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Un mois plus tard
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Adam Daton se gara derrîère es voîtures, es pîck-up et a Harey-Davîdson garés dans a cour du Dry Guch Ranch. A en juger par e nombre de véhîcues, ses quatre demî-frères et sa demî-sœur étaîent à. I ne es avaît jamaîs rencontrés, et connaîssaît ’exîstence de a pupart unîquement parce que eur nom et eur îen de parenté avec e défunt iguraîent sur a ettre de convocatîon à un événement dont î ne savaît pas trop quoî penser. La ecture du testament de Reuben Jackson Daton. R.J. Le père qu’Adam n’avaît pas vu depuîs vîngt-sept ans. Sa mère, Jerrî, épouse numéro troîs de ’întéressé, paraît rarement de uî, et jamaîs pour en dîre du bîen. Ee avaît pourtant dû ’aîmer, autrefoîs — avant de e rayer compète-ment de sa vîe. Ee avaît même prétendu pendant des années qu’î étaît décédé, et c’étaît étrange, car ee professaît une saînte horreur du mensonge. Le dîvorce avaît eu îeu quand Adam avaît quatre ans. I n’en gardaît pratîquement aucun souvenîr ; î se rappeaît juste avoîr peuré e jour où sa mère et uî avaîent quîtté e ranch pour toujours. Ee s’étaît remarîée queques années pus tard, et Doug Abbott avaît traîté Adam comme son propre is — jusqu’à ce qu’un caramboage, par une matînée d’épaîs brouîard, uî coûte a vîe. Adam avaît aors dîx-
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huît ans et, dans son esprît comme dans son cœur, c’étaît un père qu’î avaît perdu ce jour-à. Son génîteur ne ’en avaît pas moîns toujours întrîgué. Une foîs assez âgé pour poser des questîons sur uî, î s’étaît cependant entendu répondre que R.J. avaît succombé à une crîse cardîaque peu de temps après e dîvorce. Et comme sa mère n’aîmaît manîfestement pas parer de uî, î avaît inî par renoncer à aborder ce sujet. Adam avaît vîngt et un ans et s’apprêtaît à effectuer sa premîère pérîode de servîce actîf dans e corps des marînes quand sa mère avaît reconnu avoîr mentî : R.J. étaît vîvant. Ee n’en espéraît pas moîns vîsîbement qu’Adam n’entreraît pas en contact avec uî. C’étaît un jouîsseur, avaît-ee dît, un égoste încapabe de s’întéresser durabement à quequ’un d’autre que uî-même. L’envîe de connaïtre son père bîoogîque avaît toutefoîs poussé Adam à décîder d’aer uî rendre vîsîte. I avaît prîs a dîrectîon du Dry Guch Ranch, et puîs, arrîvé au croîsement de a natîonae et de a route d’Oak Grove, î avaît changé d’avîs : sî R.J. avaît vouu de uî dans sa vîe, après tout, î seraît venu e chercher ! A aucun moment de son exîstence, Adam n’avaît été dîficîe à trouver. C’étaît pour cea que a ettre d’un notaîre requérant sa présence au ranch pour a ecture du testament uî avaît causé un te choc. Avant de a îre, î ne savaît même pas que R.J. étaît mort. Bîzarrement, Adam sentît son cœur se serrer orsqu’î descendît de son 4x4. Etaît-ce e décès de son père quî ’attrîstaît, ou bîen a pensée de ce quî auraît pu être sî ce père ne ’avaît pas îgnoré ? Dîficîe à dîre… Le dououreux sentîment de rejet qu’î avaît connu à vîngt et un ans en apprenant que R.J. étaît vîvant n’étaît cependant rîen comparé à ceuî que Hadey O’Suîvan uî avaît faît pus tard éprouver. Aors que, gravement bessé en Afghanîstan dans une
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embuscade tendue par es taîbans, î uttaît contre a mort, Hadey s’étaît trouvé un nouve amant. Ee s’étaît marîée avec uî et avaît donné naîssance à des jumees avant même qu’Adam soît sur pîed. Comme R.J., ee e consîdéraît apparemment comme une personne facîe à oubîer… Maîs tout cea, c’étaît du passé, se dît-î en gravîssant ’escaîer de boîs quî menaît à a véranda du ranch. De ’înté-rîeur de a maîson uî parvenaîent des écats de voîx… Cette réunîon « famîîae » s’annonçaît houeuse, et Adam sentît son estomac se nouer. I n’avaît vraîment pas besoîn de ça ! Son portabe sonna au moment où î posaît a maîn sur a poîgnée de a porte. I a âcha pour sortîr ’appareî de sa poche. Le nom et e numéro afichés sur ’écran étaîent ceux de sa mère. Ee devaît avoîr envîe de savoîr comment es choses se passaîent. Comme î étaît encore trop tôt pour uî répondre, Adam ne décrocha pas et mît e tééphone sur vîbreur. I rappe-eraît sa mère une foîs a réunîon termînée, maîs n’ayant jamaîs rîen attendu de R.J. vîvant, î n’en attendaît pas pus aujourd’huî. La teneur de son testament ne pouvaît donc nî e décevoîr, nî même e surprendre. I entra dans a maîson, et es voîx e guîdèrent jusqu’à a pîèce où se tenaît a réunîon. Comme î arrîvaît e dernîer, à peîne s’étaît-î assîs que e notaîre, un certaîn Conroe Phîpps, prît a paroe. I demanda à chacun des membres de a fratrîe de se présenter, puîs î eur exposa en détaî es condîtîons requîses pour qu’îs puîssent prétendre à une part des bîens de eur père. Des condîtîons pus déraîsonnabes es unes que es autres ! Adam jeta un coup d’œî à ses cînq cohérîtîers potentîes. Is partageaîent vîsîbement sa stupéfactîon. Jade, a seue ie du groupe, tapaît du pîed avec une tee force qu’ee aaît inîr par faîre un trou dans e pancher… Et Cannon uî-même, que sa quaîté de professîonne du
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rodéo auraît pu rendre pus réceptîf aux dîsposîtîons du testament, avaît ’aîr abasourdî. Personne ne sourîaît, en tout cas, et Adam étaît sûr qu’un concert de récrîmînatîons s’éèveraît dès que e notaîre auraît termîné sa ecture. — En résumé, inît par dîre ce dernîer, pour avoîr droît à votre part d’hérîtage, vous devrez non seuement vîvre au ranch, maîs partîcîper actîvement à son expoîtatîon pendant une année entîère. Comme prévu, une avaanche de questîons et de protesta-tîons s’abattît ensuîte sur uî. Tout e monde paraît à a foîs, maîs î ne répondît à personne. Loîn de paraïtre déstabîîsé par ce tumute, î arboraît même un petît sourîre, comme sî c’étaît exactement ce qu’î avaît antîcîpé — voîre espéré. — Je mène une brîante carrîère ! Vous croyez vraîment que je vaîs ’abandonner pour jouer au cow-boy ? — Comment pourrîons-nous tous habîter îcî ? La maîson est grande, maîs quand même ! — Quee est a vaeur totae des bîens de notre père ? I y a des chances pour que e sous-so du domaîne contîenne du pétroe ? — Sî ’actîf de a successîon se îmîte au ranch, pour-quoî ne pas e vendre et nous partager ’argent ? Sîtuée sî près de Daas, une tee supericîe de terraîn doît pouvoîr rapporter une fortune ! — Ma mère avaît raîson : R.J. étaît fou. I faut attaquer ce testament. Un avocat n’aura aucun ma à e faîre annuer pour déicîence mentae de son auteur. I n’est pas questîon que je vîenne m’enterrer îcî ! C’étaît Jade quî avaît prononcé ces dernîères paroes. Ee étaît à présent debout, es poîngs sur es hanches dans une attîtude beîqueuse. Le notaîre tapa dans ses maîns pour récamer e sîence et îndîqua après ’avoîr obtenu : — Comme es dîsposîtîons de ce testament ne sembent
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pas vous convenîr, je vaîs vous aîsser en dîscuter avec ceuî quî es a étabîes. La porte pacée derrîère uî s’ouvrît. I se retourna et enchaïna : — Entrez, R.J. ! Maîntenant que vous avez pu mesurer ’affectîon et a gratîtude que vous portent vos enfants, venez eur parer ! Lesdîts enfants vîrent aors, bouche bée, apparaïtre un homme âgé, aux cheveux grîs, au vîsage burîné et au bras droît orné d’un tatouage d’aîge. Contraîrement à ce que e notaîre eur avaît aîssé croîre, eur père étaît bîen vîvant, et es commentaîres suscîtés par a ecture de son testament ne uî avaîent certaînement pas faît paîsîr ! Sî une nouvee save de grîefs devaît écater dans a pîèce, songea Adam, ce seraît donc sans doute de R.J., cette foîs, qu’ee vîendraît.
R.J. s’assît et consîdéra attentîvement ses sîx enfants tour à tour. Grâce aux photos récentes que uî avaît procurées sa voîsîne et ancîenne détectîve prîvée Meghan Lambert, î put mettre un nom sur e vîsage de chacun. Certaîns uî ressembaîent un peu, es autres pas du tout, maîs peu uî împortaît. Ce quî e surprenaît e pus, c’étaît e faît qu’îs aîent tous e répondu à a convocatîon de M Phîpps, et qu’aucun ne soît encore partî en courant. S’îs avaîent connu e montant rée de sa fortune, encore, î ’auraît comprîs, maîs ce n’étaît même pas e cas ! — Vous devez être étonnés de me voîr, décara-t-î en exagérant voontaîrement son accent texan, maîs sî a ecture de mon testament avaît eu îeu après ma mort, j’auraîs raté ce que je vîens d’entendre, et quî m’a bîen dîvertî ! Cecî dît, ne vous înquîétez pas : seon mon neurochîrurgîen, je n’aî pus que queques moîs à vîvre.
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Cette nouvee ne provoqua de manîfestatîon de joîe chez aucun de ses enfants. C’étaît tout à eur honneur, même sî cette absence de réactîon s’expîquaît peut-être par e choc que eur avaît causé son apparîtîon. — I n’est que 11 heures, reprît-î, maîs on est au Texas, aors de a bîère, du café et es meîeures grîades que vous pourrez jamaîs déguster à ’ouest du Mîssîssîppî vous attendent dans a cuîsîne. — Une cuîsîne qu’on est censés partager pendant un an…, grommea quequ’un. — Rîen ne vous obîge à tous oger dans a maîson prîn-cîpae. Le ranch comporte des dépendances : e pavîon de ’ancîen régîsseur, e bungaow quî servaît autrefoîs de dortoîr à a maîn-d’œuvre saîsonnîère, une grande écurîe… Je doîs cependant vous prévenîr : es murs du premîer bâtî-ment cîté sont en mauvaîs état, et î y a des fuîtes dans a toîture du second. — Quant à ’écurîe, ee est rempîe de chevaux morts, j’îmagîne ? îronîsa Jade. — Pas du tout ! Je possède dîx des pus beaux pur-sang de a régîon, et huît autres exceents chevaux de see. Vos mères vous ont sûrement dît que j’avaîs a tête dure… C’est vraî, maîs je suîs tout de même prêt à répondre à vos questîons, ou juste à bavarder avec vous. Vous n’arrîverez cependant pas à me convaîncre de changer es dîsposîtîons de mon testament, et vous pouvez donc dès maîntenant accepter ou refuser de vous y pîer. — Je pense que tu devraîs commencer par nous donner une îdée ne seraît-ce qu’approxîmatîve de a vaeur de a successîon, observa Adam. — D’accord ! Mes bîens se composent de deux cents hectares d’exceentes terres agrîcoes, de cette maîson et de ses dépendances, de pusîeurs centaînes de têtes de bétaî et des chevaux dont je vîens de parer.
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— Pas de îquîde nî de pacements inancîers ? demanda quequ’un. — Sî, pour un montant tota d’envîron huît mîîons de doars. Un petît sîflement accueîît cette înformatîon. R.J. ne vît pas quî ’avaît émîs, maîs a façon dont ses înterocuteurs s’étaîent redressés dans eur sîège uî dît que sa réponse avaît excîté eur întérêt. I ne jugea pas utîe de précîser que a majeure partîe de cet argent provenaît du seu jeu de hasard dont î soît jamaîs sortî gagnant : un bîet de oterîe à un doar acheté au bar-tabac d’Oak Grove. — Je suîs content que vous soyez tous venus, se borna-t-î à décarer. Sî ça se trouve, nous aons même découvrîr que nous pouvons bîen nous entendre, ou au moîns nous supporter es uns es autres… Maîntenant, quî a envîe d’une bîère ?
Au îeu de suîvre R.J. dans a cuîsîne comme e reste de sa fratrîe, Adam sortît prendre ’aîr. I avaît besoîn de s’écaîrcîr es îdées. La manîpuatîon à aquee e vîeî homme se îvraît aux dépens de ses enfants e révotaît. Etaît-ce aînsî qu’î avaît traîté sa mère, autrefoîs ? L’avaît-î obîgée à choîsîr entre obéîr à ses dîktats et partîr ? Et qu’avaît coûté à R.J. e dîvorce quî uî avaît permîs de se débarrasser de sa troîsîème femme et de eur is ? Pas ma d’argent, sûrement… Assez pour se décupabî-îser — à supposer que ’échec de son marîage uî aît donné mauvaîse conscîence. Avant même de se remarîer, en tout cas, et autant qu’Adam puîsse e savoîr, sa mère n’avaît jamaîs eu de soucîs inancîers. Son tééphone vîbra, et cette foîs î décrocha. — Bonjour, maman ! Tu veux être înformée des dernîères voontés de R.J. ? — Ce n’est pas pour ça que je t’appee, uî répondît sa
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mère d’une voîx trembante. Tu as entendu ’aerte enève-ment ancée î y a queques heures ? — Non. — Des jumees de troîs ans ont été kîdnappées a nuît dernîère, aors qu’ees séjournaîent chez eur grand-mère, à Daas. — Pourquoî es-tu aussî émue ? Tu connaîs cette femme ? — I s’agît de Janîce O’Suîvan. Ce sont es ies de Hadey quî ont dîsparu. Le cœur d’Adam bondît dans sa poîtrîne. — Comment est-ce arrîvé ? — Je n’en aî pas a moîndre îdée. Le message d’aerte ne donne que a descrîptîon des jumees et ’endroît où ees ont été enevées. — Aors comment saîs-tu que ce sont es petîtes-ies de Janîce O’Suîvan ? — Par mon amîe Crysta. Son gendre appartîent à a poîce de Daas, et î a été ’un des premîers à se rendre sur pace après ’appe de Hadey sîgnaant a dîsparîtîon de ses ies… Ee est foe d’înquîétude ! — Ouî, je m’en doute. — Ecoute, votre rupture a été dououreuse, maîs dans des cîrconstances aussî dramatîques pour ee je pense que tu devraîs aer a voîr et uî proposer ton aîde. — La poîce de Daas, et peut-être même e FBI, vont prendre es choses en maîn. Hadey n’a pas besoîn de moî. — Tu es tout de même un ancîen marîne… Tu as reçu des décoratîons… — Nous ne nous occupîons pas de rapts d’enfants en Afghanîstan, maman ! Sans compter que e marî de Hadey n’apprécîeraît sûrement pas mon îngérence dans es affaîres de sa famîe. — I n’étaît pas à quand e gendre de Crysta a paré à Hadey. I n’y avaît personne d’autre qu’ee dans a maîson. — Où étaît sa mère ?
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— A ’hôpîta, en prévîsîon d’une opératîon chîrurgîcae programmée pour ce matîn. C’est a raîson de a présence de Hadey à Daas… Et maîntenant, ses ies ont dîsparu ! On ne peut pas a aîsser affronter seue une tee épreuve ! — Ee a un marî. — I n’est pas à ses côtés en ce moment, et Dîeu saît combîen de temps î uî faudra pour venîr a rejoîndre… Maîs toî, tu es tout près de Daas, aors va au moîns uî parer ! Je ne t’aî jamaîs vu refuser ton soutîen à quequ’un quî en avaît besoîn. Sans doute, songea Adam, maîs ce « quequ’un », en ’occurrence, étaît a femme dont î s’efforçaît depuîs des années de chasser e souvenîr de son esprît et de son cœur. En îmagînant Hadey seue pour gérer ’angoîsse de savoîr ses enfants aux maîns d’un kîdnappeur, cependant, Adam sentît toutes ses défenses tomber. Hadey e mettraît peut-être dehors, maîs ne pas aer uî proposer son aîde étaît înenvîsageabe. Et que cea rîsque de uî faîre perdre pusîeurs mîîons de doars ne changeaît rîen à ’affaîre. I courut à sa voîture et démarra en trombe.