Inavouables désirs - Un piège exquis

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Inavouables désirs, Cathy Yardley

« J’aimerais intégrer le Club des Joueurs ». En prononçant cette phrase sous l’œil inquisiteur de Lincoln Stone, Juliana sait qu’elle joue le tout pour le tout. Soit il accepte de lui faire passer les tests qui lui ouvriront les portes de cette mythique société secrète, et elle pourra ensuite monnayer l’expérience auprès d’une chaîne de télé, soit il demeure inflexible, et elle peut dire adieu à son seul moyen de redresser sa désastreuse situation financière. Aussi doit-elle trouver une solution pour le convaincre, coûte que coûte. Certes, elle sait qu’il la tient pour une jeune femme immature et capricieuse, et qu’il ne l’a reçue qu’à contrecœur, à la demande expresse d’un de leurs amis communs. Mais, à la manière dont il la déshabille du regard, elle sait aussi qu’elle le trouble. Infiniment. Et elle est bien décidée à en tirer parti…

Un piège exquis, Kira Sinclair

Si Simon veut pouvoir mettre un point final à son roman, il faut absolument que la belle Marcy, son bras droit sur l’île paradisiaque où il a fondé un hôtel de luxe, accepte de rester sur place le temps de la fermeture annuelle, pour gérer les affaires courantes. Sauf que Marcy ignore qu’il est l’auteur de best-sellers, qu’elle est persuadée qu’il passe ses journées à ne rien faire, et ne cesse de lui reprocher vertement de ne pas tenir son rôle de directeur. Aussi n’est-il pas surpris lorsqu’elle refuse tout net, en lui rappelant qu’elle a prévu depuis longtemps de partir à New York à cette période. Qu’à cela ne tienne : il va trouver un moyen de la retenir sur île, et lorsqu’ils ne seront plus que tous les deux, elle sera bien obligée de l’aider. Et, qui sait, cette proximité forcée lui permettra peut-être de connaître Marcy de plus près. De bien plus près…. 
Publié le : vendredi 1 mars 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280297202
Nombre de pages : 432
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« Portons un toast en l’honneur de la plus charmante des femmes, Juliana Mayïeld !Joyeux anniversaire, Juliana ! » Bien droite, la taille cambrée, Juliana afïcha un sourire étincelant sous les feux des projecteurs et des ashes qui crépitaient autour d’elle. Elle leva sa coupe de champagne. — Merci, merci à tous ! lança-t-elle au milieu des acclamations et des félicitations avant de faire signe à André, le DJ, qui entama un mix de sa composition, où se mêlaient les rythmes déments des Wallowers et ceux de Mos Def. La fête était un vrai succès. Il s’agissait à présent de transformer l’essai. Tout en se faisant cette réexion, Juliana partit se réfugier dans le salon privé de l’espace VIP de la discothèque. Là, elle s’installa sur une banquette capitonnée de cuir sombre à haut dossier, face aux murs de glace où se fondaient de hautes colonnes lumineuses, et prit une profonde inspiration pour se détendre et éviter les crampes. C’était un procédé qu’elle avait appris des années auparavant, à la triste époque où elle rêvait encore de devenir mannequin. Entre une mère célèbre top model et un père oscarisé, son avenir semblait alors tout tracé. Quel ïasco ! Maintenant encore, elle ne pouvait y repenser sans éprouver une vague d’amertume. La nature
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l’ayant en effet dotée de courbes avantageuses, elle ne risquait pas de ressembler aux adolescentes asexuées et ïliformes recherchées par les agences. Dans son malheur, une seule idée la consolait : elle avait réussi à rester célèbre simplement parce qu’elle était… célèbre. Il est vrai que la fortune de ses parents l’y avait un peu aidée, même si, hélas, cette époque dorée était bel et bien révolue. Quelqu’un lui efeura l’épaule, la tirant de ses pensées. Elle leva les yeux et fut incapable de masquer sa stupeur en découvrant l’homme qui se tenait devant elle. Avec son impeccable crinière argentée et son luxueux costume bleu marine, il avait l’air totalement déplacé dans cette boîte de nuit. — Bernie… ! Asseyez-vous, je vous en prie. Si je m’attendais à vous voir ici ! Il était minuit. Le vieux monsieur à l’allure un peu fragile aurait dû être au lit depuis longtemps. Il aurait d’ailleurs sans doute tout donné pour s’y trouver, elle l’aurait parié. Il s’exécuta, clignant des yeux comme un hibou sous la boule à facettes. — J’imagine que non, répliqua-t-il. Mais, comme vous avez pris la peine de m’envoyer les factures de cette soirée et que vous ne répondez ni au téléphone ni aux courriels, j’ai jugé bon de me déplacer. A la fois un peu agacée, mais aussi vaguement contrite, elle ït la moue. Etait-ce parce qu’elle l’avait soigneusement évité ces derniers temps, qu’il afïchait cette expression de chien battu ? Bernie le Comptable. Avec un nom pareil, on aurait pu le prendre pour le trésorier corrompu d’une bande de truands. C’était tout le contraire. Bernie était un homme
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du Sud discret, doté d’une arme bien plus redoutable : une mine de dix pieds de long. Il la considéra d’un œil mélancolique. — Juliana, nous avons évoqué vos dépenses à de multiples reprises. Or, en consultant vos comptes, je me suis aperçu que vous ne faites aucun cas de mes conseils. C’était donc ça ! Evidemment… Elle se trémoussa sur son siège, horriblement mal à l’aise. — Il s’agit de frais professionnels totalement justiïés. Bernie arbora l’air afigé d’un gros basset. — Considérer une fête d’anniversaire comme frais professionnels relève de quelle nécessité, à votre avis ? — Une opération publicitaire, Bernie, dit-elle en chuchotant de peur des oreilles indiscrètes. Je vous ai dit que j’avais contacté des producteurs pour leur proposer une émission de télé-réalité, vous vous rappelez ? Il acquiesça, l’air plus que dubitatif. — C’est excellent pour mon image si l’on parle de moi dans les journaux, et plus encore si ma photo est publiée sur internet, vous comprenez ? Demain matin, je ferai la une de tous les tablod, on me verra dansant sur les tables et nageant topless dans une piscine remplie de champagne. En ïn de soirée, ne vous inquiétez pas, s’empressa-t-elle d’ajouter devant sa réaction horriïée. Vous pouvez vous éclipser avant. J’ai tout prévu, ne vous en faites pas. Elle préférait les mimiques réprobatrices de Bernie à sa tête d’enterrement, car depuis le lycée elle avait appris à désamorcer ses critiques. — Et quand ce projet d’émission de télé-réalité verra-t-il le jour, croyez-vous ? Elle se mordit la lèvre. — C’est une question de temps. Rien n’est encore signé pour le moment, mais j’ai bon espoir que…
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— Juliana, l’interrompit Bernie, je pense que vous n’avez pas le temps, justement. Elle éclata d’un rire gai et insouciant, refoulant la petite boule d’angoisse qui se formait au creux de son ventre. Ses cours d’art dramatique allaient enïn pouvoir lui servir à quelque chose. — Oh ! Bernie, vous êtes d’un pessimisme ! — Si vous aviez daigné prendre connaissance de vos messages, vous auriez su que vous n’avez pas les moyens de payer le traiteur, ce soir. Quant à votre loyer et aux factures diverses et variées, je préfère ne pas y penser. Elle encaissa le coup. — Nous n’en sommes quand même pas là, si ? Au regard de commisération qu’il lui jeta, elle comprit que la situation était critique. — Ma chère enfant, vous devrez renoncer à votre appartement si vous n’avez pas de rentrées d’argent au plus vite. La gorge trop nouée, elle fut incapable d’articuler le moindre son. Le vieux monsieur lui tapota maladroitement la main, comme s’il venait de lui annoncer le décès d’un ami ou d’un parent proche. — Nous devons rééchir à un stratagème, Juliana. A force de fréquenter tout ce que la ville compte de célébrités, les stars richissimes et les jeunes héritiers de la haute société, vous avez dilapidé vos maigres économies, que vos parents ont d’ailleurs sérieusement écornées de leur côté. A cette dernière remarque, elle se rembrunit encore un peu plus. Son père et sa mère lui avaient constitué un fonds de placement, comme c’était l’usage dans les milieux aisés. Le problème, c’était qu’ils n’hésitaient pas à y piocher allègrement. En effet, la beauté ne durait
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qu’un temps, on ne pouvait pas être mannequin toute sa vie, répétait sa mère à qui voulait l’entendre ; quant à son père, ses talents de comédien n’égalaient pas ceux qu’il déployait hors scène. — Vous avez un mois, deux au maximum, conclut Bernie sur un ton sinistre. Je vous attends demain à mon bureau pour que nous mettions au point une stratégie et vous remettre sur les rails. Il faut vous acheter une nouvelle conduite. Vous le savez aussi bien que moi. Il la gratiïa d’une légère bourrade sur l’épaule en se levant. Nul doute que, si elle avait été debout, son comptable, d’ordinaire si guindé, l’aurait serrée dans ses bras. Abasourdie, incapable de réagir, elle l’aurait probablement laissé faire. Comment en était-elle arrivée là ? Un an, voire six mois auparavant, tout allait pour le mieux, du moins lui semblait-il. Comment la situation avait-elle pu se dégrader de la sorte en un si court laps de temps ? Elle avait fait preuve d’une négligence impardonnable. Elle en était là de ses réexions, lorsque son amie Carolyn se matérialisa et s’affala auprès d’elle, renversant un peu de champagne au passage. C’était une rousse écervelée qui avait l’avantage d’être la ïlle du chef de la police — pratique pour étouffer d’éventuels dérapages. Carolyn n’était peut-être pas sa meilleure amie, mais elle était de toutes ses fêtes, surtout lorsqu’il y avait open bar. — Hé, ma petite Jul, cette soirée est complètement dingue ! lança-t-elle. La musique, le buffet… jusqu’au tapis rouge ! Je ne connais personne qui organiserait une ïesta pareille pour son anniversaire. Un homme à la tignasse rousse entra dans le salon en titubant. — Sauf la tristement célèbre Juliana Mayïeld, arti-cula-t-il d’une voix pâteuse.
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Contrariée, Juliana fronça les sourcils. — Qui t’a laissé entrer, George ? Il agita une liasse de billets sous son nez avant de s’écrouler sur la banquette. — Oh ! Ça marche à tous les coups, tu sais. Carolyn tapa des mains, ravie, les yeux brillants de convoitise. George Macalister était un noceur de la pire espèce, il était immensément riche et menait une vie scandaleuse-ment dissolue. Autrefois, ils formaient une joyeuse bande de fêtards, mais Juliana s’était lassée, elle l’avait trop souvent vu à l’œuvre — dépensant des sommes folles tout en méprisant ceux qui avaient moins de fortune ou de relations que lui. En plus, il la draguait en permanence, sans même parler de ses allusions grivoises et de ses mains baladeuses. Les hommes s’imaginaient-ils que la grossièreté plaisait aux femmes ? Cela marchait-il vraiment ? Elle esquissa un sourire crispé et, l’espace d’un instant, elle songea à prier le videur de le jeter dehors. Mais George appartenait à une vieille famille fortunée, et c’était l’un des jet-setters les plus inuents de la ville. Il pourrait facilement lui nuire si l’envie lui en prenait. Et là, clairement, elle ne pouvait pas se le permettre, pas avec tous les problèmes qui semblaient déjà s’amonceler au-dessus de sa tête. Elle devait donc prendre son mal en patience. Encore sous le choc de ce qu’elle venait d’apprendre, elle se sentait comme anesthésiée, insensible à ce qui se passait autour d’elle, mais la main de George sur son bras acheva de la faire redescendre sur terre. Elle tenta de se dégager en douceur, mais il resserra son étreinte. — Alors comme ça, il paraît que tu cherches à réaliser une émission de télé-réalité ? ït-il de son air
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le plus innocent. Figure-toi que je suis en contact avec un producteur en ce moment. C’est pratiquement dans la poche. — Ah oui, et qui est-ce ? ne put-elle s’empêcher de demander. George lui jeta un regard triomphant. — Oh ! Une de mes connaissances. Il possède un studio à Pleasanton et un bureau en ville, se rengorgea-t-il. Nous sommes en cours de négociation. Juliana s’efforça de dissimuler sa jalousie. Comment un être aussi falot et dégoûtant que George pouvait-il avoir du succès et pas elle ? — Elle traite de quoi, ton émission ? Il se pencha pour lui parler à l’oreille. Son haleine sentait le whisky. — Le Club des joueurs, tu connais ? Elle leva les yeux au ciel. — Tu fais partie du club ? Arrête, je ne te crois pas ! Piqué au vif, il s’écarta brusquement. — Tu paries ? C’est même moi qui l’ai créé, si tu veux le savoir. A ces mots, Carolyn se colla à lui comme une sangsue, la poitrine pressée sur son bras. — C’est vrai ? s’enthousiasma-t-elle. George lui adressa un sourire ravi. — Euh… mon cousin et moi… Bref, j’ai eu la brillante idée de recréer le club pour une série télévisée. Juliana les connaissait bien, ces minables avec leurs projets d’émissions plus géniales les unes que les autres et leurs velléités d’acteurs. La plupart du temps, c’était de l’esbroufe, du vent. — Tu as signé un contrat ? Il se renfrogna. — Pas encore.
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Autant dire jamais. Elle réprima un sourire. Pourquoi les crétins s’en mettaient-ils toujours plein les poches ? songea-t-elle tout en essayant d’ignorer le début de migraine qu’elle sentait battre à ses tempes. Le costume de George était évidemment sur mesure : l’argent n’avait aucune valeur à ses yeux et il le jetait par les fenêtres. Quelle injustice ! Elle considéra ses yeux injectés de sang, ses traits jadis séduisants qui commençaient déjà à s’empâter à cause des excès. — Je te souhaite bonne chance, George ! ïnit-elle par dire pour mettre un terme à cette pénible conversation. Il lui saisit le bras. — Dis-moi, ma jolie, quand allons-nous enïn passer une nuit ensemble ? J’ai couché avec presque toutes tes copines, elles ont dû te vanter mes talents, j’en suis sûr, non ? Allez, Jul, tu n’as pas envie de vériïer par toi-même ? Il éclata d’un rire gras, rejoint aussitôt par les glous-sements de Carolyn. Juliana parvint à se dégager de son étreinte. — Oui, seulement après, tu m’abandonneras et j’aurai le cœur brisé, rétorqua-t-elle d’un ton faussement attristé avec un petit claquement de langue. J’ai bien vu ton manège avec les autres. Il sourit, ravi de ce qu’il prenait pour un compliment. Quel idiot ! Il lui décocha un sourire carnassier. — Peut-être, mais avec toi, ce ne sera pas pareil. Personne ne m’a résisté aussi longtemps. Tu es la seule capable de me faire perdre la tête. Pourquoi t’obstines-tu à dire non ? Cette fois, c’était trop, elle bondit sur ses pieds.
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— J’aimerais mieux mourir que de coucher avec toi ! Et maintenant, excuse-moi, mais j’ai à faire ! Tremblante de rage et de dégoût, elle regagna la grande salle où des jeunes gens élégants et passablement éméchés se trémoussaient sur la piste de danse. Portée par la foule compacte, elle se retrouva devant la fameuse piscine, qu’on avait remplie entre-temps de champagne. Elle y barboterait un peu plus tard à moitié nue, mais ne dévoilerait pas vraiment ses seins, bien sûr, elle porterait des cache-tétons pour parer à toute éventualité. Quoi qu’il en soit, elle avait tout prévu et elle espérait bien que la scène ferait la une des tablod dès le lendemain matin. Rien de tel pour attirer l’attention, décrocher cette sacrée émission de télé-réalité et faire décoller sa carrière. Sinon, elle n’avait pas la moindre idée de la manière dont elle renouerait ses ïnances. Comme disait son père, « les Mayïeld ne sont capables que de deux choses — être célèbres et excentriques ». Toute sa vie, elle s’était appliquée à suivre cette devise. — Jul, tu as vraiment vingt-huit ans ? l’apostropha un fêtard avec un sourire perïde. Elle lui décocha une œillade appuyée et passa son chemin. — Jul ! Jul ! Les paparazzi la prièrent de prendre la pose pendant qu’ils la mitraillaient de leurs ashes. Elle s’exécuta, s’évertuant à sauver les apparences et à maîtriser l’agitation qui montait du plus profond d’elle-même et menaçait de l’envahir totalement. Son téléphone portable vibra, lui annonçant qu’elle avait reçu un texto. Elle y jeta un coup d’œil, les sourcils froncés.
Joyeux anniversaire pour tes vingt-huit ans, ma
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chérie ! J’ai vu sur internet que tu t’amusais bien. Tendresses. Maman.
Elle effaça le message en soupirant. Elle n’avait pas vingt-huit ans, bien sûr. Et ce n’était pas son anniversaire non plus. Mais elle devait créer l’événement, trouver un moyen de se vendre pour gagner rapidement et facilement de l’argent, et elle n’avait pas eu de meilleure idée. En tout état de cause, ses parents, divorcés depuis longtemps, ne risquaient pas de se rappeler sa date de naissance exacte. Sa mère avait dû voir les photos de la fête en cherchant sur internet son propre nom, Juliana l’aurait parié. Elle partit à la recherche d’Emily, son attachée de presse, une femme austère, portant une petite robe noire et des lunettes, qui ressemblait beaucoup à Tina Fey. — Où est Oscar ? soufa Juliana. Et l’autre, Leo, c’est bien son nom, n’est-ce pas ? Emily parcourut la liste des invités, les lèvres pincées. — Les producteurs de télévision, insista impatiemment Juliana en répondant d’un sourire contraint au salut d’un invité. J’ai organisé cette réception spécialement pour eux, où sont-ils ? Emily respira un grand coup avant de se jeter à l’eau. — Ils ne sont pas venus. — Quoi ? Impitoyable, Emily secoua la tête. — M. Greenïeld a envoyé un message d’excuse à la dernière minute. Leo ne s’est pas manifesté du tout. Je suis désolée, mais tu savais que ce n’était pas gagné d’avance… Juliana eut envie de hurler. Elle se massa les tempes au moment précis où un photographe déclenchait son appareil. Si elle ne se dominait pas pour faire bonne ïgure, c’est une autre image d’elle-même, terriblement
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