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Forces d'élite (Tome 5) - Sans aucun détour

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416 pages
Après avoir frôlé la mort à la suite d’accidents étranges, Eve Edens doit se rendre à l’évidence : quelqu’un veut sa peau! Face à l’incompréhension de la police, elle se résigne à faire appel à «Wild Bill» Reichert, un membre des Black Knights Inc. À son côté, elle a autrefois vécu une folle passion, qui lui a d’ailleurs valu d’avoir le cœur brisé. Malgré ce passé désastreux, elle sait qu’il fera tout pour empêcher le mystérieux tueur de frapper à nouveau. Mais peut-elle se risquer une nouvelle fois à lui ouvrir son cœur?
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couverture
JULIE ANN
WALKER

FORCES D’ÉLITE – 5

Sans aucun détour

Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Guillaume Le Pennec

image
Présentation de l’éditeur :

Après avoir frôlé la mort à la suite d’accidents étranges, Eve Edens doit se rendre à l’évidence : quelqu’un veut sa peau ! Face à l’incompréhension de la police, elle se résigne à faire appel à « Wild Bill » Reichert, un membre des Black Knights Inc. À son côté, elle a autrefois vécu une folle passion, qui lui a d’ailleurs valu d’avoir le coeur brisé. Malgré ce passé désastreux, elle sait qu’il fera tout pour empêcher le mystérieux tueur de frapper à nouveau. Mais peut-elle se risquer une nouvelle fois à lui ouvrir son coeur ?
Biographie de l’auteur :

Diplômée d’un master de sciences, Julie Ann Walker a enseigné les mathématiques. La littérature étant sa passion première, elle se consacre désormais pleinement à l’écriture de romances contemporaines à suspense.

Du même auteur
aux Éditions J’ai lu

FORCES D’ÉLITE

1 – Au cœur de l’enfer

N° 10727

 

2 – Au prochain virage

N° 10912

 

3 – En pleine course

N° 11066

 

4 – À vive allure

N° 11241

À ma sœur, Shelly.
Tu m’as chanté des berceuses,
m’as préparé des nouilles,
m’as couvée comme une deuxième maman.
Tu n’as jamais eu peur d’être toi-même
et tu m’as toujours acceptée telle que je suis.
Merci pour ton soutien constant
au fil des années.
A-wima-wé, a-wima-wé…

Remerciements

Comme toujours, je voudrais remercier mon cher et adorable mari. Depuis le premier jour, tu ne m’as apporté qu’amour, soutien et patience. Qu’est-ce qu’une femme – a fortiori une auteure tête en l’air – pourrait demander de plus ? Pour dire les choses simplement, t’es trop génial !

Je me dois ensuite de faire l’éloge de mon ami et spécialiste local du yachting, Daniel J. Somers, pour avoir répondu à mes myriades de questions à propos des défis et des dangers spécifiques à la pratique de la voile sur le lac Michigan. Tes conseils se sont révélés inestimables pour la misérable créature terrestre que je suis, Dan. Mille mercis. Et sachez, chers lecteurs, que d’éventuelles erreurs seraient entièrement de mon fait…

N’oublions pas Mary Somers. Mary, depuis la publication du premier roman de la série Forces d’Élite, tu n’as eu de cesse de faire bénévolement ma publicité dans l’ouest du pays, ce dont je te suis éminemment reconnaissante. Ton enthousiasme pour cette série et ton soutien actif constituent pour moi à la fois un honneur et une leçon d’humilité. Très sincèrement, merci.

Et enfin, merci à tous nos combattants, hommes et femmes, ceux qui portent l’uniforme comme ceux qui n’en portent pas. Vous protégez notre liberté et notre mode de vie pour que nous ayons une chance de vivre le rêve américain.

Le courage, c’est avoir peur

avec une minute de retard.

 

Général George S. PATTON

Prologue

Chicago, Illinois, jeudi, dix-sept heures trente-huit

On essayait de la tuer.

Au moment où Eve Edens serra la poignée de frein de son scooter Vespa classique de 1966 sans obtenir la moindre réaction de la machine, elle comprit que la série de coups du sort dont elle avait été victime ces derniers temps ne relevait pas de la simple coïncidence. L’agression à main armée, l’incendie, et maintenant ça ? Même elle n’était pas malchanceuse à ce point.

C’était donc officiel : quelqu’un voulait sa mort…

Quant à savoir qui, la question devrait attendre. L’urgence consistait surtout à trouver le moyen de ne pas aller s’encastrer dans les voitures qui roulaient au ralenti à quinze mètres devant elle.

Ses poumons se vidèrent d’un coup et la terreur envahit son cerveau tandis qu’elle écrasait de son pouce le bouton de l’avertisseur. Mais les mip, mip, mip pathétiques échouèrent à attirer l’attention des conducteurs à l’arrêt sur la chaussée droit devant. Et quand bien même, ils n’auraient pas pu s’écarter de son chemin. La circulation s’était immobilisée sur toutes les voies. Nulle part où aller à l’exception…

Oh non.

Le lac.

Serrant les dents, elle tourna brusquement le guidon vers la droite et grimpa sur le trottoir de Lake Shore Drive, la tête projetée en arrière par la secousse. En une fraction de seconde, elle se retrouva dans l’herbe séparant la route du chemin de jogging et de la ceinture verte qui encerclait la ville. Puis elle traversa la piste à presque soixante kilomètres à l’heure, manquant de peu emboutir un coureur en short rouge vif. L’accident évité de justesse, elle dévala la berge escarpée de l’autre côté en slalomant entre les arbres. Gagnant toujours plus de vitesse – ce dont elle se serait vraiment passée ! – elle se prépara à l’inévitable.

Seigneur, aidez-moi !

Puis l’inévitable se produisit. Elle se retrouva propulsée dans les airs.

L’odeur de gaz d’échappement et d’asphalte chaud fut remplacée par des effluves de poissons et d’algues d’eau douce tandis qu’elle s’envolait par-dessus la grande enceinte de la marina pour planer au-dessus des eaux bleu cobalt du lac Michigan. Elle entendit couiner la Vespa dont le moteur tournait dans le vide, et n’eut qu’une fraction de seconde pour rassembler ses idées éparses, une fraction de seconde pour prendre une décision. Eve lâcha le guidon et écarta le scooter d’un coup de pied juste avant de s’écraser dans l’eau. Splash !

Mon Dieu !

Elle eut l’impression de heurter un mur de briques. De briques froides. Car même en cette fin d’été, la température du lac tournait aux alentours des quatre degrés. Pendant quelques secondes, elle resta paralysée par l’impact et la sensation de l’eau glacée qui l’enveloppait, puis elle s’enfonça dans l’abîme obscur. À cet instant, ses synapses embrouillées se remirent enfin en route. Ranimée par l’équivalent pour le cerveau d’un bon coup de pied au cul, elle nagea de toutes ses forces vers la surface. Mais elle avait beau faire des mouvements de ciseaux avec les jambes et tirer sur ses bras, le reflet des rayons de soleil sur les vagues mouvantes au-dessus d’elle se faisait de plus en plus ténu. Et le froid qui l’assaillait de toutes parts enfonçait ses crocs glacés dans la peau exposée de ses bras et de son visage.

Elle allait se noyer.

Une jeune femme qui avait grandi sur l’eau, qui avait su naviguer avant de savoir lire, allait se noyer. Une jeune femme qui avait passé toute sa vie d’adulte à étudier les animaux marins, depuis la surface comme dans l’eau, allait se noyer. Une jeune femme qui n’était plus qu’à quelques semaines de terminer sa thèse sur les effets de la plongée touristique sur les grands récifs à travers le monde allait…

Sa thèse ?

Ses livres !

Tout son matériel de recherche se trouvait dans son sac à dos. Soit une tonne de livres, au bas mot. Des livres qui l’emportaient à présent vers une sépulture aquatique.

Portant la main à la sangle accrochée à sa taille, elle parvint à défaire la boucle d’attache malgré ses doigts rendus gourds par l’eau glacée. Puis elle s’agita pour libérer ses épaules des deux bretelles et se propulsa immédiatement vers la surface.

Le manque d’oxygène lui brûlait les poumons, chacun de ses battements de cœur résonnait sous son crâne comme un coup de tonnerre et son envie d’inspirer devenait aussi puissante qu’instinctive. Mais inspirer voudrait dire mourir. Alors elle se mordit la lèvre inférieure et repoussa ce désir tout en progressant péniblement vers le haut.

Je suis tout près. Tout près.

Des étoiles lui dansaient devant les yeux ; l’obscurité envahissait petit à petit son champ de vision.

Non ! Non ! Je ne vais pas y arriver !

Et puis…

— Aaaaaahh !

Sa tête émergea à la surface et elle remplit ses poumons d’un air salvateur… puis toussa et cracha sous l’effet des gouttelettes qu’elle avait inspirées en même temps que ce merveilleux, ce délicieux oxygène.

Elle entendit des gens crier depuis l’enceinte de la marina. Ils voulaient savoir si elle allait bien, mais elle était trop occupée à restaurer les réserves d’air de son corps pour leur répondre. Une fois recraché le liquide dans ses poumons haletants, elle se laissa aller sur le dos et monopolisa toutes ses ressources pour simplement flotter et ralentir le rythme frénétique de son cœur. Comme l’eau entrait dans ses oreilles, assourdissant les cris des badauds inquiets, elle laissa son regard s’attarder sur les nuages blancs et cotonneux qui dérivaient paresseusement dans le ciel d’un bleu pastel.

Elle puisa ainsi, pendant quelques instants, une forme de réconfort dans l’étreinte paisible du lac, dans cette sensation de ne plus rien peser qui permit à ses pensées de dériver au gré des vagues. Mais cela ne dura que quelques secondes. Le goût du sang qui s’écoulait de la morsure à sa lèvre ne tarda pas à la ramener à la réalité.

Que cela lui plaise ou non – et, clairement, ça ne lui plaisait pas – elle ne pouvait plus nier que quelqu’un en voulait à sa peau…

Et si les policiers refusaient de prendre en compte ce nouvel incident tout comme ils l’avaient fait pour les deux précédents, s’ils mettaient cela sur le compte de la malchance ou de Dieu sait quel câblage électrique défectueux, ou bien s’ils prétendaient qu’elle était encore au mauvais endroit au mauvais moment, elle n’aurait d’autre recours que de se tourner vers l’homme qu’elle avait juré d’éviter comme un bain de minuit au milieu de requins-tigres. Elle allait devoir demander l’aide de « Wild Bill » Reichert et sa bande de joyeux agents-d’élite-soi-disant-mécaniciens au sein de Black Knights Inc.

Galère en vue.

1

Quartier général de Black Knights Inc. sur Goose Island, samedi, quinze heures cinquante-quatre

— Il semble que la reine des mondaines de Chicago ait encore eu un accident.

La peau de chamois avec laquelle Bill Reichert faisait reluire le pot d’échappement chromé de Phénix, sa Harley personnalisée, lui échappa des mains pour retomber sur le sol de béton taché de lubrifiant.

Ravalant la boule inattendue qui s’était formée dans sa glotte, il contourna rapidement la moto et croisa les bras sur sa poitrine, comme pour retenir son cœur lancé à plein galop.

— Est-ce qu’elle est…

Il dut passer la langue sur ses lèvres sèches et prit une profonde inspiration, humant les odeurs familières d’huile de moteur, de peinture fraîche et de café corsé. Des senteurs qui le remirent suffisamment d’aplomb pour parvenir à demander :

— Est-ce qu’elle va bien ?

Allongé sur le canapé en cuir adossé à l’escalier menant au loft de l’étage, Bryan « Mac » McMillan replia l’un des coins du Chicago Tribune. Il haussa un sourcil en direction de Bill. À tous les coups, il devait être blême comme un cadavre. Car même si son palpitant ne se contentait pas de palpiter mais martelait comme un dément l’intérieur de sa cage thoracique, Bill doutait que le truc rouge censé circuler dans ses veines remonte jusqu’à son cerveau. Il se sentait au bord de l’évanouissement.

— Tu peux remettre ton flingue dans son holster, cow-boy, répondit Mac de sa voix lente à l’accent texan. Elle n’a rien.

La vague de soulagement qui s’abattit sur Bill était si puissante qu’il fut contraint de s’appuyer contre la selle en cuir faite main de Phénix pour ne pas s’étaler face contre terre.

— D’après l’article, poursuivit Mac, elle est passée par-dessus l’enceinte de la marina sur son scooter, quelque part entre le parc Museum Campus et la Buckingham Fountain. C’était jeudi soir. Elle a failli se noyer parce que son sac à dos l’entraînait par le fond.

Une idée qui fit se dresser les cheveux sur la nuque de Bill.

— Ça a dû lui flanquer une trouille d’enfer, conclut Mac.

Un million de questions à demi formées traversèrent le cortex cérébral sous-oxygéné de Bill. Il saisit la première qui lui parut assez cohérente pour l’exprimer :

— Qu’est-ce qu’elle faisait sur un foutu scooter ? Ces trucs sont dangereux, surtout quand il y a de la circulation et…

Il s’arrêta brutalement en voyant Mac hausser de nouveau le sourcil par-dessus son journal.

— Quoi ? demanda-t-il.

— « Ces trucs sont dangereux » ? répéta Mac avec un reniflement moqueur. Dit le mec qui se balade sur une bécane en acier de deux cent cinquante kilos.

Bill lui décocha une grimace puis baissa brièvement les yeux vers le gros réservoir de Phénix, décoré d’une illustration complexe, presque kitsch, représentant l’oiseau de feu mythologique jaillissant d’un brasier.

— Tu marques un point, admit-il à contrecœur. Mais la différence entre elle et moi, c’est que je maîtrise ma bécane alors qu’elle non. Qu’est-ce qui s’est passé, d’ailleurs ? Comment elle a fait pour atterrir dans le lac ? Laisse-moi deviner, elle était en train d’écrire un texto ?

Bill n’avait aucun mal à l’imaginer. La vie sociale d’Eve se retrouvait régulièrement chroniquée dans les gazettes mondaines. L’une des principales raisons pour lesquelles il se tenait à l’écart des nouvelles locales…

Franchement, c’était déjà assez pénible de devoir supporter de temps en temps sa présence au prétexte qu’elle était la meilleure amie de sa petite sœur. Mais lire un article sur je ne sais quelle fête courue à laquelle elle avait participé au bras de la nouvelle mascotte riche comme Crésus de la bourgeoisie de Chicago ? Sérieusement, non merci.

Il aurait encore préféré se retrouver coincé au milieu d’une série de bombes artisanales reliées entre elles avec un compte à rebours annonçant un départ imminent pour Boumville.

— D’après eux, répondit Mac en repliant le journal avant d’y décocher une pichenette, après avoir repêché le scooter, la police a découvert que l’un des coupleurs de ses durites de frein avait rouillé et s’était détaché. Apparemment, Eve n’a constaté le problème qu’après avoir atteint quasiment sa vitesse de pointe. Après quoi, alors que la circulation avait ralenti devant elle, elle a été obligée de viser le lac plutôt que de risquer de se tuer ou de tuer quelqu’un d’autre.

Merde.

Bill déglutit avec difficulté tout en se représentant la scène dans ses moindres détails. Beaucoup trop de détails…

Et lui qui l’accusait d’imprudence alors qu’elle avait en réalité pris la décision la plus intelligente par rapport aux possibilités terriblement réduites qui s’offraient à elle.

Bon, Eve Edens n’avait jamais manqué d’intelligence. Loyauté ? Sincérité ? Fidélité ? Là, par contre, on touchait au cœur du problème.

— La police estime que c’est un accident, poursuivit Mac, sourcils froncés.

Hum. Bill connaissait ce regard. Il inclina la tête sur le côté, les yeux étrécis.

— Mais ton sixième sens te souffle le contraire ?

Mac était un ancien agent décoré du FBI, et s’il affirmait qu’il y avait anguille sous roche, vous pouviez parier vos bijoux de famille qu’un énorme serpent de mer n’allait pas tarder à pointer le bout de son museau. Et ouais, d’accord, Bill avait conscience qu’anguille et serpent de mer n’étaient pas la même chose, mais ça n’en restait pas moins vrai.

— La coïncidence me paraît un peu énorme, c’est tout, répondit Mac. Personne n’est à ce point malchanceux, si ?

Bill fronça les sourcils, pensif, en se remémorant tout le foin qui semblait accompagner Eve partout où elle allait. Toutefois, avant qu’il puisse exprimer son opinion dans un sens ou dans l’autre, la sonnerie de son téléphone portable retentit. Il sortit l’appareil de sa poche et vit le numéro de la guérite de sécurité de Black Knights Inc. s’afficher à l’écran.

— Qu’est-ce qui se passe, Toran ? demanda-t-il en prenant l’appel.

— Un taxi vient de s’arrêter devant chez nous. Eve Edens est là, répondit le garde.

Quand on parle du loup… Le cœur de Bill, qui venait à peine de retrouver un rythme normal, actionna de nouveau le turbo.

 

 

Nom d’un chien.