Forces d'élite (Tome 4) - À vive allure

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Vanessa Cordero a récemment intégré l’équipe des Black Knights en tant que spécialiste des communications. Très douée pour cerner ses interlocuteurs, elle sèche toutefois face à l’impassible Rock Babineaux. En revanche, elle est certaine d’une chose : ce dernier n’est ni un traître ni un meurtrier, bien que le gouvernement l’en accuse. Refusant que quiconque lui vienne en aide, Rock s’est d’ailleurs enfui en pleine jungle du Costa Rica… Enfin qu’importe, Vanessa est décidée à le tirer d’affaire. Or, une fois qu’elle aura retrouvé Rock, elle aussi sera traquée par les agents de la CIA en territoire hostile…
Publié le : mercredi 16 septembre 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782290119273
Nombre de pages : 384
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couverture
JULIE ANN
WALKER

FORCES D’ÉLITE – 4

À vive allure

Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Guillaume Le Pennec

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Présentation de l’éditeur :
Vanessa Cordero a récemment intégré l’équipe des Black Knights en tant que spécialiste des communications. Très douée pour cerner ses interlocuteurs, elle sèche toutefois face à l’impassible Rock Babineaux. En revanche, elle est certaine d’une chose : ce dernier n’est ni un traître ni un meurtrier, bien que le gouvernement l’en accuse. Refusant que quiconque lui vienne en aide, Rock s’est d’ailleurs enfui en pleine jungle du Costa Rica… Enfin qu’importe, Vanessa est décidée à le tirer d’affaire. Or, une fois qu’elle aura retrouvé Rock, elle aussi sera traquée par les agents de la CIA en territoire hostile…
Biographie de l’auteur :
Diplômée d’un master de sciences, elle a enseigné les mathématiques. La littérature étant sa passion première, elle se consacre désormais pleinement à l’écriture de romances contemporaines à suspense.

Photographies : © Eugene Onischenko / Shutterstock

Du même auteur aux Éditions J’ai lu

FORCES D’ÉLITE

1 – Au cœur de l’enfer

N° 10727

 

2 – Au prochain virage

N° 10912

 

3 – En pleine course

N° 11066

À mon père,
l’homme qui m’a enseigné l’honneur,
la loyauté, l’intégrité et la persévérance.
Merci à toi, Papa, d’avoir toujours montré l’exemple.

Le monde s’incline devant ceux qui osent ;
et si parfois c’est lui qui l’emporte,
osez de nouveau et vous triompherez.
William MAKEPEACE THACKERAY

Remerciements

Comme toujours, je me dois de saluer mon mari. L’année écoulée fut extraordinaire, pleine de hauts, de bas et même d’embardées. Mais tu as été à mes côtés à chaque instant. Mon cœur, mon inspiration, mon roc…

Un grand coup de chapeau à Catherine Mann, elle aussi auteur de romantic suspense. Cathy, tu as accepté de lire le manuscrit d’une parfaite inconnue puis, mieux encore, de soutenir publiquement le livre. J’en serai toujours à la fois honorée et reconnaissante.

Un « hourra » retentissant à l’intention des équipes de Sourcebooks. Il faut beaucoup de monde pour transformer une première série en best-seller et les heures que vous avez tous consacrées à chacun de mes ouvrages me laissent admirative et pleine d’humilité. Merci.

Enfin et surtout, merci à tous nos combattants, hommes et femmes, ceux qui portent l’uniforme comme ceux qui n’en portent pas. Vous protégez notre liberté et notre mode de vie pour que nous ayons une chance de vivre le rêve américain.

Prologue

QG de Black Knights Inc., Goose Island, Chicago, Illinois

— Ils disent que c’est un traître.

La phrase se répandit dans l’air comme une odeur déplaisante. Les individus assis autour de la grande table de réunion s’agitèrent sur leur siège, leur expression allant de l’incrédulité méfiante à la dénégation obstinée.

Vanessa Cordero appartenait à la deuxième catégorie.

Pas lui. Pas Rock.

— Qui dit ça, exactement ? demanda Ozzie.

Sa tignasse de cheveux blonds et son tee-shirt Star Trek (le sous-titre indiquait « j’ai triomphé du Kobayashi Maru »), associés aux trois ordinateurs ultraportables disposés devant lui, ne laissaient aucun doute sur son statut de geek en chef.

— Communication officielle du département de la Défense, répondit Boss.

Il tira un siège et se laissa lourdement tomber dessus.

Frank « Boss » Knight, leur chef bien-aimé, était bâti comme un char Abrams. Quoique, à cet instant précis, il fasse plutôt penser à Atlas, tout le poids du monde pesant sur ses larges épaules.

— Le département de la Défense ? répéta Ozzie, sarcastique.

Le scepticisme se lisait sans mal sur ses traits juvéniles.

— Dans ce cas, c’est clair comme de l’eau boueuse, non ? ajouta-t-il.

Le département de la Défense chapeautait toutes les facettes du renseignement gouvernemental et militaire, de la NSA aux différentes branches de l’armée. Donc dire que l’information émanait d’eux était au mieux ambigu et au pire franchement énigmatique.

Boss serra les mâchoires. Il parut hésiter un instant avant d’ouvrir la chemise à soufflet qu’il avait coincée sous son bras. Il en tira plusieurs liasses de documents qu’il déposa au milieu de la table.

— Un exemplaire chacun, dit-il.

Vanessa eut presque peur de prendre le sien. Peur de ce que ces informations pourraient révéler et…

Non. Il ne ferait pas une chose pareille. Pas Rock.

Pas l’homme qui, toujours patient et rieur, avait entrepris de lui enseigner à préparer le roux parfait pour un gumbo cajun malgré l’échec lamentable de ses trois premières tentatives. Pas l’homme qui lui avait calmement appris à tenir le guidon d’une moto malgré son insistance à coucher la machine à terre. Pas l’homme qui l’avait soulevée dans ses bras et portée sur trois kilomètres jusqu’au quartier général de Black Knights Inc. la fois où elle s’était tordu la cheville lors d’une séance de jogging en groupe.

Pas Rock…

Le gémissement aigu d’une visseuse électrique se fit entendre en contrebas. Boss se leva pour s’approcher de la rampe. Situé au premier étage d’une ancienne fabrique de cigarettes mentholées, le poste de contrôle de BKI surplombait l’atelier de motos sur mesure installé au rez-de-chaussée. La couverture officielle de leur entreprise de sécurité au service du gouvernement. Comme Ozzie aimait à le répéter, ils étaient motards mécanos le jour et agents secrets au service de l’Oncle Sam la nuit.

Et l’un d’entre eux venait d’être accusé de trahison…

Un frisson remonta l’échine de Vanessa. Un agent qui décidait de faire cavalier seul était considéré comme le pire des traîtres.

Et quel traitement le gouvernement réservait-il à ce genre de cas, déjà ?

La mort. Pure et simple.

Saloperies. Quel cauchemar.

— Becky ! s’écria Boss pendant que l’équipe se distribuait les documents qu’il avait laissés sur la table. Ramène tes fesses ! On a un problème !

Comme chaque fois, sa voix de stentor fit grimacer Vanessa.

Un problème ? songea-t-elle.

Était-ce ainsi qu’il qualifiait une situation où tous les agents et autres opérateurs au service des États-Unis allaient prendre en chasse l’un des leurs ? Où les Black Knights eux-mêmes allaient sans doute se voir ordonner de se joindre à la traque ? Si oui, Vanessa n’avait pas envie de savoir ce que Boss aurait pu qualifier de « catastrophe »…

La visseuse se tut et, une seconde plus tard, on entendit le martèlement des chaussures coquées de Becky sur les marches métalliques de l’escalier. Le bruit sourd résonna à travers le bâtiment, jusqu’au creux de la poitrine oppressée de Vanessa. Et, oui, cette façon dont le plancher semblait soudain s’incliner sous elle avait sans doute un rapport avec le fait qu’elle n’avait pas repris son souffle depuis que Boss leur avait balancé la nouvelle telle une grenade dégoupillée.

Fermant les yeux, paupières plissées, elle inspira lentement l’oxygène que réclamait son corps.

Elle rouvrit un œil en entendant Becky arriver sur le palier. La queue-de-cheval blonde de la jeune femme était parsemée de copeaux de métal. Un succédané de paillettes pour mettre en valeur les taches de cambouis sur son tee-shirt, peut-être ?

Becky Reichert était celle grâce à qui leur couverture fonctionnait si bien. Car même si la plupart des gars se débrouillaient avec une clé à molette, Becky était le véritable génie derrière les magnifiques véhicules qui, aux yeux du public, prouvaient que l’entreprise était ce qu’elle était censée être : l’un des meilleurs ateliers de motos personnalisées au monde.

— Quelqu’un t’a déjà dit que tu beuglais comme un taureau blessé ? demanda Becky.

Mains sur les hanches, le bâtonnet d’une sucette dépassant entre ses lèvres, elle fusillait Boss du regard. À vrai dire, Vanessa partageait à cent pour cent son point de vue.

— Seulement toi, ma chérie.

Boss lui retira la sucette rouge vif de la bouche et se pencha pour lui donner un petit baiser.

Lorsqu’il se redressa, la lueur taquine dans le regard de Becky avait disparu. Elle avait décodé l’expression du visage de Boss, à savoir : « j’ai une folle envie de cogner dans quelque chose ».

— Qu’est-ce qui se passe, Frank ? souffla-t-elle. Il est arrivé un truc ?

— Le général Fuller vient de m’informer que Rock était officiellement considéré comme traître à la nation.

— C’est quoi ce délire ? s’exclama Becky.

Elle reprit la sucette que Boss tenait à la main et mordit violemment dedans, faisant payer à l’innocente friandise le prix de la surprise et de l’incrédulité.

— C’est la vérité, affirma Boss en tirant un siège pour sa fiancée. Et il va falloir faire la lumière sur tout ça.

Sourcils froncés, Mac plissa ses yeux presque violets en feuilletant la liasse de feuillets agrafés qu’il tenait à la main.

— Je ne suis pas sûr que ce qu’on va découvrir nous ravisse, annonça-t-il avec son accent traînant du Texas. Ces preuves pourraient s’avérer accablantes.

Le café que Vanessa venait d’avaler – qui passait déjà assez mal en temps normal car l’équipe avait tendance à boire un jus aussi épais que du sirop – s’était changé en acide de batterie dans son estomac. Si quelqu’un s’y connaissait en preuves accablantes, c’était bien Bryan « Mac » McMillan, ancien agent star du FBI.

Hésitante, Vanessa se détourna du visage inquiet de Mac pour examiner le document devant elle. Son malaise ne fit qu’augmenter tandis qu’elle parcourait une série de photos façons timbre-poste accompagnées de brèves légendes.

— Tous ces gens ? demanda-t-elle d’une voix rauque en tournant vers Boss un regard incrédule. Rock est censé avoir tué tous ces gens ?

— Ouaip, confirma-t-il avec un hochement de tête.

— Mais la plupart de ces décès ont l’air accidentels. Crise cardiaque, accident de voiture, noyade… Pourquoi mettent-ils ça sur le dos de Rock ?

— Un informateur aurait révélé l’existence d’une boîte postale au nom de Rock contenant des dossiers sur tous ces types, répondit Boss.

— Et il y a un paquet de façons de faire en sorte qu’un meurtre ait l’air accidentel, ajouta Ozzie.

— Voilà un truc intéressant, fit observer Mac, lèvres pincées. Chacun de ces hommes a un jour été kidnappé, sans jamais aucune demande de rançon. Ils ont tous réapparu brusquement et repris le cours de leur vie sans que la police locale puisse découvrir qui les avait enlevés.

— Ouais, moi aussi, j’ai trouvé ça très bizarre, confirma Boss. Et puisque c’est le seul indice dont nous disposons, j’ai demandé à Ozzie de vérifier si les dates de tout ou partie de ces kidnappings correspondent aux moments où Rock s’absentait soudain de BKI.

— Mais pourquoi aurait-il fait ça ?

Prenant conscience qu’elle avait parlé tout haut, Vanessa secoua la tête et reformula :

— Je veux dire, pourquoi prétendent-ils qu’il a fait ça ? Quelle motivation pourrait-il avoir pour tuer ces gens ?

— L’argent ? suggéra Ozzie sans détourner les yeux de ses écrans. D’après ce qui est écrit ici, ces types étaient tous très friqués. Les faire éliminer par Rock aurait pu s’avérer extrêmement lucratif pour certaines personnes. Des membres de leur famille, par exemple, ou des rivaux en affaires.

Vanessa secoua la tête. Rien dans cette histoire ne tenait debout, c’était de plus en plus évident.

— Impossible. Vous avez vu comment il s’habille ? Vous croyez vraiment qu’il se baladerait avec un vieux Levi’s, des tee-shirts troués et ses bottes en croco usées s’il était plein aux as ?

Elle désigna le dossier du doigt et, constatant qu’elle tremblait, referma vivement la main et la cacha sous la table. Depuis qu’elle travaillait pour Black Knights Inc., sa règle numéro un était : « ne montrer aucune peur ». Les Black Knights étaient tous des agents endurcis et inflexibles qui pouvaient regarder la mort en face sans broncher. Elle n’avait aucune envie d’être perçue comme le maillon faible.

— Si encore on parlait de Christian, poursuivit-elle, j’aurais pu y croire. Sauf ton respect, Christian.

Elle fit une grimace à l’ancien membre des SAS qui, comme à son habitude, arborait un jean de créateur et un pull en cachemire qui coûtait sans doute plus que le crédit auto mensuel de l’essentiel de la population.

— Pas de souci, répondit Christian dont l’accent britannique élégant faisait office de baume apaisant sur les nerfs à fleur de peau de Vanessa. Il se trouve que je suis plutôt d’accord avec toi. Si Rock avait vraiment accumulé le butin associé à l’assassinat de ces hommes, pourquoi serait-il resté avec nous ? Logiquement, il serait en train de bronzer sur une plage lointaine en commandant des cocktails pleins de petits parasols à une poulette en bikini.

Vanessa balaya du regard les visages de ceux qu’elle en était venue à aimer comme une seconde famille. Leurs expressions n’étaient guère réconfortantes. Ils apparaissaient aussi perdus et effrayés qu’elle, suffisamment pour faire remonter le café acide dans son gosier.

Les Black Knights n’étaient pas censés avoir peur. Des agents endurcis et inflexibles regardant la mort en face sans broncher, tu te rappelles ?

Elle s’efforça de déglutir avant de reprendre la parole. Le silence était assourdissant… et accablant. Insupportable.

— Bon, si on sait une chose, c’est qu’il ne travaillait pas seul, dit-elle en se raccrochant à la première idée qui lui venait.

— Les coups de fil, dit Ozzie en cessant de pianoter sur son clavier. Il recevait toujours ces coups de fil chelous avant de disparaître. Ce qui veut dire qu’il avait un complice.

— Un complice ? s’exclama Becky. Attends une minute…

Elle retira une nouvelle sucette de sa bouche – violette, celle-ci – et la brandit sous le nez d’Ozzie.

— Tu parles comme si tu le croyais coupable !

Ozzie leva les mains en l’air.

— Je n’ai pas dit ça, répondit-il. Je note simplement qu’il était muet comme une carpe à propos de son second boulot, qu’il avait tendance à se volatiliser sans prévenir, qu’il bossait bel et bien avec quelqu’un et…

Le portable d’Ozzie émit un carillon et le jeune homme blêmit. Vanessa sentit son estomac se nouer.

Ozzie fit pivoter son ordinateur vers eux. L’écran était divisé en deux colonnes. La première indiquait les dates des enlèvements. La seconde celles où Rock avait disparu de la surface du globe. Les deux étaient parfaitement identiques.

Boss lâcha une salve de jurons qui aurait fait la fierté de n’importe quel marin.

— D’accord, dit-il ensuite. Il y a donc un lien entre ces hommes et l’autre boulot de Rock.

Un boulot qu’ils avaient tous imaginé être lié à quelque branche secrète de l’État. Un boulot qui, à en croire ces récentes révélations, n’avait en fait rien à voir avec le gouvernement.

Merdum !

Vanessa se sentait sur le point de s’évanouir. Le plancher ne se contentait plus d’osciller sous ses pieds, il tanguait désormais comme le pont d’un navire en pleine tempête. Elle appuya son front contre la table et tenta de respirer lentement tandis que de jolies petites étoiles caracolaient derrière ses paupières closes. De quoi dire adieu à sa façade de professionnelle imperturbable.

Est-ce vraiment possible ? Aurait-il pu faire un truc pareil ?

Rien qu’à cette idée, elle sentit ses tempes pulser en rythme avec son cœur qui battait la chamade.

— Quoi ? Pourquoi est-ce que vous donnez tous l’impression d’avoir vu un fantôme ?

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