Héritière et captive - Une menace invisible - En danger d'aimer

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Héritière et captive, Debbi Rawlins

Depuis le décès de son père, Sydney Wainwright sait que son héritage suscite bien des convoitises. Si bien que, le jour où elle est kidnappée par un mystérieux inconnu, elle tente d’emblée de négocier avec lui. Mais son ravisseur se montre totalement insensible à l’argent — au point que Sydney se demande bientôt si elle a bien affaire à un banal voyou…

Une menace invisible, Mary Lynn Baxter

Victime d’un accident suspect, Joanna, témoin à charge dans une affaire, a été forcée d’accepter une protection et des soins à domicile. Voilà pourquoi elle doit vivre avec Mike McCoy. Mike au charme si troublant qu’il incarne pour Joanna un danger autrement plus grand : celui de tomber amoureuse sans espoir de retour…

En danger d’aimer, Ann Major

« Mon nom est Tag, dit-il d’un ton bourru. Venez, je vous raccompagne ». Claire hésita. Il avait l’allure d’un mauvais garçon avec son blouson de motard et son jean délavé. Pourtant, il venait de la sauver alors que des brutes tentaient de… Sans plus réfléchir, Claire prit la main que lui tendait Tag, éprouvant soudain comme un mélange de soulagement et d’excitation.
Publié le : dimanche 1 avril 2012
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EAN13 : 9782280266338
Nombre de pages : 528
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« En signant les papiers, sache que c’est ton arrêt de mort que tu signes ! »
Sydney WaInwrIght ixa les mots en caractères gras quI ressortaIent sur la feuIlle de papIer blanc. Aux deux premIères lettres de menace, ses maIns s’étaIent mIses à trembler, tellement elle avaIt eu peur. MaIs plus maIntenant. Aujourd’huI, elle étaIt juste en colère. Elle chIffonna la lettre et la glIssa au fond du tIroIr supérIeur de son bureau, pour que personne ne puIsse la trouver. ïl valaIt mIeux que WIllard et son frère ne sachent pas qu’elle avaIt reçu un autre courrIer de ce genre. Déjà qu’Ils luI reprochaIent de ne pas prendre ces menaces au sérIeux… ïls l’encourageaIent à dIsparaître quelque temps, pour aller à ParIs, à RIo, ou encore partIr en croIsIère. MaIs Il n’étaIt pas questIon qu’elle cède à la panIque et s’enfuIe. Elle avaIt inI par prendre sa vIe en maIn, et n’étaIt pas prête à abandonner aussI rapIdement. Après avoIr fermé le tIroIr de son bureau à clé, elle saIsIt son sac à maIn et se dIrIgea vers le hall. Elle avaIt rendez-vous chez le coIffeur dans une demI-heure, ce quI laIssaIt à WIllard seulement deux petItes mInutes pour se plaIndre du danger qu’elle couraIt à s’aventurer seule dans les rues. C’étaIt un amI de la famIlle tellement précIeux ! Un homme idèle et de coniance. MaIs Il étaIt devenu trop protecteur depuIs la mort de ses parents, refusant d’admettre qu’elle n’étaIt plus une enfant. Sydney s’arrêta devant son bureau et frappa un petIt coup avant
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d’ouvrIr la porte. RIck étaIt assIs en face de WIllard. A la vue de la jeune femme, les deux hommes s’arrêtèrent ImmédIatement de parler. RIck lança à WIllard un regard énIgmatIque, quI mIt Sydney mal à l’aIse. — Hé, de quoI étIez-vous en traIn de parler ? Vous complo-tIez contre moI ? demanda-t-elle en arborant un large sourIre. RIck détourna la tête. — Tu t’apprêtaIs à aller déjeuner ? s’enquIt WIllard en voyant son sac jeté néglIgemment sur son épaule. RIck se leva. — J’allaIs justement sortIr, moI aussI. Allons déjeuner ensemble. Elle le regarda d’un aIr sombre. — Très in, RIck. Lançant le même regard à WIllard, elle ajouta : — Je vaIs inIr par ne plus vous prévenIr quand je quItte le bureau, sI vous n’arrêtez pas de vous conduIre de la sorte. — QuoI ? rIposta RIck en prenant son aIr de grand frère outragé. Je n’aI pas le droIt de faIre une pause déjeuner ? Sydney se retInt de luI répondre vertement. Elle aImaIt RIck, maIs elle ne le connaIssaIt que depuIs un an. ïl n’étaIt pas le grand frère auprès de quI elle avaIt eu l’habItude de se réfugIer depuIs sa plus tendre enfance. Malgré tout, elle ne voulaIt pas luI faIre de peIne. Un sourIre IronIque apparut sur les lèvres de RIck. — Allez, vas-y. DIs-moI de me mêler de ce quI me regarde. J’y survIvraI. — O.K., réplIqua Sydney en luI rendant son sourIre. Occupe-toI de tes affaIres ! RIck secoua la tête. — Ecoute, Syd, je saIs que c’est dIficIle pour toI. Tu m’as vu débarquer brusquement dans ta vIe, prétendant être ton demI-frère… Je saIs aussI que WIllard a enquêté sur moI avant de m’accueIllIr dans la famIlle. ïl est allé jusqu’à chercher à savoIr le genre de caleçons que je portaIs. Sydney gloussa.
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— OuI, d’un blanc ennuyeux ! Peut-être un peu d’ImprImés style cachemIre, de temps à autre… Je me trompe ? RIck resta ImpassIble. — Tu ne peux pas contInuer à prendre ces menaces à la légère, Syd. C’est plutôt sympa d’avoIr une sœur, et j’aImeraIs bIen que tu arrIves entIère jusqu’à tes vIngt-cInq ans. LaIsse WIllard s’occuper de ta protectIon, au moIns jusqu’à ce que WaInwrIght CorporatIon soIt légalement à ton nom. Sydney soupIra et se dIrIgea vers la fenêtre. Elle posa son front sur la vItre et laIssa son regard errer sur la vIlle de Dallas. A vIngt-cInq ans, une ille ne devaIt se préoccuper que de décou-vrIr l’homme de sa vIe. Ou se demander s’Il fallaIt utIlIser des crèmes hydratantes plus nourrIssantes. Elle n’avaIt certaInement pas l’âge de songer à prendre la tête d’une socIété de plusIeurs mIllIons de dollars, à gérer des rachats de servIces ou encore à dIscuter avec des syndIcats mécontents quI craIgnaIent de perdre leurs avantages. Sydney comprenaIt les dIficultés qu’ImplIquaIent une telle responsabIlIté et un tel pouvoIr, maIs elle ne pouvaIt ImagIner que les syndIcats puIssent un jour avoIr recours à la vIolence et tenter de l’assassIner. Cela n’avaIt aucun sens. Elle se retourna et regarda le vIsage grave de RIck. ïl étaIt dIficIle de croIre qu’Ils étaIent frère et sœur. PhysIquement, Ils ne se ressemblaIent pas du tout. RIck avaIt les yeux bleus et les cheveux blond foncé, alors que ses cheveux et son regard à elle étaIent d’un marron des plus communs. Elle s’éloIgna de la fenêtre. — Je refuse de vIvre dans la peur. J’aI connu ça pendant la moItIé de ma vIe, et je ne veux plus vIvre aInsI. — C’est dIfférent, cette foIs. — Tu ne comprends pas, répondIt-elle. Leurs regards se croIsèrent et Sydney détourna rapIdement les yeux. RIck étaIt le ils IllégItIme de son père et avaIt grandI dans la pauvreté, alors qu’elle avaIt eu le prIvIlège du nom et de la fortune des WaInwrIght. Par moments, la culpabIlIté la rongeaIt. BIen sûr, elle n’étaIt pas responsable des erreurs de son père, et
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RIck n’avaIt jamaIs montré le moIndre ressentIment à son égard. MaIs son sens de l’équIté étaIt trop fort. — Tu as raIson, grommela RIck. Je n’aI jamaIs vécu dans la peur d’être kIdnappé parce que mon père étaIt un rIche homme d’affaIres, susceptIble de payer ma rançon. MaIs, bon sang, tu ne peux pas Ignorer ces menaces : elles sont réelles ! Tu doIs prendre la sItuatIon au sérIeux et redoubler de prudence… SI tu ne le faIs pas pour toI, faIs-le au moIns pour WIllard et pour moI. A ces mots, une vIve émotIon l’envahIt. Le ton de son frère ne trahIssaIt aucune amertume. ïl étaIt sIncèrement InquIet pour elle. Après la premIère menace, Il étaIt devenu très protecteur, luI demandant toujours où elle allaIt et à quelle heure elle comptaIt rentrer. ToutefoIs, elle n’agIssaIt pas de manIère Irresponsable. Elle avaIt suIvI des cours d’autodéfense et ne sortaIt jamaIs seule à la tombée de la nuIt. Elle ne rIsquaIt pas grand-chose, en pleIn jour. Dans tous les cas, elle refusaIt de laIsser l’InstIgateur de ces menaces décIder de son exIstence. WIllard étaIt resté étrangement sIlencIeux pendant toute leur conversatIon, et Sydney se hasarda inalement à jeter un coup d’œIl dans sa dIrectIon. Son vIsage étaIt marqué par des rIdes d’anxIété, apparues depuIs peu, et dont elle se sentaIt partIel-lement responsable. Sa décIsIon de dIvIser la socIété avaIt eu l’effet d’une bombe, maIs elle savaIt qu’à long terme cela vaudraIt mIeux pour tout le monde. WIllard avaIt changé depuIs la mort de ses parents. ïl travaIllaIt encore plus dur et ne quIttaIt quasIment plus son bureau. ïl avaIt besoIn de repos, et allaIt pouvoIr proiter pleInement de sa retraIte. ïl jouIssaIt déjà d’une petIte fortune ; une foIs que Sydney seraIt à la tête de la socIété, Il auraIt plus d’argent qu’Il ne pourraIt jamaIs en dépenser. — Je vaIs y songer, déclara Sydney en rajustant la lanIère de son sac à maIn. MaIs Il faut que je me dépêche, ou je vaIs vraIment inIr par être en retard… — Où vas-tu ? — Ce ne sont pas tes affaIres, sans vouloIr t’offenser. RIck secoua la tête d’un aIr désapprobateur et se leva lente-
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ment de son sIège. ïl avaIt l’aIr fatIgué. ïl travaIllaIt sans relâche pour essayer d’en apprendre le plus possIble sur la socIété, et maIntenant, en plus de cela, Il s’InquIétaIt pour elle. ïnstInctIvement, elle l’embrassa sur la joue. — Je te promets que je vaIs rééchIr à l’éventualIté de prendre quelques jours de vacances. — Tu veux que je te dépose quelque part ? — Non, mercI. RIck émIt un grognement et regarda WIllard. — Je peux aller vous chercher un sandwIch ? WIllard hocha la tête maIs resta sIlencIeux jusqu’à ce que RIck quItte la pIèce. — Où vas-tu, Sydney ? Elle soupIra maIs céda devant son ton ImpatIent. — J’aI rendez-vous chez le coIffeur. Chez DIvas, précIsément. Cela ne semblaIt guère le réjouIr. — N’oublIe pas que nous avons une réunIon avec le conseIl d’admInIstratIon ce soIr, déclara-t-Il en ajustant ses manches de chemIse. — Ce soIr ? s’exclama Sydney en fronçant les sourcIls. Je croyaIs que c’étaIt demaIn soIr. — Regarde ton agenda. — J’étaIs persuadée que c’étaIt…, commença-t-elle en secouant la tête. Je seraI là. — SI tu as autre chose de prévu, je pourraIs… — Non, je devaIs dîner avec Jeff, maIs je peux décaler. En entendant le nom de l’avocat, WIllard fronça les sourcIls. — Tu le voIs toujours ? — Toujours? Nous ne sommes sortIs que quatre foIs ensemble! — Je ne l’aIme pas. C’est un arrIvIste, quI s’Intéresse proba-blement plus à ton compte en banque qu’à toI. — MercI, c’est charmant. — Epargne-moI ce faux aIr de jeune ille blessée. Tu connaIs les rIsques lIés à ta posItIon. Je ne veux que ton bIen et je te le dIs : je n’aI pas coniance en cet homme. — Tu n’as coniance en personne. — Et ce n’est pas un mal, jeune ille. Tu es trop nave.
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Sydney it la moue. — Je vaIs te pardonner ton aIr grognon et autorItaIre parce que je saIs que tu ne veux que mon bIen. MaIs, que cela te plaIse ou non, je suIs adulte et je suIs capable de prendre mes propres décIsIons ! Elle luI lança un baIser, avant d’ajouter : — Je doIs iler, maIntenant, maIs je seraI rentrée à temps pour la réunIon, ne t’en faIs pas. — Comment vas-tu t’y rendre ? Elle le gratIia d’un sourIre Indulgent et quItta son bureau avant que WIllard ne luI pose des questIons auxquelles elle n’avaIt nullement l’IntentIon de répondre. Par aIlleurs, Il seraIt terrIié s’Il apprenaIt qu’elle se déplaçaIt en taxI. Elle se sentaIt tellement lIbre de pouvoIr enin décIder elle-même de ses mouvements ! Certes, l’InquIétude que montraIent WIllard et RIck la touchaIt. En réalIté, les deux personnes quI avaIent prIs le plus soIn d’elle, depuIs qu’elle étaIt enfant, étaIent WIllard et sa mère. Son père l’avaIt aImée, à sa façon un peu égocentrIque. MaIs c’étaIt sa mère, ïnga, quI avaIt veIllé à ce que Sydney aIt tout l’amour et le soutIen affectIf dont un enfant avaIt besoIn. Et c’étaIt elle, encore, quI luI avaIt Inculqué un profond sens de l’équIté. ïronIquement, c’est ce sentIment quI semblaIt être à l’orIgIne de ses problèmes, aujourd’huI. Pour Sydney, à force d’engloutIr des socIétés plus petItes, la WaInwrIght CorporatIon étaIt devenue trop grande. AussI, quand l’un des plus ancIens vIce-présIdents aInsI que deux autres cadres luI avaIent demandé s’Ils pouvaIent racheter la dIvIsIon qu’Ils géraIent, Sydney avaIt accepté. Elle étaIt allée jusqu’à proposer la même chose à tous les dIrecteurs des autres dIvIsIons. Et c’est à ce moment précIs que les choses avaIent commencé à se gâter. WIllard luI avaIt dIt que cette stratégIe étaIt Insensée. Son frère luI avaIt suggéré d’être moIns ImpulsIve. Et les repré-sentants des syndIcats avaIent menacé d’exercer des représaIlles sanglantes sI on les mettaIt à l’écart des usInes WaInwrIght. L’ascenseur arrIva juste au moment où elle appuyaIt sur le
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bouton. Les portes s’ouvrIrent et Jeff apparut avec un gros bouquet de roses à la maIn. Son vIsage s’IllumIna et Il luI adressa un large sourIre. — Je venaIs justement te voIr, commença-t-Il, avant de remarquer son sac à maIn. Tu t’apprêtaIs à sortIr ? Sydney acquIesça et baIssa les yeux vers les eurs. — J’aI un rendez-vous. — As-tu quand même le temps de mettre ce bouquet dans l’eau ? demanda-t-Il en se penchant vers elle pour l’embrasser. Elle luI tendIt la joue et it mIne de ne pas remarquer la déceptIon dans son regard. Elle n’étaIt pas à l’aIse avec les démonstratIons publIques d’affectIon. Encore moIns au bureau. — PuIs-je supposer qu’Il est pour moI ? Jeff regarda nonchalamment les roses. — C’est possIble. Elle luI donna un petIt coup de coude dans les côtes, quI le it grogner. — Pardon ? Je ne t’aI pas entendu. Jeff éclata de rIre et luI tendIt le bouquet. Elle sourIt, sIncèrement touchée qu’Il aIt traversé la vIlle pour venIr luI apporter des eurs en personne. — En réalIté, je suIs très en retard, maIs Margaret va s’en occuper, dIt-elle. Tu pourraIs m’accompagner à mon rendez-vous, on dIscuteraIt en chemIn. LuI montrant la servIette qu’Il tenaIt dans la maIn droIte, Il déclIna son offre. — Je suIs désolé, maIs j’aI moI-même rendez-vous dans un quart d’heure au dIxIème étage. AInsI, Il n’étaIt pas venu spécIalement luI apporter des eurs. Le geste n’en restaIt pas moIns charmant. Les portes de l’ascenseur s’ouvrIrent de nouveau et Jeff luI reprIt les eurs des maIns. — Sauve-toI. Je vaIs les donner à Margaret. Sydney s’engouffra dans la cabIne avant que les portes ne se referment. — Oh, au faIt, à propos de notre dîner de ce soIr… J’aI une
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réunIon avec le conseIl d’admInIstratIon. Cela ne t’ennuIe pas qu’on reporte à demaIn ? Jeff haussa les épaules. — Pas de problème. Je vaIs appeler pour changer la réservatIon. Les portes se refermèrent, maIs elle eut le temps de remarquer l’aIr contrarIé de Jeff. Ce quI la déconcerta légèrement. A dIre vraI, elle n’étaIt pas sI déçue de ne pas le voIr ce soIr… et c’étaIt davantage cela quI l’InquIétaIt. Jeff étaIt bel homme et avaIt le sens de l’humour. ïl étaIt à la foIs IntellIgent et élégant, et Il avaIt une excellente sItuatIon dans un cabInet d’avocats de renom. MaIs, au fond d’elle-même, Sydney savaIt qu’Il n’étaIt pas l’homme de sa vIe. Et, pourtant, les années ilaIent…
Sydney arrIva précIpItamment dans le salon de coIffure et y trouva JulIe en traIn de ixer l’horloge. On ne pouvaIt pas la manquer. Elle avaIt les cheveux d’un rouge éclatant et portaIt une robe mauve moulante, quI ne laIssaIt aucune place à l’Ima-gInatIon. Elle avaIt la sIlhouette quI s’y prêtaIt. Quand Sydney avaIt connu la jeune femme, au lycée, JulIe étaIt un peu potelée. MaIs, aujourd’huI, elle semblaIt tout droIt sortIe des pages de Cosmopolitan. Dès qu’elle aperçut Sydney, JulIe posa les maIns sur ses hanches d’un aIr désapprobateur. — Tu es en retard. — D’à peIne quatre mInutes, se défendIt Sydney, avant de luI montrer ce qu’elle tenaIt dans les maIns. Et c’est seulement parce que je me suIs arrêtée pour t’apporter cecI. En voyant la tasse de café au laIt glacé, les yeux de la jeune femme s’IllumInèrent. — Très bIen, je te pardonne, dans ce cas. — DIeu mercI ! Sydney posa son sac à maIn sur une étagère à côté du sèche-cheveux de JulIe, puIs s’Installa sur un des sIèges. Elle examIna sa couleur de cheveux terne et remarqua que son teInt étaIt tout aussI maussade.
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— J’espère que tu as bloqué au moIns deux heures sur ton agenda, cet après-mIdI, observa JulIe en secouant une cape noIre avant d’en envelopper Sydney. — Deux heures ? Pour une sImple coupe ? — J’aI décIdé de te faIre des mèches, déclara JulIe en prenant une de ses boucles entre ses doIgts et en l’examInant, les lèvres pIncées. Je pense qu’une jolIe touche de blond cendré t’IraIt à merveIlle. Tuas décIdé ? réplIqua Sydney en rIant. Je ne suIs pas prête à faIre des mèches. Et, quI plus est, je n’aI pas le temps. JulIe sortIt un tube de teInture et en versa dans un bol en argent. — DIs donc ! s’exclama-t-elle. Quand est-ce que tu me présentes à ton frère ? Syd soupIra. — Franchement, je n’aI pas le temps. JulIe cessa de remuer sa mIxture et luI lança un regard amer. — Alors, comme ça, tu penses que je ne suIs pas assez bIen pour l’hérItIer présomptIf ? — Je n’aI pas mérIté cette remarque, répondIt Sydney en se raIdIssant. De toute façon, ce que je voulaIs dIre, c’est que je n’aI pas le temps de faIre des mèches. — Tu as raIson. Je n’auraIs jamaIs dû dIre cela. — MaIs c’est ce que tu penses. Sydney essaya de dIssImuler le ton blessé dans sa voIx, maIs sans succès, vu l’aIr alarmé de JulIe. — Non, sIncèrement, répondIt JulIe en secouant la tête et en posant le bol de teInture. De toutes les personnes que je connaIs, tu es la dernIère quI penseraIt cela. Tu m’as prIse sous ton aIle alors que toutes les autres illes ne m’adressaIent plus la parole. ïgnorant le geste désInvolte de Sydney, elle poursuIvIt. — Je ne l’aI jamaIs oublIé, Syd. J’aI juste eu une sale journée, et je reporte ma mauvaIse humeur sur toI. — Ne t’en faIs pas, je comprends. Sydney se souvInt nettement du jour où elles s’étaIent rencon-trées. JulIe étaIt alors extravertIe, pleIne de joIe de vIvre. Elles venaIent d’avoIr quInze ans, cet été-là, et JulIe avaIt tout juste emménagé à Plano; sa mère venaIt d’épouser un avocat Important,
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qu’elle avaIt rencontré au restaurant où elle étaIt serveuse. Leur vIe avaIt alors changé du tout au tout. Elles avaIent échangé leur Volkswagen, un vIeux tacot de dIx ans, contre une Mercedes couleur bronze, et avaIent quItté un studIo du centre-vIlle pour venIr s’Installer dans une Immense demeure d’une vIngtaIne de pIèces. Le beau-père de JulIe l’avaIt InscrIte dans la même école que Sydney. MaIs ses camarades de classe avaIent faIt preuve d’un snobIsme effarant envers elle. JulIe releva brusquement la tête, le sourIre de nouveau sur les lèvres. — Vous avez beau être pleIns aux as, vous êtes des gens bIen, Syd. — MercI ! JulIe éclata de rIre. — Tu te souvIens de Samantha Bellamy ? — Je t’en prIe, soupIra Sydney. Ne me reparle plus d’elle. — Quelle snob, cette ille ! Elle me traItaIt comme sI j’avaIs une maladIe contagIeuse. Elle avaIt refusé de t’InvIter à son annIversaIre sI je venaIs avec toI, et tu l’avaIs envoyée balader. De toute façon, ton père avaIt plus d’argent que tous ces snobI-nards réunIs… — On ne pourraIt pas changer de sujet ? JulIe examIna d’un aIr pensIf la couleur qu’elle venaIt de mélanger. — J’aImeraIs bIen m’occuper de ses cheveux pendant quelques heures. Je pourraIs peut-être luI envoyer un bon pour une couleur gratuIte. Sydney se mIt à rIre. — N’y pense même pas ! Au moIns, JulIe avaIt inI par prendre tout cela à la légère. Cela s’étaIt passé bIen des années plus tôt, maIs les illes avaIent été horrIblement cruelles. Sydney en étaIt restée perplexe. Elle croyaIt les connaître et compter certaInes d’entre elles parmI ses amIes, jusqu’à ce qu’elle découvre à quel poInt elles pouvaIent être odIeuses. JulIe et elle étaIent alors rapIdement devenues des amIes Insé-parables. MaIs, à la in de leur dernIère année, tout avaIt basculé.
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