pas le fait que j’ignore son nom. Je la regarde et j’attends. Elle me fusille du regard.

— Alana.

— Voilà Malibu.

Je la pousse dans le bas du dos, vers lui.

Malibu est ravi de mon cadeau.

— Eh ! C’est sympa de te rencontrer…

Alana tourne la tête vers moi avec fureur.

— Tête de nœud !

Je hausse les épaules.

La blonde me regarde congédier son amie.

— Alana, tu vas bien ?

Rien ne me débecte aussi vite qu’une embrouille entre nanas. C’est pas personnel. Bordel, je lui rends probablement service ! En tout cas, je rends service à son gamin. Une nana avec une bouche à nourrir n’a pas à payer des heures sup à une baby-sitter pour aller chez un mec qui veut juste la baiser et ne plus jamais entendre parler d’elle.

Je murmure rapidement :

— Je reviens.

Je file à l’autre bout du bar, où Rex traîne avec les autres. Malibu me suit de près. Apparemment, lui non plus n’aime pas les histoires de nanas. Il vaut peut-être mieux qu’il n’en avait l’air.

— Qu’est-ce qu’il y a, B ? Tu t’es pris un râteau ?

Il rigole. Il sait que je ne rentrerais jamais seul un soir de congé.

— J’prends mon temps, Rex. Il n’est pas tard, et les possibilités ne manquent pas.

— Je ne comprends pas, intervient Malibu d’un air désapprobateur. Ces nanas étaient canon. Et toi…, tu t’es barré.

— Blake a des goûts difficiles. Il rejette toujours les nanas canon pour prendre celles encore plus chaudes.

Rex éclate de rire et avale une gorgée de bière. Les groupies qui l’entourent semblent soudain s’intéresser à la conversation.

— C’est quoi, ton secret ? demande le nouveau avec une véritable curiosité.

Bordel, c’est quoi son nom ?

— Tu veux mon secret, Malibu ?

Je me fous de lui. Il n’y a pas de secret.

En vérité, je ne sais pas pourquoi c’est si simple de choper des filles. C’est sûrement parce que je drague toujours celles qui pourraient aussi bien se coller un signal lumineux « Entrée libre » sur la ceinture. Je n’aime pas les défis. Plus c’est simple, mieux c’est. Sortir avec une fille, lui consacrer du temps pour la connaître, c’est pas ma façon de faire. C’est sûr, même les filles faciles peuvent devenir collantes, mais je ne cache jamais que je cherche juste un plan cul. Si elles s’obstinent à croire qu’elles ont un avenir avec moi, tant pis pour elles.

Pour moi, un mec pas trop moche qui ne s’envoie pas en l’air se trompe sûrement de cible.

— Mais ouais, insiste Malibu en hochant la tête.

Il prend des notes ou quoi ?

Caleb se met à rire.

— Je sens que ça va être du lourd !

— D’accord. (Je fais signe à la barmaid de m’apporter une bière et je me tourne vers mon élève studieux.) Quand tu viens dans un bar comme ici, qu’est-ce que tu cherches ?

Il coule un regard vers un groupe de filles près du comptoir.

— À rencontrer des filles.

— Ah ah ! (Je tends le doigt vers son visage.) Et voilà ! Tu veux « rencontrer des filles ». (Je secoue la tête en m’accoudant au bar.) C’est ça, ton problème.

Les épaules de Malibu s’affaissent.

— Ah bon ? Mais c’est absurde, remarque-t-il avec un grand geste des bras. Tous les mecs ici veulent rencontrer des filles.

— Non, c’est là que tu te trompes. Moi ? Je suis là pour trouver une gonzesse… ou deux… que je peux ramener chez moi et sauter jusqu’à m’évanouir de déshydratation.

Il fronce les sourcils.

— Quelle différence ?

— La différence, mon cher Hasselhoff, c’est que ça prend du temps de « rencontrer des filles ». Tu lui paies un verre, tu lui demandes son putain de travail, tu apprends qu’elle a une sœur à Chicago qu’elle n’a pas vue depuis Noël, tu te tapes les histoires de son ex qui lui a brisé son petit cœur innocent.

— Alors d’après toi je devrais aller trouver la fille et lui dire que je cherche juste un plan cul pour la nuit ? Et ça marche ?

— Mec, tu m’as écouté ou pas ?

J’avale la moitié de la bière qu’on m’a apportée. Je lui donne des infos du tonnerre, et il ne s’intéresse pas à ce qui compte vraiment.

— Non, tu la complimentes. Tu lui fais croire qu’elle est la fille la plus sexy du bar. Tu ne lui parles pas de sa vie. Tu t’en fous, et les femmes ne sont pas connes. Elle comprendrait que t’es pas sincère. Il faut lui vendre du rêve.

Je laisse au novice une seconde pour enregistrer cette révélation. Rex, Caleb et les autres membres du groupe regardent… Mason ! C’est son nom.

— Et ça marche ? demande-t-il, le visage crispé.

— Non. Après l’avoir fait voyager, tu lui dis que tu veux l’emmener chez toi et lui faire des trucs qui la feront hurler si fort qu’elle en perdra la voix.

Les autres éclatent de rire, mais quelques groupies se rapprochent de moi. Je croise le regard d’une rouquine incendiaire. Son sourire timide est une vraie blague. Elle est partante pour se payer du bon temps.

Je la regarde, depuis ses talons de gourmande à ses faux nibards. Elle fera l’affaire. Je lui fais signe d’approcher, et elle obéit. Bordel, j’aime quand les filles ne se font pas prier !

— Tes petits tours ne marcheront pas avec moi, ronronne-t-elle en glissant la paille de son cocktail entre ses lèvres.

— Mes petits tours ? Mais moi, je joue franc jeu, et sur invit uniquement.

Elle se mordille la lèvre inférieure. Ouais, elle n’attend que ça. Mais je suis d’humeur joueuse et je vais me faire supplier. Je lui tourne le dos, ravi de découvrir une autre fille, une blonde à longues jambes.

— Hé, t’es carrément craquante ! dis-je en plongeant les yeux dans les siens.

Elle baisse la tête et sourit.

— Merci.

Facile. Cette nana n’a pas l’habitude des compliments.

Je glisse le doigt le long de son bras, de l’épaule au poignet, et je souris quand elle frissonne de plaisir.

— Tu t’appelles comment ?

— Faye.

Elle rit, et j’aperçois l’éclat d’un piercing sur sa langue quand elle boit un peu de cocktail à la paille.

— J’hallucine… Qu’est-ce qu’une fille comme toi fait dans un esprit aussi tordu que le mien ?

Elle éclate de rire, et je l’attire contre moi.

Y a qu’à se baisser…

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