Il a suffi d'une nuit

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Il a suffi d’une nuit...

Une nuit pour que Laila, la nouvelle concubine du harem, se laisse aimer du prince qui lui propose de lui rendre sa liberté.

Pour que Gisèle ne s’abandonne entre les bras de son seigneur, déterminée à le réconforter avant la prochaine campagne militaire.

Une nuit pour que Constance, cédant à la curiosité, revête le masque de courtisane de sa sœur.

Ou encore pour que la chaste lady Elizabeth baisse sa garde devant le séduisant ravisseur qui la prend visiblement pour une autre... 

Un geste, un frôlement de soie, un regard qui s’attarde, et c’est leur vie tout entière qui bascule. Dans la chaleur musquée d’un harem, le boudoir parfumé d’une mondaine ou la tente d’un guerrier, nos héroïnes vont succomber à la tentation, au risque de causer leur perte...

Il est des nuits où tout bascule...
Publié le : lundi 1 juin 2015
Lecture(s) : 10
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280281911
Nombre de pages : 320
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A PROPOS DES AUTEURS

Férue d’Histoire et passionnée par la psychologie, Marguerite Kaye aime mettre en scène des héroïnes fougueuses dont les amours agitées nous tiennent en haleine jusqu’à la dernière page.

Michelle Willingham, l’une des auteurs phares de la collection « Les Historiques », a réussi le pari de réunir ses deux passions d’enfance, l’Histoire et l’écriture, et ce pour notre plus grand plaisir !

Née aux Etats-Unis de parents philippins, Linda Skye a parcouru le monde au côté de son mari militaire, avant de s’établir en Angleterre. Aujourd’hui, elle partage son temps entre ses cours de littérature anglaise et l’écriture de romans qui nous transportent dans des univers exotiques.

Amanda McCabe a écrit son premier roman historique à seize ans seulement. Depuis, nombre de ses titres ont été primés aux Etats-Unis. Sous sa plume alerte, elle donne vie à de fougueuses héroïnes aux prises avec les événements de l’Histoire.

Chapitre 1

Londres, été 1818

Constance contemplait, admirative, le tableau. Un portrait exécuté par un certain Thomas Lawrence en mai 1817. A peine un an plus tôt.

Son célèbre collier de perles mettant en valeur sa peau mate, et sa chevelure auburn tombant en cascade jusqu’au creux de son dos, la femme posait, lascivement étendue sur une méridienne. Et complètement nue, hormis le peignoir de dentelle qui drapait négligemment le bas de ses reins. Sa poitrine pleine était si bien représentée que Constance crut distinguer un mamelon. Cette beauté flamboyante ne donnait pas l’impression de regarder simplement devant elle, mais de fixer quelqu’un. Un amant, peut-être. Sous ses paupières mi-closes, son regard se faisait séducteur ; ses lèvres pleines esquissaient un sourire alangui.

Le portrait était provocant, d’un érotisme flagrant qui dérangeait quelque peu Constance. Elle effleura du bout des doigts les perles qui ornaient aujourd’hui son cou tandis que montait en elle l’impression étrange d’observer une autre version d’elle-même. Son image inversée et ignorée, un double sensuel resté, pendant toutes ces années, pris au piège de sa respectable existence et de ses contraintes.

Les larmes embuèrent ses yeux, lui brouillant la vue.

Annalisa !

Constance ne l’avait pas connue à l’époque où, dans le plein éclat de sa séduction, elle était devenue La Perla, la plus célèbre et la plus sollicitée des courtisanes de Londres. La femme toute frêle qui était arrivée sur le seuil de sa porte dans des circonstances aussi dramatiques qu’inattendues n’était plus alors que l’ombre de la beauté flamboyante révélée par le portrait. Miné par la consomption, son corps était déjà rongé de l’intérieur.

Annalisa. La Perla. Sa jumelle.

Constance se tamponna les yeux avec un mouchoir de dentelle. Il avait appartenu à Annalisa, tout comme la maison où elle se trouvait en ce moment et la robe qu’elle portait.

Ce besoin impérieux de pénétrer dans la vie de sa sœur lui avait d’abord paru bizarre. Mais elle avait ensuite senti qu’en agissant de la sorte, ne serait-ce que pour quelques heures, elle comprendrait peut-être mieux cette créature si étrange dont elle ignorait encore l’existence six mois plus tôt.

Se détournant du tableau, elle passa la main sur le couvre-lit de satin. Cramoisi. Ecarlate. Vermillon. Les couleurs du péché.

Un frisson d’excitation parcourut sa peau comme une brise d’été.

« Pécheresse. »C’est ainsi que Granville, son défunt mari, aurait qualifié Annalisa s’il l’avait rencontrée. Granville, l’ecclésiastique qui s’était acquitté de son devoir conjugal comme de ses confessions dominicales, avec le même dégoût appliqué… Pourtant, les quelques détails qu’Annalisa avait révélés sur sa vie de pécheresse avaient donné à Constance l’envie d’y goûter et d’en savourer le plaisir illicite. Juste une fois. Une seule.

Au-dessus du lit, un grand miroir était encastré dans le plafond. Sur le côté se trouvait un coffret de noyer empli d’objets exotiques dévolus à un usage qu’elle ne pouvait même pas imaginer. Une corde gainée de velours, de grandes plumes multicolores… Un peu plus loin, le doux sourire et les robes raffinées de ce qu’elle prit d’abord pour des poupées cachaient en fait des objets taillés dans l’ivoire et représentant — ses joues devinrent toutes rouges lorsqu’elle s’en aperçut — un sexe d’homme. Celui de Granville n’avait jamais été aussi dur ni aussi grand que ceux-ci.

Effleurant du bout des doigts des fioles contenant des huiles odorantes, glissant son poignet dans ce qui ressemblait à des menottes molletonnées, elle essayait de se représenter l’obscur monde de plaisir qui avait été celui de sa sœur. A quoi ressemblait-il ? Que ressentirait-elle si elle devenait Annalisa ? Si elle péchait avec un homme viril, un homme puissant, un homme désirable ?

Elle ferma les yeux, caressa ses joues avec les plumes et frémit. Ici, dans ce temple de la chair — le domaine d’Annalisa — elle imaginait presque le plaisir exquis que l’on pouvait en retirer. L’excitation monta en elle.

Elle s’abandonna à l’atmosphère décadente qui régnait autour d’elle et poursuivit son exploration de la chambre. Une malle contenait des sous-vêtements audacieux, aux couleurs somptueuses et aux textures sublimes clairement destinées à échauffer, exciter, provoquer. Elle enfila lentement une paire de bas noirs, appréciant leur caresse soyeuse à mesure qu’elle les déroulait le long de ses jambes.

Dans une armoire, elle découvrit des mules aux talons sertis de bijoux et arrêta son choix sur une paire dont l’écarlate se mariait parfaitement aux rubans de son porte-jarretelles. Puis elle souleva sa robe pour juger de l’effet dans le miroir. S’inspirant du portrait d’Annalisa, elle sourit de manière provocante. Maintenant, elle ne se reconnaissait plus du tout. Malgré ses traits familiers, la femme qui la regardait était une étrangère, dotée d’une séduction aussi assurée que voluptueuse. Avant cette minute, jamais elle n’aurait imaginé pouvoir dégager une telle sensualité…

* * *

Dans la boîte à bijoux d’Annalisa se trouvait un coffret fermant à clé, contenant des potions vraisemblablement censées la protéger des conséquences du péché où elle vivait.

Aucune des deux sœurs n’était mère. Pour Annalisa, cela relevait d’un choix. Pour Constance, d’une tragédie.

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