Fiévreux tête-à-tête (Harlequin Azur)

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Fiévreux tête-à-tête, Abby Green

« Travailler pour Romain de Valois ?Jamais ! » s'écrie Sorcha. Comment accepter la mission dont lui parle son agent, alors que cet homme a presque ruiné sa carrière de mannequin, huit ans plus tôt, en la dénigrant honteusement dans les médias ? Hélas, Sorcha a beau protester, elle n'a guère les moyens de refuser ce contrat en or. Mais aura-t-elle la force de passer deux semaines auprès de cet homme qu'elle déteste sans rien montrer de ses sentiments ? Et, surtout, sans laisser paraître le désir qu'il lui inspire, en dépit de tout ?

Publié le : lundi 1 décembre 2008
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280267526
Nombre de pages : 160
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1.
Romain de Valois approchait de la salle de bal. Il éprouva un fugace soulagement à trouver les portes fermées, comme une barrière bienvenue entre lui et le monde. Cette idée le prit de court. Une barrière ? Depuis quand en avait-il besoin ?
Néanmoins, une sensation des plus étranges s’était emparée de lui : le désir d’avoir quelqu’un à ses côtés tandis qu’il approchait.
Quelqu’un — une femme — qui, la main dans la sienne, saurait à quoi il pensait sans avoir besoin de le lui demander, une amante, une complice, une personne avec laquelle il pourrait communiquer d’un seul regard.
Il ralentit l’allure et hésita, juste devant les battants clos. Il percevait déjà les vibrations de l’orchestre, le brouhaha sourd des conversations ponctuées d’éclats de rire. Que lui arrivait-il, pourquoi rêvassait-il ainsi ? S’il y avait bien une chose dont il n’avait jamais manqué, c’était de compagnie. Il savait donc par expérience que la femme qu’il venait de s’imaginer n’existait pas. Ou alors, il lui faudrait pour la trouver retourner dans son village natal. Et il l’avait quitté depuis longtemps, physiquement, psychologiquement, et émotionnellement.
Sa main se posa sur la poignée. Celle-ci était froide, lourde, réelle. Pas comme le fantasme qui venait de lui traverser l’esprit.
Il ouvrit enfin la porte. La chaleur des corps, l’odeur de parfums mélangés et la voix des nombreux convives l’assaillirent aussitôt.
Les conversations parurent se tarir comme il avançait dans la pièce. C’était un phénomène qu’il ne remarquait même plus… A la recherche de sa tante, il parcourut la salle des yeux, ignorant les regards curieux et les murmures. Après tout, puisqu’il était à la tête d’un véritable empire de la mode, tous ces gens lui appartenaient, d’une façon ou d’une autre. En effet, il était le propriétaire de toutes ces robes et de tous ces costumes, de ces crèmes et de ces poudres qui couvraient la peau immaculée des femmes, des joyaux qui ornaient leurs oreilles, leur cou, leurs mains…
Les gens le savaient, et il le savait.
La foule s’ouvrit pour le laisser passer mais, pour la première fois de sa vie, Romain n’en conçut aucune satisfaction. Il était même en proie à une certaine frustration.
Qu’est-ce qui n’allait pas ? Il était encore jeune, plus riche que n’importe qui dans cette salle, et il savait sans fausse modestie qu’il était séduisant. Plus important encore, il était célibataire. Il ne se faisait pas d’illusions sur ce qu’il représentait pour chacune des femmes présentes dans cette salle. Mais ces femmes, parmi lesquelles il se serait servi sans hésiter autrefois, lui paraissaient à présent vulgaires, trop faciles. La facilité avec laquelle il pouvait avoir celle qu’il désirerait lui donnait presque la nausée. Comme cette blonde aux formes pneumatiques qui fondait sur lui en cet instant, vêtue d’une robe qui ne laissait que peu de travail à l’imagination…
Le soulagement l’envahit à la vue de sa tante et il bifurqua aussitôt vers elle, tournant le dos à la jeune femme blonde. Cela lui rappela ce qu’il faisait ici ce soir : il venait évaluer quelqu’un d’un point de vue professionnel, un mannequin qu’on lui avait conseillé d’employer pour la plus grosse campagne publicitaire qu’il avait jamais lancée. Sa tante n’était pas la dernière à l’y inciter, puisque la jeune femme travaillait pour son agence.
Pourtant, il savait déjà que Sorcha Murphy serait pareille à toutes les autres. A ceci près qu’elle avait un passé difficile. Mais Romain se targuait de gérer démocratiquement ses affaires : il se devait au moins de jouer le jeu et de la rencontrer avant de refuser de l’engager.
*  *  *
— Non, fit Sorcha, réprimant un soupir d’impatience. Ça se prononce Sor.ka
— C’est presque aussi joli que vous… Et ça vient d’où ?
Les yeux de l’homme, profondément enchâssés dans un visage grassouillet, étaient emplis d’une telle lubricité que Sorcha fit un pas en arrière. C’était évident, ce type se moquait parfaitement de son prénom et d’où elle venait.
Elle se força pourtant à rester polie et répondit avec un sourire contraint :
— C’est gaélique. Ça veut dire « lumière ».
— Vous le portez bien. Que diriez-vous d’aller prendre un…
— Sorcha !
Elle pivota avec un immense soulagement en entendant quelqu’un l’appeler. Elle était prête à saisir n’importe quelle excuse pour échapper au Texan, apparemment un magnat du pétrole. Et de fait, tout en lui paraissait huileux…
— Kate ! s’exclama-t-elle en reconnaissant son amie et en se dirigeant vers elle à la hâte. Oh mon Dieu… Heureusement que tu es arrivée !
— Je sais. Il m’a alpaguée au début de la soirée, moi aussi. Quand je vous ai vus ensemble, j’ai compris que tu avais besoin d’aide.
Impulsivement, Sorcha étreignit sa meilleure amie.
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